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Le monde de Dulatum-la dernière des Fées
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Tome 1, Chapitre 3 « Poings méchants » Tome 1, Chapitre 3
En temps normal, les chevaux étaient toujours la priorité des soldats qui rentraient de mission. Chaque cavalier conduisait sa monture aux écuries royales où il prenait soin de leur équidé. Sabots, ailes et robes étaient récurés, lissés et brossés. Ensuite seulement, les hommes se dirigeaient vers la salle à manger de la tour des communs afin de partager le repas de bienvenue. Le dîner dégageait généralement un savant mélange d’odeurs de cuisine et de sueur.
    Ce n’étaient qu’après avoir partagé le meilleur et le pire de leurs souvenirs que les militaires rentraient chez eux pour un repos bien mérité ; repos qui ne durait pas plus de deux mois.
    Mais voilà, ce retour de mission là n’avait rien de normal. Tout s’arrêta lorsqu’une jeune apprentie envoya, à bras tendu, son seau à détritus à la tête du Capitaine de la garde.
    Celui-ci resta là, à la fixer la bouche légèrement entrouverte. La domestique le darda du regard un instant avant de se précipiter vers le cheval.
    
    « Ne t’inquiète pas ma belle, il ne te fera aucun mal, fais-moi confiance, lui dit-elle en caressant son front.
    – Mais qu’est-ce qui te prend ? Ça ne va pas ? » dit le Prince, stupéfait.
    Avant même que la jeune fille ait pu lui répondre, il ajouta :
    « Tu aurais pu me tuer. Retourne donc aux écuries avant d’avoir des ennuis.
    – Pff, je travaille en cuisine ! Je n’irai nulle part tant que tu menaceras cette pauvre bête.
    – Cette quoi ? Pauvre bête ! pauvre bête… c’est quand même elle qui a manqué me tuer et non pas l’inverse », répondit Gregory
    
    Il souleva un sourcil, amusé par ce garçon qui n’avait pas encore mué et surpris qu’un apprenti ose s’en prendre directement au Capitaine de la garde. La couleur bleue foncée de son uniforme indiquait son grade, les casaques des soldats étant gris clair. Cependant, afin d’éclaircir les choses, il demanda en haussant légèrement le ton :
    
    « Sais-tu qui je suis ?
    – Oh ça oui ! Un des nombreux sombres idiots qui traînent avec mes frères.
    – Pousse-toi de là, jeune crétin ! souffla entre ses dents Gregory.
    – C’est toi l’idiot ! Je suis une fille ».
    
    L’héritier de la couronne était maintenant agacé par la situation et fatigué par trois mois d’absence. Alliant le geste à la parole, le Prince poussa l’impertinente sur le côté. Elle atterrit les fesses les premières sur le tas de fumier, butant en reculant sur le seau à détritus qu’elle avait posé à terre quelques minutes plus tôt. La laissant se relever sans l’aider, il continua son chemin.
    Le Prince se dirigea vers Dalma les sourcils froncés et l’index en avant. Il avait l’intention d’expliquer à l’équidé qu’elle était allée trop loin, mais il n’en eut pas le temps. Le Capitaine sentit une étreinte au niveau de ce genou. Bloqué, il bascula vers l’avant. Le choc fut terrible, le plaquant ainsi que son assaillant dans une flaque de boue.
    Lorsqu’il se releva, Gregory n’en crut pas ses yeux. Ce petit bout de fille s’en prenait à lui et osait l’attaquer par-derrière. Il expira, ne voulant pas céder à la colère. Cependant, la détermination que mit cette dernière à se relever et à s’avancer lui fit oublier tous ses principes.
    Il l’attrapa par la taille et la souleva dans l’espoir de la plaquer au sol, mais la commis le mordit, le forçant ainsi à lâcher prise. Elle lui donna ensuite un coup de tête dans l’abdomen auquel il répondit en la poussant prestement en prenant appui sur ses épaules fines. Une bagarre acharnée s’en suivit. Coups de poing méchants et coup bas, tout y passa.
    
    Dalma ne cessait de hennir, créant une forte agitation au sein des écuries royales. Ne pouvant se dépêtrait de cette apprentie vindicative, le Prince Gregory se résolut à mettre la main sur le pommeau de son épée. Il était bien décidé à faire entendre raison à son assaillant. Il sentit alors deux mains puissantes se poser sur ses épaules.
    
