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Le monde de Dulatum-la dernière des Fées
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tome 1, Chapitre 13 « Les messagers » tome 1, Chapitre 13

Eren se leva souriante. Depuis une semaine, elle était heureuse. Invitée à l’anniversaire du Prince, elle maîtrisait maintenant non seulement la danse, mais aussi l’art de la conversation. Son élégance était également reconnue de tous. La jeune fille avait gagné sa place auprès de la Princesse. La fête aurait lieu dans deux jours. La principale préoccupation de l’Altesse Royale ainsi que de sa Demoiselle était donc... leur tenue.

L’enfant du Maître-forgeron savait que de nombreuses Comtesses, Duchesses et autres nobles des trois royaumes feraient le voyage pour un tel événement. Elle comprenait aussi que Gregory doive se marier avec quelqu’un de son rang ; il était Prince. Pourtant, la jeune fille espérait secrètement conserver leur amitié. D’ailleurs, elle appréciait ce dernier de plus en plus. Cependant, elle lui en voulait tout de même de l’avoir laissée se ridiculiser. En effet, ses frères ne pouvant plus la taquiner avec la danse, ils se prenaient un malin plaisir à lui dire qu’elle avait été aveugle pour avoir confondu un Prince et un capitaine. Bien qu’elle ait l’habitude que ses aînées se moquèrent régulièrement d’elle, elle en avait assez. Eren n’était ni mal voyante ni maladroite.

Pour décembre, le temps était clément. Il n’avait pas neigé et le blizzard n’avait pas encore soufflé. Seules les fleurs de glace avaient éclos avec un peu d’avance. Ces roses particulières n’existaient qu’à Grubens. Les buissons semblaient morts toute l’année, mais la saison hivernale venant, ils se tapissaient de givre. De nombreuses excroissances ou tiges poussaient lentement et finissaient par se couvrir de bourgeons. Les fleurs de glace s’ouvraient la nuit et capturaient la lumière des étoiles. Ainsi, le jour les roses scintillaient en permanence. Elles éclairaient de leur beauté les jours sombres et courts de l’hiver dans ce pays rude et froid qu’est Grubens.

Lorsqu’Eren tira les rideaux, le soleil ne s’était toujours pas levé. Elle admira un instant les éclats des pétales de glaces en provenance du jardin de la Reine puis s’habilla prestement. La Demoiselle sortit dans le couloir et faillit se faire renverser par Gracy. Cette dernière ne s’excusant pas, elle comprit qu’il se passait quelque chose d’étrange. Changeant d’avis, elle bifurqua et rejoignit les cuisines. Centre d’information et de commérages son ancien lieu de travail avait toujours connaissance des potins. La jeune fille prit le prétexte d’un problème avec le menu pour le petit-déjeuner afin de savoir ce qu’il en était.

La nouvelle s’était propagée comme une trainée de poudre. En provenance de Xipés, une barque flottante tirée par douze loutres aux pattes de feu sillonnait le pays de Grubens. Les sentinelles allumaient les brasiers des tours de garde et faisaient résonner les trompettes à chaque fois qu’elle traversait un village. La frêle embarcation était suivie de peu par scorpion arc-en-ciel monté par sa nacelle. L’insecte géant progressait cependant avec plus de difficultés, les sols étant gelés. Les paris allaient bon train. S’attardant à connaître l’heure exacte de leur arrivée, qui des messagers du royaume de Néatum ou de celui de Xipés entrerait  dans la première cour ? L’excitation avait gagné la Citadelle et les cuisines avec elle.

Eren retint son souffle, la Princesse allait recevoir une invitation à visiter un pays lointain et, en tant que Demoiselle, elle ferait sûrement partie du voyage. Pourtant, son titre de Chevalier des airs l’obligeait à vivre à Grubens. La jeune fille s’attardait dans ses pensées. Elle remontait en courant les escaliers extérieurs tout en cherchant une solution à son dilemme.

Eren fut étonnée de rater une marche et encore plus de glisser sur la suivante. Sa chute la fit dégringoler d’un étage. Son dos était douloureux et son nez saignait. Elle se releva en s’appuyant sur la rampe, incapable de poser son pied droit au sol. La souffrance était telle que les larmes envahirent ses yeux bien malgré elle.

