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Tome 5, Chapitre 3 Tome 5, Chapitre 3
Enfin Bruce se permettait une soirée de détente, du moins à sa façon ou plutôt à celle Vicki. Un bras à celui de son compagnon et un autre avec son carnet de note au bout, la journaliste mélangeait travail et loisir.
    
    Elle avait promis à Bruce une soirée distrayante. Il regarda l’estrade installée sur la place centrale d’un air dubitatif. La perspective d’une prêche religieuse ne l’enthousiasmait pas particulièrement. Voir ses parents se faire assassiner sous ses yeux faisait douter de l’existence d’un dieu juste et bon.
    
    « Qu’est-ce que tu sais sur ces frères de la lumière ? »
    
    « Oh excuse-moi. » Répondit Vicki après un léger silence. « J’observais la foule. Il y a quelques cas intéressants. Les frères de la lumières sont des prêcheurs itinérants. Ils ont débarqués sur notre continent il y a quelques années. »
    
    Les deux dernières phrases avaient été prononcées de manière mécanique. On sentait le professionnalisme.
    
    Ces religieux étrangers pouvaient être intéressants. En tous cas un certain nombre de personnes le pensaient. A moins que ce soit parce que les distractions étaient rares. Il fallait aussi reconnaitre que ces frères intriguaient. Ils avaient installés leur campement dans la zone désertique au nord du comté, et s’étaient à peine montrés depuis.
    
    Bruce en imitant la journaliste reconnut quelques visages.
    
    Le shérif Gordon se tenait en retrait sans doute dans l’intention de pouvoir surveiller à son aise. Les rassemblements étaient parfois sujets à des complications.
    
    Il était assisté par Jason Bard un shérif-adjoint plutôt vif mais encore peu expérimenté. Montoya aurait été sans doute un meilleur choix. Elle devait être occupée ailleurs.
    
    Lucius Fox lui aussi évitait de se mêler à la foule. Même s’il était un membre important de l’entreprise la plus florissante du comté, sa couleur de peau choquait toujours. Il se résignait donc à la discrétion.
    
    Oswald lui faisait exactement le contraire. Il s’était placé dans les premiers rangs autour de l’estrade. Évidemment ce n’était pas à cause de sa petite taille risquant de lui faire manquer le spectacle. Comment si la religion l’intéressait. Pouvoir, prestige, et argent voilà à quoi se résumaient ses centres d’intérêt. Par conséquent il se montrait et rien d’autre.
    
    Il fallait lui reconnaitre la subtilité d’être venu sans ses hommes de main.
    
    Harper Row une orpheline venue dont on sait où en compagnie de son frère, rôdait autour de l’échafaudage. Malgré son jeune âge elle disposait d’un sens inné du bricolage, qu’elle louait çà et là pour gagner de quoi vivre. Sans doute cette construction l’intéressait.
    
    Les spectateurs étant en place, il était temps que les artistes fassent leur apparition. Le début fut d’une certaine manière décevant. Pas de chant, pas de flambeau, pas de grande croix...
    
    Trois silhouettes vêtues de toges marrons toutes simples fendirent la foule. Leurs capuchons dissimulaient leurs visages. Leur avancée en triangle et aux pas cadencés, rappelait des soldats.
    
    Cette sobriété et cette discipline captèrent vite l’attention. Seule Harper osait encore bouger en les suivant.
    
    Le trio monta sur l’estrade dans un silence de marbre. Celui en pointe s’avança au bord, et dévoila son visage. Personne ne l’avait jamais vu dans le comté jusqu’à présent.
    
    Cet homme arborait des cheveux grisonnants et une petite barbichette taillée en pointe. Le reste de sa personne était plus difficile d’écrire. Il était trop foncé pour être blanc mais pas assez pour être noir. Son âge était également dur à évaluer. Il manquait à son visage pourtant ferme les rides propres aux gens entrant dans la vieillesse.
    
    Son regard vert et perçant se promena tranquillement sur l’assemblée. Visiblement la perspective de s’adresser à autant de personne ne le perturbait aucunement.
    
    « Citoyens de Gotham. Je me nomme Ishmaël, et officie comme voix de notre fraternité. Nous nous efforçons de lutter contre l’obscurité de ce monde. »
    
    Les mots portaient loin. L’intonation était parfaitement maitrisée. On sentait l’orateur expérimenté.
    