    Au même instant, en face de lui, Ernest et Eliott ceinturaient la jeune fille. Il se retourna et vit à sa droite Ethan et à sa gauche Édouard.
    
    « Capitaine, avec tout le respect que je vous dois, ôtez votre main de cette lame.
    – Ethan, que se passe-t-il !? Connaîtrais-tu ce morveux ?
    – Ce morveux comme vous l’appelez, c’est ma sœur, et sachez que dans un combat régulier, elle est sûrement plus fine lame que moi-même. Mais si vous insistez, il vous faudra d’abord passer sur mon corps et sur celui de mes frères.
    – Ta sœur... la teigne ? balbutia le Prince qui n’aurait jamais pensé qu’il pouvait avoir affaire à la fille d’Ethias.
    – Oui, la teigne notre sœur », reprit Édouard, un sourire plein de fierté aux lèvres.
    
    Le Prince perdit toute prestance. Les bras ballants, il se retourna vers ses compagnons. Un air de stupéfaction peint sur son visage. Il observa Eren. Elle roula des épaules et se dégagea de l’emprise de ses frères. D’un seul soulèvement de sourcil, Eliott imposa le silence et le calme à la jeune fille.
    Au même moment, le silence s’imposa. Gregory tourna la tête pour se rendre compte que la Reine entrait dans la première cour. Les suivantes restèrent en retrait à la grille de la cour d’honneur. Seules les Dames de compagnie et Griselle l’accompagnèrent jusqu’aux belligérants. Ce fut avec une froideur digne des pires mois d’hiver qui glaça Gregory que la souveraine s’exprima :
    
    « Il suffit ! Eren, Capitaine, approchez ! »
    Le Prince, pourtant peu rassuré par la présence de sa mère, parla le premier :
    « Majesté, je su…
    – Pas un mot ! » ordonna la Reine.
    Le jeune homme baissa les épaules et regarda le bout de ses bottes, se disant qu’il n’était pas près de dîner. Il jeta une œillade à Eren qui ne bougeait pas.
    « Eren, avancez-vous, plus près. J’ai dit plus près !
    – Votre Majesté, dit la jeune fille dans une révérence maladroite.
    – Je constate avec effroi que tu n’as pas tenu trois mois sans te battre. Depuis combien de temps es-tu aux cuisines déjà ? »
    Eren, sans se relever de sa révérence, répondit en regardant devant elle :
    « Soixante-six jours, votre Majesté.
    – Tu as compté ? remarqua Erianor étonnée.
    – Oui !
    – Pardon ? »
    
    Cette fois, la Reine se redressa et fixa Eren ce qui soulagea Gregory qui espérait que la colère de sa mère se dirige sur quelqu’un d’autre que lui. Cela n’avait rien de noble, mais le jeune homme était fatigué. Il savait la souveraine très à cheval sur le protocole et si la commis oubliait une fois encore son titre de noblesse, la Reine serait impitoyable. Cette dernière fit un petit signe de la tête invitant la jeune fille à poursuivre.
    
    « J’ai compté les jours, Votre Majesté, se reprit l’apprentie.
    – Et cela fait donc soixante-six jours que tu portes cette chose sur la tête ?
    – Non, plus.
    – Eren ! Je veux bien être clémente, mais n’abuse pas de ma patience ! s’exclama la suzeraine.
    – Pardon, je le porte tout le temps, Votre Majesté », corrigea prestement Eren.
    
    Le front toujours incliné, la fille d’Ethias retira son bonnet. Elle se redressa. Maintenant bien droite, elle regardait la Reine avec défi. Sa longue chevelure noir de jais descendait jusqu’au bas de son dos. La Reine, stupéfaite, fixait les mèches brunes et soyeuses. Le Prince observait les deux femmes, espérant se faire oublier. Il contempla Eren passer sa main droite dans ses cheveux, les rabattant en arrière. La boue commençait à sécher sur son visage. Elle sortit un mouchoir d’un blanc immaculé de la poche intérieure de son gilet et s’essuya soigneusement le visage et les doigts. Elle remonta légèrement les manches de sa chemise et ajusta sa tenue. Le Capitaine découvrit stupéfait la beauté cachée de la jeune fille. Cette dernière refit une révérence, aussi maladroite que la précédente et ajouta en se relevant un peu brusquement :
    
