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Le monde de Dulatum-la dernière des Fées
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tome 1, Chapitre 11 « Véritable identité » tome 1, Chapitre 11

L’automne embrasait maintenant de ses couleurs chatoyantes toute la vallée du Horn. Les bruyères avaient roussi et les herbes hautes étaient devenues blondes malgré un été trop court. Eren décida que le jour était propice à une leçon d’équitation hors du Château. La veille, au vu des prévisions climatiques, la Reine avait accordé aux deux jeunes filles une promenade en direction de la deuxième cour. Cependant, la Souveraine avait soumis l’exercice à condition : la garde royale et son capitaine les accompagneraient. Même si elle aurait préféré ne pas croiser le regard de ces sombres idiots tandis que la Princesse effectuerait sa première sortie, Eren n’y avait vu aucune objection.

Il n’y avait pas de vent et le fond de l’air était encore doux pour la saison. Les chevaux ailés avaient été libérés un peu plutôt et avaient tous rejoint la grande terrasse, au dixième étage. Delmée et Dalma n’avaient pas fait exception. Cependant, Eren était inquiète. La jument à la robe blanche n’avait jamais participé à un exercice, dont son frère, Dilmi, était l’étalon responsable. La jeune femme savait que Dalma frissonnerait d’appréhension. La veille, elle avait été prise d’un hoquet phénoménal, emplissant les écuries de bulles roses. La Demoiselle avait pu entendre les hennissements moqueurs des autres équidés depuis la terrasse de ses appartements.

Arrivant derrière Griselle sur l’aire d’envol, au sommet de la tour du Roi, la fille du Maître-forgeron observa que la monture de la Princesse se tenait serrée contre Delmée ne voulant pas quitter les flancs de la vieille bête.

Le capitaine de garde s’avança et présenta ses hommages respectueux à la jeune altesse. Eren se souvint des suspicions qu’elle avait eues à son encontre. Le sourire retenu de Griselle la convint encore un peu plus : ces deux-là partagés un lien spécial. Son tour était venu de saluer. Elle s’exécuta dans une révérence exquise. Lorsqu’elle se releva, elle put observer les regards étonnés de ses frères alignés derrière leur chef. Ce dernier avait la bouche légèrement entre-ouverte et ses yeux traduisaient plus que la surprise... la stupéfaction. Eren ne comprit pas. Il l'avait croisé la nuit précédente et leur échange avait même été plutôt houleux. L’officier en gardait d’ailleurs encore la marque sur sa pommette droite. Le gradé se racla la gorge et partit inspecter personnellement toutes les montures. C’était sa première chevauchée depuis qu’il était consigné aux écuries et Eren fut étonnée par son manque d’excitation. Elle était vraiment très enthousiaste. Une fois toutes les selles vérifiées et ajustées, il se raidit dans une position très protocolaire, qui d’après la jeune fille, ne lui allait pas du tout.

Le temps ralentit. Le militaire la fixa tandis qu’elle avançait. Eren se demanda si cela avait un quelconque rapport avec la nuit précédente. Cependant, cela faisait bientôt quatre mois qu’il ne l’avait pas vu en plein jour. Pouvait-elle avoir changé au point de pétrifier le chef de la garde royale ? Intriguée par l’attitude du capitaine, Eren regarda ses frères. Tous trois semblaient également subjugués par la personne qu’elle était devenue. La Demoiselle se détendit quelque peu. Le militaire n’avait rien de mal dit sinon elle pouvait être certaine qu’Édouard lui aurait fait son œil noir.

La jeune fille approcha de sa monture puis elle caressa le nez de Dalma. Griselle écouta méthodiquement ses conseils. Delmée décolla sans encombre suivi de la jument royale. Le vol se passa lentement, la dernière enfant d’Ethias ne tenant pas à effrayer la Princesse en abusant de la vitesse. Elles se posèrent dans un champ fraîchement labouré de la deuxième cour.

Le capitaine de la garde avait retrouvé ses esprits et ordonna que la pause soit de courte durée. Malgré le fait qu’elle ne l’appréciait pas davantage que lors de leur première rencontre, Eren dut bien admettre qu’il avait raison. Ils repartirent tous ensemble en direction de la Citadelle sans qu’aucun problème notable ne soit à relater.

