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Tome 6, Chapitre 1 Tome 6, Chapitre 1
Parfois un simple mot représentait un énorme changement. Désormais on ne disait plus le comté mais la ville de Gotham. Quelques années d’accalmies et l’investissement des citoyens notamment de Bruce Wayne, avaient permit cet état de fait. Cette cité ne valait pas encore celles de la côte Est. Mais elle retenait l’attention. Un hôpital, un hôtel de ville, une bibliothèque... Et tout cela au milieu du désert. On aurait cru à un mirage. Même si Gotham demeurait le centre d’attraction, le désert autour connaissait lui aussi une certaine agitation cette nuit là. L’arbre mort sombre et tordu servant de décor résumait à lui seul l’ambiance. Une corde fixée à une de ses branches, enserrait à son autre extrémité le cou d’un homme. Seul son équilibre précaire sur un tabouret assurait sa survie.
    
    Malgré sa situation il demeurait de marbre. Comme si tout cela ne l’atteignait pas. Un groupe d’une dizaine d’hommes lui faisait face. Ils portaient des tenues de soirées de couleur sombre et imitaient l’attitude sobre du pendu. Les décrire d’avantage étaient difficile du fait de leurs masques blancs de forme ovale. Très simples leur décoration se limitait à un léger bec rectangulaire.
    
    L’un des hommes masqués sortit du rang avant de prendre la parole :
    
    « Lucius Fox, la cour des hiboux vous condamne à mort pour avoir offensé les lois divines en vous élevant au-delà de votre condition de nègre et en commandant des membres de la race blanche élue de Dieu. »
    
    Au timbre théâtrale Lucius opposa son silence. Il ne voulait pas se mêler de quelque façon que se soit à cette odieuse mise en scène. Lucius préférait encore les redneck de son sud natal. Eux au moins ils ne cachaient pas leur haine et leur violence derrière de la liturgie. Le porte-parole s’avança encore afin de finaliser l’exécution, quand soudain des bruits retentirent derrière lui : des chocs violents, et des corps qui tombent.
    
    Il pivota tout en dégainant son révolver dans un geste posé suggérant un entrainement régulier. Dommage qu’une cible bien en évidence ne lui faisait pas face dans le cas présent. L’endroit où se tenaient ses complices était recouvert par un épais nuage de fumée. Comment était-il apparu au milieu de ce désert ? Le porte-parole demeura immobile. Rien ne l’avait préparé à cela. Il pouvait toujours tirer. Mais il risquait de toucher ses alliés. Une autre personne savait parfaitement ce qu’elle avait à faire. Un projectile le percuta violemment en pleine tête, et le débarassa de son dilemme au profit de l’inconscience.
    
    Une légère brise finit par dissiper la fumée. Batman debout reprenait son souffle. Tous les autres étaient à terre. Le justicier observa Lucius. Ce dernier lui adressa un regard paniqué. Batman comprit, et se retourna un instant trop tard. L’un des fameux hiboux lui serrait le cou avec l’une de ses serres. Cet homme massif avait perdu son masque lors de l’assaut précédent. Il affichait un visage carré surmonté par des lunettes rondes lui donnant toujours l’air d’un volatile malgré la perte du masque. Aucune colère, ni panique n’en émanait, comme s’il suivait calmement un protocole.
    
    Aveuglé par la fumée il avait feint l’inconscience, et attendu le moment opportun. Face à sa poigne impressionnante, Batman opposa sa technique. Il exécuta un coup de poing dans l’articulation du coude. A peine libéré il enchaina par un direct droit en pleine tête. Malheureusement son adversaire anticipa. Il s’accroupit tout en chargeant, et le plaqua à terre. Ensuite il exécuta un étranglement en croix. Car lors de l’impact précédent il avait su retirer à temps son bras droit pour qu’il soit encore utilisable. Cet homme était de toute évidence un lutteur professionnel. Et il venait d’entrainer au sol Batman. La situation était critique. Alors un autre projectile se mêla à l’affaire.
    
