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Le monde de Dulatum-la dernière des Fées
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Tome 1, Chapitre 15 « Le Départ » Tome 1, Chapitre 15
L’heure du départ avait sonné. Eren se félicitait de n’avoir parlé à personne de sa guérison inattendue, car nul ne s’était aperçu qu’elle possédait une nouvelle paire de bottes. Cependant, elle s’était demandé quelle particularité ces chausses pouvaient bien avoir. La jeune fille avait essayé toutes les techniques de sa connaissance afin de réveiller le pouvoir d’un objet ésotérique. Elle les avait cirées, les avait fait claquer et les avait frottées avec du crin de licorne… rien. Si elles étaient arrivées par enchantement, elles n’avaient pourtant rien de magique.
    Eren s’était servi de la quinzaine de jours de repos qu’elle avait eu pour préparer son départ ainsi que celui de la Princesse. Dorénavant fiancée à Ernest, Gracy les avait beaucoup aidés et avait aussi énormément pleuré. Des robes, moult capes et autres vêtements avaient été tissés et assemblés pour l’occasion. La plupart du temps, Griselle était silencieuse et Eren renfrognée. La fille du Maître-forgeron sentait son amie paniquée à l’idée d’épouser un inconnu et elle la comprenait parfaitement. L’activité du moment avait emporté les semaines tel un tourbillon. Malgré ses trop nombreuses occupations, la Demoiselle avait eu le temps de penser et elle appréhendait particulièrement l’heure de quitter sa famille. Par chance, son rang de Chevalier des airs l’obligeait à revenir. Elle passerait simplement l’hiver sous le climat de Xipés. Le soleil et la mer la faisaient rêver même si elle adorait la neige et les fleurs de glace.
    
    Pourtant, tandis qu’elle entendait résonner les trompettes, Eren s’attrista une nouvelle fois à l’idée de se séparer de ses parents. Les fiançailles d’Ernest lui donnaient encore plus envie de rester à Grubens. Bien que Gracy et son frère lui aient assuré ne pas se marier avant l’hiver prochain, Eren regrettait de ne pas pouvoir partager davantage leur bonheur récent. Sa mère allait terriblement lui manquer, dans une moindre mesure ses ainés aussi.
    L’attitude du Prince ajoutait à sa peine. Il ne lui avait pas adressé la parole depuis le soir de son anniversaire. Toujours trop occupé, il prétextait mille choses dès qu’elle s’approchait. La fille du Maître-forgeron souhaitait simplement lui dire au revoir et surtout lui apporter son soutien dans ces nouvelles fonctions, mais Gregory semblait bouder. Eren ne comprenait pas pourquoi. Elle s’en irait sans l’avoir vu et une part d’elle lui en voulait de son attitude enfantine. La jeune femme savait, bien que les cuivres sonnassent, qu’il restait quelques d’heures avant le départ officiel. Elle en profiterait pour se rendre aux écuries. Elle avait choisi les escaliers extérieurs et descendait lentement. La Demoiselle ne souhaitait pas rééditer l’exploit d’une chute. Elle s’arrêta. Venant à sa rencontre, Gregory avalait les marches deux par deux. Elle fit une petite révérence tout en se serrant contre la rampe. Le Prince la bouscula légèrement en la croisant. Sans un mot, sans même un regard, il continua son chemin. Eren se redressa et le héla :
    
    « Votre Majesté est de bien mauvaise humeur ce matin !
    En l’absence de réponse, elle haussa le ton.
    — Un cochon sauvage serait plus courtois. Au moins, il grognerait un bonjour !
    Gregory fit une halte. Eren dut se pencher pour l’apercevoir, presque un demi-étage au-dessus d’elle. Le jeune homme fit demi-tour et dévala les escaliers. Dorénavant à sa hauteur, il la fixait.
    — Demoiselle Eren, oseriez-vous me répéter en face ce que vous venez de dire ?
    — Avec le plus grand des plaisirs, Votre Majesté.
    — Je vous écoute, souffla-t-il entre ses mâchoires serrées.
    — Un cochon sauvage serait plus courtois. Au moins, il grognerait un bonjour ! Votre Majesté comprendra que son rang ne justifie en rien son impolitesse, répondit-elle du tac au tac. Je suis certaine que la Reine serait de mon avis. »
    
