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Tome 4, Chapitre 10 Tome 4, Chapitre 10
Il l’avait retrouvée, capturée, et obligée à participer à une chasse à l’homme ou plutôt à la femme. Et sans qu’elle ne puisse rien y faire.
    
    Par conséquent Sélina en voyant la caravane de si près aurait dû avoir peur. Sauf que la domination qu’Edward exerçait sur elle, venait de prendre fin. Grâce à l’effet de surprise il avait pu imposer son jeu sadique. Mais désormais l’initiative était du côté de Sélina. Il n’aurait donc pas l’occasion de mettre en place l’un de ses maudits pièges ou d’user de drogue.
    
    Finalement c’est elle, qui fut surprise en observant depuis les feuillages. L’homme en vert se tenait accroupi sur le rebord de sa roulotte avec les mains attachées, et surtout n’était pas seul. Un homme portant une étrange de tenue noire le recouvrant entièrement se trouvait debout sur le toit, et criait à tue-tête :
    
    « Sélina ! »
    
    Qu’est-ce que c’était que tout ça ? Un traquenard ? Encore aurait-il fallu que l’homme en vert se sache menacé. L’homme sur le toit s’autorisa une pause le temps d’enlever sa cagoule.
    
    « Bruce ! » S’exclama Sélina à haute voix oubliant toute prudence.
    
    La vision du père noël l’aurait moins surprise. Ça ne pouvait pas être réel. Comment Bruce serait-il arrivé jusqu’ici ?
    
    Pourtant cela se confirma. Le cri qu’elle avait laissé échapper, attira Bruce. Lui aussi oubliait toute prudence. Il s’était douté qu’Edward la visait lorsqu’il était intervenu, et avait donc lancé dans cet appel à la volée. Ensuite il lui était venu l’idée, qu’il était difficilement reconnaissable avec sa tenue.
    
    A le voir de plus en plus proche Sélina finit par admettre l’incroyable réalité. Elle sortit de sa cachette, et enleva son masque à son tour. Ce fut un instant magique censé uniquement arriver dans les romans.
    
    « Ils se croient dans une romance. » Pensa justement avec mépris le détective en les voyant s’enlacer.
    
    Alors qu’il s’apprêtait à profiter de leur imprudence, un nouvel élément apparut et avec lui une alternative bien plus intéressante.
    
    « Le jeu n’est pas encore finit. » Déclara-t-il.
    
    Batman du fait de ses recherches précédentes était encore sur le qui-vive. Il perçut immédiatement les mots de son prisonnier.
    
    « Que veux-tu dire ? » Répliqua-t-il avec gravité se doutant de quelque chose.
    
    Sélina qui disposait de plus d’éléments, sauta l’étape du doute pour passer directement à celle de la certitude. Cette allusion n’était pas vide de sens. Par « jeu » il fallait bien entendu comprendre la traque subit par Sélina. Si cette chasse était toujours d’actualité, cela signifiait...
    
    Elle regarda alors dans la même direction qu’Edward avant de prendre Batman à partit.
    
    « Bruce il arrive ! » Dit-elle en pointant le doigt.
    
    En voyant au loin cette silhouette massive il crut d’abord à un ours. Puis sa longue-vue rétractable lui fit réaliser son erreur, et le laissa sans voix devant le spectacle. D’où sortait cette créature ? On se serait crû dans une de ces vieilles légendes héroïques avec des sorciers et des monstres.
    
    « C’est son complice. » Expliqua Sélina complètement désemparée.
    
    Comment était-ce possible ? Son plan avait parfaitement fonctionné. Le monstre était allé où elle voulait.
    
    Sans ses talents de pisteur si élevés, Waylon aurait effectivement été neutralisé. Il comprit juste à temps que la piste était factice, et retourna sur ses pas. C’est alors qu’il découvrit la véritable direction empruntée par sa proie. A défaut de le blesser réellement l’énigme de la toile l’avait ralentit. Ce qui expliquait son léger retard sur Sélina.
    
    « Vous avez été le fil d’Ariane du minotaure très chère. » Ajouta Edward.
    
    Cependant personne ne l’écoutait. Sélina accusait difficilement le coup face à ce revirement de dernière minute. Batman lui n’ayant pas subit cette longue traque avec ses casse-têtes sadiques, se reprit plus rapidement.
    
    Il était parvenu à ce qu’il voulait : retrouver Sélina. Combattre cette créature n’était donc pas que dangereux, mais également inutile.
    