    Une bille de plomb cogna l’épaule du lutteur. Cette diversion permit à Batman de se dégager, et se redresser. Il reprenait l’avantage ainsi en position debout du fait de sa formation de boxeur. Batman leva les poings. Le lutteur écarta les bras, et se mit à lui tourner autour. Que cherchait-il à faire ? Tout comme la précédente, la bille de plomb n’avait été accompagné d’aucune détonation. Il était donc impossible d’évaluer précisément sa provenance. Le lutteur en agissant de la sorte pensait sûrement déstabiliser le tireur craignant de toucher son complice.
    
    « Je m’en charge, Bluebird. » Annonça alors Batman avant de partir l’assaut.
    
    Entre le choc au coude et celui à l’épaule, le lutter préféra pratiquer une saisie par la gauche. Il se jeta en avant quitte à prendre un coup. De toute façon il était déjà parvenu à en encaisser un auparavant. Pourtant le direct dans le ventre le cloua sur place. Encore sous le choc il ne put qu’interposer ses bras face au second poing fonçant vers son visage. En craquement d’os suivi. L’instant suivant d’après des dents, et un filet de sang maculèrent le sol.
    
    C’était un K.O parfait. Même pas besoin de pratiquer le décompte. Batman tout en se relevant s’était subrepticement équipé des serre-poings rangés dans sa ceinture. Même après tant d’années il savait encore se renouveler. Une fois assuré de sa victoire il adressa du regard un discret remerciement à la dénommée Bluebird. Elle portait une combinaison similaire à celle de son complice, bien que sa couleur s’approchait du bleu pâle. Sinon sa taille et surtout son gabarit étaient nettement inférieures. A se demander ce qu’elle faisait à ses cotés.
    
    Le plus étrange était l’arme entre ses mains. Cet objet rectangulaire était munit d’une gâchette et d’un viseur à l’instar d’un fusil sans en être visiblement un. Déjà il était trop court, et surtout aucune fumée n’émanait du canon. Sous sa cagoule se dessina un sourire à la fois de fierté et de soulagement.
    
    Batman en revint tout de suite après à son objectif : Lucius Fox. Il n’avait pas bougé durant tout l’affrontement, et pour cause. Batman eut l’impression de détacher un cadavre. Au départ stoïque il était à présent devenu inerte. Batman lui précisa, qu’il allait avertir Gordon. Par conséquent il n’aurait pas à attendre longtemps. Lucius ne lui rendit qu’un regard vide. Ce devait être le contre-coup. Demain il serait sur pied.
    
    

    ********************

    
    
    Quelques jours plus tard un soir paraissait être une sorte de reflet inverse de la nuit des hiboux. S’en était presque caricatural. Lucius Fox était l’hôte de Bruce Wayne la plus grande figure de Gotham. Et non seulement il était entré par la porte principale, mais en plus on l’accueillait dans le grand salon. Alfred lui proposa également une collation. Même si ça faisait beaucoup, ce n’était suffisant pour faire oublier le lynchage. Il sentait encore la pression de la corde sur son cou, et se serait sans doute encore le cas pendant de nombreuses années.
    
    Le serviteur s’éclipsa. Les deux hommes restant s’estimaient mutuellement, et étaient présents de leur propre volonté. Pourtant un silence gênant régnait dans la pièce. Bruce observa un peu son contre-maitre. Il semblait avoir retrouvé de son énergie sans être tout à fait le même. Son visage était si sombre.
    
    « Je voudrais que vous reveniez sur votre démission. » Se décida à dire Bruce. « Vous savez à quel point j’apprécie votre travail. »
    
    « Et vous savez, ce qui me pousse à partir. »
    
    « Nous avons déjà vécu d’autres grands dangers à Gotham. Alors pourquoi ? »
    
    « Les hommes qui m’ont fait ça, ce ne sont pas des criminels malfaisants comme Crane ou le Joker, mais de respectables citoyens : un commerçant, un banquier, un forgeron... »
    
    « Tout le monde n’est pas...»
    
