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Tome 1, Chapitre 42 « Captive de l’Anthracité » Tome 1, Chapitre 42
Finalement, Eïdo est emporté sur une civière, accompagné d’Hederu. Quand la femme à la peau sombre revient enfin, j’ignore combien de temps nous avons attendu. Je me demande même si je ne me suis pas assoupie pendant un moment. La médicane nous offre un sourire rassurant :
    
    « L’état de Lerno est totalement stabilisé. Il devrait rapidement s’améliorer. »
    
    Je n'ai pas la force de réagir, même si le soulagement et la gratitude envahissent mon coeur. À présent que je suis rassuré sur la situation de mon compagnon d’infortune, je ne peux m’empêcher de songer aux membres du Conseil de l’Agathos. Alwen, Cipher, Izel, Atina… Ils doivent être fous d’inquiétude ! Je me sens un peu coupable de les avoir ainsi poussés dans un recoin de mon esprit, mais notre survie représentait ma préoccupation première. Y a-t-il un moyen de leur faire savoir que nous allons bien ? Sans doute pas… Lirka semble très coopérative, mais tant que nous demeurons des prisonniers modèles. De toute façon, Eïdo reste trop affaibli pour bouger. Nous ne pourrons pas envisager d’évasion avant un long moment !
    
    « Lirka, tu peux te rendre auprès de ton frère. Je préfère te prévenir qu’il se trouve sous sédation lourde afin d’obliger son organisme à se reposer. Ne t’effraye pas des dispositifs d’assistance vitale que nous avons mis en place : ils servent le même but. Sa vie n’est plus en danger. Nous voulons juste qu’il retrouve des forces assez rapidement pour pouvoir intervenir sur ses cicatrices. »
    
    La soeur d'Eïdo se lève et tombe dans les bras de la femme, en frissonnant d’émotion.
    
    « Hederu… Je ne sais pas comment te remercier… »
    
    Avec un petit soupir résigné, la femme à la peau sombre referme à son tour ses bras sur le corps élancé de Lirka. Puis, un peu gênée, l’invocatrice s’écarte de la médicane.
    
    « Je m’efforcerai de le garder aussi longtemps que nécessaire ici, quoi qu’en dise Teheros. Par contre, je ne vais pas pouvoir lui taire la présence de la jeune Etherienne, surtout après le retour de Sedre. »
    
    Je sens mon cœur louper un battement :
    
    « Qu’est-ce qui va se passer s’il le sait ? »
    
    Peu importe qui est vraiement ce Teheros : je l’imagine haut de trois mètres, avec des yeux rouges et une voix qui ébranle tout le bâtiment.
    
    « Pour vous dire la vérité… je n’en sais rien. »
    
    Lirka baisse la tête, les bras serrés autour de corps. Je me demande pourquoi elle n’a pas cherché à fuir, si elle a si peur de ce Teheros. Encore une fois, leur histoire m’intrigue.
    
    « Je vais attendre que mon frère aille mieux avant d’aller le voir, murmure-t-elle d’une voix presque enfantine.
    
    — Je comprends. »
    
    Hederu se tourne vers moi :
    
    « Je vais t’examiner pour m’assurer que tu n’as rien de grave et t’administrer les soins nécessaires. As-tu été blessée ailleurs qu’à la jambe ?
    
    — Non… je l’ai juste violemment heurtée contre la palissade du camp Darken. Eïdo a passé un scanner de premiers secours qui n’a rien décelé de grave.
    
    — Il vaut mieux vérifier. Suis-moi en salle d’examen. »
    
    Docilement, j’obéis à ses consignes tandis qu’elle scanne ma jambe et examine les résultats du cliché.
    
    « Simple contusion osseuse. Je vais te prescrire des antidouleurs. Continue de marcher avec ta béquille pour soulager ta jambe. Tu devrais te remettre vite. Malgré tout, je préfère te garder en observation en raison de votre petit périple dans la nature. Tu n’as pas l’habitude de la parcourir, et tu as pu être contaminée par des germes inconnus de ton organisme. Nous avons beaucoup de place, ici. Je vais te faire préparer une chambre. »
    
    Devant mon expression inquiète, elle ajoute :
    
    « Tant que tu resteras ici, dans les quartiers médicaux, personne ne te touchera. Ne sois pas surprise si je juge tes blessures un peu plus sérieuses qu’elles ne le sont réellement... »
    
    Elle n'hésitera pas donc à mentir pour me protéger !
    
    « Merci… Je ne sais pas comment vous remercier…
    
    — Je connais l’importance qu’a eue ta mère pour Lirka et Lerno. Quand ils sont arrivés ici, j’ai tenté de la remplacer, autant que possible. Je sais que j’ai contribué à les sceller… Mais j’ai tenté de faire en sorte que cette opération soit la moins pénible possible.
    
    — Hederu, les sceaux étaient importants pour protéger l’Anthracité ! s’exclama Lirka. Et ce n’est pas toi qui as pris la décision de faire de nous ce que nous sommes. Notre vie n’était pas pire que si nous étions restés Ulradiants… »
    
    Elle frissonne légèrement, serrant les bras autour d’elle.
    
    « Je préfère encore vivre ici que dans les laboratoires d’Ether, murmura-t-elle. Même si cela implique de ne plus jamais voler avec des alates…
    
    — Des alates ? Vous avez des alates noires comme Eïdo… je veux dire, Lerno ? »
    
    Hederu pose une main sur mon épaule :
    
    « Prismè, on ne t'a visiblement pas tout dit sur ton propre monde. Il est peut-être temps pour toi d'entendre notre version de l’histoire. Mais plus tard. Pour l’instant, tu vas juste te reposer. »
    
    J’obtempère, même si je préférerais en savoir plus que les quelques éléments qu’elles ont livrés. Si je n’avais entendu des allusions similaires de la part des membres de l’Agathos, je soupçonnerais une tentative de manipulation par les habitants de l’Anthracité.
    
    Enfin, après une nouvelle période d’attente, un infirmier vient prévenir que mes « appartements » sont prêts. Je le suis dans un dédale de couloirs, pour arriver devant une porte sans fioriture. Derrière se dévoile une pièce pas tellement différente de mes appartements sur l’Agathos, blanche du sol au plafond, à part une ligne bleu-vert à la hauteur des yeux. J’y trouve un mobilier sommaire, mais je n’ai rien à mettre dedans… Il ne reste plus grand-chose de mes vêtements !
    
    « Nous allons vous faire apporter de nouveaux habits et quelques affaires de toilette. En attendant, vous avez le droit de circuler dans l’aire médicale, mais pas au-delà. Nous comptons sur vous pour vous montrer raisonnable. »
    
    Ainsi, je suis toujours captive. L’idée me déplaît, mais ce n’est pas en montrant rebelle que je parviendrai à me garantir d’un destin funeste ! Je dois conserver à tout prix la protection de Lirka et de Hederu, si je veux bénéficier d’un traitement de faveur et d’une certaine liberté. Et surtout, il faut que je reste proche d’Eïdo… Dès que possible, je tenterai d’aller le voir !
    
    Certes, passer les jours prochains dans ce lieu ne sera pas une partie de plaisir… Mais au moins, je suis en vie.
    
    Tant que je n’aurai pas à affronter ce fameux Teheros !
    
    

Texte publié par Beatrix, 16 décembre 2019 à 20h30
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