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Tome 1, Chapitre 28 « Le clan Darken » Tome 1, Chapitre 28
Nous descendons dans l’étrange habitation par une rampe qui s’enfonce dans le sol, pour aboutir dans un vaste espace, bien moins sombre que je m’y attendais. Des piliers de bois bleuté soutiennent une magnifique structure du même matériau, qui forme une grande coupole au-dessus de l’aire centrale. La paroi circulaire est percée par cinq portes au moins, qui doivent mener à des pièces plus exiguës.
    
    Il fait très clair, sans doute à cause des rameaux portant des fleurs luminescentes qui s’entremêlent à la charpente. J’observe, bouché bée, cet éclairage étonnement romantique. Un plancher à la surprenante souplesse recueille nos pas. Sur les murs incurvés pendent des tapisseries aux teintes chaudes qui me rappellent la cabine d’Atina. Des monceaux de coussins s’empilent autour de tables basses, couvertes de vaisselle colorée. Assises tout autour, plusieurs personnes nous attendent.
    
    On dirait que dans ses appartements de l’Agathos, Atina a tenté de recréer son monde. Almaïa doit beaucoup lui manquer. Je me demande une fois encore pourquoi elle a quitté les siens pour rejoindre le croiseur Mecamens.
    
    L’homme qui se trouve juste devant nous se met lentement sur ses pieds ; il ressemble à celui qui nous a accueillis, avec une bonne dizaine d’années de plus ; ses cheveux gris sont attachés sur sa nuque. Il porte une longue tunique par-dessus un pantalon ample et des bottes souples. S’il s’agit du chef de clan, aucun signe distinctif ne révèle son statut.
    
    Atina s’avance pour lui donner une rapide accolade, ainsi qu’aux trois personnes qui sont venues à notre rencontre. Tout le monde à part moi semble déjà les connaître… Je doute fort de leur être présentée ! Je ne peux qu’observer et supposer…
    
    Remarquant sans doute ma confusion, Atina me prend par l’épaule et me pousse doucement en avant :
    
    « Oncle Tsaris, voici notre nouvelle consœur, Prismè Kirrista. C’est une Alate de Strata, qui est venue prêter main-forte à Cipher. »
    
    La radiante aux cheveux verts fait la moue, sans doute contrarié qu’on puis penser qu’elle a besoin d’aide ! Je ne peux retenir un sourire devant son expression presque enfantine.
    
    « Soyez la bienvenue dans l’enclave du clan Darken, déclare l’homme gravement. Je suis Tsaris Darken, l’oncle d’Atina. Voici son frère aîné Aldred, qui est l’un de mes assistants, ainsi que Varany, notre capitaine, et notre limbiane Ertala. »
    
    Limbiane ?
    
    Encore un mot étrange… Peut-être est-ce ainsi que l’on nomme les personnes qui manipulent l’énergie issue des Limbes, comme Atina. Soudain gênée, je m’incline respectueusement devant le petit groupe. La femme rousse me regarde de la tête aux pieds, avant d’esquisser une grimace.
    
    « Hum… Elle n’est pas bien impressionnante. C’est vraiment elle qui a tiré sur un démon avec un simple foudre, Eïdo ? »
    
    Je me sens rougir à cette remarque. Encore quelqu’un qui va me trouver stupide et imprudente ! Hors de question de me laisser traiter de cette manière. J’avance d’un pas :
    
    « En effet, c’est moi. Maintenant que tout le monde connaît cette histoire, peut-être qu’on peut cesser d’en parler ? »
    
    J’entends un léger rire s’élever derrière moi… un rire masculin. Je me retourne d’un bloc, pour assister à un spectacle rare : même s’il tente de le dissimuler de la main, un sourire éclaire encore le visage habituellement stoïque d’Eïdo.
    
    « Laisse-la en paix, Varany. Tu ne sais pas à quoi tu t’exposes !
    
    — Eh ! »
    
    Croisant les bras, je me retourne vers le conjureur pour le foudroyer du regard… au point que j’en oublie toute convenance.
    