Heureusement, un commis attiré par le bruit passa la tête par un fenestron. D’un hurlement, il donna l’alarme. Grivas, la nourrice royale arriva rapidement escortée de deux soldats. Elle disposa un pain de glace sur la cheville de la jeune fille et enduit ses plaies de graisse de limace. La Demoiselle se sentit de suite mieux. Les militaires la portèrent jusqu’à ses appartements où elle resta couchée en attendant la visite du médecin. Ce dernier diagnostiqua une foulure et quelques bleus. Devant son insistance, il l’autorisa à se déplacer à condition qu’elle utilisât des béquilles.

Assise sur le bord de son lit, la jupe soulevée, Eren admirait son attelle. Le praticien avait réussi à faire quelque chose de rigide et pourtant d’assez joli. Son plâtre ressemblait à une botte. Des orteils au haut de son tibia, plus rien n’était visible hormis une chausse blanche. La douleur avait cessé. La jeune fille se mit précautionneusement debout, sachant qu’elle en avait à peine pour sept jours d’immobilisation si elle suivait les conseils du médecin. Dans le cas contraire, trois semaines de chaise à porteurs l’attendaient. Son amie Griselle allait avoir besoin d’elle et Eren ne comptait pas lui faire défaut, aussi serait-elle raisonnable.

§§§

Lorsque la mélodie spécifique aux visiteurs étrangers résonna au son des cuivres, tout s’arrêta un instant. La Princesse Griselle ne fit pas exception. Elle déglutit difficilement et sonna ensuite Gracy. La Suivante était déjà à la porte. Cette dernière aida la jeune altesse à s’habiller puis à se coiffer. La fille du Roi fin prête, Gracy fit une révérence et s’éloigna non sans avoir fait un immense rictus de joie à sa maîtresse.

Griselle lissa machinalement les plis de sa robe. Ce geste faisant, elle ne put s’empêcher de sourire. Elle ressemblait de plus en plus à sa mère. Était-ce là un signe de maturité ? Était-elle prête à affronter son premier et probablement dernier voyage en tant que Princesse de Grubens ? Une angoisse enserra son estomac. Elle ne pourrait jamais épouser le Prince Nikkolas. Trop grossier, trop brusque, trop violent, le fils du Roi Nikkor n’avait pas bonne réputation. De plus, la rumeur lui allouait une acné pathologique des plus disgracieuses. Griselle n’avait rien contre les peaux grasses, mais la vulgarité ne lui était point supportable.

D’un autre côté, personne ne connaissait le Prince Xavier. À l’instar de Gregory de Grubens, l’héritier de Xipés gardait le secret sur sa personne. Les potins le disaient extrêmement beaux. Cela ne rassurait en rien la fille de Grégoire qui se savait physiquement désavantagée.

Griselle poussa un long soupir et profita encore un peu de la solitude de sa chambre. Elle se demanda alors si Eren pourrait l’accompagner. En tant que Demoiselle sa place était aux côtés de la Princesse, mais son statut de Chevalier des airs imposait à son amie de rester à Grubens. L’altesse réfléchit un moment. Après tout, Eren n’avait pas vingt ans et le fait de voyager ne l’empêchait pas de revenir. Griselle sourit. Au moins avait-elle résolu le problème d’Eren. Si cette dernière le souhaitait, elle pourrait l’accompagner jusqu’à sa nouvelle demeure.

La Princesse jeta un coup d’œil à sa coiffure et prit la direction de la sortie. Elle sursauta en entendant frapper à la porte :

« Entrez. »

Dit-elle de sa voix la plus calme. Elle fut surprise de voir Grivas. La nourrice se faufila à pas de loup et s’approcha de Griselle afin de lui murmurer à l’oreille :

« La Demoiselle Eren a chu ce matin dans les escaliers. Rien de grave, rassurez-vous. Cependant, son entorse la privera de bal. Mais le problème n’est pas là.

– Pourquoi chuchotez-vous Grivas ?

– Je n’en sais rien, Votre Majesté. Cette course entre les deux messagers agite mes nerfs.

– Qui gagne ? demanda timidement la Princesse.

– Les rumeurs ! C’est cela qui me rend folle, impossible d’avoir une information fiable !