    « Je suis désolée, Votre Majesté, j’ai pas l’habitude de parler avec la royauté. Je voulais pas vous vexer ni par mes paroles ni par comment je suis. »
    
    La Reine et le Prince fixèrent la jeune fille, interdits. La bouche de Gregory s’entrouvrit, il déglutit lentement essayant de ne pas paniquer. Son cœur s’affola et ses yeux ne purent se détacher du visage de la commis. Il n’avait jamais rien vu d’aussi délicat. Il expira profondément et la jaugea dans son ensemble. Heureusement, elle n’avait aucune grâce sinon, il eût été, à sa grande surprise, éperdu d’amour.
    
    
∫∫∫

    
    La Reine Erianor était médusée ; réduite au silence par une fine cicatrice en forme d’étoile. Elle connaissait cette marque au poignet : elle avait la même. C’était le signe qui liait la marraine à sa filleule. Elle s’interrogea un instant : comment n’avait-elle pas senti la présence si proche de l’enfant d’Alaxar ? La Magie. Un sortilège puissant protégeait probablement Amarys tant que ses vingt ans n’étaient pas venus. La suzeraine ferma les yeux. Elle devait se reprendre. Elle ne perdait jamais contenance. Il fallait donc qu’elle réagisse vite à cette découverte. La souveraine se racla la gorge et prononça sa sentence.
    
    « Eren, fille d’Ethias, tu étais en période de probation aux cuisines suite à une bagarre avec un palefrenier. Est-ce exact ?
    – Heu… Oui ma Reine.
    – Tu devais aussi faire profil bas pendant trois mois et n’être impliquée dans aucune altercation. Je constate avec désappointement que tu n’as pu tenir parole. Est-ce exact ?
    – Oui, Votre Excellence, répondit Eren, nerveuse.
    – Pourquoi as-tu risqué une sentence plus lourde en ne restant point à ta place ?
    – Ma... Majesté, l’autre, là, l’idi... le Capitaine, il criait sur cette jument, Dalma. Elle ne supporte aucune autorité. Elle aime les pommes vertes et les caramels. Il suffit de lui gratter l’encolure pour en faire la plus docile des bêtes », dit Eren en tentant les bras vers Dalma, calmée.
    
    La Reine ne savait pas comment protéger Amarys. Bien sûr, elle avait imaginé mille scénarii, mais certainement pas celui-là. Pour l’instant, elle devait cacher l’enfant d’Alaxar, la dernière des Fées au reste du monde. À tête reposée, elle réfléchirait et prendrait une décision. Elle n’allait sûrement pas agir sous coup de l’émotion.
    Erianor vit en Dalma la solution à son problème. À ses problèmes en réalité, car la veille Griselle aussi avait fait preuve d’impertinence.
    
    « Donc si tu as agressé le Capitaine de la garde, c’est uniquement parce que ce dernier s’est comporté comme un rustre avec Dalma, fille de Dilmi, jument royale.
    – Exactement ! Votre Majesté.
    – Sais-tu que l’accord que nous avons avec les chevaux ailés détermine notre sécurité ? dit la Reine maintenant plus sereine.
    – Non, Excellence, répondit Eren de toute évidence très étonnée.
    – Eh bien, c’est le cas. Pour cette raison et uniquement parce que tu as fait passer le bien-être de Dalma avant le tien, je serai clémente. Tu seras dorénavant la Demoiselle de compagnie de la Princesse Griselle. À compter d’aujourd’hui et pour une année. Si, et seulement si, tu réussis à devenir une jeune fille respectable, je te donnerai ce que tu désires le plus : une place aux écuries.
    – Ma Reine, dites, il arrive quoi si j’échoue une fois encore ?
    – Dans ce cas, je serai obligée d’ordonner l’exode pour Néatum pour toi et toute ta famille. Nous ne pouvons garder d’expatriés du royaume du sud-ouest si ces derniers sont des rebelles. Quand dis-tu Eren, fille d’Ethias, acceptes-tu ma sentence ?
    – La tâche sera pas facile, Votre Majesté. J’appréhende les robes et je sais pas toujours m’exprimer comme il faut, mais au moins j’éplucherai plus de patates ! Je suis d’accord Votre Seigneurie. »
    