    « Sélina ! Occupes-toi de l’attelage. Moi je vais gagner un peu de temps. »
    
    C’était la meilleure chose à faire. Par conséquent Sélina obéit. Alors qu’elle s’avançait vers la caravane, elle s’empara soudainement d’Edward et le balança à l’intérieur du véhicule.
    
    « Ne crois pas qu’on en a finit tous les deux. » Lui dit-elle au passage sans prêter attention à son air narquois.
    
    De son coté Batman ramassa la carabine du détective, et la pointa vaguement dans la direction de Waylon. De toute manière même s’il avait vraiment voulu le toucher, il n’y serait pas parvenu. L’objectif se limitait à pousser le reptilien à se mettre à couvert donc de freiner son avancée.
    
    Pour un novice en matière d’arme à feu Batman se débrouilla convenablement. Il cala la crosse dans le creux de son épaule, vérifia que le cran de sécurité était bien relevé, et enfin pressa la gâchette. Malgré toutes ses précautions Batman n’obtint qu’un grincement. A la seconde tentative la gâchette patinait dans le vide.
    
    « Je n’aime pas qu’on touche à mes outils de travail. » Expliqua Edward, qui avait assisté à la scène depuis l’intérieur de la carriole dont la porte était encore ouverte.
    
    Le salaud avait bricolé une sorte de sécurité imposant l’activation de boutons ou d’autres éléments cachés. Batman saisit le principe. Malheureusement il ne disposait pas du temps nécessaire pour le contourner.
    
    « Les chevaux ne veulent pas avancer. » Annonça brusquement Sélina illustrant ainsi la loi de Murphy.
    
    « Ni à mes animaux. »
    
    Malgré tout ce stress son esprit scientifique n’abandonna pas Batman, qui commença à comprendre.
    
    « T’as dressés tes chevaux pour qu’ils répondent à un stimuli. » Dit-il à l’attention d’Edward afin de le déstabiliser.
    
    « Brillant ! Vous méritez un indice. Votre réponse est celui qui pose les questions. »
    
    Le Bruce d’antan aurait sagement cherché la solution de l’énigme. Batman lui n’avait ni le temps, ni l’envie de jouer. Il souleva d’une main son prisonnier.
    
    « Comment on fait ! » Ajouta-t-il d’un timbre menaçant.
    
    La réaction du détective le prit complètement de court. Face à genre de menace on tremble de peur ou on résiste en demeurant stoïque. Edward lui afficha un magnifique sourire, comme s’il venait de gagner.
    
    Sélina vint interrompre la mise en place de ce nouveau jeu.
    
    « Il est là ! On n’a plus le temps. »
    
    Il était si proche du but. Il l’avait quasiment sauvée. Et voilà qu’il fallait affronter ce monstre. Résigné Batman sortit du véhicule.
    
    « T’as déjà connu un vrai combat ? Pas celui sur un ring. » Demanda Sélina inquiète.
    
    Son seul regard suffit à lui répondre. Qui Bruce était-il vraiment ? Comment l’avait-il retrouvée ? D’où sortait-il cette étrange tenue ?
    
    Tant de questions à remettre à plus tard. Elle n’avait même pas pu le remercier. Ils avaient à peine eu le temps de s’embrasser. C’était vraiment injuste.
    
    Sans même se concerter ils remirent leurs masques en même temps. Bien qu’il leur fasse face, Waylon ne semblait pas les voir.
    
    A la vue de ce géant ses futurs adversaires perdirent une partie de leur détermination. Comment pourraient-ils le vaincre ? Son physique défiait tant de normes.
    
    « Edward ! » Dit-il de sa voix rauque.
    
    « Je vais bien. » Répondit l’intéressé dans la roulotte. « Ne t’inquiète pas. »
    
    « Et bien à nous trois alors. » Déclara Waylon cette fois-ci à l’attention du couple.
    
    Ni menace, ni sadisme ne transparaissaient dans ses mots. A vrai dire il en parlait comme d’une simple formalité.
    
    Sélina brandit son fouet. Une arme juste bonne à chatouiller Waylon. Batman prit une pose de boxeur. Waylon avait connu des lutteurs et autres pratiquants d’art martiaux au cirque. Il avait tenté de pratiquer à leur contact. Seulement personne ne parvenait à supporter un simple entrainement avec lui.
    
    Si le duo avait des doutes sur sa victoire, Waylon lui n’en était sujet à aucun.
    
    Batman avait déjà affronté un adversaire d’un gabarit nettement supérieur au sien. Toutefois Bane faisait figure d’avorton comparé à ce géant. De plus l’affrontement précédent s’était soldé par une défaite.
    
