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Tome 6, Chapitre 5 Tome 6, Chapitre 5
Comme beaucoup de maisons elle était à l’abandon et par conséquent sa porte n’était même pas verrouillée. Batman s’y engouffra avant d’être repéré. Peu après il entendit des bruits de pas se rapprocher.
    
    « Hé ne t’éloignes pas des autres. » Rappela une voix masculine.
    
    Batman jeta un coup d’œil au travers des volets en direction de la voix, et reconnut l’homme en fourrure de l’hôtel. Armand avait déjà participé à des battues, et en appliquait les principes dans le cas présent. Il procédait donc à un quadrillage méthodique. Cet imprévu aussi dangereux soit-il, paraissait presque secondaire face à ses prédécesseurs. Se terrer ainsi éloignait Batman de son plan initial. Il devait entrainer ses poursuivants dans une mauvaise direction avant de les semer, et enfin de rejoindre le point de rendez-vous.
    
    Sauf que ce plan n’était plus d’actualité. Déjà il fallait prendre en compte le comportement du groupe. Ça allait au-delà du simple lynchage brutal et colérique. Ils étaient organisés et surtout déterminés. Ils faisaient penser à ces prédateurs capables d’attendre des heures leurs proies devant le terrier ou le point d’eau. Jamais il ne pourrait simplement leur échapper dans ces conditions. Mais Batman savait s’adapter. Une fois à l’abri il songea à une stratégie plus offensive. Seulement ils étaient trop nombreux. La seule option envisageable était de les neutraliser discrêtement un par un. Hélas un élément gênant subsistait : sous la direction d’Armand ils restaient groupés. Peut-être en attaquant à distance avec le boomerang ou en usant de la fumée ?
    
    Même ainsi Batman butait sur un problème de taille : la prouesse de Gunther dans le clocher. Et si d’autres étaient capables de tels exploits ? Au fond toute la gravité de la situation reposait sur une seule chose : la logique ou plus exactement son absence. Comment sans le moindre matériel scientifique ce petit saltimbanque avait-il pu insuffler cette force incroyable à Gunther ? Car c’était forcément lié. Ça expliquait même le dévouement de la population à son égard. L’esprit scientifique de Batman était mis à rude épreuve. Il se sentait bien plus désarmé face à cette interrogation qu’avec cette foule à sa recherche. D’une certaine façon il avait même peur. Comme la logique avait visiblement déserté Blüdhaven, il était normal qu’un miracle s’y produise. Soudain la peur changea de camp. Les habitants poussèrent des cris de panique. Puis retentirent des bruits de pas, qui s’éloignaient. Batman s’approcha de nouveau d’une fenêtre. Effectivement ses traqueurs partaient.
    
    Il aperçut alors une colonne de fumée. Batman ayant préalablement repéré les endroits clés de la ville, comprit qu’un feu frappait le potager. Ce lieu était sûrement l’une des principales sources de nourriture de la population. Cet incendie constituait un heureux hasard. Sauf que Batman ne croyait pas au hasard. Bluebird ! Ca ne pouvait être qu’elle. Pourquoi cette initiative ? Logiquement elle ignorait dans quelle impasse se trouvait son partenaire. Ce point attendrait. Batman en revint à sa stratégie de départ, et atteint rapidement la sortie de la ville convenue avec sa complice. Au vue de ce qu’il venait de subir, il ne fut même pas surpris de son absence. Pourtant il était en retard. Qu’importe ! Bluebird était débrouillarde. De toute manière il n’y avait aucune alternative acceptable. Soit elle finissait par apparaitre, et ils partaient ensemble. Soit...
    
    

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    Suite au brusque assaut à l’hôtel, elle se tenait sur ses gardes. Qui sait ce que Jervis lui réservait encore ? Ses mains tremblèrent un peu. Puis elle se souvint de Garfield. Face à lui aucun Batman ne l’avait épaulé. Elle pouvait le refaire. Surtout que de l’eau avait coulé sur les ponts depuis. La pauvre vagabonde avait laissé place à Bluebird. L’endroit offrait peu d’angle mort. Bluebird parvint tout même à s’approcher discrètement en suivant accroupi un remblai de terre. Ce qui l’attendait alors sonnait presque comme une farce. Bluebird se doutait que ce barratineur ne participerait à la traque, et préfèrerait se planquer chez lui, mais pas à çà. Alors qu’il se déroulait une chasse à l’homme, ce maudit charlatan sirotait tranquillement son thé devant sa roulotte. En plus d’être un escroc, fallait-il en plus lui rajouter le titre de fou ?
    
    Jervis ne prêtait aucune attention aux alentours. Il était donc très facile à surprendre. Mais une fois Batman rejoint, Bluebird n’aurait peut-être plus l’occasion d’un face à face avec lui. Elle ne pouvait pas gâcher une telle opportunité. Alors elle surgit devant Jervis son neutraliseur à la main sans s’en servir. Malgré son aspect particulier, il s’agissait clairement d’une arme. Le charlatan avait donc tout intérêt à se montrer docile. Est-ce qu’il le fut ? Dès qu’il la vit, il ouvrit les bras, et son sourire s’élargit.
    
    « Ah ma fausse malade. »
    
    Même dans son costume de Bluebird il était facile à Jervis de la reconnaitre du fait de la population réduite de Blüdhaven.
    
    « Pas la peine de me menacer. C’est à ton « frère » que j’en veux. Toi participer à ce mensonge te gênait. Je l’ai bien v...»
    
    Bluebird répliqua par un tir dans le ventre avant de prendre la parole.
    
    « N’essayes pas tes grandes phrases sur moi. »
    
    Jervis tomba à genou sous la douleur. Lorsqu’il releva la tête son visage s’était transformé : plus de sourire de façade ou de roulement des yeux, juste de la nervosité.
    
    « On peut s’entendre. Je le sens. » Déclara Jervis d’un timbre suppliant lui étant jusqu’ici étranger.
    
    Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Etait-ce encore un mensonge ou alors un délire ? Quoiqu’il en soit Bluebird avec ce numéro perdait un temps précieux. A contrecoeur elle remonta le levier de son invention, et tira de nouveau cette fois-ci dans la tempe. En guise de préparatif elle se contenta de ligoter, puis de jeter son prisonnier dans la roulotte avant de partir. L’établi, les provisions... restèrent sur place. Alors qu’elle s’approchait du point de rendez-vous, une frayeur l’assaillit. Et s’il n’était pas là ? Bluebird qui avait apprit à ne compter que sur son frère et elle-même, s’était finalement attachée à son patron. Non il était plus que cela. Ne venait-il pas de mettre sa vie entre ses mains ? La frayeur s’accrut face au chemin désert. Soudain Batman surgit comme il en avait le secret. Toujours prudent, il avait préféré attendre dissimulé.
    
    « Allons-y. » Se contenta-t-il de dire tout en montant.
    
    Il était plutôt avare en compliment. D’un autre coté elle était en retard. Malgré la traque, et les questions en suspend, sa complice sourit. Elle avait mené sa tâche à bien, et même au-delà. Car ils ne s’échappaient pas sans rien. En ce jour Bluebird venait de naitre une seconde fois.

Texte publié par Jules Famas, 15 octobre 2018 à 22h53
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