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Tome 5, Chapitre 7 Tome 5, Chapitre 7
Les rues de Gotham servaient de décor à un spectacle cynique.
    
    Montoya la représentante de la loi se déplaçait furtivement dans les coins sombres, comme si elle préparait un mauvais coup. Tandis qu’Oswald le criminel sans scrupule lui déambulait au milieu du chemin sans la moindre gêne. Il se permettait même quelques coups de chapeau provocateurs à l’adresse des passants lui lançant des regards noirs.
    
    Aucun habitant du comté n’était dupe. Ils se doutaient tous, qu’il était à l’origine de l’agression envers le shérif. Ce qui le rendait répugnant et aussi dangereux. Ce dernier point expliquait la passivité de la population à l’égard du tenancier. Surtout qu’Ishmaël ne s’était plus manifesté depuis cette soirée maudite.
    
    Montoya elle ne se résignait pas à attendre le retour de ce prédicateur. Oswald s’absentait du saloon au milieu de la soirée alors que l’activité atteignait son sommet. C’était louche. Elle quitta donc sa surveillance, et le suivit.
    
    Pourtant les dernières instructions de Gordon étaient de garder les alentours du saloon. Il craignait que des citoyens tentent de faire eux-mêmes justices, et encore pire qu’Oswald en profite pour s’imposer.
    
    Comme si ça ne suffisait pas Montoya du fait de son sens de l’observation, jouait un rôle clé dans cette tâche.
    
    Et malgré tout elle partit préférant son intuition aux ordres. Sans doute voulait-elle aussi prouver à Gordon qu’elle méritait plus sa confiance que Bruce Wayne. Mais il ne fallait pas oublier une autre motivation peut-être même la plus forte : le plaisir de la traque.
    
    Oswald lui aussi éprouvait un certain plaisir. Il n’était plus un homme de l’ombre. Désormais il était le centre toutes les attentions. Et le fait qu’il provoque de la répulsion ? C’était naturel. Lorsque le mâle alpha s’imposait, les autres membres de la meute tremblaient de soumission et de jalousie.
    
    Finalement l’intervention des frères de la lumière était entrain de se révéler bénéfique. Elle permettait à Oswald d’effectuer une superbe démonstration de force.
    
    Lorsqu’il toqua à la porte, Montoya se demanda si Bruce n’avait pas raison finalement. Strange ouvrit en offrant toujours son sourire apaisant.
    
    « Bonsoir monsieur Cobblepot, je suis ravi que vous ayez finalement accepter mon invitation. »
    
    Le docteur dans sa tournée des figures importantes de Gotham pour sa campagne hygiénique, n’avait pas négligé le tenancier. Même si ce dernier avait apprécié ce geste, ce projet ne l’intéressait pas. Consacrer du temps et des moyens aux autres très peu pour lui.
    
    Il sut tout de même donner le change.
    
    « Je vous en prie. C’est tout naturel. Et merci d’accepter de me recevoir à cette heure tardive.»
    
    Montoya n’était pas assez proche pour entendre la conversation. En revanche elle ne fut pas dupe des attitudes des deux protagonistes. Leurs manières appuyées, leurs sourires faussés. Ils jouaient un rôle, et par conséquent avaient certainement une idée derrière la tête.
    
    Elle ne comprenait pas exactement à quoi elle assistait, mais ça lui semblait louche. Alors elle se rapprocha. Par chance la vie nocturne était quasiment inexistante dans cette partie de la ville. Montoya devait donc juste éviter d’être trop bruyante.
    
    Strange toujours poli voir obséquieux entre deux courbettes fit entrer, puis assoir son invité.
    
    « Mettez-vous à l’aise. J’ai une consultation à finir et je suis à vous. »
    
    Puis la phase de repérage céda la place à l’action.
    
    Oswald était arrogant mais pas stupide. Le fait que son plan se soit déroulé jusqu’ici parfaitement, n’endormit pas complètement sa vigilance. Un patient si tard, c’était tout de même bizarre. De plus une odeur planait dans la pièce, une odeur lui rappelant quelque chose. Brusquement vint le déclic.
    
    On osait le piéger ! Oswald ne pouvait pas tolérer cela. Il bondit de son siège, et enfonça d’un coup d’épaule la porte derrière laquelle Strange venait de s’éclipser.
    
    Ce bruit à la portée limitée parvint tout de même aux oreilles de Montoya.Tandis qu’elle s’apprêtait à sortir de la ruelle sombre lui servant de cachette, le phénomène se produisit.
    
    Même elle ne parvenait pas à l’expliquer un peu comme certains artistes à propos de leur inspiration. Un bruit ? Un souffle ? Rien d’aussi précis. Montoya avait juste sentie une présence dissimulée dans son dos. Étant en pleine traque elle se reporta instinctivement sur une arme silencieuse : son couteau, et se retourna.
    
    Vêtues de noir et dans l’obscurité, Montoya n’y distingua que deux vagues silhouettes sans vraiment les identifier. Qu’importe ! On ne s’approchait pas aussi silencieusement dans le dos de quelqu’un sans intention hostile.
    
    Montoya se laissant une fois de plus guider par son instinct, chargea la lame en avant.
    
    Le fait d’être brusquement repérés provoqua chez les deux ombres un court instant de surprise. Un instant qui suffit à l’un d’eux à se retrouver avec un couteau planté dans le ventre.
    