    Justement il ne devait pas refaire l’erreur de déployer d’entrée de jeu ses gadgets sans plan précis. Où se trouvait la faille dans cette armure d’écailles et de muscles ?
    
    Batman s’avança d’un pas d’abord hésitant, puis effectua une brusque accélération. L’effet de surprise fonctionna. Il put donc placer sa meilleure droite dans le genou. Une articulation n’étant pas un muscle, elle était plus vulnérable.
    
    Batman grinça des dents sous l’impact. Il avait l’impression de cogner un mur. Comme pour confirmer l’inutilité de cet assaut Waylon répliqua avec son genou. Batman y opposa une garde parfaite les bras ne laissant aucune faille, et les jambes bien plantées dans le sol. Ça ne l’empêcha pas de voler et de finir allongé par terre.
    
    Waylon s’élança à son tour dans l’intention d’écraser cet inconscient d’un unique coup de poing. Sauf qu’il y avait un autre adversaire. En une seule manœuvre Sélina parvint à enrouler son fouet à un petit arbre, et à la cheville du géant.
    
    Waylon déracina l’arbre par la puissance de son élan toutefois au prix de son équilibre. Si bien que son poing frappa le sol juste devant Batman. Quant à Sélina elle dû lâcher son arme pour éviter d’être emportée.
    
    Le colosse tourna la tête vers l’origine de cette nouvelle attaque. Batman saisit l’occasion. Il se releva, et exécuta un crochet au foie tout aussi inefficace que la frappe précédente. A la différence que Batman ne répéta pas l’erreur de bloquer la riposte. Malgré sa vivacité il esquiva de justesse cet énorme bras, puis prit de la distance.
    
    En plus de disposer de puissance et d’une bonne longueur, son adversaire était rapide. Seule la technique lui faisait défaut.
    
    Comme par un effet d’équilibre Sélina profita à son tour de cette diversion, et revint à la charge. Elle aussi savait ce que c’était d’avoir à faire à plus costaud que soit, et agit en conséquence. Sélina bondit, s’appuya sur le dos de Waylon, et enfin atteint son but : la tête. Elle comptait enfoncer ses doigts dans les orbites.
    
    Sauf que Batman s’était trompé sur un point. Waylon durant ses parties de chasse de la bayou avait acquit une certaine pratique du combat. Sentant la pression sur son dos, il se cabra violement. Cela eut pour effet de projeter Sélina. Contrairement à ce qu’on pouvait s’attendre de sa part elle n’atterrit pas sur ses pieds mais sur le dos, et resta inerte.
    
    « Il n’y a plus que toi et moi. » Conclut Waylon à l’adresse de son autre adversaire.
    
    Pour une fois qu’un combat le distrayait un peu, il pouvait bien se permettre une dose d’humour. De tous les criminels dont il s’était chargé depuis sa collaboration avec Edward, aucun ne lui avait opposé une résistance du niveau de ce couple masqué.
    
    Batman s’aperçut que Sélina bougeait un peu. Elle était donc encore vivante. Cette information lui permit de conserver sa concentration. La dernière attaque de sa compagne lui avait fait réaliser son erreur. Son approche était trop conventionnelle. Il comprit alors qu’il existait un point faible chez son adversaire si évident. Le tout était de parvenir à l’approcher. Le coup de l’accélération soudaine ne fonctionnerait probablement pas une seconde fois. Et il n’y avait plus Sélina pour détourner l’attention.
    
    Là encore il fallait voir plus loin que les techniques de boxe. Batman balança sa boule au pied de Waylon interloqué, qui se retrouva brusquement entouré par de la fumée.
    
    Tout de suite après il ressentit une chose extrêmement rare chez lui : une douleur capable de le faire reculer. Par ses enchainements en plein dans l’entre-jambe Batman était enfin venu à atteindre la constitution si exceptionnelle de son rival.
    
    Aveuglé et affaibli Waylon conservait toujours sa détermination. Il tenta alors un vaste balayage des deux bras. C’était une action hasardeuse. Pourtant elle fonctionna. Batman valdingua une nouvelle fois, finit au sol une nouvelle fois, mais ne se releva pas une nouvelle fois.
    
    Lui aussi s’accrocha. Malgré toute sa volonté il parvint tout juste à rester conscient. Waylon une fois sortie du nuage de fumée constata son triomphe. Il éprouva alors un sentiment qu’il n’avait plus connu depuis ses chasses aux crocodiles : l’ivresse de la victoire.
    
    Car il s’agissait d’une véritable victoire, celle qu’on remporte suite à une épreuve comportant des risques. Effectivement Sélina s’était jouée de lui pendant la chasse. Le duo lui avait résisté, et même mit en difficulté à la fin de l’affrontement.
    