    S’empressa-t-elle de rajouter. Gregory avait l’air de mauvaise humeur et elle se méfia tout de même de sa réaction en descendant deux marches. Griselle lui avait confié que son frère pouvait s’avérer passionné dès qu’il était en sa présence. Sans vraiment comprendre le pourquoi de la réflexion de la Princesse, Eren en avait conclu qu’il était emporté. Bien sûr, elle se trompait.
    Le Prince la rejoignit, elle se retira un peu plus. Ils parcourent ainsi un étage entier. Arrivée sur le palier du cinquième, Eren se retrouva le dos contre la porte de service. Elle ne pouvait plus reculer, sa seule solution était d’entrer dans la tour des Communs. La Demoiselle déglutit et interrogea le jeune homme sur ses intentions.
    
    « Votre Majesté est-elle en colère contre moi ? Allez-vous me réprimander ? Parce que je vous préviens tout de suite, je ne me laisserais pas faire !
    — Pourquoi voudriez-vous que je sois contrarié ? Vous m’avez traité de goret et cela n’était pas totalement dénué de sens.
    — Vous n’êtes pas fâché ? s’exclama-t-elle. Pourtant, Griselle…
    — Ma sœur vous aurait-elle fait des confidences ? s’étonna-t-il.
    — Hum… En fait, je lui ai demandé pourquoi vous ne m’adressiez plus la parole. La Princesse m’a expliqué que dès qu’il s’agissait de ma personne, vous étiez… passionné. Voilà pourquoi j’ai cru que vous alliez vous emporter.
    — Eren, quel rapport entre la passion et la colère ?
    — Aucun. Cependant, je ne sais pas pourquoi vous vous seriez épris d’une simple Demoiselle tandis que je comprendrais que mon attitude vous fâche. Vous ne seriez pas le premier.
    — Je vois. Vous n’affectionnez pas ma compagnie ? Ma personne n’est pas à votre goût ? »
    Eren rougit et baissa la tête. Bien sûr, il lui plaisait. Son opinion avait changé et plus elle le connaissait, plus elle l’appréciait. Il était loin d’être le sombre idiot qui avait vilipendé Dalma, le Prince était doux et généreux. Elle désirait en apprendre davantage sur son caractère avant de pouvoir se dire amoureuse. Soudain, il s’approcha et l’embrassa. Eren paniqua. Elle le repoussa, puis le gifla.
    « Mais qu’est-ce qui vous prend ?
    Hurla-t-elle en se dérobant. Elle se demanda pourquoi il avait agi ainsi, comme si elle était une fille facile ou que son avis n’ait pas d’importance ! Elle n’avait jamais reçu de baiser et aurait aimé que son premier se passe autrement. Gregory ne lui avait même pas fait un brin de cour ! Elle essuya une larme et voulut partir.
    — Eren, je suis… le dit le Prince en la retenant par le bras.
    — Un sombre idiot ! fulmina-t-elle avant de le repousser violemment. Depuis quand embrassez-vous les jeunes filles sans même les prévenir ?
    — Eren…
    — Demoiselle Eren d’Erum, précisa-t-elle. Votre Majesté ! »
    
    Elle se mit à courir et avala les escaliers sans plus vraiment savoir où elle allait. Seulement une fois devant les écuries, elle réalisa où elle se trouvait. Elle entra. Les chevaux ailés de Grubens hennirent. La Demoiselle tourna sur elle-même, de façon à pouvoir tous les voir, puis se précipita dans le box de Dettée. La jeune jument vint à sa rencontre. Sans réfléchir, Eren embrassa son front et souffla à son oreille :
    
    « Montre-moi Grubens pour que je ne l’oublie jamais, car pour le moment je n’ai qu’une envie… m’enfuir. »
    
