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Fictions pseudo-scientifiques (nouvelles)
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Tome 1, Chapitre 3 « Humanissimus » Tome 1, Chapitre 3
- Bonjour, je suis le professeur Gampe, je vous ai sauvé la vie et je vous ai modifiée pour le bien de la science. Une vie pour une vie en quelques sortes.
    - Vous dites ?
    - Vous avez eu un accident de voiture et vous n’aviez aucune chance de survivre si je ne vous avais pas sauvée.
    - Sauvée comment ?
    - Oh, j’ai seulement amélioré la simple mortelle que vous étiez il y a tout juste un mois.
    - Vous m'avez fait quoi?
    - Je vous ai rendue plus intelligente que le commun des mortels grâce à un serum de mon invention.
    - Jamais testé auparavant, j'imagine.
    - En effet!
    - Et le tout sans autorisation! Qu'est-ce qui vous fait croire que je vais marcher dans votre combine?
    - N'oubliez pas, je vous ai sauvé la vie!
    
     Honorine soupire et demande à rentrer chez elle, satisfaction qui lui est accordée immédiatement et sans discussion. Elle ignore que son appartement, sa voiture et son lieu de travail ont été truffés de caméras pour le bien de l'expérience en cours. A peine assise dans son véhicule, elle commence à pleurer, soulagée; une tempête d'émotions et de pensées la submerge: qui sont-ils? Que veulent-ils? Pourquoi elle? Qu'ont-ils changé? Que va-t'elle devenir? Quelqu'un s'est-il rendu compte de sa disparition?
    
     Une fois rentrée, chez elle, elle mange et va se coucher. Après un coup d'œil à son agenda et une vaine recherche de son dernier souvenir, Honorine conclut que son accident a eu lieu un vendredi midi, alors qu'elle rentrait du travail; nous sommes dimanche soir, elle a passé un mois dans ce laboratoire. L'arrêt de travail qu'elle tient en main se termine ce soir, elle frissonne en sentant le papier sous sa peau, ce contact lui est désagréable. Son sommeil est agité, elle rêve et ses rêves presque conscients la submergent, le moindre bruit la réveille mais elle parvient à se reposer.
    
     A huit heures, elle monte dans le bus et est aussitôt assaillie par des informations contradictoires: le parfum de rose de cette vieille dame, l'odeur de transpiration de cet adolescent, le bruit horripilant de ce jeune homme qui joue avec ses clés ou encore les mouvements de ce chien qui cherche une position confortable derrière elle la dérangent. Elle s'assoit contre la vitre et met son baladeur pour s'isoler du bruit environnant. Les yeux fermés, elle se coupe du monde extérieur.
    
    - Bonjour Honorine, vous êtes en retard dès le lundi? On prolonge son week-end?
    - Bonjour Hugo!
    D'ordinaire, ces mots ne la touchent pas mais Honorine se sent blessée par le ton sarcastique et par le sourire de son patron qui en dit long sur sa désapprobation. La larme à l'œil, elle entre dans son bureau et en referme la porte. La matinée passe rapidement mais elle s'ennuie, le chant des oiseaux par la fenêtre la distrait en permanence dans son travail, elle ne peut s'empêcher d'écouter d'une oreille les conversations dans le couloir. La jeune femme ne comprend pas ce qui lui arrive.
    
     La journée se poursuit ainsi. Assaillie d'informations et de pensées, la jeune femme perd pied au fil des heures. Comment? Comment un être humain normal peut-il supporter cette tempête de pensées et d'émotions qui tourne en permanence dans sa tête? Un rien la distrait, elle n'arrive à se concentrer sur rien! Le peu de travail qu'elle accomplit est rapidement achevé et pour la première fois de sa vie, elle s'ennuie au travail. Elle voit bien les regards de ses collègues posés sur elle, elle imagine ce qu'ils doivent penser: elle arrive en retard et en plus, elle ne travaille pas!
    
     Elle capte des odeurs inconnues qui émanent de ses collègues, leurs parfums se mêlent et achèvent de la rendre mal à l'aise. Leurs voix se confondent en une cacophonie qui la fatigue et l'insupporte.
    
     Le soir venu, épuisée, Honorine rentre chez elle. En passant devant le laboratoire, elle voit de la lumière et entre.
    - Bonjour, cette journée a été insupportable. Je capte tout ce qui m'entoure, un flot de pensée continu se croise en permanence dans ma tête, je travaille vite et l'ennui a envahi ma vie. Rendez-moi stupide, ce sera une expérience intéressante pour vous et émotionnellement plus facile à vivre pour moi.
    

Texte publié par Bleuenn ar moana, 23 mars 2017 à 08h46
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