– Au moins, nous n’avons plus besoin de démontrer qu’Eren est maladroite, sourit tristement Griselle. Va-t-elle vraiment bien ?

– À part des ecchymoses sur tout le visage et une cheville dans le plâtre très bien. Cependant, nous allons avoir un problème... le protocole veut que vous soyez accompagnée : Demoiselle et Suivante... Et je ne suis pas certaine que même avec des béquilles Eren tienne debout jusqu’à ce que l’émissaire gagnant arrive.

– Nous sommes en hiver...

– C’est un fait Votre Altesse, mais quel rapport avec...

– Une Princesse ne peut pas patienter en plein vent... au risque d’attraper le mal de la mort.

– Votre Majesté semble avoir une idée...

– Faites allumer des brasiers dans toute la première cour. Demandez à ce que les chevaux ailés soient sellés. Nous attendrons sur nos montures, comme le faisaient nos ancêtres... il y a longtemps de cela.

– Princesse... vous serez une grande Reine et le jeune homme qui volera votre cœur sera sans nul doute le plus riche de Dulatum.

– Grivas, vous êtes parti pris, sourit l’altesse en déposant un baiser sur le front de sa nourrice.

– Griselle, je vous ai en partie élevée... Votre frère et vous êtes mes petits... n’en doutez jamais.

– Je sais Grivas et je comprends que tu sois triste à l’idée que je m’en aille.

– Évidemment. Cependant, je suis aussi très fière. Bien, j’ai une cérémonie à organiser.

– Je donne quelques consignes à Gracy ainsi qu’à Eren, puis nous viendrons prendre place. »

La nourrice partie, Griselle sonna une fois de plus Gracy. La Suivante arrivée, Griselle lui expliqua sa pensée :

« Gracy, je comprends que tu n’as pas beaucoup de temps, mais je souhaiterais changer de tenue.

– Princesse, dites-moi simplement ce que vous avez en tête et je ferai mon possible pour vous satisfaire.

– Je réfléchissais au velours gris...

– Oh ! Votre Altesse... Quelle bonne idée ! »

Sans prendre le temps de faire une révérence convenable, Gracy tourna les talons et partit en courant.

§§§

De longues robes de velours gris ourlées de fleurs de bruyère les habillaient. Le fil utilisé pour broder ces dernières indiquait leur rang. La tenue de Griselle était ornée d’or, celle d’Eren de fibres d’argent et celle de Gracy avait des reflets cuivrés. Toutes trois chevauchaient dignement un cheval ailé. Les braseros brûlaient vivement réchauffant la première cour. En ce début d’après-midi, le blizzard avait décidé de se lever.

La Reine avait prévenu l’ensemble du palais. Si la neige faisait son apparition, le protocole serait changé. Il était hors de question que son enfant ou sa suite attendissent dans le froid, surtout si la tempête et les deux émissaires faisaient chemin commun.

Heureusement, les trois jeunes filles portaient une cape de laine épaisse, chaude et extrêmement légère. Capuches relevées, une grande écharpe enroulée autour du cou, elles étaient, pour l’instant, bien protégées de l’air glacial. Les chevaux ailés ne craignaient pas les frimas de l’hiver et leurs pelages avaient la propriété de réchauffer les jambes de leurs cavaliers.

Dalma s’ébroua, trouvant probablement le temps long. Détée fille de Delmée venait tout juste d’intégrer la garde royale. La jument aux flancs ivoire avait une queue et une crinière irisée de reflets gris perle. Elle possédait une étrange marque sur son front. Ressemblant à plusieurs petites étoiles, elle laissait supposer que l’animal avait un lien avec la famille de Dolmo, l’étalon régalien. Grégoire avait fait cadeau du jeune cheval à Eren afin d’asseoir sa fonction de Demoiselle de compagnie. C’était aussi une façon détournée de la remercier pour sa loyauté envers Grubens.

