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Tome 5, Epilogue Tome 5, Epilogue
« Restez sur vos gardes maitre Bruce. » Lui dit Alfred alors qu’il descendait de la calèche.
    
    « Je le ferais. »
    
    Il s’exprimait sans grande conviction. Au vue de ce qu’il venait de subir, cette rencontre bien que suspecte, lui semblait presque insignifiante. Ayant retrouvé ses forces Bruce poussa avec vigueur la porte. Même si un pansement ornait encore sa tête, Gordon paraissait lui aussi remit.
    
    Cette fois-ci il ne se trouvait pas dans son bureau mais dans la pièce principale. Il s’entretenait avec son équipe le sérieux et la rigueur émanant comme toujours dans chacun de ses gestes et de ses mots. Il aurait pu se permettre un peu de relâchement. Sa convalescence s’achevait à peine. Et puis le shérif venait de marquer un sacré point en la faveur du comté.
    
    Le voir ainsi procurait à Bruce une impression de retour à la normale. L’observation fut de courte durée. Gordon le perçut rapidement.
    
    « Ha Bruce ! Que me vaut l’honneur de votre présence ? »
    
    « Lui. » Se contenta de répondre l’intéressé.
    
    « Vous avez accepté sa demande. C’est une erreur. »
    
    « Peut-être mais je veux en finir. »
    
    « C’est déjà finit. »
    
    Suivit un silence pesant que le shérif finit par briser.
    
    « Il est dans la cellule de droite tout au fond. »
    
    Gordon était tout à fait en droit de lui en interdire l’accès. Pourtant il ne le fit pas, même si l’idée de cet entretien lui déplaisait.
    
    Bruce lui adressa un remerciement avant de s’enfoncer dans le couloir des prisonniers. Les cellules n’étaient pas très nombreuses, ni très utilisées depuis la fermeture temporaire du saloon. Les bagarres d’ivrognes et de mauvais coucheurs appartenaient au passé désormais.
    
    Bruce croisa tout de même un détenu sur son chemin ou plutôt ce qu’il en restait. Allongé sur le lit Floyd n’accorda même pas un regard à son ancien adversaire. Il est vrai qu’il n’était pas en mesure de le reconnaitre sous cette apparence. Même si ça avait été le cas, sa réaction aurait certainement été identique.
    
    Il fixait le plafond d’un air morne depuis plusieurs heures.
    
    Après la fuite des assassins de la ligue Montoya, Kate, et Jason en inspectant le campement et ses alentours, l’avaient découvert encore inconscient. Oswald lui n’était pas resté.
    
    A son réveil Floyd réalisa rapidement que les dommages subis au niveau du crâne à la fin de son combat avec Batman, avaient gravement altéré sa vision. Il ne serait jamais plus le tireur d’antan. Cela lui avait ôté toute volonté. Il n’avait même pas cherché à nier les raisons de sa présence sur place.
    
    Ce redoutable tueur ne serait plus une menace pour personne. La victoire sur lui était complète. Ce n’était pas comme avec Ra’s al Ghul, qui avait disparu avec ses adeptes. Il continuerait à sévir ailleurs. Seulement comment le retrouver ? Sans oublier que Bruce avait une affaire à gérer.
    
    Il devait donc se contenter de cette demi-victoire. Quant à Talia après son baiser d’adieu elle avait également disparu. Sans doute suivait-elle encore son père, qui devait tout ignorer de son sauvetage.
    
    Si elle avait osé duper cet homme qu’elle vénérait, le doute n’était plus permit. Elle aimait vraiment Bruce.
    
    Une femme amoureuse lui sauvant la vie avant de le quitter. Bruce avait une impression de déjà vue. A croire qu’il était maudit.
    
    « Que venez-vous faire ici ? » Lui demanda poliment mais fermement la shérif-adjoint en faction au bout du couloir.
    
    Violemment tiré de ses pensées mélancoliques, Bruce mit un certain temps à répondre. Il observa au passage le comportement de la nouvelle recrue. Kate semblait indifférente à son égard. Elle ne savait donc rien. C’était préférable d’une certaine manière.
    
    Il valait mieux la laisser tranquille dans sa nouvelle existence. Après tout elle était la seule véritable gagnante de cette histoire alors autant la préserver.
    
    Ses exploits lors de la terrible nuit lui avaient permit d’intégrer la troupe de Gordon. Quant à son comportement envers Montoya cette même nuit, Jason s’était tût.
    
    Elle avait tout de même sauvé des vies et combattue à ses cotés. Elle méritait donc largement cette indulgence. Il en avait parlé uniquement au shérif, qui avait fermé les yeux à ce sujet. Gordon avait déjà comprit pour Montoya, et s’en moquait.
    
    Il était devenu shérif justement parce qu’il ne voulait plus de lynchages, et autres justices expéditives basées sur de stupides préjugées. Par conséquent il épargnait ceux-ci à ses subordonnées.
    
    Kate était donc aux anges. S’en était finit de végéter derrière un comptoir. De plus sa nouvelle fonction lui fournissait des prétextes pour être souvent en compagnie de sa chère Montoya. Elle n’en perdait pas pour autant sa discipline habituelle, et ouvrit la cellule au visiteur tout en lui indiquant les précautions d’usage avant de s’éloigner.
    
