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Tome 6, Chapitre 7 Tome 6, Chapitre 7
D'un œil extérieur la scène paraissait irréelle. Tous ces gens s’activant au milieu d’une plaine désertique. Que pouvaient-ils bien chercher ? Sans parler de leur attirail composé de marteaux, de faux, de matraques anciennement pieds de table.... On aurait dit un rassemblement de fous traquant un ennemi imaginaire. Puis au milieu de ce spectacle surréaliste arriva un peu sérieux.
    
    « Quelqu’un approche. » Annonça Armand de façon clinique tout en pointant son fusil.
    
    Les rares personnes disposant d’armes à feu l’imitèrent. Mais aucun d’eux ne prendrait l’initiative de tirer le premier. Cet honneur ne pouvait revenir qu’à Armand. Simple question de bon sens. Ils étaient en pleine partie de chasse, c’est-à-dire dans son domaine de prédilection.
    
    Alors que tous attendaient sa prochaine réaction, Warren prit la parole :
    
    « Un seul ? Où est l’autre ? Ça sent le coup fourré. »
    
    « Tu crois qu’ils vont nous tendre une embuscade à deux. » Rétorqua Gunther ironique.
    
    Il était le seul que la perspective du danger ne préoccupait pas. D’ailleurs il ne portait même pas d’arme. Selon son point de vue lorsqu’un affrontement était inévitable comme dans le cas présent, ça ne servait à rien d’y songer à l’avance. C’était une fois le combat entamé, qu’il fallait se concentrer, ni avant, ni après. La proie s’approcha en parfaite adéquation avec la scène : de manière incohérente. Batman marchait lentement bien en évidence et faisant face à ses poursuivants. Un peu de raison se manifesta lorsque les habitants de Blüdhaven commencèrent à le distinguer. Ils cédèrent leur envie de violence au profit du trouble face à cette approche insolite.
    
    Armand lui continuait son analyse à haute voix :
    
    « Il ne porte pas d’arme. »
    
    En effet Batman s’était délesté de sa ceinture à outils retouchée histoire d’endormir encore plus la méfiance et donc de s’approcher suffisamment. De toute manière aucun de ses gadgets n’entrait dans la composition de son plan. Bien que la portée soit bonne, Armand ne fit pas feu. Batman n’était pas sa cible prioritaire. Et un bon chasseur ne tirait pas avant d’être certain de l’avoir.
    
    « Où est Jervis Tetch ? » Finit par demander Warren.
    
    En guise de réponse Batman se contenta d’avancer lentement.
    
    « Vous voulez négocier ? »
    
    Batman toujours silencieux s’arrêta à quelques mètres du groupe, pointa Gunther du doigt, puis se mit en garde. Comment résister à une telle invitation ! Surtout que Gunther en avait soupé de cette longue marche. Il avait soif d’action.
    
    « Ne vous inquiétez pas. » Cria-t-il à la volée tout en tâtant ses poings. « Je le garderai en état de nous révéler où est Jervis. »
    
    « Que des mots. » Déclara à son tour Batman plein de mépris.
    
    Quel hypocrite ! Il avait fuit lorsqu’ils n’étaient que tous les deux dans le clocher. Et devant cette foule, il faisait le fanfaron. L’ancien matelot allait lui donner immédiatement une leçon. Il s’élança sur son adversaire impassible. Dès qu’il fut à portée, Batman effectua brusquement une attaque latérale. Le coup de poing était clairement peu puissant. Toutefois en jouant sur l’élan et l’équilibre il suffit à mettre Gunther à terre. Batman n’en profita même pas. Il attendit sagement que son adversaire se relève. Cette petite astuce avait juste pour but d’humilier son rival. Suite à cette seconde marque de mépris Gunther s’enflamma, et oublia les précautions annoncées. Il balança un puissant coup droit. Batman se doutant d’une pareille réaction dévia l’attaque du coude. Entrainé par sa propre puissance Gunther mit un instant à se rétablir que Batman utilisa pour lancer une nouvelle pique :
    