Le vent se levait doucement, créant de petits tourbillons. Dilmi commença une démonstration de puissance en prenant vingt mètres en un battement d’ailes. Bien sûr, tous les équidés de la garde suivirent. Les hennissements qu’ils émirent étaient, de toute évidence, pour narguer Dalma qui maintenait son allure comme la Princesse le lui ordonnait.

Un à un, les chevaux se posèrent. Delmée dont la vision de loin laissait parfois à désirer, passa fort près de l’encolure de Dalma. Cette dernière réagit prestement. Elle démontra son adresse en exécutant un virage serré associé à une impressionnante accélération, le tout sans déséquilibrer Griselle. La jument royale atterrit sans problèmes, ce qui rassura Eren. Cependant, Delmée donnait des signes inquiétants de fatigue. Elle ne pouvait plus déplier correctement son membre du côté où elle avait frôlé Dalma. Expérimentés, cheval et cavalière arrivèrent tout de même à atteindre la zone réservée sur la terrasse.

Dès que ses sabots touchèrent la grande esplanade, Delmée glissa, ne pouvant freiner convenablement sans l’usage de ses deux ailes. Emportée par son élan, elle traversa ainsi le toit le la tour du Roi. Elle stoppa net avant le bord de la terrasse, propulsant par la même Eren dans les airs. La jeune fille n’avait rien pu faire. Elle tombait. Elle avait l’impression que tout cela s’était passé dans un ralenti irréel. La Demoiselle allait donc mourir : le corps éclaté au milieu de la première cour. Elle déglutissait avec difficulté lorsqu’une main puissante lui saisit la cheville droite. Le vent, la vitesse ou la peur faisait pleurer la dernière enfant du Maître-forgeron. La tête en bas et les jupes sur le front, elle réalisa qu’elle reprenait de l’altitude. Elle aperçut également deux autres montures parvenir à sa hauteur. L’une d’elles était chevauchée par Ethan et Elliott. Le premier dirigeait son cheval avec dextérité pendant que le second lui attrapa les poignets.

Maintenant de nouveau à l’endroit, elle se demanda comment ses frères allaient la sortir de cette situation. Édouard, arrivé de nulle part, vint placer son équidé en dessous d’elle. Elliott la lâcha et elle atterrit contre le buste d’Édouard, de toute évidence satisfait d’avoir récupéré sa petite sœur.

Eren passa les bras autour du cou de son aîné et se blottit contre lui. Ce dernier la ramena sur le toit sans encombre. Sa monture se posa puis s’agenouilla de façon à faciliter la descente de la Demoiselle encore sous le choc. Dès qu’elle fût à terre, ses frères se précipitèrent vers elle et la câlinèrent. Leurs yeux empreints d’angoisse la scrutaient, voulant être sûrs qu’elle n’avait pas été blessée durant cette épreuve. La jeune fille essuya ses larmes et les rassura tous les trois. Elle fit aussi un sourire à la Princesse restait en retrait. La Demoiselle savait que son amie avait été inquiète ; son teint gris et sa mine défaite traduisaient sa récente frayeur.

Des perles d’eau marquaient encore le visage de l’enfant d’Ethias lorsqu’à son tour le capitaine se posa. Griselle se précipita vers lui et sauta à son cou :

« Oh Gregory ! Merci... J’ai eu tellement peur pour Eren.

– De rien sœurette, j’adore jouer les héros !

– Greg, cesse donc de faire l’idiot. J’ai eu une de ces peurs.

– Grisy... Tout le monde va bien, c’est le principal. Demoiselle Eren, comment vous sentez-vous ? » demanda le jeune homme.

Eren, la bouche légèrement entrouverte, pensa dans un premier temps qu’elle hallucinait... sûrement le choc. Puis observant tour à tour la Princesse et le capitaine, elle dut se rendre à l’évidence. Elle avait balancé un baquet à la tête du Prince héritier. Elle lui avait également écrasé les pieds et balafré le visage. Ses sentiments oscillaient entre la colère, d’avoir été si longtemps dupé, et la peur. En effet, une question hantait son esprit : comment suis-je encore en liberté ? Chancelante, elle avança en direction des enfants royaux et fit sa plus belle de révérence. Le capitaine lui prit la main et lui demanda de se relever.