    Pourtant Waylon parvint à se contenir. Comme si son but n’était pas encore atteint.
    
    « Edward viens. Je t’offre le coup de grâce. » Dit-il.
    
    Le détective sortit alors de la roulotte. Les liens qui l’enserraient, n’était qu’un casse-tête comme un autre. Le genre de chose dont il venait facilement à bout. Il avait simplement attendu le moment opportun de le faire.
    
    Il serrait dans sa main droite un revolver précédemment caché dans sa caravane. Edward d’un naturel plutôt blasé, semblait sur un petit nuage. Tout d’abord déçu de voir arriver Sélina intacte, il avait pu assister ensuite au brillant rattrapage de son partenaire.
    
    « Je te remercie de ton attention. » Dit-il à Waylon en le gratifiant d’une tape amicale.
    
    Son camarade lui adressa un étrange sourire, et brusquement lui pressa la main droite. Suivi un craquement sinistre, qui laissa place à un moignon.
    
    Pour la première fois de sa vie Edward fut dépassé par la situation. Ce n’était pas possible ! Ca ne faisait pas partie de son plan. Il en était réduit à regarder sa blessure incrédule.
    
    « Les pièges partout dans la forêt et dont tu m’as cachés l’existence, il t’a fallut du temps pour les mettre en place. » Expliqua Waylon plein de rage. « Sans oublier de trouver le terrain adéquat. Ça t’as peut-être même prit des années. Les fameux criminels que tu éliminais. En fait tu jouais avec eux ici, comme moi à présent. »
    
    « Non ! » Protesta violemment le détective bien qu’étourdit par sa perte de sang. « Eux ce n’était qu’une distraction, de quoi m’exercer sans contrainte. Toi c’est différent. »
    
    Ayant encore des choses à dire Waylon enserra le bout de bras, et servit en quelque sorte un garrot naturel.
    
    « Oui sur moi les drogues de Victor Fries n’aurait peut-être pas fonctionné. Alors tu t’y es pris autrement. »
    
    « Ce n’est pas ça. » Répliqua Edward, qui commençait à pleurer sous la douleur. « Sélina Kyle, les pièges non signalés, c'était parce qu'il fallait un défi à ta hauteur, et à ma hauteur. Je voulais enfin avoir quelqu'un de mon niveau, ne plus être seul. »
    
    « Décidément t’as toujours réponse à tout. Alors explique-moi pourquoi j’ai continué à traquer cette femme au lieu de directement venir m’occuper de toi ? »
    
    Il est vrai que statistiquement Waylon aurait dû tomber sur un piège assez rapidement, et donc rebrousser chemin beaucoup plutôt à cause de son envie de vengeance. Cela signifiait effectivement, qu’il n’avait pas abandonné la chasse.
    
    Le fait d’avoir été leurré toucha Edward bien plus durement que la perte de sa main. Toutefois son agonie n’était pas encore finit.
    
    Waylon se chargea des éclaircissements lui-même et enfonça le clou par la même occasion.
    
    « Je voulais que tu crois à l’aboutissement de ton plan et tout te ravir au dernier moment. Tu devais ressentir ce que j’ai ressentis. Je croyais avoir trouvé quelqu’un qui me respectait, me traitait comme son égal. Et voilà que tu me trompes, que tu m’amènes au milieu de ces pièges pouvant me blesser voir même me tuer. Quelqu'un de ton niveau, tu parles ! Tu m'as dressé comme un putain de chien. »
    
    Les mots étaient superflus à présent. Waylon prit dans sa main libre la tête de son ancien ami, et l’enserra lentement. Une mort douloureuse s’annonçait.
    
    Sauf que le jeu n’était toujours pas fini. Batman assistait à la scène. S’il avait revêtu et perfectionné le prototype de son père, ce n’était pas seulement pour protéger Gotham. C’était aussi pour lutter contre ce genre de barbarie. Il devait agir. Il était Batman !
    
    Ignorant la douleur il parvint au prix d’un effort incommensurable à se relever. Sa tête tournait. Il tenait à peine de debout. Que pouvait-il faire ? Il chercha de l’aide au niveau de sa ceinture. Sa main rencontra le boomerang. Peut-être cela ferait-il diversion suffisamment pour que Waylon relâche sa victime ?
    
    Soudain un fouet s’en roula autour du cou de Batman. Cette trahison lui ôta ses peu de forces restantes. L’étranglement l’acheva.

Texte publié par Jules Famas, 16 novembre 2017 à 08h11
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