    Eren souffla. Le Prince se mordit les lèvres avant de s’exprimer à son tour :
    
    « Majesté ! Avez-vous pensé à Griselle ?
    – Capitaine ! Votre attitude est inexcusable, la vie de la Princesse n’est en aucun cas de votre ressort ! Vous connaissez nos lois, la faute ne vient jamais de la monture, mais toujours du cavalier. Vous serez donc puni pour avoir essayé de maltraiter Dalma et pour vous être battu une domestique », répondit la Reine se sachant injuste.
    « Votre Majesté avec tout le respect que je vous dois, cette jeune personne est fille d’artisan. De ce fait, elle appartient à la Bourgeoisie et se doit de connaître le code de bienséance. Sa punition ne me semble pas en être une ! bougonna l’héritier de la couronne outré.
    – Elle n’a pas dix-huit ans et les circonstances sont en sa faveur. De plus, ce n’est point ainsi que les rois de Grubens gouvernent. Ma sentence est la suivante : vous serez relayé au rôle de palefrenier trois mois durant, dit la Reine en fusillant du regard son fils.
    – Combien de temps ? répondit le Prince qui croyait avoir mal compris.
    – Vous serez consignés pour les quatre prochains mois, jusqu’à votre anniversaire. Ce jour-là, nous laisserons le Roi décider si vous réintégrez la garde royale ou non.
    – Consigné ?
    – Un mot de plus et j’ajoute encore un mois supplémentaire, Capitaine ! insista Erianor qui ne voulait plus entendre parler de cette histoire pour le moment.
    – Votre Majesté, je ne voulais point protester. Votre décision est juste et cela sera un honneur que de m’y résoudre, s’empressa de rajouter Gregory.
    – Bien. »
    
    À ces mots, la souveraine fit demi-tour, suivie de Griselle et des Dames de compagnie, silencieuses.
    
    Chacun savait ce qu’il avait à faire. Les cavaliers se dirigèrent vers les écuries afin de prendre soin de leur monture. Les artisans retournèrent à leurs ateliers. Eren rejoignit sa mère en courant. Erianor ne put s’empêcher de suivre sa filleule du regard, soulagée de l’avoir retrouvé et terrifiée à l’idée que quiconque puisse vouloir sa mort afin de s’approprier ses pouvoirs.
    
    La Reine observait l’enfant se faire câliner. Une idée saugrenue lui traversa l’esprit. Elle eut besoin d’en avoir le cœur net. D’un hochement de tête, elle congédia le reste de sa suite les envoyant à l’intérieur du bâtiment. La jeune fille sanglotait dans les bras de sa mère, Erboise qui la rassurait. Eren entra chez elle. La Reine en profita pour rejoindre la femme du Maître forgeron.
    Pas de grandes conversations, pas de larmes, non la souveraine et Erboise se prirent les mains et sourirent tristement. Erianor souleva sa manche avec grande discrétion et la mère d’Eren mit ses mains devant sa bouche pour étouffer un cri. La souveraine ne s’était pas trompée, Erboise connaissait le secret de sa fille.
    Eren arriva, tout essoufflée, à leur hauteur, empêchant les deux femmes d’avoir une vraie conversation. Erboise l’embrassa sur le front, puis lui caressa la joue en signe d’au revoir.
    
    « Eren, ma petite chérie, tu es mon unique fille. S’il te plaît, pour une fois, obéis.
    – Promis maman..., répondit la jeune fille les yeux encore pleins de larmes.
    – Ne t’inquiète pas, nous serons toujours là pour toi, ton père et moi.
    – Mais..., je pourrais pas venir vous voir…
    – Ma chérie, tu es consignée à la première cour. Où habitons-nous ?
    – Dans... dans la première cour.
    – Tu vois bien, je suis certaine que nous nous reverrons bien plus vite que tu ne le crois.
    – Et les garçons ?
    – Les garçons sont comme toi : tous au service de la couronne de Grubens, vous vous croiserez souvent, j’en suis sûre. »
    
    La Reine fit un signe à Grivas, la nourrice. Cette dernière arriva dans l’instant, l’air fort contrarié.
    
