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Tome 1, Chapitre 22 « Eïdo Anagké, cet homme mystérieux » Tome 1, Chapitre 22
Les coups qui résonnent à la porte mettent un moment à me sortir de la torpeur où je me trouve ; j’entrouvre un œil ensablé, le referme aussitôt… Puis je rouvre les deux et je me redresse en grognant. J’ai la tête lourde et tout mon corps me fait mal – en particulier le dos, les épaules et les bras. Je ne suis pas encore taillée pour faire ce travail.
    
    Je titube jusqu’à la porte pour la déverrouiller ; en face de moi se tient Izel Serrafen, qui me regarde avec ce large sourire qu'il garde quasiment en permanence.
    
    « Allez, c’est ton tour, jeune fille ! »
    
    Je fais la moue. Je ne suis pas une gamine… mais je suppose que je n'ai pas vraiment le droit de me révolter. Je m’étire légèrement ; regardant autour de moi, je repère les chaussures basses que j’emploie pour remplacer mes bottes quand je suis dans l’Agathon. Je prends le temps de les enfiler avant de suivre le médecin de l’Agathos comme une somnambule.
    
    Je suis déjà venue une fois dans le cabinet d’Izel, quand j’ai passé la visite médicale obligatoire pour être déclarée apte à servir sur l’Agathos. Cela m’avait paru inutile au premier abord, puisque j'en avais subi une pour intégrer les patrouilles de Strata. Mais à présent que j’ai accompli ma première mission, je comprends pourquoi.
    
    L’infirmerie est une suite spacieuse, avec une partie cabinet et une partie hôpital, qui contient une bonne dizaine de couchettes. Je peux être rassurée : même si tout le conseil tombe malade, Izel a la place de l’accueillir. Seulement, il ne faudrait pas qu’il succombe lui aussi à l'épidémie !
    
    Je m’assois sur la table de consultation, dégrafant ma combinaison pour ne conserver que mon T-shirt et un caleçon mi-long. Au moins, je ne me sens pas indécente devant lui – mais je pense qu’il en a vu d’autres.
    
    « Est-ce que tu peux t'allonger ? »
    
    J’obéis en bâillant, espérant que cela ne durera pas trop longtemps. Il actionne une commande qui fait descendre du plafond une grande plaque lumineuse. Je reconnais un scanner censé vérifier mon énergie de radiante. Je ferme les yeux tandis qu’il lance de processus.
    
    Selon le règlement de l’Agathos, tout radiant qui a approché de trop près les limbes, une déchirure ou la magie Abscura doit passer par cette formalité. Les forces qu'ils dégagent affectent la nôtre et peut provoquer des problèmes – certes rares, mais gênants – dans la régénération de notre énergie. Heureusement, je ne risque rien de plus grave qu'un repos prolongé.
    
    J’attends patiemment, en me disant que je n’ai rien à redouter. Je suis épuisée, mais mes alaées n’ont pas flanché durant la bataille. Enfin, l’examen se termine ; Izel lance un diagnostic global pour repérer d’autres troubles potentiels, avant de déclarer que la vérification est finie. Je me redresse en grimaçant légèrement.
    
    « Tout va bien, jeune fille.
    
    — Eh, j’ai un prénom ! »
    
    Ma protestation fait sourire le médecin :
    
    « Désolée, Prismè… Tu me fais penser à ma petite soeur ! »
    
    — Tu as une petite sœur ? »
    
    Il esquisse un léger sourire :
    
    « Oui… Elle vit à Evanna. Notre vie ne se résume pas à l’Agathos – sauf pour Elwen et Tiri, bien sûr.
    
    — Et pour Eïdo ? »
    
    Izel reste un moment silencieux ; de l’index, il remonte ses lunettes sur son nez, l’air un peu gêné.
    
    « Eïdo… C’est encore un cas à part ; il n’aime pas tellement qu’on parle de lui. »
    
    Je me mordille la lèvre, pensive ; soudain, j’ai envie de savoir plus sur cet homme que j’ai à peine côtoyé, et à part Elwen (avec qui jamais je n’oserais aborder ce sujet), le médecin semble la personne la plus apte à satisfaire ma curiosité.
    
