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Tome 1, Chapitre 15 « Seule devant le conseil » Tome 1, Chapitre 15
Me voici de retour dans la salle où se réunit le conseil de l'Agathos. Cette fois, tout le monde est présent. Je me cache à moitié derrière Faïn, mais le vétéran de l'équipage va prendre sa place à la longue table, sur la droite de l'Aïrin. Je me demande si la position de chacun indique quelque chose.
    
    Bien entendu, dan'Talar porte l'expression affable qui lui est habituelle. À sa gauche se trouve la jeune femme au bras artificiel ; même si c'est ce qui la distingue par-dessus tout, je n'ai pas envie de la réduire à cela. D'après Len'Arvo, il s'agit de Tiri Breth, la mécanicienne de l'Agathos et une lointaine cousine de l'Aïrin. Je note une nouvelle fois leur ressemblance, sauf que la couleur de leurs prunelles et de leurs cheveux paraît inversée, et que sa mine est aussi fermée que celle de l'Aïrin est agréable et ouverte. Elle ne semble pas voir mon arrivée d'un bon œil...
    
    À côté d'elle, se trouve len'Brasne. L'Alate me considère avec circonspection ; je ne la sens pas réellement hostile, en dépit de sa réserve. Puis dan'sen'Serafen, qui m'offre un sourire un peu amusé. A priori, c'est sa façon d'être et je pense pouvoir m'y habituer. C'est quelqu'un de plutôt agréable, si l'on n'est pas trop, susceptible.
    
    À côté de Faïn siège Atina, qui porte une expression bienveillante. Est-elle réellement une abscura ? Elle s'est montrée amicale avec moi et l'Aïrin lui fait confiance. Je n'ai aucune raison de douter d'elle, en dehors des antiques préjugés de ma nation. Enfin, dan'Anagke occupe l'autre extrémité de la table. Cette fois, il me semble plus indifférent que contrarié, ce qui est tout de même un mieux.
    
    Du moins, je l'espère...
    
    Sept regards sont braqués sur moi, brillant de sentiments variés – mais pas toujours aisés à déchiffrer. L'Aïrin se lève et me sourit gravement :
    
    « Len'Kirrista... Ou plutôt, à présent que tu fais partie des nôtres, Prismè... Je suis heureux de te souhaiter la bienvenue parmi nous. J'espère qu'au terme de tes deux ans d'apprentissage, tu viendras agrandir notre Conseil qui en a bien besoin ! »
    
    Je m'étonne de la familiarité de son adresse, mais je songe qu'il doit s'agir d'une coutume propre au croiseur. Le souci, c'est que je ne suis pas sûre de la façon dont je suis censée y répondre.
    
    L'Aïrin se tourna vers l'entendant :
    
    « Les premiers jours, Faïn restera à ta disposition pour t'aider et te fournir tout ce dont tu auras besoin, que ce soit en matière de renseignement et d'équipement. Il t'accompagnera là où tu souhaites aller en attendant que tu sois capable de t'orienter dans l'Agathos.
    
    — Merci. Je... vais faire le nécessaire pour m'adapter rapidement. »
    
    Je ne veux pas être un fardeau pour l'intendant – ou du moins, le plus brièvement possible.
    
    « Parfait. Dès demain, tu commenceras à t'entraîner avec Cipher. Elle te transmettra l'horaire de votre première séance.
    
    Len'Brasne m'accorde un long regard ; sans doute cherche-t-elle à m'évaluer. Je suppose que nous passerons pas mal de temps ensemble... J'espère que je saurai faire une bonne impression sur elle. Mais après tout, c'est une radiante et une Alate. Nous pouvons probablement nous entendre sur l'essentiel.
    
    « Je compte sur vous tous pour vous montrer aussi accueillant que possible. N'hésitez pas à expliquer quel est votre travail sur l'Agathos.
    
    — Pour ceux qui travaillent, glisse len'Serafen – ou plutôt, Izel – en glissant un regard en direction d'Eïdo.
    
    — Et moi qui pensais que tu te sentais visé... » rétorque l'intéressé sereinement.
    
    Leur échange semble moins hostile qu'à notre première rencontre ; s'ils avaient un différend à ce moment-là, j'espère qu'il est réglé. Il n'est jamais facile de s'intégrer dans un lieu où existent des tensions. Cette fois-ci, leur dialogue m'amuse plus qu'autre chose ; je serais tenté de prendre parti pour Izel, en raison de sa nature abordable et sympathique, mais je n'oublie pas que je dois à Eïdo tout à la fois ma vie et ma présence sur l'Agathos.
    
    « Pour l'occasion, poursuit l'Aïrin, vous avez tous quartier libre. Ne partez pas d'emblée vous cloîtrer dans votre cabine ! Je compte sur vous pour associer Prismè à vos activités. »
    
    Il jette un regard appuyé aux éléments les moins sociables de son « conseil », à savoir Tiri et Eïdo. Je dois avouer que l'homme aux cheveux sombre m'intrigue plus que tous les autres réunis. Certes, il me fait un peu peur... Ses capacités n'ont rien de... lumineux. Je ne trouve pas de meilleur terme. Au bout d'un moment, les prunelles pourpres se posent sur moi, avec un mélange d'agacement et de méfiance. La teinte est perturbante, mais pas inesthétique. Je ne peux nier qu'il possède un certain charisme, avec ses traits sévères, mais réguliers et ces deux mèches de couleurs aussi fascinantes que ses yeux ou ses alaées noires. Je me demande à quoi il ressemble quand il sourit...
    
