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Tome 5, Chapitre 4 Tome 5, Chapitre 4
Était-ce Bruce ou Batman, qui frappait à la porte du cabinet du docteur Strange cet après-midi là ?
    
    Il faut dire que ce n’était pas n’importe quel après-midi. C’était celui précédant la fameuse soirée où les frères de la lumière et les citoyens de Gotham devaient mettre fin aux activités d’Oswald.
    
    Ce maudit tenancier préparait forcément un coup tordu. Et ça minait autant Bruce que Batman de se restreindre à l’inaction.
    
    D’ailleurs leurs inquiétudes sur les quelques dérangements inhabituelles de leur maison, les reprenaient. Alors chacun s’occupa à sa façon.
    
    Bruce toujours à veiller au bien-être de Gotham, décida donc de se renseigner sur le projet du médecin.
    
    Batman lui conservait ses suspicions à l’égard de cet homme. Pourtant le shérif Gordon affirmait n’avoir rien remarqué de suspect lors de leur entretien. Strange lui avait juste présenté ses idées pour améliorer le quotidien du comté.
    
    Tout était parfaitement cohérent. Malgré tout un détail à première vue insignifiant gênait Batman. Le shérif d’ordinaire si carré demeurait évasif et imprécis au sujet de sa conversation avec le docteur.
    
    Par conséquent Strange ouvrit à deux personnes. Les peu de fois où Bruce l’avait croisé, le docteur donnait l’impression d’un homme aimable et bien au fait des usages.
    
    En plus de son sourire avenant il transparaissait chez Strange un réel enthousiasme face à cette visite.
    
    « Bonjour, monsieur Wayne. Pouvez-vous attendre dans le salon je vous prie. Je suis en pleine consultation. »
    
    Bruce s’installa tranquillement. De son coté Batman examina l’endroit.
    
    Le docteur logeait seul dans une maison du centre-ville tout à fait correcte, bien que rustique. L’intérieur du salon dépareillait complètement avec la façade. La décoration était surchargée par des grands rideaux, des meubles anglais, des fauteuils moelleux, des petits tableaux, et d’un vaste tapis au milieu.
    
    Cette pièce donnait l’impression de rejeter l’extérieur, d’être une sorte d’oasis.
    
    D’ailleurs Bruce s’y sentait moins tendu. Sa capacité d’observation s’en trouva comme accru. Il percevait dans les moindres détails de la peinture en face de lui. Devait-il ce regain d’attention à Batman ?
    
    Curieusement il ne prêta pas attention au retour du docteur bien qu’il soit seul. Où était le patient ?
    
    L’esprit de Bruce vagabondait ailleurs plus exactement dans la demeure des Wayne. Batman n’en démordait pas. Il s’y passait quelque chose de suspect. Et ses intuitions étaient généralement bonnes.
    
    Alors que Strange s’adressait à lui d’une voix lente et apaisante, Bruce toujours sujet à son espèce de mélange d’euphorie et de paranoïa, se repassait intérieurement les petits dérangements de sa maison. Ses souvenirs désormais si nets et précis ne laissaient plus de place au doute. Une personne avait bel et bien procédé à une fouille. Et si elle avait découvert....
    
    
    ******************
    
    
    Tout ce qui avait conduit Batman jusque là, lui laissait seulement un vague souvenir.
    
    Son départ en trombe du cabinet malgré l’opposition du médecin paniqué face cette réaction La traversée de la ville à cheval. Le chemin. La maison familiale. Alfred ouvrant la porte. Et enfin la grande révélation dans la cave.
    
    Personne ne se rendait jamais dans cette pièce, même Alfred. C’était le sanctuaire de Bruce ou plutôt de Batman. Par conséquent il perçut rapidement que quelqu’un d’autre y était venu. Et pire encore la trappe donnant sur les souterrains n’était pas aussi poussiéreuse, qu’elle ne le devrait.
    
    Étrangement Batman ne paniqua toujours pas. Il analysa la situation. Le mystérieux intrus savait donc tout et depuis un certain temps. Suite à cette conclusion suivirent les questions.
    
    Comment avait-il pénétré dans la maison ? Pourquoi n’avait-il rien volé ? Pourquoi ne s’était-il pas manifesté d’une manière ou d’une autre ?
    
    Tout cela semblait bien tordu. Tordu, retord, vicieux, qui correspondait le mieux à ces termes ? Non ce n’était pas possible. Et pourtant... Il devait vérifier. Il endossa sa tenue secrête, et pénétra dans les tunnels.
    
    Ce ne fut qu’au lac souterrain que le temps reprit son court normal, et que Batman cessa d’être une simple machine à déduction.
    
    Le corps du Joker n’était plus là ! Batman resta longuement immobile face à cette absence inexplicable. Il ne pouvait pas s’être trompé. Ce lieu était gravé dans sa mémoire.
    
    Il ne chercha même pas à élucider ce mystère, tant il était terrifié. Le joker lui revenait toujours à l’esprit de temps à autre. Et voilà que le cauchemar devenait réalité.
    
