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Tome 5, Chapitre 2 Tome 5, Chapitre 2
Persévérant dans le stoïcisme une fois sa journée de travail achevée Bruce ne rentra pas directement chez lui s’offrir un repos mérité. A la place il se rendit en ville.
    
    Suite à sa douloureuse séparation avec Sélina, Bruce avait eu besoin de s’occuper l’esprit. Batman n’étant plus nécessaire, il s’était alors impliqué dans la vie du comté en investissant çà et là.
    
    A présent il pouvait en constater le résultat. Gotham était loin de valoir Boston. Toutefois des magasins avaient vu le jour. D’autres s’étaient agrandis. Les chemins s’étaient aplanis.... Bruce avait l’impression de voir un enfant faire ses premiers pas. Justement vint le moment de la chute et des pleurs.
    
    Dans la grande rue généralement paisible, un homme débraillé vint se vautrer par terre non loin de Bruce. Il s’arrêta dans l’intention de lui porter assistance. Puis le débraillé se releva tout seul, et gueula :
    
    « Salauds ! »
    
    Il s’adressait à un bâtiment s’étant lui aussi agrandit mais sans le concours de Bruce.
    
    Alors que l’homme se relevait péniblement, trois hommes sortirent du saloon d’Oswald Cobblepot, et firent barrage. Le message était clair. Pourtant le débraillé ne le comprit pas. Au lieu de partir il glissa sa main vers l’intérieur de sa veste.
    
    « Un colt shopkeeper ? » Déclara l’un des membres du trio avant même que Bruce ne songe à intervenir.
    
    Balancés avec légèreté ces mots donnaient l’impression d’un jeu de devinette.
    
    « Non il ferait une bosse à cause du barillet. Finalement je parie plutôt sur un remington modèle elliot single ou double derringer. »
    
    Percé à jour le débraillé resta immobile.
    
    Bruce impressionné regarda alors vers le responsable de tout cela. Les hommes d’Oswald n’étaient que des brutes dressées par leur patron.
    
    L’homme à l’entrée du saloon lui ne correspondait à ce portrait. Son apparence ne le distinguait pas beaucoup. Il était de taille moyenne, et bénéficiait d’une silhouette assez athlétique. Son visage carré présentait une épaisse moustache brune le tout surmonté d’un banal stetson.
    
    Tout reposait sur son attitude. Aucune nervosité ou arrogance ne l’atteignait contrairement à ses complices. Il observait d’un air intéressé et amusé à la fois sa victime.
    
    « Même si c’est un double derringer il ne contient que deux balles. Or nous sommes trois. »
    
    
    Suite à cet exposé les deux autres hommes de main ricanèrent.
    
    Le débraillé comprit également. Il retira sa main, recula, puis finalement se retourna et partit. Son comportement allait au-delà de la peur. Il n’était pas sujet à des tremblements. C’était de la résignation face à l’évidence de la défaite.
    
    Le comportement de l’homme à la moustache rappelait à Bruce dans une certaine mesure celui de Deathstroke : un véritable combattant expérimenté sachant parfaitement ce qu’il a à faire. A la différence que tout celà le distrayait du moins il y a quelques instants. Car il paraissait comme déçu par cette conclusion.
    
    Le revolver dans le ceinturon capta aussi l’attention de Bruce. Il ne s’y connaissait guère en arme à feu. Mais il savait tout de même distinguer un modèle ordinaire d’une pièce rare.
    
    Bruce en avait pas mal apprit. Il jugea donc plus sage de ne pas s’attarder devant le fief d’Oswald.
    
    Il avait pensé mettre à terre cette vieille connaissance en offrant de nouvelles distractions aux citoyens de Gotham notamment en soutenant l’ouverture d’une salle des fêtes.
    
    Hélas Oswald riposta à sa manière. Il fit venir quelques prostituées des grandes villes afin d’attirer des gens au-delà du comté. Puis grâce à ses tables de jeux il les dépouillait les uns après les autres comme le débraillé de tout à l’heure.
    
    C’est ainsi qu’il avait offert des améliorations à son saloon. Ce maudit établissement était comme une plaie purulente au milieu du comté. Il rendait les gens alcooliques, violents, et aigris.
    