    « Eido n’a plus personne d’autre que le conseil, murmura-t-il. Mais il n’aime pas trop que cela se sache…
    
    — Il est terriblement discret, non ?
    
    —C'est peu de le dire… »
    
    Je baisse la tête, les sourcils froncés.
    
    « Il a été blessé quand il m’a sauvée… »
    
    Izel se détourne légèrement, enfouissant ses mains dans les poches de sa tunique.
    
    « Prismè… Les capacités d’Eïdo ont un prix. Bien plus élevée que celle des sensitifs, des radiants ou même des Abscura…
    
    — Il n’est rien de tout cela ?
    
    — Non. Il est… à part. Mais des dons composites comme les siens ne devraient pas exister. Non parce qu’ils sont dangereux pour les autres, ou maléfiques… mais parce qu’ils sont susceptibles de l’affecter. Je ne peux pas en dire plus, mais je n’aime pas le voir négliger autant sa propre sécurité.
    
    — C’est pour cela que tu es parfois fâché contre lui ? »
    
    Izel éclate de rire :
    
    « Cela se voit tant que cela ? Et je suis je suis plus âgé que lui – pas de beaucoup, j’en conviens, et en tant que médecin, ça me donne le doit de lui sonner les cloches quand c'est nécessaire ! »
    
    J'acquiesce pensivement :
    
    « Cipher estime beau Eïdo…
    
    — Il t’intéresse tant que cela ? »
    
    Les yeux d’Izel pétillent un peu trop à mon gré ; je sens mes joues s’enflammer. Mes tentatives pour en apprendre plus sur l’homme-mystère du Conseil ne sont pas très subtiles, j’en conviens, mais il pourrait au moins montrer de la courtoisie ! Je détourne le regard pour ne plus voir son sourire amusé. Mon visage doit avoir viré à l’écarlate à présent, et c’est entièrement de sa faute. De toute façon, ce n’est pas comme si j’étais attirée par Eîdo. Il est sans doute trop vieux pour moi, sans parler de son caractère rébarbatif. Depuis que je suis ici, je n’ai pas réussi à tenir une véritable conversation avec lui… Même Cipher est plus bavarde ! Il vaut à peine mieux que Tiri.
    
    Je voudrais expliquer tout cela à Izel, mais je crains d'aggraver les choses ; plus je tenterai de me justifier, plus il se moquera de moi !
    
    « Ne fais pas cette tête ! lance le médecin en riant. Je comprends ta frustration ! Eïdo peut avoir cet effet sur les gens. Tu n’es ni la première ni la dernière à ne pas savoir comment le prendre. »
    
    Il me tend gentiment la main pour m’aider à descendre de la table. Je devrais être fâchée, mais je le laisse faire de bonne grâce. Il y a quelque chose chez Izel qui fait penser à un gamin facétieux. On ne peut jamais lui en vouloir longtemps.
    
    Pendant que je renfile ma combinaison, il rentre les résultats de l’examen sur l’holoterminal.
    
    « N’aie aucune inquiétude, tout va pour le mieux. Tu vas être à plat pendant quelques jours, mais c’est normal, surtout au début. Au fil du temps, tu récupéreras plus vite. Pour tes courbatures, je vais te donner des patchs qui relaxeront tes muscles.
    
    — Merci ! »
    
    Je lui suis sincèrement reconnaissante. L'idée de passer les jours qui viennent avec la sensation que mes bras vont tomber ne m'attire pas particulièrement.
    
    Il se retourne vers moi et m’adresse un petit clin d’œil :
    
    « Puisque tu es passée la dernière, ça te dirait de venir prendre un verre avec moi à la cafétéria ? »
    
    J’acquiesce, sans pour autant me départir de ma dignité – il n’est pas encore tout à fait pardonné !
    
    

    
    Prismè s’intéresse un peu trop à Eïdo, non ? Bon, il lui a sauvé la vie et l’a recommandée pour servir sur l’Agathos, c’est compréhensible.
    Hum, je vais avouer un terrible secret : Etherlings existe parce que je voulais écrire une histoire où je pouvais caser un grand ténébreux réservé. Bref, mes raisons d'écrire sont souvent d'une monstrueuse futilité.

    
    

Texte publié par Beatrix, 6 mai 2018 à 23h53
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