    « T’es pas droitier, j’espère ? »
    
    Gunther jeta alors un rapide coup d’œil à sa main droite. Son index et son majeur étaient tordus. Comme les frappes dans l’entre-jambe, il s’agissait d’un coup bas, que le professeur de boxe de Bruce lui avait mentionné afin qu’il s’en méfie. Batman lui l’utilisait sans vergogne. Gunther pouvait ignorer la douleur, mais pas cela. Il venait donc de perdre l’usage de la main droite. Cet échec le calma, et le poussa même à faire preuve de tactique à son tour. Fini de se jeter comme une brute, le matelot exécuta des petites frappes rapides du gauche. Certes elles manquaient de puissance par rapport aux charges précédentes. Qu’importe ! Du fait de sa force issue du fantastique élixir, ses assauts même réduits suffiraient amplement à démolir l’homme lui faisant face.
    
    Encore fallait-il le toucher ! Même si Gunther ne s’était pas montré aussi malléable que prévu, Batman était loin d’être sans ressource. Contrairement à leur précédent affrontement, ils se trouvaient dans un espace ouvert. Batman pouvait donc se déplacer à loisir, tournoyer autour de son rival... Il ne répliquait même pas. Se contentant en guise d’attaque rien de plus qu’un « c’est tout ! » de temps à autre. De son coté Gunther avait retenu la leçon, et ne laissa pas ces provocations prendre prise. Avec un unique bras valide, il ne parviendrait jamais à toucher cette anguille. Il décida donc de montrer à son tour son savoir-faire en matière de combat, le genre qu’on ne voyait pas sur un ring. Soudain après un crochet, il plaça un coup de tête. Il y a quelques années Batman aurait été prit au dépourvu. Mais le Joker et tant d’autres étaient passés par là. Son jeu de jambes lui permit donc d’éviter cette attaque insolite aussi facilement que les précédentes.
    
    Le moment était venu. Gunther ne souciant que de l’attaque, la tâche se révéla facile au final. Le puissant direct du droit en plein dans le plexus vida les poumons de l’air restant. Le marin s’était déjà trop essoufflé à frapper sans répit. Il fallait pourtant ménager son souffle. C’est ce que lui aurait enseigné un entraineur de boxe. Même s’il se croyait invincible, et ne ressentait plus la douleur, Gunther n’était pas en mesure de s’opposer au fonctionnement de son propre corps. Sans oxygène il sombra dans l’inconscience.
    
    « Un coup. Un seul véritable coup a suffit à le mettre à terre. » Annonça Batman à la foule médusée par cette conclusion. « N’est-il pas censé être invulnérable ? »
    
    Que pouvaient-ils répondre ? Cette tactique reposant sur l’essoufflement n’était perceptible que par des yeux aiguisés disposant d’une expérience dans les arts martiaux. Batman se chargea alors de répondre à sa propre question. Il raconta une histoire dans laquelle Jervis était un simple assistant de laboratoire doublé d’un voleur. L’objet de son larcin était le fruit d’une étude financée par le gouvernement. Les scientifiques cherchaient une formule capable de rendre des soldats imbattables, indestructibles... Mais l’expérience échoua. Au bout d’un certain nombre d’utilisations le corps s’habituait au produit, et les effets disparaissaient.
    
    Les responsables de cet échec avaient juste gardé quelques échantillons, et le rapport d’expérience. C’est là que Jervis était intervenu. Triompher d’une duperie par une autre. Ça dégouttait Batman. Mais s’il voulait détruire le monde imaginaire crée par Jervis, il devait y rentrer, y suivre les règles, et au final renoncer à sa logique scientifique et à ses principes. Suite à ces paroles tous ces gens s’y déterminés se transformèrent soudainement en des êtres amorphes, qu’ils avaient sans doute été jadis. Bien qu’il les ait libéré d’un rêve trompeur, Batman en voyant leurs regards vides n’avait pas l’impression d’une victoire, ni même d’une bonne action.

Texte publié par Jules Famas, 4 novembre 2018 à 22h43
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