Toutes trois ainsi vêtues tressaillirent au second chant des trompettes courtes. Un messager venait de pénétrer dans la troisième cour. Une nouvelle salve de cuivre annonça qu’il entrait dans la deuxième. De toute évidence, et qui qu’il soit, il avait de l’avance sur son concurrent. En effet, le second émissaire n’était toujours pas notifié par les cors des montagnes. Soudain, ces derniers résonnèrent. Les deux étrangers se faisaient la course au travers des ruelles de Ens. Le premier arrivé à la Citadelle n’était en rien certain de gagner. En effet, il devait remettre le parchemin écrit par le Prince de son royaume. Griselle s’en saisirait et en prendrait connaissance. La lettre à nouveau enroulée et placée dans son écrin validerait l’invitation. Si un quelconque événement l’empêchait de procéder, la Princesse devrait de facto accepter la seconde missive.

Pendant ce temps-là, et comme le voulait la tradition, le Roi Grégoire et son épouse la Reine Érianor s’installèrent dans la salle du trône. Ils recevraient les émissaires et écouteraient Griselle leur annoncer la date et le lieu de son voyage à venir.

Le Prince Gregory avait rassemblé la garde royale au grand complet dès qu’il avait ouï les vigies. Greg et ses soldats se tenaient en rangs serrés derrière la jeune altesse.

Tous les Maîtres artisans s’étaient parés de leurs plus beaux atours. Aussi vite qu’ils avaient pu, ils avaient disposé leurs œuvres en évidence sur les perrons de leurs boutiques. Les étals chancelaient légèrement avec la montée du blizzard. La mélodie ainsi créée accompagnée du sifflement du vent plongeait la première cour dans une atmosphère irréelle.

À Grubens, la magie avait toujours été différente. Fortement liée à l’hiver et aux Fées, beaucoup disaient qu’elle avait disparu du pays du nord depuis longtemps. Patrie des premiers elfes, les landes venteuses qui en faisaient toute la beauté étaient loin d’être communes. Certains comme le Roi Nikkor s’enorgueillissent de déclarer que plus rien de féérique ne se passait dans ce royaume. D’autres comme le Prince Nikkolas riaient à l’idée que les chevaux de Grubens n’étaient rien de plus que des équidés avec des ailes.

Pourtant la magie était bien présente à Grubens. Plus forte et profondément ancrée dans cette terre, elle était seulement plus discrète. Du moins, la plupart du temps...

L’arrivée soudaine d’animaux aux dons puissants ébranla quelque peu l’ésotérisme du pays de Grubens. Les loutres à pattes de feu avaient la particularité de se transmuter en feu follet. Aidant les habitants du royaume des dix mille îles à trouver leur chemin, elles étaient également capables de tracter cent fois leur poids. Les scorpions arc-en-ciel étaient pour leur part d’énormes créatures de presque une dizaine de mètres de haut. Pouvant devenir totalement invisibles, ils étaient surtout connus pour leur venin. Denrée rare et précieuse, une goutte de ce dernier hydratait les âmes perdues dans le désert pendant un peu plus d’une semaine. Ce puissant poison capable de brûler pendant des mois sans pour autant se consumer était également un antidote à la plupart des autres toxines. Les scorpions de Néatum étaient finalement bien moins dangereux que les adorables petites loutres de Xipés qui avaient la particularité de transformer un homme en fou en lui faisant voir le pays des morts.

Une douzaine de Mustélidés et trois Arthropodes suffisaient à mettre à mal l’équilibre magique de Grubens. Les habitants avaient l’habitude d’héberger un ou deux lutins farceurs dans leur maison durant la saison des frimas. Ils s’en trouvaient souvent remerciés par des écheveaux de laine et de soie mêlées qui rendaient les tissus de la région chauds et légers en même temps. Bien sûr, tout un chacun savait qu’il fallait purifier son âtre avant l’hiver afin que le feu sacré puisse se réfugier dans chaque demeure. La Reine Érianor elle-même ne dérogeait pas à la tradition et nettoyait personnellement sa cheminée avant la saison froide. Pourtant, aucun n’avait jamais assisté à une manifestation importante de la magie de Grubens.

Le jour déclinait, laissant peu à peu sa place à une nuit noire et profonde. Soudain, toutes les sentinelles, tous les feux, toutes les lanternes et toutes autres lumières s’éteignirent. Cependant, personne n’eut peur, personne exception faite des étrangers. Les deux capitaines et leurs soldats sentirent la puissance tout entière de ce pays glacé se réveiller.

Le Roi et la Reine se prirent par la main et s’assirent. Le Prince resserra l’emprise qu’il avait sur les rênes de Dilmi. Gracy ferma les yeux, Griselle enfonça son cou dans ses épaules et Eren ôta sa capuche.

