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Tome 4, Chapitre 2 Tome 4, Chapitre 2
Si des histoires commençaient au saloon, il arrivait parfois aussi qu’elles s’y poursuivent. Toutefois il s’agissait d’un saloon bien différent de celui de Gotham. Il n’y avait ni table de jeu, ni prostitués, ni beaucoup d’ambiance.
    
    C’était un établissement tranquille où les bucherons, trappeurs, et autres travailleurs des campagnes se détendaient dans la simplicité. Les habitants de cette petite bourgade du nord étaient à leurs manières des gens bien évitant les ennuis.
    
    Pour preuve cette étrangère à la chevelure blonde, et à l’allure citadine, n’était absolument pas à sa place dans ce bar. Pourtant personne ne l’importunait, bien qu’elle possède un joli minois. Il était évident, qu’elle aspirait à la tranquillité. Et les autres clients respectaient ce besoin.
    
    Malgré sa beauté elle en devenait presque inquiétante à fixer son verre à moitié plein sans bouger. Puis un homme s’assit à sa table sans même demander la permission. Ils devaient sûrement se connaitre. Lui aussi avait l’apparence d’une personne des villes.
    
    « Bonsoir. » Dit-il poliment en enlevant son chapeau. « Ça me fait plaisir d’enfin vous rencontrer. Car vous avez amplement mérité notre face à face. Voyez-vous j'ai cherché dans les villes limitrophes du comté de Gotham une femme ayant achetée des nouveaux vêtements, et fait teindre ses cheveux. Si vous n'aviez pas eu la présence d'esprit de changer rapidement d'apparence vous m'auriez échappé mademoiselle Kyle et également déçu. En quelque sorte vous avez été victime de votre intelligence. Je sais ce que vous pouvez ressentir. Croyez-moi. »
    
    Sélina ne manifesta pas l’ombre d’une réaction. Le liquide qu’avait subrepticement versé le détective privé dans son verre auparavant, faisait effet depuis un certain temps. Par conséquent elle était complètement absente.
    
    Edward faisait la conversation uniquement dans le but de donner le change, et de suggérer une familiarité entre eux. Tant qu’à faire il avait choisi un sujet l’intéressant.
    
    Il était temps à présent de quitter les lieux.
    
    « Ma compagne a visiblement abusé de l’alcool. » Annonça-t-il au barman en relevant sa proie par la taille tout en déposant un billet sur la table. « Tenez pour nos consommations. »
    
    Edward prit également la valise de sa victime, et s’éclipsa tranquillement. Après tout ce temps passé à suivre la piste de cette femme, cette capture si simple était d’une certaine manière frustrante. Il faut croire que cette plainte était parvenue aux oreilles d’une quelconque force divine.
    
    Tandis que le détective traversait les rues désertes du fait de l’heure tardive, une voix forte et autoritaire retentit derrière lui.
    
    « Shérif Bradyley. Retournez-vous immédiatement. »
    
    Barbu et bourru il était similaire aux autres clients du saloon. Pourtant Edward l’avait distingué du fait de son étoile de shérif. Par contre il n’imaginait pas que ce bouseux lui créerait des soucis.
    
    « Un problème monsieur le shérif ? » Demanda innocemment Edward à la fois amusé et écœuré par cet imprévu.
    
    « Je garde toujours un œil sur les étrangers, afin de m’assurer qu'ils ne causent pas de souci. Et cette femme n'a pas assez bu pour être dans cet état. »
    
    « Elle n’a pas l’habitude de l’alcool. »
    
    « Ah ouais. » Répliqua le shérif n’appréciant ni la condescendance, ni les explications de son suspect. « Si vous la connaissez tellement, dites-moi son prénom. Et vous avez intérêt que se soit le même qu’elle m’ait sortit en arrivant dans le saloon. »
    
    Quelle sagacité de la part de ce bovidé à deux pattes. Le plus surprenant était qu’on posait à Edward pour la première fois une question à laquelle il n’était pas en mesure de répondre. Car Sélina avait certainement fourni un prénom d’emprunt.
    
    La seule fois où Edward avait failli sécher, remontait à son enfance. Son instituteur ne supportait pas sa réussite et l’arrogance l’accompagnant. Alors il lui posa une énigme devant toute la classe bien trop compliquée pour son jeune âge. Du moins l’instituteur l’espérait.
    
    L’exercice consistait à faire passer d’une rive à l’autre un choux, une chèvre, et un loup. Pour cela on disposait d’une barque pouvant transporter qu’un seul de ces trois éléments à la fois. Le nœud du problème est que si on laissait le choux avec la chèvre, cette dernière le mangeait. Et si on laissait la chèvre et le loup, le second dévorait la première.
    
    Edward trouva immédiatement la première partie de la solution : transporter la chèvre sur l’autre rive.
    
    Face au shérif il choisit également l’option la plus simple, qui bloqua en chemin. Car l’homme de loi repéra sa manœuvre consistant à sortir discrètement son arme de sa manche.
    
    Même s’il avait trop de retard pour tenter de dégainer à son tour, le shérif n’était pas encore vaincu.
    
    « Si vous tirez le bruit rameutera tout le monde. Lâchez votre arme. Ça vaudra mieux. »
    
    L’écolier réfréna rapidement son enthousiasme en réalisant qu’à présent il lui faudrait laisser le choux ou le loup avec la chèvre, le temps d’aller chercher le dernier élément manquant. Encore aujourd’hui Edward se rappelait de l’air satisfait de son maitre d’école.
    
    Puis l’enfant se souvint pourquoi il surpassait ses camarades. Il ne suivait pas bêtement les leçons. Il voyait plus loin, étudiait d’autres sujets, empruntait des livres...
    
    Voilà où se trouvait son erreur ! Sa vision était trop restreinte. Il ne songeait qu’à transporter dans un sens. Il suffisait prendre le choux ou le loup de le déposer sur l’autre rive, puis de ramener la chèvre au passage. La suite allait de soi.
    
    La frustration de l’instituteur elle aussi était gravée dans la mémoire du détective. C’est ainsi que cet être médiocre et jaloux de son talent fut l’initiateur de son mode de vie.
    
    Edward ne se contentait pas d’étudier soigneusement ce que la science pouvait lui offrir. Il améliorait, et façonnait selon ses besoins.
    
    C’est dans cette optique que pour la partie violente de son travail à Pinkerton, il se concentra sur les armes à feu au détriment du si primitif corps à corps. Edward se familiarisa alors avec la mécanique des armes, et y ajouta quelques touches personnelles.
    
    Ce qui lui permit de se débarrasser de l’obstacle incarné par le shérif. Le coup de feu eut bien lieu. Mais il fut nettement moins bruyant que prévu. Le détective avait préalablement vissé sur le canon de son révolver à canon court une sorte de bulle en verre de son invention. L’herméticité causée par cet objet à l’usage forcément unique, atténuait grandement le son.
    
    Bien qu’elle soit inconsciente, Edward s’adressa une nouvelle fois à Sélina :
    
    « Finalement lui et toi avez-vous été victime de votre intelligence ou de la mienne ? »
    
    Suite à quoi il émit un petit ricanement. Car les deux réponses possibles le satisfaisaient amplement.

Texte publié par Jules Famas, 21 septembre 2017 à 19h40
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