    « Depuis quand t’es-tu aperçu que j’existais, Eïdo ? »
    
    Il cligne des yeux, légèrement surpris.
    
    « Prismè…
    
    — Tu te souviens aussi de mon prénom ? Je ne l’aurais jamais cru ! Non seulement tu m’as ignorée durant tout le voyage, alors que j’étais assise juste à côté de toi, mais en plus, tu te permets de rire de moi ? »
    
    J’entends Elwen se racler la gorge ; je peux aisément deviner l’embarras de notre Aïrin. Izel a l’air un peu réjoui à mon gré…
    
    Varany a croisé les bras et ses yeux mi-clos me détaillent froidement… du moins en apparence. Une lueur amusée brille tout au fond de son regard.
    
    « Pour être honnête, je ne peux pas la blâmer, Eïdo. Il faut bien reconnaître qu’elle n’a pas tout à fait tort ! »
    
    Les yeux du conjureur s’élargissent. Un moment, la confusion sur son visage le fait paraître moins grave, plus jeune, un peu perdu même. Je profiterais volontiers du spectacle – mais leur attitude m’agace toujours autant :
    
    « Eh, ne parlez pas de moi comme si je n’étais pas là !
    
    — Oh, mais nous sommes tous conscient que tu es là. Tu as du mal à te faire oublier », réplique Eïdo.
    
    La capitaine de l’enclave hausse un sourcil ironique :
    
    « Aurais-je de la concurrence ?
    
    — De la… quoi ? »
    
    Je manque de m’étrangler sous le coup de la stupéfaction. Varany est… avec Eïdo ?
    
    « Ne prends pas tes rêves pour la réalité », répond froidement l’intéressé.
    
    Les paupières de la capitaine se plissent légèrement, seul signe de sa contrariété. Une expression de tristesse passe sur son visage, si rapidement que j’aurais pu aussi bien la rêver. Je détourne les yeux, un peu troublée. Ainsi, cette femme en pince pour Eïdo ? Je lui souhaite bien du plaisir ! Je ne peux m’empêcher d’avoir un peu pitié d’elle…
    
    À moins qu’il ne s’agisse que d’un jeu entre eux, mais j’en doute !
    
    « Varany, Eïdo, arrêtez vos pitreries ! », déclare Atina en croisant les bras, sur un ton de grande sœur raisonnable.
    
    Le conjureur semble soulagé ; sans trop savoir pourquoi, je me rapproche de lui. Après tout, je suis sa collègue ; pas Varany. Tsaris et Aldred éclatent de rire. La vieille femme aux colifichets me fixe d’un regard pénétrant. Atina l’a rejointe et lui glisse quelques mots à l’oreille. Elle reporte son attention sur Eïdo, qu’elle observe pensivement. Je me sens un peu nerveuse, au milieu de toutes ces interactions que je ne comprends pas.
    
    « Asseyez-vous », propose Tsaris Darken en nous désignant les piles de coussins.
    
    Je préférerais des chaises, mais l’accueil est sympathique et je me laisse tomber sur le tissu coloré avec soulagement. Je remarque avec amusement qu’Eïdo s’installe le plus loin possible de Varany.
    
    « Bien, déclare le chef de clan. À la suite de votre communication, nous avons essayé de recouper nos informations avec les vôtres. Cette histoire de semences nous a rappelé quelques événements bizarres dont nous a parlé un clan du nord. Les informations passent assez vite de clan en clan… Notre survie en dépend. »
    
    Le chef du clan Darken marque une pause, avant de reprendre :
    
    « Des taches de limbes… qui ressemblaient de façon troublante à des semences… »
    
    Elwen baisse la tête pensivement. Pour ma part, je tremble d’expectative à l’idée de ce que je vais apprendre sur l’univers où je vis et, pourtant, que je connais si mal…
    
    

Texte publié par Beatrix, 29 janvier 2019 à 19h56
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