    « Si je me tiens devant vous ce n'est pas pour citer des paroles du Livre. Je suppose qu'un homme de dieu s'en charge au sein de votre communauté.
    Notre but est de vous soutenir dans l’adversité. Car vous avez connus récemment des temps troublés. Un habitant de votre comté œuvrant dans l’ombre avec une bande de malfrats. Un ancien homme de loi touché par la folie et semant le chaos. Vos voisins partant en guerre sous l’influence d’un mystificateur. »
    
    Des gens furent étonnés, qu’Ishmaël dispose d’informations si précises sur le comté. Mais ce qui primait, était la sollicitude contenue dans les paroles. Il gagnait en intimité avec son auditoire.
    
    « Vous avez mérité le repos suite à toutes ces épreuves. Toutefois repos ne veut pas dire aveuglement. Vous ne devez plus attendre que les ténèbres frappent à votre porte une nouvelle fois. »
    
    Le ton compatissant céda alors la place à une puissante ferveur.
    
    « Je vous le dis citoyens de Gotham les ténèbres sont bien plus proches que vous ne le pensez. Ils dépouillent les travailleurs avec des jeux d’argent. Ils leurs font délaisser leurs épouses au profit des catins. »
    
    Bruce regarda alors Oswald. Qu’allait-il faire face à cette attaque en règle ? Son visage se crispa. Il serra son inséparable parapluie, et attendit la suite du discourt.
    
    « Nous les frères de la lumière nous ne nous contentons pas de belles paroles. Nous allons joindre nos efforts aux vôtres dans la lutte contre le mal. Je vous donne rendez-vous dans trois jours à la même heure devant l’antre de la dépravation, qui entache votre ville. »
    
    Suivirent des applaudissements remplis d’émotion. Ishmaël venait de toucher le coeur de de tous ces gens. Même si Bruce n’était pas très démonstratif, lui aussi était atteint. Que se soit en tant que Bruce Wayne ou Batman il ne s’était opposé qu’indirectement au malfaisant Oswald. Et voilà que quelqu’un parvenait enfin à le frapper en plein cœur. Cela marcherait-il ?
    
    En tous cas ça fait plaisir de voir la population du comté se soulever ainsi.
    
    Seules deux personnes ne partageaient l’enthousiasme provoqué par le porte-parole des frères de la lumières. Tout d’abord Vicki qui se restreignait à son rôle d’observatrice, bien que cette perspective de changement la fasse sourire. Ensuite et surtout il y avait Oswald.
    
    Il valait mieux, qu’il détourne son regard de cet Ishmaël. Sinon un dérapage était à craindre. Il observa alors cette foule dans laquelle se trouvait des hommes en compagnie de leurs épouses et leurs enfants. Des hommes venant en douce dans son établissement. Bande d’hypocrites !
    
    Voilà ce qu’on réservait à ceux voulant s’élever au-dessus de la masse, ne se laissant pas freiner dans leur ambition par la morale et les lois.
    
    A propos de loi une idée vint à Oswald. Alors qu’Ishmaël procédait à une prière commune afin de clore sa démonstration, le tenancier se dirigea vers Gordon.
    
    « Il vient de me menacer. C'est votre devoir d'agir. » Dit-il à l’homme de loi.
    
    « Il a juste parlé d’un rassemblement. » Répliqua le shérif un petit sourire aux lèvres face à l’ironie de la situation. « Ce n’est en rien illégal. »
    
    Oswald qui se jouait si souvent des limites de la loi, réclamait après elle.
    
    « Je vous ai déjà avertis sur le choix de votre camp. » Répliqua Oswald d’un ton glacial.
    
    « Et je vous ai déjà répondu que mon camp se limitait à la loi et rien d’autre. »
    
    « La seule vraie la loi, c’est celle du plus fort, du meneur. »
    
    La tension était si forte entre les deux hommes que le shérif-adjoint Jason Bard assistant à la conversation, descendit instinctivement sa main vers la crosse de son revolver.
    
    « Vous n’êtes pas aussi dangereux que vous le croyez. » Répliqua le shérif les dents serrées.
    
    « Vraiment ! » Rétorqua Oswald soudain malicieux. « Crane, Falcone, Double Face, Bane, le Joker où sont-ils à présent ? Alors que moi je suis toujours là. »
    
    « Ca ne durera pas. Cette fois tout le monde est contre vous. »
    
    « La populace n’est rien. Juste des moutons désemparés en l’absence d’un berger. »
    
    Alors que cette conversation s’achevait quelqu’un l’observait en douce. Batman était de retour.

Texte publié par Jules Famas, 25 mars 2018 à 23h27
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