    Assit sur ce lit miteux Oswald consultait des notes, comme s’il se trouvait encore à son bureau.
    
    Malgré ses manières on décelait, qu’il avait perdue des plumes. Lui toujours si habillé, était à présent vêtu simplement d’un pantalon noir et d’une chemise blanche.
    
    « Bonjour Bruce. » Dit-il retrouvant de l’entrain. « Je vous en prie installez vous. »
    
    « Je préfère rester debout. » Dit froidement l’intéressé que la proximité entre eux sur ce lit ne plaisait guère.
    
    Ce refus n’offusqua pas Oswald. A vrai dire il l’amusa.
    
    « Comme vous voulez. A propos je vous remercie d’avoir accepté mon invitation. »
    
    Bruce comprit immédiatement. L’air satisfait du tenancier signifiait que son plan fonctionnait jusqu’ici. Ainsi Oswald pensait détenir un moyen de s’en tirer. Et pourtant sa situation était loin d’être enviable. Gordon avait obtenu de Floyd des faits incriminant Oswald. Le procédé avait si bien marché que le tenancier attendait à présent le train l’amenant à son procès dans une grande ville.
    
    Et le pire est que Bruce lui-même faisait partie de l’échappatoire à son insu. Et dire qu’il croyait juste à une sorte d’adieu entre de vieux ennemis.
    
    Le temps des convenances venait de s’achever. Bruce passa directement à la confrontation.
    
    « Qu’est-ce que vous attendez de moi, Oswald ? »
    
    « Autant d’argent et de relations, qu’il sera nécessaire à mon acquittement. »
    
    Bruce préféra ne rien dire. Tenter de deviner aurait amusé Oswald. D’ailleurs ce dernier le comprit, et enchaina avec les explications.
    
    « Vous n’êtes pas le seul esprit brillant de Gotham. La prétendue journaliste durant mon exécution manquée chez ces fanatiques, a crié le prénom de Bruce à l’attention de l’homme masqué. Or notre comté n’est pas bien grand. Et qui fréquentait-elle ouvertement ?
    Si vous portiez une cagoule ce soir-là, c'est que vous désiriez conserver le secret au sujet de votre activité nocture et de votre étrange tenue... »
    
    « Je vous ai sauvé la vie cette nuit là. » Coupa Bruce écœuré.
    
    « Je méritais de mourir ! J’ai été négligeant et faible. Mais je sais apprendre mes erreurs. »
    
    Choqué par tant d’ingratitude Bruce se rappela de la réaction de Montoya, qui elle aussi avait comprit. Peu après les évènements du campement, elle l’avait croisé « par hasard » dans les rues et adressé un « merci » furtif. Cette petite attention l’avait beaucoup touché.
    
    Ce souvenir lui donna une idée face au coup bas d’Oswald.
    
    « Personne n’a prononcé le prénom de Bruce. Montoya peut en témoigner. Et sa parole a bien plus de valeur pour les habitants de Gotham que la vôtre. »
    
    Un soupçon de contrariété traversa Oswald mais juste un léger. Pas de quoi le perturber réellement.
    
    « Mes connaissances ne se limitent pas au comté. Il existe en dehors des gens peu scrupuleux, qui appâtés par votre fortune tenteront d’exploiter votre secret. »
    
    « Vous seriez prêt à aller jusque là ? »
    
    « Je vais jusqu’où il est nécessaire d’aller. »
    
    « Moi aussi Oswald. Vous pouvez dévoiler tout ce que vous savez. Je ne lèverais pas le petit doigt en votre faveur. »
    
    Bien que sa défaite soit consommée, le tenancier poussa un rire triomphal.
    
    « Au moins je vois votre vrai visage. Derrière votre attitude désintéressé, et votre prétendue besoin de justice, il y a le mâle alpha voulant évincer son rival à tout prix. »
    
    Face au cynisme Bruce riposta par le mépris.
    
    « Et vous malgré vos grandes phrases, vous ne restez incapable de voir au-delà du simple intérêt personnel. Votre chute apportera une amélioration à Gotham. Et si cela doit me nuire je l’accepte. »
    
    « Je reviendrai. Ca prendre le temps qu’il faudra, mais je reviendrai. » Déclara Oswald en lançant un regard de haine pure.
    
    De son coté Bruce se contenta de taper sur les barreaux signifiant ainsi à Kate la fin de l’entretien.
    
    Dehors les habitants du comté s’affairaient paisiblement à leurs activités journalières.
    
    On déménageait la presse d’imprimerie pour laisser la place au nouvel occupant de l’ancien local de la journaliste. Plus loin Harper Row assistait le maréchal-ferrant. Décidément cette gamine savait tout faire. Quelques passants regardaient avec regret et d’autres avec satisfaction la devanture du saloon à présent fermé. Gus et Hank somnolaient dans leurs chaises longues.
    
    Face à ce spectacle Bruce ne regrettait en rien son sacrifice.

Texte publié par Jules Famas, 12 juin 2018 à 12h24
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