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Tome 1, Chapitre 37 « Piégés dans une situation dangereuse ! » Tome 1, Chapitre 37
Notre progression est épuisante ; j’ai beau économiser au maximum mon énergie, je ne sais combien de temps je vais pouvoir tenir ainsi. Mon regard se porte régulièrement sur Eïdo ; s’il semble de plus en plus affaibli, sa vigilance ne se relâche pas.
    
    « Attention ! »
    
    Je m’immobilise au son de sa voix :
    
    « Que se passe-t-il ?
    
    — Tu as failli voler droit dans ce rideau de lianes !
    
    — Et alors ?
    
    — Elles sont terriblement vénéneuses. Si ta peau les effleure, elle partira en lambeaux. »
    
    Je ne peux m’empêcher de trembler :
    
    « Est-ce que ce monde essaye de nous tuer ?
    
    — Ou de se protéger. Après tout, c’est à cause de la catastrophe que la nature a muté ! Elle se montrait bien plus accueillante par le passé. »
    
    Après cet incident, je redouble de vigilance. Certaines efflorescences présentent une apparence étrangement menaçante : épines, couleurs malsaines ou allure de pièges cruels… Je ne regarderai plus les plantes de la même manière ! De temps à autre, je vérifie la boussole pour être sûre de garder le cap. Une fois au niveau de la ville, nous repérerons facilement l’enclave.
    
    Enfin, après une éternité, l’espace se dégage devant nous et nous voyons émerger les débris de l’ancienne civilisation. La vision de ces bâtisses me trouble ; même à l’état de ruines, elles sont tout à la fois très similaires dans leurs structures à celles d’Ether, mais aussi très différentes. Sur les cités aériennes, on emploie les matériaux les moins pesants possibles, une sorte de céramique alvéolée, des plastiques issus du retraitement de matières organiques ou plus rarement des alliages légers. Les villes de la surface étaient construites en pierre, en ciment, en métaux denses, parfois même en bois. Elles comportaient des bâtiments bien plus hauts, plus larges, plus aérés – parce qu’il y avait plus de place, bien plus de monde aussi. Toute la population d’Ether pourrait sans doute peupler une de ces métropoles.
    
    A leur marges, on trouve des habitations pas plus étendues qu’un grand appartement, regroupées toutes ensemble sur un quadrillage de terrains jadis bien ordonné, qui laisse deviner de petits parcs individuels… Non, le mot est « jardin ». Nous ne l’employons que pour désigner des espaces publics, les parcs le plus exigus de nos cités volantes. Mais je me souviens avoir appris qu’il était courant d’en avoir un autour de sa maison, comme on appelait ces demeures destinées à une unité familiale.
    
    La surface nous semble un monde étranger, autant par ce qu’il est devenu, que par ce qu’il était.
    
    En dessous de moi, j’entends la respiration de plus en plus pénible d’Eïdo. Il faut qu’il tienne jusqu’à l’enclave. S’il tombe inconscient, je ne dispose d’aucun moyen de le ramener, surtout avec une jambe abîmée.
    
    Alors que je suis plongée dans mes pensées, je percute quelque chose ; en fait, le mot est un peu trop violent pour la réalité. C’est plus comme si je me retrouvais face à une substance semi-solide, qui se déforme légèrement sous la poussée, sans toutefois céder. Je sens mon énergie crépiter légèrement et je dois lutter pour maintenir mes alates. Effrayée, je recule et pivote sur moi-même pour revenir vers mon compagnon, mais quel que soit l’endroit vers lequel je me tourne, je rencontre ce mur invisible. Je dois me rendre à l’évidence : je suis prisonnière, comme un insecte sous un verre !
    
    Je dois garder mon sang-froid ; il en va de ma vie, mais aussi de celle d’Eïdo. Je ne l’abandonnerai pas ! Mon énergie commence déjà à faiblir, et la douleur de ma jambe se rappelle à moi en pulsant désagréablement.
    
    Il ne me reste qu’une seule option…
    
    Le foudre est toujours à ma ceinture ; il me suffit de le décrocher et de l’armer…
    
    « Je ne ferais pas cela à votre place… »
    
    La voix résonne, tout autour de moi ; celle d’une femme, tout à la fois profonde et glacée.
    
    Quand je me tourne vers son origine, je reconnais avec consternation la guerrière casquée que nous avons déjà rencontrée. Cette fois, elle a repoussé sa visière et me dévisage avec d’étranges yeux dorés, presque phosphorescents dans son visage pâle et narquois. Ils sont immenses et lumineux, comme ceux d’une créature nocturne. Elle ressemble plus à un personnage de conte qu’à une ennemie redoutable.
    
    Une silhouette élégante, un peu plus grande qu’elle, se dresse à ses côtés. Un long manteau sombre capuche la dissimule de la tête aux pieds. Seules quelques mèches d’un noir de jais s’échappent de l’étoffe sombre.
    
    « Tu pensais nous échapper, petit papillon ? susurre la guerrière. Tu t’es trompée… et encore mieux, tu nous as ramené quelque chose de bien plus intéressant ! »
    
    Ramené… ?
    
    Je me tourne vers Eïdo, qui est tombé à genoux dans l’herbe haute, la tête baissée. Je ne vois pas grand-chose de son visage, mais tout dans sa posture évoque le désespoir. Pour préserver mon énergie, je me pose au sol, en prenant soin de porter tout mon poids sur ma jambe valide.
    
    « Jamais de la vie… Je ne vous confierai même pas une plante verte, alors vous livrer un compagnon ? Certainement pas !
    
    — Tu préfères qu’il meure, petit papillon ? Tu vois bien qu’il a besoin de soins. N’aie pas d’inquiétude, nous n’avons aucune intention de lui faire du mal, bien au contraire. Les ulradiants sont bien trop rares et précieux… N’est-ce pas, Alankilia ? »
    
    Le mot ulradiant effleure ma conscience. Je l’ai déjà entendu, mais il demeure mystérieux à mes oreilles. Toute mon attention se focalise sur la femme en robe noire, qui rejette son capuchon en arrière.
    
    Je remarque d’emblée sa beauté très classique, avec un visage à l’ovale parfait, des traits élégants et réguliers. Ses yeux un peu en amande brillent d’une teinte améthyste. Une longue chevelure couleur de nuit coule sur ses épaules.
    
    Pourquoi me semble-t-elle vaguement familière ?
    
    « N’essayez pas de percer cette paroi, déclare-t-elle d’une voix profonde, vous n’y parviendrez pas. Vous pourriez même vous blesser ! »
    
    Elle sourit, sans chaleur, mais sans malveillance non plus. Elle paraît surtout… distante.
    
    « Qui êtes-vous ? »
    
    La question m’a échappé – il y a peu de chance qu’elle y réponde, après tout.
    
    « Si tu tiens tant que cela à le savoir, petite fille, je suis la conjuratrice de l’Anthracité. »
    
    Conjuratrice ?
    
    Je comprends à présent pourquoi j’ai le sentiment de la connaître… Elle ressemble à mon compagnon. Je redescends un peu pour mieux la contempler. Elle penche la tête sur le côté, cherchant à apercevoir Eïdo, qui était tombé à genoux derrière moi. Son visage s’attriste.
    
    « Dans quelle situation t’es-tu encore fourré, Lerno ? »
    
    
    

Texte publié par Beatrix, 9 septembre 2019 à 21h30
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