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Tome 1, Chapitre 33 « Un danger imminent » Tome 1, Chapitre 33
Je dois avouer que je n’en mène pas large tandis que je m’envole au-dessus de l’enclave. J’aperçois du coin de l’œil Atina rejoindre Varany et Anahé, qui se précipitent vers la salle commune. Rien dans ce que je vois ne me paraît particulièrement menaçant, à part cette tâche insolite. Malgré mon inexpérience, quelque chose me souffle que je dois rester attentive. La sécurité du clan Darken en dépend…
    
    Je n’ai aucune difficulté à passer par-dessus la barricade. Heureusement que les Profondeurs n’ont pas d’Alates ! Il leur serait bien trop facile d’investir la place. Par contre, ils se servent de démons… ce qui semble encore plus dangereux. Presque autant que cette semence qui ne demande qu’à germer en un monstrueux portail vers les limbes et les horreurs qu’elle contient.
    
    Je suis presque surprise de la trouver la navette intacte. Je prends le temps de vérifier les alentours avant de me poser et de tirer la clef magnétique de ma poche.
    
    Mon cœur bat trop fort ; même si, en me donnant la carte, Atina a validé mes actes, je persiste à croire que je commets une grosse bêtise. Quand le sas s’escamote en silence, je comprends que je n’ai plus vraiment le choix. Je suis tentée de rapporter également le foudre de Cipher, mais je doute d'être capable de porter les deux. La semence est encore petite, je peux sans doute l’éliminer sans aide. Ça ne devrait pas être trop long ni trop compliqué.
    
    Les armes reposent dans une réserve qui nécessite elle aussi l’usage de la clef magnétique ; tout est parfaitement bien rangé à l’intérieur, et je trouve sans problème un casque, des gants épais ainsi que mon foudre personnel. Je referme soigneusement le compartiment avant de sortir de la navette, que je verrouille avec précaution.
    
    Mais quand je me dirige au-dehors, sous le ciel chargé de nuées, je ne suis plus seule… Je me retrouve entourée par un groupe d’humains, revêtus de combinaisons taillées dans une peau écailleuse et coiffés de casques réalisés à partir de la même matière organique que ceux des membres de l’enclave. Il est difficile de savoir s’il s’agit d’hommes ou de femmes ; il doit y avoir des deux.
    
    Ils braquent sur moi des armes qui ressemblent à des foudres, mais avec un canon plus long et fin. Je me fige un instant, incapable de décider de quoi faire… J’espère vaguement qu’ils ont l’intention de me prendre vivante. Je ne me trouve pas en position d’employer mon arme. Et même si je le pouvais, j’ignore si j’y parviendrais… c’est une chose d’utiliser un foudre contre des semences ou des démons… mais c’en est une autre de viser des personnes !
    
    Je ne peux que demeurer immobile, comme un avilan dans le faisceau d’un aéroquartz. Leur chef – ou du moins, c’est ce que je suppose – fait un pas en avant, se dégageant de la ligne pour me toiser de la tête aux pieds. Elle porte la même combinaison de cuir écailleux que sa troupe, mais d’un rouge sombre. Son casque comporte une visière qui ne laisse entrevoir qu’un vague éclat de regard. Le reste dévoile l’impression de traits purs et d’une peau pâle, avec des lèvres fines et rosées – un visage délicat et distingué, qui tranche avec des manières rudes et un corps athlétique.
    
    « Lâche ce foudre… »
    
    Je baisse la tête, invoquant déjà mes alaées… J’active discrètement la détente du foudre, puis je le laisse tomber. Il reste suspendu par la bandoulière, hors de portée de mes mains levées… Invisible, l’énergie monte en moi. Bientôt, les lames surgiront – est-ce que ce sera assez rapide pour que je puisse m’envoler avant d’être réduite en cendres par leurs armes ? Je peux toujours tenter, mais plus j’attends, plus la possibilité de réussir ce coup d’éclat s’amenuise.
    
    La femme se tourne vers l’un de ses sbires et esquisse un signe du menton – sans doute pour lui demander de me neutraliser. Étrangement, mes idées me paraissent très claires ; soudain, je sais quoi faire ! Quand il se trouve à moins d’un mètre de moi, je laisse mes alaées s'épanouir et je décolle, pour balancer un coup de pied dans sa poitrine. Le choc le précipite vers ses camarades. J’en profite pour attraper la bride de mon foudre et le ramener entre mes mains, pour tirer aussitôt une salve au-dessus de la tête des soldats des Profondeurs. Avant même qu’ils puissent réagir, je m’élève vers le ciel, cramponnée à mon arme, pour me lancer dans une série de vrilles et de looping. J'entends les rayons d'énergie fuser autour de moi. Deux ou trois fois, je sens leurs tirs me frôler, dans un crépitement électrique. Une légère brûlure au niveau du mollet droit me fait comprendre que l’un des coups m’a effleurée, mais je suis déjà passée de l’autre côté de la barricade. Aussitôt, je descends légèrement pour me mettre hors de portée.
    
    Mon cœur bat à toute allure dans ma poitrine ; l’adrénaline surgit dans mon corps, plus intense encore que lors de mon premier vol. Même si ce succès m’a soulagée, je ne dois pas en rester là… Je vole toujours juste en dessous du sommet des palissades, à la recherche de la semence à éliminer pour garder cet endroit sauf… Mais je ne parviens pas à la voir et je commence à paniquer. La surface vallonnée du village semble déserte ; tous les enfants ont été mis à l’abri. C’est déjà cela !
    
    Enfin, l’étrange tâche iridescente apparaît dans mon champ de vision. Les choses devraient être plus faciles à partir de là ! J’étends mes alaées pour me positionner face à la semence. Je n’ai plus qu’à viser soigneusement pour m'assurer qu’elle se trouve bien dans le faisceau du foudre.
    
    Mon doigt s’approche de la détente…
    
    Soudain, le ciel s’assombrit au-dessus de moi. J’aurais dû déjà tirer, mais je lève instinctivement le regard pour contempler ce qui me surplombe.
    
    Une immense forme noire, à la surface imprécise, comme si elle n’était pas tout à fait matérialisée en ce monde…
    
    Je ferme les paupières, soulagée. Sans doute Eïdo l’a-t-elle invoquée pour me protéger tandis que je procède à l’élimination de la semence. Je me remets en position…
    
    Pour me trouver face à la gueule sans fonds de la créature, dont les yeux d’orage crépitent dans une tête de brume obscure…
    
    

Texte publié par Beatrix, 10 avril 2019 à 23h34
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