« Demoiselle Eren, votre condition vous permettait-elle de rentrer avec la Princesse ? Peut-être devrions-nous faire quérir un médecin, s’inquiéta l’héritier.

– Votre Majesté, je suis tellement confuse. Si... si j’avais su..., rougit la jeune fille.

– Griselle, je te prie de bien vouloir nous laisser seuls un instant. Il me semble que je doive une explication à la Demoiselle Eren.

– Bien sûr, je vais en profiter pour m’enquérir de l’état de santé de ses frères. Après tout, eux aussi ont du être soumis à une vive émotion, affirma Griselle souriante avant de tourner les talons.

– Hum, hum... Eren... Le principe même de mon anonymat est de forger mon caractère face aux situations les plus incongrues. Le moins que je peux dire, c’est qu’avec vous... je suis à bonne école.

– Majesté, si j’avais su... Hier soir... Comment m’avez-vous laissé faire ? Et pourquoi avoir garder le silence ? Vous auriez dû me faire renvoyer, si la Reine....

– Vous êtes simplement une bien meilleure lame que moi. Dorénavant, je me méfierais. Je ne jugerai plus les gens sur leurs apparences. De plus, ma mère est consciente de vos pratiques nocturnes depuis longtemps. De toute évidence, bien plus longtemps que moi, sourit-il.

– La Reine ? Votre Majesté saurait-elle pourquoi elle ne m’a point chassé ? Ma famille va-t-elle devoir s’exiler pour Néatum ?

– Bien sûr que non ! s’empourpra le Prince. Simplement, la Souveraine est toujours au courant de ce qu’il se passe à Grubens. Ne me demandez pas comment... je n’en ai pas la moindre idée. Ensuite, une Demoiselle aussi fine lame qu’elle est délicate est un avantage pour le royaume. Croyez-moi, ma mère voit le potentiel qui est le vôtre.

– Mais... je vous ai blessé. N’allez-vous point m’en blâmer ? s’étonna-t-elle, réalisant qu’elle s’en voulait d’avoir égratigné le jeune homme.

– Certainement pas, lui dit-il doucement avant de baiser sa main.

– Votre Majesté, je vous prie d’accepter mes excuses, si j’avais su, murmura-t-elle confuse.

– Demoiselle Eren, j’ai une faveur à vous demander. Appelez-moi capitaine, comme le font vos frères... enfin exception faite d’Ernest qui me nomme Gregory, mais ceci est une autre histoire.

– Capitaine ? Votre Majesté est-elle en train de me dire que tous mes sombres idiots de frères connaissaient votre identité ?

– En effet, cela vous pose-t-il un problème ?

– Que nenni, Votre Majesté. Je leur en toucherait deux mots... en privé, ronchonna-t-elle.

– Capitaine, j’insiste. Je ne porterai officiellement le titre qu’à compter du jour de mon anniversaire.

– Bien... dans ce cas, Capitaine, vous me permettrez de vous traiter avec le même respect que je le faisais auparavant.

– Vous voulez donc dire... aucun, éclata de rire le jeune homme.

– Non, je signifiais que je ne comptais pas vous faire de révérence compliquée », s’amusa à son tour la Demoiselle.

Eren réalisa à ce moment-là qu’il ne l’avait pas lâchée depuis le moment où il l’avait saisi. Sentant les lèvres du Prince sur sa peau, elle rougit. La dernière enfant d’Ethias perçut une douce chaleur envahir son visage. Elle s’imagina écarlate jusqu’à la racine des cheveux. La réflexion de Gregory lui laissa croire qu’elle avait raison.

« Ma présence vous ferait-elle donc changer de couleur ? rit-il. Je pensais que vous étiez une créature de la nuit, tellement votre teint est pâle.

– Votre Majesté... ce n’est pas très élégant de se moquer de vos fidèles sujets.

– J’en conviens. Cependant, lorsque ledit sujet possède un aussi beau visage, permettez-moi d’espérer que ma fonction n’est pas la seule cause de son trouble.

– Prince Gregory... Il me semble que vous retenez mes doigts bien plus longtemps que les convenances ne vous l’accordent… voilà la raison mon émoi, avoua Eren en regardant ses pieds.