La Demoiselle inspira pleinement, plus vivante que jamais. Son pansement craqua et fit sursauter toute la première cour. Les artisans essayaient tant bien que mal d’apercevoir quelque chose. Le plâtre d’Eren devint léger. Ne ressentant ni gênes ni douleur, la jeune fille regarda ses chevilles l’une après l’autre. Elle était stupéfaite. Même dans l’obscurité, elle put voir qu’en lieu et place de son bandage et de sa vieille chausse se trouvaient de magiques bottes de cuir noir. Remontant jusqu’aux genoux et ornées d’arabesques argentées, ces dernières étaient chaudes et confortables. L’enfant d’Ethias écarquilla les yeux puis laissa glisser discrètement sa jupe afin de cacher ce cadeau singulier.

Espérant qu’il ne s’agisse pas d’une illusion, la Demoiselle souhaitait garder ce secret pour elle seule. Elle ne comprenait pas pourquoi la magie l’avait ainsi choisie ni même ce qui lui valait un tel honneur. Une chose importait : ses orteils n’étaient plus douloureux et ses mollets étaient au chaud. Toute explication logique ou ésotérique attendrait qu’elle soit à nouveau dans ses appartements.

À ce moment-là, savourant le confort d’une bonne paire de bottes, Eren réalisa qu’elle n’allait pas être tranquille longtemps. Son bracelet de perles de crins se mit à scintiller. Elle tira discrètement sur sa manche, mais rien n’y fit. La lumière était bien trop puissante. À ce signal, les équidés de Grubens, des poulains aux vieilles carnes, déployèrent leurs ailes. De leurs plumes, une vive clarté émana, transformant la nuit en jour. Les animaux montés par un cavalier ou à l’état sauvage décollèrent. En vol statique au-dessus de Grubens, ils montrèrent à tous que les chevaux du pays du nord possédaient également quelques particularités bien cachées.

Eren les larmes au bord des yeux réalisa qu’elle n’avait jamais rien vu d’aussi beau. Elle caressa le cou de Détée et entra en communion avec les autres de ses semblables. D’un mouvement commun, ils retournèrent à terre.

Dans cette ambiance irréelle, les doubles battants de la porte de chêne blanc s’ouvrirent laissant passer une barque flottante. Au-dessus d’elle, les contours d’un scorpion arc-en-ciel se dessinèrent. Dans cette conquête où tous les coups étaient permis, les loutres se dissocièrent pour réapparaître sous forme de feu follet. Le capitaine de la garde de Xipés posa chacun de ses pas là où se trouvaient les petites flammes bleues. Elles le portèrent ainsi à une vitesse incroyable jusqu’à la Princesse à qui il tendit le premier son parchemin.

Au même instant, par un mystérieux enchantement, les feux de Grubens reprirent vie dans tout le pays.

Les chevaux replièrent leurs ailes et retournèrent à leurs pâturages pour certains et à leurs fonctions officielles pour d’autres. Eren quant à elle observa le capitaine de Xipés. Le chèche bleu enroulé autour de son crâne et masquant le bas de son visage mettait en valeur ses yeux verts. Ces derniers avaient un éclat rieur qui plut immédiatement à la Demoiselle. Ses sourcils visibles, eux aussi, permettaient de supposer qu’il était blond. L’homme dont l’allure et la carrure laissaient penser qu’il était jeune s’avançait d’un pas sûr. Son saroual jaune augmentait encore la fluidité de sa démarche et sa veste aux couleurs de Xipès, or tissé de brocards turquoise, affinait sa silhouette. Le militaire était de taille moyenne. Très légèrement bedonnant, il avait malgré tout l’air athlétique.

Suivi de la garde de son pays, il se déplaçait tenant à bout de bras le présent du Prince Xavier : une écaille de dragon des mers.

Le capitaine de Néatum mettait pied à terre tandis que la Princesse s’empressait d’enrouler le parchemin de Xipés.

Ce fut donc les pieds au chaud et le corps encore empli de magie, qu’Eren prît conscience que son avenir venait de se jouer dans l’obscurité de la première cour.


Texte publié par Isabelle , 9 novembre 2017 à 21h03
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