    Elle guida sa jument hors des écuries. Une fois dans la première cour, Dettée déploya ses ailes. Ces dernières émirent une vive lumière. Eren s’agrippa et s’installa sur le dos de l’animal. Elle était suffisamment bonne cavalière pour savoir monter à cru, sans que cela ne la gênât. Elle saisit la crinière de Dettée et observa les regards médusés des soldats de la garde de Xipés. Leur capitaine était un gentil garçon. La Demoiselle ne lui avait parlé qu’une seule fois, à la soirée d’anniversaire du Prince, mais elle l’avait trouvé sérieux tout en étant drôle. À ce moment précis, le militaire ne la quittait pas des yeux. La fille du Maître-forgeron donna un léger coup de talon et l’équidé battit des ailes. Dettée s’envola et monta bien au-dessus de la tour du Roi. Là, les courants venteux n’étaient franchissables que par les chevaux ailés.
    La jument prit au nord. Elle dansa avec les nuages qui s’accrochaient aux parois abruptes des Montagnes Noires. Elle fit le tour de la base du Horn avant de piquer en direction du Hornwasser. Les grondements du fleuve soulèrent quelque peu Eren. Le bruit associé à la vitesse l’estourbit un instant.
    Dettée ralentit puis atterrit. Au grand galop, elles parcoururent les formes arrondies des Montagnes Bleues. Puis, l’animal s’envola à nouveau puis alla se poser sur le Promontoire. Là, comme le Prince Gregory quelques mois auparavant, la jeune femme admira l’ensemble du pays de Grubens. Prise de mélancolie, elle se mit à pleurer. Sa famille allait lui manquer. Heureusement, son frère Eliott serait du voyage. Griselle allègerait sa peine et Eren partagerait la sienne. La Princesse était une vraie amie qui aujourd’hui avait besoin de sa Demoiselle. Eren essuya ses larmes et caressa Dettée. Il n’en fallut pas davantage à la magnifique bête pour décoller. Elle prit la direction de la Citadelle et atterrit tout en douceur dans la première cour.
    
    Eren mit pied à terre. Elle ramena Dettée aux écuries afin qu’elle puisse s’alimenter et s’hydrater avant le départ pour Plaine-chaude. Baigné par la mer intérieure, le port le plus au sud de Grubens abritait le galion princier de Xipés. Lorsque la jeune fille s’engagea hors des stèles, elle sursauta. Xéphos lui faisait face.
    
    « Demoiselle Eren, bien le bonjour.
    — Capitaine Xéphos ? s’étonna-t-elle. Puis-je vous être utile ?
    — Excusez mon impertinence, mais cela est-il bien sérieux de chevaucher ainsi ? Vous sortez de blessures. Nous attendons votre rétablissement pour partir, et ce depuis deux semaines.
    — Capitaine, cela ne sont pas vos affaires. Je suis bien plus à l’aise dans les airs qu’à terre. J’y suis aussi beaucoup moins maladroite. Ne vous inquiétez pas, nous serons à l’heure.
    — Je ne me soucie que de mon Souverain ainsi que de votre santé Demoiselle Eren. Son Altesse attend avec un grand enthousiasme la Princesse Griselle et il me tarde de vous montrer mon pays.
    — Est-ce vrai ? Le Prince Xavier est-il impatient de connaître la Princesse ? en profita pour demander Eren.
    — Il fera son devoir avec la ferveur qui le caractérise, expliqua calmement Xéphos.
    — Capitaine, vous savez manier les mots de façon à ne jamais répondre. Cependant, je vous comprends, j’en ferais autant si vous me posiez des questions sur Griselle.
    — Je suis heureux que nous ayons en commun la loyauté à nos royaumes respectifs. Peut-être, partageons-nous d’autres valeurs ? Nous aurons sûrement le temps d’en reparler.
    — Je l’espère, capitaine. Veuillez m’excuser, je dois aller saluer les membres de ma famille et les embrasser une dernière fois avant notre départ. »
    
    Il inclina la tête et laissa passer Eren. La jeune fille sortit des écuries un grand sourire aux lèvres. Elle appréciait les échanges qu’elle avait avec Xéphos. Il ne la connaissait pas et n’avait à son encontre aucun a priori. Déterminée à ne pas pleurer, elle traversa la première cour d’un pas rapide et se rendit chez ses parents.
    