– C’est exact. Pourtant, autorisez-moi de les garder un instant de plus. Je tiens à être sûr que vous avez entièrement récupéré de cette effroyable aventure. »

À ces mots, Gregory baisa une fois de plus le dos de la main d’Eren, mais cette fois-ci ses lèvres n’effleurèrent pas sa peau comme il était de coutume... elles l’embrassèrent. Lorsqu’il se redressa, ce fut au tour d’Eren de pouvoir constater le trouble du capitaine. Soudain, un hennissement désespéré les fit sursauter. Dalma venait de se cabrer.

Sans réfléchir, Eren se précipita. Elle put alors observer Delmée couchée sur le flanc. Des perles de sueurs couleur de nacre envahissaient tout le corps de l’animal. Sa dernière heure était arrivée. Les frères de la jeune fille étaient en retrait et Griselle avait posé ses mains sur sa bouche probablement pour s’empêcher de crier ou de pleurer. Le Prince aussi resta coi. Tous savaient que les chevaux ailés préféraient demeurer entre eux au moment de voir s’évanouir l’un des leurs sous forme d’un nuage de plume. Bien que connaissant la coutume, Eren se risqua à s'approcher de Delmée.

« Ma belle jument à la robe grise, puis-je un instant encore profiter de l’hospitalité de flanc ? »

Demanda la fille d’Ethias en entourant de ses bras l’animal. Cette dernière hennit doucement. Dilmi l’imita et tous les chevaux ailés s’inclinèrent. Gregory fit signe à tous de reculer. La Demoiselle continua son discours :

« Delmée, je ne t’accaparerais pas longtemps. Je voulais simplement te remercier de m’avoir ainsi sauvé. J’ai lu que vous autres, animaux magiques, n’êtes pas forcément malades lorsque vous répondez à l’appel de l’irréel, cependant je me sens coupable. Si tu savais... je donnerais cent fois ma vie pour qu’une aussi belle créature que toi puisse vivre mille ans de plus. »

À ces mots, Delmée se redressa. Puis avec difficulté, elle plia une patte avant et s’inclina rejoignant ainsi le reste du troupeau dans sa révérence. Eren agenouillée au sol était dévastée par le chagrin. Ses paroles avaient été sincères. Elle aimait ces animaux plus que sa propre existence et était anéantie à l’idée de ne plus voir Delmée. Les larmes caracolaient le long de ses joues rougies par la peine. Ce fut alors qu’un phénomène aussi rare qu’imprévisible se produisit. Un à un, les équidés battirent trois fois des ailes. Chacun perdit ainsi une plume. Delmée ne fit pas exception. Toutes les pennes s’envolèrent dans un tourbillon régulier. Des centaines d’autres les joignirent dans leurs ballets aériens, provenant de tous les chevaux du royaume. Elles se fondirent en une seule et même longue tresse. Cette dernière se replia sur elle-même avant de former l’équivalent d’un ruban.

La bouche d’Eren s’était entrouverte. Elle avait entendu parler de tel phénomène. La Demoiselle avait lu quelque chose à ce sujet la semaine précédente. Cependant, cela n’était pas arrivé depuis des siècles. L’Allégeance ne pouvait la concerner. Cela n’était tout bonnement pas possible. Pourtant, tandis qu’elle avait du mal à cacher son émoi Dolmo Suzerain de tous les équidés apparut. Il s’inclina devant elle et battit trois fois des ailes. Lui aussi perdit une penne. Cette dernière devint minuscule puis se transforma en argent.

Sans même avoir le temps de le réaliser, un magnifique bracelet ornait le poignet d’Eren. À bien le regarder, il comportait des milliers de perles fines aux teintes aussi variées que l’étaient les différents pelages. Son fermoir représentait une plume de couleur mercure.

Eren se releva. Elle fit tourner l’objet plusieurs fois entre ses doigts. Incrédule, elle vit ses frères. Tous trois à genoux, ils attendaient tête baissée. La Demoiselle chercha Griselle afin qu’elle vienne à son secours. Cependant, cette dernière s’inclina au moment même ou leurs yeux entrèrent en contact. Gregory ne fit pas exception et après lui avoir souri, il posa le genou droit à terre.

Fendant le ciel d’une lumière vive, un éclair s’abattait sur Delmée, comme à chaque fois qu’un cheval ailé en avait fini avec la vie. L’équidé se transforma en un nuage de plumes grises qui s’envolèrent légèrement. Dolmo s’avança et se plaça à côté d’Eren comme il l’aurait fait avec le Roi afin de l’aider à le monter. Après une courte hésitation, la jeune fille attrapa la crinière de l'animal et se mit en selle.