    « Prismè ? »
    
    Je sursaute légèrement ; tout le monde est en train de quitter sa place, et Sirina me regarde avec amusement :
    
    « Est-ce que tout va bien ? »
    
    Je m'arrache à la contemplation d'Eïdo, rougissant légèrement.
    
    «
    
    « Ou... ui... »
    
    Faïn m'offre un sourire :
    
    « Que dirais-tu de visiter le croiseur ? C'est le moment où jamais ! Bientôt, tu entraînée prise dans le tourbillon du quotidien et nous aurons du mal à trouver le temps. »
    
    Je me sens considérablement soulagée par cette offre.
    
    « Merci, dan... je veux dire, Faïn ! »
    
    Il éclate de rire :
    
    « Je comprends que ce soit difficile dans un premier temps. Mais nous dépendons tous les uns des autres, ici, nous n'avons pas le temps de faire des manières. »
    
    J'acquiesce, toujours un peu intimidée, mais je reconnais que l'intendant est très facile d'accès. Un peu comme un oncle favori toujours prêt à aider ses neveux préférés. Je pouffe intérieurement en me demandant si les autres le voient comme ça.
    
    Deux bonnes heures plus tard, nous revenons vers la salle à manger – il y avait jadis un réfectoire, mais il est trop grand pour juste sept personnes – huit à présent. L'Agathos est impressionnant. C'est une véritable petite ville. Il est évident qu'il est conçu pour accueillir une population bien plus vaste que celle qu'il abrite actuellement. Une foule d'interrogation joue dans ma tête, même si je n'ose pas à les formuler.
    
    À Strata, personne ne dispose d'autant d'espace. La ville aérienne s'est agrandie au fil du temps, mais c'est pour donner plus de place à sa population grandissante. Mes parents font partie des privilégiés – comme le sont souvent les Radiants – avec un appartement de quatre pièces pour trois personnes, même si elles ne sont pas très grandes.
    
    L'Agathos comporte même une salle holovideo, une piscine et une vaste serre hydroponique – en plus des synthétiseurs de nourriture. Je me demande ce qu'il s'est passé pour qu'il soit à présent si désert. Est-ce que c'est en rapport avec ce qu'a mentionné len'Arvo – Marihel ? Je me demande si c'est une histoire sensible... Peut-être est-il préférable de ne pas poser de questions, du moins, pas directement.
    
    « Est-il vrai que l'Aïrin est capable de piloter l'Agathaos entièrement seul ? »
    
    L'intendant acquiesce gravement :
    
    « Les croiseurs mecamens possèdent ce qu'on pourrait considérer comme une véritable intelligence artificielle. L'Agathos peut même agir de lui même dans des cas extrêmes, mais jamais ses actions ne seront aussi adaptées ni complexes que celle d'un cerveau humain. Il existe trop de facteurs qui reposent sur des éléments que l'on pourrait considérer comme « non logiques », du moins pas conformément aux paramètres de la machine. Disons qu'ils entrent dans un réseau de valeurs et d'idées bien plus large et fluctuant que celui d'un système programmé. »
    
    Je ne suis pas sûre de tout comprendre, mais je saisis au moins la nuance. C'est assez normal, finalement :
    
    « Et donc, quand il pilote, son esprit fusionne avec celui de l'appareil ?
    
    — Fusionner est un bien grand mot. Je dirais plutôt qu'ils communiquent par la pensée. Le cortex de l'Agathos comprend la moindre de ses intentions et même ses émotions.
    
    — Et comment se fait-il qu'il soit le seul à pouvoir le faire ? »
    
    — Disons que le cortex de l'Agathos est un assemblage biomécanique, dans lequel ont été intégré des neurones humains. Le matériel génétique avec lequel ils ont été développés appartient à la lignée d'Elwen et de Tiri.
    
    — Est-ce que cela veut dire que Tiri aussi aurait pu être Aïrin ? »
    
    Faïn garde le silence pendant un instant.
    
    « Théoriquement », finit-il par dire.
    
    Je comprends que je suis allée un peu trop loin – du moins pour aujourd'hui. Un peu gênée, je le suis vers la salle à manger pour un premier repas pris en commun.
    
    

    
    [Tiri Breth – Conseillère de l'Agatho, mécanicienne et navigatrice
    Age : 24 ans
    Taille : 1,60 m
    Cheveux : argentés
    Yeux : dorés
    Groupe sanguin : B+
    Type : sensitive]
    
    Et voilà, tout l'équipage a été présenté ! Comment vont se passer les premiers jours de Prismè ? Eh bien, il vous faudra attendre la suite ! (Muhahahaha...)
    
    

Texte publié par Beatrix, 16 février 2018 à 00h54
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