    « Je sais. Je n’oublierai jamais l’aide que l’on m’a apporté ce soir-là. » Coupa Lucius avec de la chaleur dans la voix.
    
    Avait-il deviné les identités de ses sauveurs ?
    
    « Si tout le monde ne l’est pas, en revanche n’importe qui peut l’être. Depuis combien d’années je travaille, et vis ici ? J’ai même arrêté de compter. Et malgré tout on refuse toujours de me servir un verre au bar. Je dois toujours me mettre au fond pendant le cinématographe. Je n'aurais jamais ma place ici. »
    
    « Si vous partez, ils auront gagné ! » S’exclama soudainement Bruce énervé face à cette fatalité.
    
    « Ils ont déjà gagnés depuis longtemps. Simplement je ne voulais pas le voir. »
    
    Lucius était plus qu’un employé modèle. C’était un ami, et l’un de des derniers liens restant entre Bruce et ses parents. Malgré tout Bruce ne trouva pas d’argument.
    
    « Grâce à mes économies je vais m'installer en Floride auprès des miens. » Précisa alors Lucius.
    
    La défaite était consommée. Suivirent des adieux d’usage sans grande conviction. Tout avait déjà été dit. Il ne restait plus qu’à annoncer la nouvelle à Harper. Elle se trouvait très certainement à la cave. A se demander pourquoi Alfred lui avait aménagé une chambre ? Toujours entrain de bricoler. C’est grâce à cette manie que leurs chemins s’étaient croisés avec Bruce, il y a quelques années. Elle venait juste de débarquer en compagnie de son frère à Gotham, et offrait ses services un peu partout pour survivre. Ferrer un cheval, monter une estrade... cette gamine maigrichonne savait tout faire. Impressionné et ayant de besoin de bras Bruce décida de lui donner sa chance.
    
    Devant tant de talent, et de détermination un nouveau projet murit dans le crâne de Bruce. Il fallait bien que quelqu’un prenne sa suite. Le jeune frère Cullen étant du genre assidu, étudiait actuellement la finance dans une école huppée d’une grande ville. L’aspect technique de l’entreprise revenait donc exclusivement à Harper. Hier soir elle avait entraperçu un autre aspect de l’héritage du clan Wayne. Actuellement Harper s’agitait avec enthousiasme à la cave sur sa tenue de Bluebird. Et dire qu’elle sortait à peine d’une intervention violente. Réalisait-elle vraiment ou prenait-elle tout cela comme un jeu ?
    
    « Tu inventes un nouveau truc ? » Lui dit amicalement Bruce.
    
    Le départ de Lucius l’attristerait elle aussi, par conséquent il y allait en douceur.
    
    « Oui fabriqué à partir d’un réveil. » Précisa Harper en relevant la tête.
    
    Sa chevelure toujours en pétard, dissimulait son regard vif. Durant tout ce temps elle n’avait pas tellement bougé au fond. Quoique sous l’entrainement de son bienfaiteur, sa silhouette avait prit du muscle. Mais il y avait encore du chemin avant qu’elle ne soit capable de vaincre un homme bien portant à main nue. Harper trouva elle-même une compensation à sa faiblesse : le neutraliseur. Basé sur le système de projection par ressort du grappin de Batman, cette arme lançait des billes de plomb. Les tirs étaient efficaces sans être mortels, et surtout silencieux. Une arme parfaitement adéquate aux activités nocturnes dans lesquelles son mentor comptait encore l’entrainer. Même si Bruce était intrigué par cette nouvelle invention, il n’en oubliait pas son objectif principal. Alors qu’il s’apprêtait à aborder le sujet de Lucius, il réalisa son erreur. Dès qu’il s’agissait de plan, d’idée, d’invention... Harper devenait un moulin à parole.
    