Elle décolla sans encombre puis se retrouva non seulement au milieu des pennes de Delmée, mais également en tête de tout un troupeau. Les équidés continuèrent à progresser ainsi jusqu’à ce que la dernière plume se perde dans le vent. Eren ne s’était jamais sentie aussi libre ni même aussi heureuse. Sa peine s’effaça quelque peu, car elle réalisa, en son cœur, qu’elle était désormais et pour toujours liée à tous les chevaux ailés.

Dolmo atterrit non loin du Prince et de ses autres compagnons restés sur le toit le temps de la cérémonie d'adieux. Eren posa un pied-à-terre, remercia l’étalon royal et prit ensuite la direction du groupe. Arrivée à la hauteur de Griselle, elle fit une petite révérence et s’excusa :

« Que Votre Majesté veuille bien me pardonner pour ce retard.

– Eren, sais-tu bien ce qu’il s’est passé ?

– Princesse, je suppose qu’il s’agissait d’une Allégeance magique. Cependant, je n’en suis pas vraiment sûre.

– Demoiselle Eren, intervint Gregory, les chevaux ailés de tous les royaumes vous sont désormais acquis. Ils sont vos fidèles serviteurs. Nous devons immédiatement aller voir père, sa garde personnelle ne devrait pas tarder à venir pour vous escorter jusqu’à lui.

– Mais pourquoi cela ? demanda Eren quelque peu apeurée.

– Demoiselle Eren, le royaume de Grubens doit s’assurer de votre loyauté. Ensuite, vous serez adoubée et deviendrez Chevaliers des airs. Il s’agit là du plus haut titre de noblesse de Grubens. Il vous place en ligne directe derrière la famille royale.

– Mais cela veut-il dire que je ne pourrais plus être Demoiselle ?

– Cela dépendra du Roi. Accepteriez-vous que je vous accompagne ? Nous devons y aller. »

Le prince Gregory proposa son bras à la jeune fille. Cette dernière jeta un coup d’œil étonné à son amie Griselle qui lui répondit d’un sourire complice. Restés en retrait, ses frères lui firent respectivement un signe de la main, de la tête et une grimace. La Demoiselle reprit vite confiance en elle. Elle n’avait rien fait de mal.

§§§

La rencontre avec le Souverain s’était bien passée. L’homme barbu semblait vieux. Il avait été très aimable et même amical. Il avait vite sorti son épée et la jeune fille s’était retrouvée l’instant d’après Chevalière des airs. La Reine était venue s’incliner devant elle en la remerciant de rester ainsi loyale au royaume du nord. La Demoiselle n’avait quémandé qu’une seule faveur... que personne ne sache. Elle désirait tant demeurer la compagne de la Princesse qu’elle ne souhaitait pour le moment ne recevoir aucun des privilèges allant avec son nouveau titre. Le Roi Grégoire avait approuvé cette attitude modeste et l’en avait félicitée. Érianor avait demandé à avoir un droit de regard si un jour Eren décidait de se marier afin de s’assurer que son prétendant fut digne d’elle. La dernière enfant du Maître-forgeron répondit simplement que du moment où elle se mettait d’accord avec sa propre mère, elle n’y voyait aucun inconvénient.

Un peu plus tard dans la soirée, la jeune fille repassa aux écuries. Elle alla dire bonjour aux chevaux ailés. Accueillie par de joyeux hennissements, elle finit son tour dans le box de Dalma.

« Je sais ma belle que tu es triste. Veux-tu t’aérer ? Je sais, je sais, je ne suis pas ta cavalière, mais je suis Chevalier maintenant. Cela m’autorise sûrement à t’aider. »

La jument s’inclina. Toutes deux sortirent dans la première cour. Eren monta l’équidé gris perle à cru et toutes deux s’envolèrent dans la nuit étoilée.

Ce fut ainsi, au milieu du ciel de Grubens, les cheveux en bataille et un sourire béa éclairant son visage qu’Eren réalisa pour la première fois qu’elle n’était peut-être pas celle qu’elle croyait être.


Texte publié par Isabelle , 1er octobre 2017 à 13h09
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