    
∫∫∫

    
    Eren essuya son nez sur sa manche dans un geste peu gracieux. Cela extirpa une grimace à Grivas, arrivée sur ses entrefaites. La jeune fille faisait tout pour se faire passer pour un garçon, mais n’était jamais arrivée à se couper les cheveux. Ils étaient le seul point commun qu’elle avait avec sa mère et elle y tenait énormément. Elle ruminait encore que la Reine l’ait insidieusement forcé à ôter son bonnet, révélant ainsi sa féminité au monde entier. La fille d’Ethias et d’Erboise n’allait pas, en plus, se laissait malmener par la nourrice royale.
    
    Erboise serra sa fille, une dernière fois, avant de la laisser suivre Grivas. La Demoiselle Eren fit brusquement demi-tour. Elle embrassa longuement sa mère puis s’en alla les bras chargés. La commis avait pris avec elle sa selle, son épée ainsi que la malle contenant la couverture qu’elle avait eue à sa naissance. Malgré le poids la course légère, elle poursuivit Grivas qui était déjà arrivée au premier étage de la tour du Roi.
    
    Pour Eren, devenir Suivante aurait été terrible, mais Demoiselle de compagnie : c’était l’enfer. La fille d’Ethias, le Maître forgeron, n’avait jamais bu une seule goutte d’alcool de sa vie. Pourtant, en montant les escaliers intérieurs de la Tour du Roi, elle envisagea sérieusement la possibilité d’être ivre tous les jours. C’était, se dit-elle en son for intérieur, peut-être la seule solution pour supporter toutes ces minauderies et autres trucs de filles. Eren avait toujours eu tendance à l’exagération, cette fois-ci ne fit pas exception.
    
    En comparant sa punition à celle du Capitaine, elle trouva la vie injuste. Puis, elle eut une pensée pour Griselle. Eren se demanda ce que la Princesse avait bien pu faire, car après tout, la supporter, elle, était aussi une punition en soi.
    Tous disaient la Princesse douce, généreuse et charitable, un exemple pour toutes les jeunes filles du royaume. La jeune Demoiselle de compagnie se demandait quel pouvait donc être le secret caché de la fille du roi.
    
    Elle était en pleine interrogation lorsqu’elle arriva au sixième étage. À l’extérieur, l’orage commençait à gronder. Les appartements de la Princesse Griselle étaient les moins hauts. Elle les partageait avec l’ensemble des Suivantes et des Dames de compagnie de la Reine. Elle avait toute l’aile ouest à sa disposition ; les autres jeunes femmes occupant l’aile est.
    Le septième étage était occupé par les Conseillers et leur famille.
    Le huitième Palier était la résidence du Prince et de certains de ses lieutenants, dont Ethan et Eliott.
    Alors que le neuvième niveau accueillait le Roi et la Reine, le dixième et dernier étage était réparti entre : la salle du trône, la salle de réception et la grande terrasse.
    
    Bien qu’à moindre altitude, l’habitation de la fille du Roi était vaste. Il y avait plusieurs chambres, toutes munies d’une salle d’eau. Une bibliothèque, une salle de musique, un salon d’apparat et de nombreuses autres pièces en faisaient un dédale pour Eren. Elle n’eut pas le temps de tout mémoriser en une seule visite. Le tonnerre grondait fortement, donnant des frissons de peur à la jeune fille qui n’avait pas vu la tempête venir.
    
    Grivas lui montra sa chambre où elle n’eut que quelques minutes pour poser ses affaires à même le sol, avant de repartir d’un pas vif à la suite de sa guide.
    Sur les ordres de la nourrice, elle entra dans une grande pièce aux fenêtres immenses.
    Elle sursauta, surprise par un éclair, alors que la porte se refermait dans un bruit feutré. Dans le fond, une fine silhouette se détachait. Elle tressauta une fois de plus lorsqu’un chat gris, à la fourrure généreuse, vint frotter son flan contre ses jambes. Elle prit l’animal dans ses bras et le caressa. Il ronronna en réponse.
    
    Ce fut donc contrariée et surprise que la nouvelle Demoiselle à la cour de Grubens, Eren, fit la connaissance de Gribouille, le chat royal.
    

Texte publié par Isabelle , 22 avril 2017 à 18h31
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