    « J’ai pensé à truc sur notre sortie nocturne. » Enchaina-t-elle immédiatement. « Le costaud que tu surnommes comment déjà ? »
    
    « L’ergot. » Répondit Bruce avec le sourire comme si la tournure de la conversation lui plaisait.
    
    Étant donné qu’il était un peu la force de frappe des hiboux, ce sobriquet tombait sous le sens.
    
    « Et bien ton ergot est un lutteur professionnel. Qu’est-ce qu’il foutait au milieu de ces bourgs ? Ne le prend pas mal. »
    
    Harper ne s’était non plus défait de son franc-parler. Cette fois-ci Bruce demeura silencieux.
    
    « C’est comme s’il était là en cas de coup dur. A croire qu...»
    
    « Qu’ils s’attendaient à être attaqué. »
    
    Suite à cette réplique Harper comprit, que son professeur s’était déjà penché sur la question. Et maintenant il profitait de l’occasion pour tester les capacités de son apprentie en matière d’enquête.
    
    « Quelqu’un a avertit la cour des hiboux. Quelqu’un qui connait l’existence de Batman et lui en veut ? Crane... non. C’est une personne disposant de relations au sein de Gotham. Sinon il n’aurait pas pu entrer en contact avec ces b... riches. Crane lui était un solitaire. Cobblepot ? »
    
    « Exact. » Se décida enfin à répondre Bruce. « Il a renoncé à faire appel récemment. Ça ne menait nulle part, et l’argent lui manque. Alors il a tenté une dernière vengeance. »
    
    D'une certaine manière il éprouvait une certaine nostalgie face à la disparition de son ennemi le plus acharné.
    
    « T’as apprit tout ça grâce à ton réseau ? » Demanda Harper intéressée.
    
    Effectivement Bruce à l’aide de son argent avait tissé un réseau d’informateurs d’horizons divers tels que des journalistes et des agents du gouvernements. Cela facilitait grandement la tâche lors des investigations.
    
    « J’ai fais mes preuves. » Enchaina Harper suite au hochement de tête de son professeur. « Et j’ai toujours fait du bon boulot à la mine... »
    
    Elle quémandait ! C’était inimaginable de sa part. Elle ne réclamait jamais que son dû habituellement. Bruce décida de couper court à cet horrible spectacle.
    
    « Qu’est-ce que tu veux ? »
    
    Avant de s’expliquer Harper afficha un air triste, qui lui était totalement étranger jusqu’ici.
    
    « Avant à l’orphelinat un de ces vendeurs de médicaments miracles, a embobiné le directeur. Non seulement sa potion ne soignait pas, mais en plus elle a empoisonné des gosses. Ils ont été malade pendant des semaines. Ce salaud s’est éclipsé avant que ça lui retombe dessus. J'ai toujours voulu le retrouver. Seulement je n’ai jamais su comment faire. »
    
    Bruce pesa le pour et le contre. Cette affaire sentait fortement l'implication personnelle. L'escroc au centre de cette histoire ne menaçait pas directement Gotham. Bruce et Batman devraient certainement s’éloigner de la ville quelques temps. D’un autre coté avec la fin de la cour des hiboux, Gotham était plutôt tranquille. Les affaires de la famille Wayne tournaient bien. Et au sujet du départ de Lucius, ce dernier avait lui-même formé un second très compétent. D’ailleurs il fallait toujours annoncer cette démission à Harper. De plus un élément intéressant subsistait dans cette affaire : une occasion de poursuivre la formation de Bluebird. Une traque serait instructive. De toute façon ce charlatan ne représentait probablement pas une menace.
    
    « Comment s’appelle-t-il ? » Finit donc par demander Bruce.
    
    Harper retrouva son enthousiasme habituel juste avant de répondre.

Texte publié par Jules Famas, 4 septembre 2018 à 23h12
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