    
§§§

    
    Le blizzard se levait et faisait chanter les stalactites de glaces qui pendaient des toits. Le vent froid fouettait le visage d’Eren. Elle refusait obstinément de mettre sa capuche ou de serrer son écharpe. Ses joues rougissaient et ses oreilles commençaient à être douloureuses. Cependant, elle souhaitait braver les frimas de l’hiver. Pensant que si elle résistait au climat, elle pourrait probablement endurer toutes les épreuves du voyage. Installée sur le dos de Dettée, la jeune fille souriait à sa mère et attendait que Xéphos donne l’ordre du départ. Le capitaine discutait avec la Princesse. Cette dernière n’était toujours pas en selle et refusait d’écouter le militaire. Eren comprit que Griselle souhaitait voir son frère encore une fois. Tandis qu’il aurait dû saluer depuis les balcons de la tour du Roi, Gregory apparut.
    En grand uniforme, l’héritier de Grubens chevauchait Dilmi. L’étalon avait replié ses ailes à l’intérieur de ses flancs et ressemblait à s’y méprendre à un cheval commun. Il était accompagné de toute la garde, menée par leur nouveau capitaine : Ethan. Griselle sourit et se décida enfin à monter Dalma. Les enfants royaux se dirigèrent côte à côte vers les portes en fers forgés de la première cour, suivis de l’ensemble du cortège. Le traineau, tiré par les loutres à pattes de feu et conduit par Xéphos, fermait la marche. Eren se demanda ce qu’augurait ce changement de dernière minute. La délégation au complet prit vers le Promontoire au petit trot et la Demoiselle n’osa pas regarder Gregory. Une fois au col, les militaires s’arrêtèrent et mirent pied à terre. Ethan aida la Princesse puis Eren à descendre de leur monture.
    
    « Ethan, qu’est-ce que tout ceci signifie ? questionna-t-elle curieuse.
    — Sa Majesté le Prince Gregory de Grubens désirait accompagner sa sœur jusqu’ici afin de lui montrer son soutien, quel que soit son choix. Cet endroit a une forte valeur historique pour les souverains de Grubens. Eren, s’il te plaît, fait attention à toi, promis ?
    Eren s’interrogea. Ethan n’était pas du genre inquiet et il n’était réellement sérieux que lorsqu’il prêtait serment. Que savait son frère ou que supposait-il de sa dispute avec Gregory pour se soucier ainsi de sa sécurité ? Elle lui sourit et profita de l’occasion.
    — Entendu, si tu m’assures d’être prudent et de ne plus jamais te moquer de moi.
    — C’est beaucoup me demander, ma petite teigne adorée. J’aime beaucoup te charrier et tu t’emballes si vite ! plaisanta-t-il. Cependant en tant que capitaine de la garde, je te le promets, plus de mauvaises blagues. »
    Ethan prit Eren dans ses bras et la serra très fort contre lui. Lorsqu’il la relâcha, elle put voir que ses yeux étaient baignés de larmes. Il se recula et laissa passer le Prince arrivé entretemps. La Demoiselle fit une révérence parfaite puis se releva. Ethan s’éloigna et alla saluer la Princesse pendant que Gregory se plaçait tout près d’Eren.
    
    « Je vous souhaite un bon voyage, Demoiselle Eren d’Erum. Prenez soin de vous, dit-il d’un ton triste.
    — Je remercie Votre Majesté. Je vous offre mon plein soutien pour vos nouvelles fonctions. Sachez que je saurai tenir mon rang de Chevalier des airs dès mon retour à Grubens.
    — Demoiselle Eren… Hum… j’espérai que vous accepteriez mes plus plates excuses pour mon attitude et que vous concéderiez à prendre ce cadeau en gage de mon remords. »
    
    Il lui tendit une boîte et s’inclina légèrement devant elle. Eren ne savait que faire. Mal à l’aise que tout le cortège les regarde, elle rougit.
    « Merci, Votre Majesté.
    — Demoiselle Eren, me permettez-vous de baiser votre main en signe d’adieu ?
    — Bien évidemment, Votre Majesté. »
    
    Tous deux ôtèrent leurs gants. Eren présenta sa main droite et Gregory la saisit délicatement. Il hésita puis l’embrassa, franchissant une fois de plus la barrière de la bienséance. Il se redressa et comme leurs regards se croisaient, il lui sourit. Troublée par sa douceur, Eren sentit son cœur s’emballer et le rouge brûler ses joues. Il s’avança et murmura pour elle seule :
    
    « Veuillez pardonner mes lèvres de n’avoir pu retenir la passion que vous leur inspirez. Je vous fais le serment que cela ne se reproduira plus jamais. »
    Sans savoir que répondre, Eren fixait Gregory droit dans les yeux. Chahutée par des sentiments inconnus, elle closit ses paupières.
    « Ne faites pas de promesse que je ne souhaite pas vous voir tenir, » chuchota-t-elle.
    