    Jusqu’ici le shérif Gordon et son équipe étaient parvenus à les contenir. Mais cette gêne persistait.
    
    Bruce arriva enfin à sa destination : le bureau du shérif. Il était presque étonné de ne pas avoir encore croisé Vicki en court de route. Elle qui courait partout et tout le temps dans le comté.
    
    Bruce n’avait jamais vraiment compris cette attitude. A cette époque dans ces territoires encore sauvages les journaux comme celui conçu par Vicki, servait surtout à diffuser les informations pas à les découvrir. Les gens y signalaient les dates d’un marché, d’un spectacle itinérant....
    
    Vicki croyait-elle vraiment dénicher un scoop dans Gotham ? C’est simplement qu’elle ne pouvait pas rester sans rien faire. Et même si la fabrication de son journal l’occupait beaucoup, ce n’était visiblement pas suffisant.
    
    Du fait de sa fréquentation régulière de Gordon, Bruce ne provoqua pas la moindre réaction en pénétrant dans les locaux. Il se sentait presque chez lui. Cela lui rappelait son rêve de gosse après la mort de ses parents : devenir une sorte de justicier. Puis étaient venue la nécessité de reprendre la mine, et par extension les études à Boston. Cette ambition un peu folle avait tout de même fini par se réaliser avec Batman. A croire que c’était son destin.
    
    La porte du bureau de Gordon était fermée, bien qu’il émane des bruits de conversation à l’intérieur. A qui le shérif accordait-il le rare privilège d’un entretien privé ? La réponse sortit de la pièce peu de temps après.
    
    Montoya n’était pas comme d’habitude ou plutôt plus que d’habitude. Elle qui paraissait toujours un peu à l’affut, était cette fois-ci tendue comme un ressort. Elle gratifia même Bruce d’un regard suspicieux à la limite de l’agressivité.
    
    Même si cette attitude l’intriguait, il préféra se concentrer sur Gordon. Lui offrait son comportement normal : calme et préoccupé à la fois.
    
    A la vue de son visiteur il prononça un bonjour chaleureux. Leur secret commun les avait rapproché. Lorsque Bruce ferma la porte, il comprit qu’il ne s’agissait pas d’une simple visite amicale.
    
    Gordon s’assit à son bureau et joignit les mains avec un air grave. Il était redevenu le shérif de Gotham.
    
    Au vue de la mise en scène Bruce décida de ne pas y aller par quatre chemins.
    
    « Je détiens des renseignements sur notre nouveau docteur. »
    
    Les sourcils de Gordon se relevèrent. De son côté c’était plutôt Floyd Lawton le nouvel employé Oswald, qui lui occupait l’esprit. Il savait reconnaitre un véritable pistolero, lorsqu’il en voyait un.
    
    A défaut de posséder autant d’expérience dans le domaine criminel, Bruce lui du fait de sa formation universitaire savait déceler les hommes de science.
    
    « Hugo Strange est un médecin très réputé. Il a même dirigé un important asile de fous avant de venir ici. Pourquoi s’est-il d’installé dans notre petite ville ? »
    
    Une légère crispation traversa le shérif à l’écoute de ces paroles avant qu’il ne réponde.
    
    « Bruce, si je vous ai demandé d’intervenir par le passé, c’est parce que la situation était particulière. Il ne faut pas que ça devienne une habitude. »
    
    Bruce se sentit un peu gêné. Peut-être qu’au fond de lui-même Batman lui manquait. Pourtant il ne lâcha pas l’affaire. Car qu’importe ses motivations, l’important c’était :
    
    « Avouez que c’est tout de même curieux. »
    
    « Je dois voir le docteur Strange au sujet d’une sorte de campagne hygiénique à grande échelle. Je garderai l’œil ouvert. »
    
    Lui aussi ! En fait c’était normal que Strange s’adresse aux personnes importantes du comté comme Gordon et Bruce, s’il désirait mettre son projet en place.
    
    Après tout Bruce s’en faisait peut-être pour rien. C’était comme son impression qu’on avait déplacé certains objets dans la demeure familiale. Quel intérêt aurait-on eu à le faire ?
    
    Il devait accepter de n’être plus qu’un homme d’affaire prospère à présent. N’était-ce pas suffisant après tout ?

Texte publié par Jules Famas, 9 mars 2018 à 23h16
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