    Montoya retira sa lame, et enchaina. Hélas l’effet de surprise venait de prendre fin. Le second adversaire la devança de justesse par une manchette au poignet, qui lui fit perdre son arme. Par contre la douleur ne stoppa pas son assaut. Montoya ne lâchait jamais une proie. Elle se reporta sur coup de tête en plein dans le front : le genre de coup bas surprenant toujours. L’ombre recula. La shérif-adjoint chargea. Soudain la silhouette s’accroupit. Montoya emportée par son élan se prit les pieds dedans, et se vautra à l’autre bout de la ruelle.
    
    Les deux adversaires se relevèrent en même temps, puis se jaugèrent. N’importe qui dans cette situation aurait appelé à l’aide. Malheureusement Montoya avait toujours été une solitaire habituée à ne compter que sur elle-même, jusqu’à ce que Gordon la prenne sous son aile.
    
    L’ombre fit un geste du bras droit difficile à distinguer à cause de l’obscurité. Puis vint l’explication sous la forme d’un objet pointu se plantant dans l’épaule gauche de la shérif-adjoint.
    
    N’accordant pas le moindre répit l’ombre exécuta un coup de pied circulaire au niveau de la tête que Montoya dévia péniblement avec son bras valide. Son pied n’avait même touché le sol que la silhouette frappait déjà avec l’autre.
    
    En bonne traqueuse Montoya était surtout portée sur l’attaque. A cela s’ajoutait sa blessure. Elle ne put donc esquiver cette attaque si habile. Emportée par la frappe elle subit un second choc sur l’un des bâtiments de la ruelle, qui la fit sombrer dans l’inconscience.
    
    Quant à l’ombre elle reprit son souffle calmement, comme si cet affrontement ayant causé un décès, n’était qu’un simple exercice.
    
    A peu près au même moment une autre confrontation se déroulait dans le cabinet du médecin. Oswald venait de surprendre le docteur entrain de s’affairer sur un petit appareil. Il s’agissait d’une sorte de bulle de verre d’où émanait de la fumée s’échappant vers de fins tuyaux aboutissant sur des trous dans la cloison.
    
    « Vous diffusez des vapeurs de drogue. » Conclut à haute voix Oswald.
    
    Ayant installé une fumerie d’opium dans le sous-sol de son établissement, il avait vite reconnu l’odeur.
    
    « Non ce n’est pas ce que vous croyez. » Répliqua assez rapidement Strange. « En fait il s’agit d’une ex...»
    
    Il devait avant tout donner le change. Ne pas paraitre dépassé par la situation. En guise de réplique Oswald fit sortir d’une simple pression la lame de son parapluie. Ce geste imposa le silence. Puis la parole le suivit.
    
    « C’était une affirmation, pas une question. Par conséquent aucune explication n’est nécessaire. Qu’est-ce que vous comptiez obtenir de moi ? Là il s’agit d’une question. Et je vous conseille d’y répondre. »
    
    La lame s’approchait de plus en plus du torse du médecin, qui recula. Le temps n’était plus à la tromperie. Oswald était trop méfiant. Par conséquent Strange emprunta un autre chemin.
    
    « La violence ne vous mènera nulle part. J’habite un endroit fréquenté. Des voisins ont dû forcément vous voir pénétrer chez moi. Et vous ne pourrez pas sortir mon cadavre pour le dissimuler ailleurs sans être repéré. Les autorités remonteront forcément jusqu’à vous. »
    
    Oswald poussa un petit sifflement admiratif avant de répondre.
    
    « J’admire votre analyse docteur. On reconnait bien là un homme de science. Mais vous restez un novice dans mon monde. Tuer c’est la solution de facilité que se soit pour le meurtrier ou la victime. Je parle évidemment d’une mort rapide. »
    
    L’extrémité du parapluie se promena sur le veston de Strange acculé. Le visage d’Oswald ne présentait aucune forme de sadisme juste du flegme.
    
    « Sans prétendre vous égaler, je me défend en anatomie. Et je vais d’ailleurs mettre mes connaissances à profit immédiatement. A moins que vous vous montriez coopératif. »
    
    Strange espérait gagner du temps en demeurant silencieux. Cet homme adorait visiblement s’écouter parler. Puis un coup sec derrière la nuque se chargea de conclure.
    
    Oswald s’effondra laissant la place à un homme vêtu d’une tenue bouffante de type orientale et de couleur noire.
    
    « Merci. » Lui dit le docteur nullement intrigué par cette intervention.
    
    « J’ai seulement profité de la diversion que vous offriez. » Répliqua froidement l’homme en brandissant une lame courte et arrondie.
    
    Le docteur passait de Charybde en Scylla. Pourtant il tint le coup. Un homme tel que lui ne devait pas mourir.
    
    « Attendez. Je peux encore être utile. »
    
    « Nous vous avons laissé deux opportunités de prouver votre valeur. Et vous avez échoué à chaque fois. »
    
    Le mouvement du bras fut si vif que Strange le perçut à peine. L’instant d’après il sentit le sang s’écouler de sa gorge. Il tenta une dernière parole. Mais il venait d’en perdre la capacité. L’impensable était entrain de se produire. Lui le brillant scientifique, le précurseur maitrisant les esprits, agonisait. Tout son savoir, et toute son intelligence allaient disparaitre.
    
    De son coté l’homme vêtu de noir rangea son arme, puis joignit ses mains comme s’il venait d’effectuer un rite religieux et non un assassinat.
    
    Déjà deux morts étaient à déplorer. Et la nuit était loin d’être achevée.

Texte publié par Jules Famas, 10 mai 2018 à 10h46
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