    À ces mots, elle tourna les talons et remonta sur Dettée. La Princesse cessa de converser avec Ethan et fit signe à Xéphos qu’il était temps de partir. Le capitaine de la garde de Xipés prit la tête du cortège et héla ses loutres. Au même instant, le Prince Gregory et ses hommes s’envolèrent en direction de la Citadelle sur le dos de leurs chevaux ailés. Ils se quittèrent sans un regard, les uns allant vers le froid et les autres vers la chaleur.
    Eren vint se placer à côté de Griselle comme le voulait le protocole. La jeune altesse avait les yeux rougis et la tristesse se lisait sur son visage, ce qui alourdit encore un peu plus le cœur de la Demoiselle. Eren mit la main dans la poche de sa cape et en sortit deux mouchoirs. Elle en tendit un à Griselle pendant que de son côté, elle essuyait une larme naissante.
    
    « Tu me surprendras toujours Eren, dit la Princesse en reniflant.
    — Grivas m’a fait la leçon pour que je n’oublie rien avant de partir. Elle a particulièrement insisté sur les mouchoirs.
    — Non, je souhaitais discuter de mon frère. Il me semble très épris et…
    — Griselle, n’en parlons pas… Veux-tu bien ?
    — Entendu. Cependant, une dernière chose. Greg était malheureux, il y a une heure à peine. Il m’a confessé s’être mal conduit en ta présence et maintenant… il sourit comme un benêt. Eren promet-moi, tu ne le feras pas souffrir.
    — Tu as ma parole. Enfin, tant qu’il n’agit pas comme un sombre idiot… parce qu’à ce moment-là, je ne peux pas assurer qu’il ne prendra pas un coup de baquet !
    Griselle pouffa puis continua comme si de rien n’était.
    — Grivas est une femme adorable et tellement prévenante. Que t’a-t-elle conseillé d’autre pour ce voyage ?
    — Elle m’a demandé de veiller sur toi et d’entretenir notre amitié, déclara d’un ton solennel la Demoiselle.
    — Elle se fait tant de souci pour moi. Je pense qu’elle s’en fait pour toi aussi, s’attrista Griselle.
    — J’en suis sûre. Elle a même contrôlé si mon bagage était bien fait.
    — Vraiment ? De quoi s’est-elle assurée ? s’étonna la Princesse.
    — Elle a vérifié que j’ai à portée de main : mon poignard et la trousse de premières urgences. »
    
    Les deux jeunes filles se mirent à rire. Enfin détendue, Eren était heureuse de visiter Dulatum et encore plus d’avoir fait la paix avec Gregory. Elle se demanda : la passion du Prince serait-elle aussi ardente lors de son retour à Grubens ou bien s’agissait-il d’une simple amourette ? Elle avait toujours su qu’il devrait prendre épouse, mais soudain, elle comprit qu’être sa compagne signifiait être Reine. La Demoiselle avait déjà bien du mal à endosser son rôle de Chevalier des airs, elle ne se sentait pas prête à devenir souveraine. Bien sûr, elle avait quelques mois pour y réfléchir et l’inclinaison du jeune homme n’était peut-être que passagère. Les mains d’Eren se crispèrent sur les rênes de Dettée. Elle inspira profondément, il ne lui restait plus qu’à trouver une solution pour demeurer toute sa vie à Xipés. L’exil était la seule option. Ainsi, elle ne verrait plus jamais Gregory, ne serait plus bouleversée et ne finirait pas Reine. La Demoiselle déglutit avec difficulté à cette pensée. Elle positionna sa capuche et resserra son écharpe autour de son cou. Le voyage allait être long.
    
    Ce fut donc totalement perdue, empreinte aux doutes et le visage fouetté par le blizzard qu’Eren quittât Grubens.
    
    
    Ici, prend fin le premier tome. Le second volume sera publié au rythme d'un chapitre par mois et se passera à Xipés.

Texte publié par Isabelle , 21 novembre 2017 à 21h54
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