    « Jolie surprise hein ? »
    
    Batman reconnut immédiatement ce ton théâtrale et rieur. Il n’osa pas se retourner, un peu comme un enfant qui croit qu’en y pensant très fort son rêve va se réaliser.
    
    « Ce n’est pas vrai ! » S’exclama-t-il terrorisé.
    
    « Il faut croire que si. »
    
    « Rester ainsi dissimulé tout ce temps il faut être...»
    
    « Fou. Je plaide coupable. »
    
    Il devait se reprendre, faire face. Batman se retourna alors. Ensuite il comptait bondir sur ce malade, et lui soutirer ses intentions. Car le joker avait forcément prévu quelque chose.
    
    Puis la simple vue de son adversaire le bloqua. Bien qu’il ne brandisse aucune arme, il dégageait une telle assurance. Son immonde costume violet impeccable, son regard dément, son air arrogant et malicieux.... Il était revenu encore plus flamboyant que jamais.
    
    « Tu te demandes ce que je te réserve pour me dévoiler ainsi, n’est-ce pas ? » Enchaina le Joker de plus en plus satisfait de mener la danse. « Un piège caché dans le sol ? Une arme dans ma manche ? »
    
    La crainte causée par la découverte commençait à s’atténuer chez Batman . Il finit donc par réagir en brandissant son boomerang.
    
    Face à cette menace le Joker prononça un simple mot :
    
    « Bruce. »
    
    Cela suffit à stopper Batman dans son élan.
    
    « Et ce n’est pas la seule chose que j’ai appris sur toi durant mes vacances. Ton serviteur, ta charmante journaliste, ta mine à charbon, tes employés... d’après toi qu’est-ce que j’ai prévu à leur sujet ? »
    
    Batman aurait dû s’effondrer complétement. Alors qu’étrangement il allait mieux d’une certaine façon. Toutes ces questions surgissant de partout dans son crâne ne le harcelaient plus. Son esprit devenant moins dispersé, une évidence vint au justicier.
    
    « Comment as-tu survécu ? »
    
    « Un bon magicien ne révèle jamais ses secrets. »
    
    « Tu agonisais sans aucun matériel médical à tes cotés, et pratiquement paralysé. » Poursuivit Batman comme sujet à une illumination.
    
    « J’ai toujours su conserver une carte dans ma manche au cas où. »
    
    Batman n’écouta même pas la dernière réplique. Il venait de comprendre.
    
    « Tu n’es qu’une farce, une illusion née de l’obsession que j’ai pour lui. »
    
    Le Joker cessa enfin de parler, et devint immobile. On aurait dit une photographie. Puis brusquement ce fut l’obscurité. Sous l’effet du sens pratique Batman ralluma la bougie, qu’il tenait dans sa main gauche. Il n’en restait plus grand chose. Elle lui permit tout de même de d’observer la cavité silencieuse. L’authentique Joker était bien à sa place à l’état de squelette avec son costume ayant pratiquement viré au gris.
    
    Paradoxalement ce spectacle morbide rassura Batman. Il signifiait que le cauchemar venait de prendre fin. Et dire que même mort le Joker était tout de même parvenu à s’en prendre à lui !
    
    A présent c’était terminé. Batman d’une certaine manière faisait enfin son deuil.
    
    Il était temps de partir à présent. Le retour se faisant normalement c’est-à-dire sans ellipse, Batman eut le temps de retrouver progressivement ses esprits. Il réalisa l’étrangeté de son comportement. Comment expliquer une telle précipitation, et la vision ? On pouvait sombrer si soudainement dans la folie ? Non ça ne collait pas.
    
    Quelqu’un avait drogué. Ça tombait sous le sens. Tout avait commencé chez Strange. Or les docteurs avaient accès à ce genre de produit.
    
    Finalement son intuition à son propos était bonne. Gotham ne pouvait pas avoir un médecin normal ? En tous cas le dernier en date devrait rendre des comptes.
    
    Batman allait mieux. Tout s’expliquait. Il manquait juste les motivations de son nouvel adversaire pour que le tableau soit complet.
    
    Une fois arrivé à la cave et défait de son costume, Bruce perdit une partie de son agressivité.
    
    En sortant de la pièce souterraine il perçut la lumière naissante à travers les fenêtres du couloir. Il avait été absent la nuit entière !
    
    Une si longue errance dans les tunnels devait l’avoir affaibli. Il était plus sage de reprendre des forces avant de tenter quoique se soit. Instinctivement Bruce se rendit au petit salon où l’attendait habituellement son petit déjeuner.
    
    Tout y était effectivement à sa place ainsi qu’Alfred droit comme un I. Une légère impatience se lisait chez le serviteur.
    
    « La nuit vous a été profitable maitre Bruce ? »
    
    Il croyait sûrement que son employeur avait bricolé dans la cave.
    
    « Pas vraiment Alfred. »
    
    « Vous n’avez pas trouvé le coupable d’hier soir ? »
    
    Suite à l’annonce Bruce se laissa tomber dans son fauteuil. Qu’est-ce qu’il s’était encore produit ?

Texte publié par Jules Famas, 12 avril 2018 à 10h59
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