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Tome 4, Chapitre 1 Tome 4, Chapitre 1
Rappelez-vous le dicton : toutes les histoires commencent au saloon. Encore faut-il qu’il y en ait un.
    
    Et celui du comté de Gotham venait de subir un sacré coup du sort. En une journée il avait perdu un bon client, une de ses meilleures gagneuses, un homme de main, et surtout sa réserve financière.
    
    Pourtant l’établissement avait subsisté. Il faut dire que son propriétaire entretenait une longue relation avec les coups du sort.
    
    Oswald était né avec un physique difforme. Sa famille connut une ruine brutale. Son père l’abandonna. Et sa mère se laissa mourir de chagrin histoire de faire le compte.
    
    Et dire que tout le monde admirait Bruce Wayne si respectable et si travailleur ! Ses parents lui avaient au moins laissé quelque chose avant de disparaitre.
    
    Malgré toutes ses difficultés (ou peut-être grâce à elles) Oswald fit face, et prit à la gorge ce monde afin d’en obtenir ce qu’il voulait. Dans sa soif de réussite il repoussa sans cesse les limites : enfreindre la loi, menacer, et même tuer.
    
    Pourtant Oswald venait commettre son action la plus dure de toute pour sauver son établissement. Jamais il n’aurait cru devoir aller aussi loin. Vendre les bijoux de sa mère ! Avec la maison ils constituaient les derniers vestiges de la gloire passée du clan Cobblepot.
    
    Bien que ce sacrifice le ronge de l’intérieur, Oswald conservait son légendaire sang-froid, même lorsque ce gros balourd d’Irving pénétra dans son bureau.
    
    « Patron. Il y a un pied-tendre, qui veut vous voir. »
    
    « Irving je t’ai déjà dis de m’appeler monsieur. » Répliqua Oswald d’un ton cassant tout en tripotant de sa main droite un presse-papier. « As-tu au moins pensé à lui demander son nom et son prénom ? »
    
    « Non. »
    
    A peine la réponse formulée le tenancier balança en plein sur le front de son employé le presse-papier. Il avait une petite idée sur l’identité de son visiteur, mais la discipline primait.
    
    « Fais-le entrer. » Enchaina aimablement Oswald l’instant d’après.
    
    Irving était le genre de teigneux capable de massacrer son prochain à cause d’un regard de travers. Toutefois il savait ce qu’il encourrait, s’il répliquait d’une quelconque manière dans le cas présent. Alors il obéit.
    
    A l’époque ni Conan Doyle, ni Dashiell Hammett n’avaient popularisé des archétypes de détective privé. Par conséquent Oswald ne savait absolument pas à quoi s’attendre.
    
    La personne qui entra, était plutôt ordinaire malgré une certaine élégance. Il s’agissait d’un homme de taille moyenne, mince, et à la chevelure auburn ramenée en arrière. Il était vêtu d’un costume trois-pièces et d’un chapeau melon tous deux de couleur vert pâle d’une qualité correcte.
    
    « Edward Nigma, enchanté. » Dit-il d’un timbre fluide.
    
    Oswald en se présentant à son tour se retient de sourire. Que soit un nom de scène ou non, il aurait pu en changer. Le jeu de mot ne volait tout de même pas bien haut.
    
    Le détective se comportait de manière respectueuse. Il avait enlevé son chapeau en entrant et attendu la permission avant de s’assoir. Toutefois il adoptait une attitude un peu trop nonchalante en s’installant dans le fauteuil. Il semblait oublier qui employait qui.
    
    Oswald décida de le dresser un peu en l’attaquant dans son quotidien.
    
    « C’est à vous la caravane que j’ai vu passer devant ma fenêtre tout à l’heure ? » Demanda-t-il négligemment.
    
    « Oui en effet. »
    
    Un nouveau véhicule, un nouvel arrivant, il pouvait y avoir un lien. Pour une fois la chance avait joué à la faveur d’Oswald.
    
    « C’est quoi cette grande inscription dessus ? L’homme-mystère. » Ajouta Oswald en laissant volontairement s’échapper un petit ricanement.
    
    « Ca remonte à ma jeunesse. On me faisait faire un spectacle où j’effectuais des calculs, des exercices de mémoires, et répondais à toutes sortes de questions. Voilà à quoi ils réduisaient l'intelligence ces rustres. »
    
    La réponse d’Edward ne contenait aucune rancœur seulement un léger mépris.
    
    « Pourquoi avoir gardé cette enseigne ? » Demanda Oswald intrigué.
    
    « Dans les petits villes les nouveaux venus intriguent toujours. Alors je fournis une raison à ma présence. Il ne faut jamais laisser une question sans réponse. »
    
    A défaut de le déstabiliser Oswald avait au moins pu le jauger partiellement. De toute façon il lui restait un plan de secours.
    
    « Je me suis renseigné sur vos années passées au sein de l’agence Pinkerton. » Enchaina-t-il brutalement dans l’intention de prendre de court son interlocuteur. « Vos talents y étaient très appréciés, jusqu’à ce que certains criminels sur lesquels vous enquêtiez disparaissent dans des circonstances obscures. »
    
    Face à ces paroles le front d’Edward se plissa légèrement, puis l’instant d’après vint sa déduction.
    
    « Et c’est justement pour cela que vous m’avez recruté. »
    
    Peut-être était-ce un coup de bluff destiné à lui faire dévoiler son jeu ? Oswald préféra donc ne pas répliquer. Son interlocuteur poursuivit.
    
    « Si vous cherchiez des enquêteurs conventionnels les membres de Pinkerton auraient convenus parfaitement. »
    
    « Quel joueur de poker il ferait ! » Songea Oswald admiratif. « Il sait parfaitement lire dans le jeu des autres. »
    
    Le tenancier du saloon n’était pas du genre à fuir devant un combat ou une difficulté. Toutefois il savait ménager ses efforts. Cet affrontement oral ne menait à rien en ce qui le concerne. De plus sa collaboration avec ce détective privé n’était que passagère. Ça ne valait pas le coup de s’acharner à lui faire prendre le plis.
    
    « En effet ma demande est assez particulière. » Admit Oswald en sortant d’un de ses tiroirs quelques feuilles. « Je veux que vous retrouviez une de mes anciennes employées à présent en fuite : Sélina Kyle. J’ai rassemblé les renseignements dont je dispose sur elle dans ce dossier. »
    
    Edward qui était resté immobile pendant tout l’entretien, saisit d’un geste vif le document et le feuilleta comme si son employeur n’existait plus.
    
    « Et une fois retrouvée ? » Demanda-t-il évasivement sans lever les yeux.
    
    « Vous savez ce que mentionne certains avis de recherche : mort ou vif. Dans notre affaire oubliez la deuxième option. »
    
    Edward qui avait fait preuve d’une maitrise exemplaire jusqu’ici, se transforma brusquement en gamin surexcité.
    
    « Et bien voilà qui est parfait. » Dit-il en se levant et en tendant la main. « Vous connaissez déjà mes tarifs. Il ne reste donc plus qu’à m’atteler à la tâche. Je vous contacterai une fois le travail finit. »
    
    Face à ce changement et ce flot de paroles, Oswald eut tout juste le temps de serrer la main du détective.
    
    « Et dire qu’il commençait à me plaire. A croire que je suis la seule personne normale en ce bas monde. » Pensa Oswald en le voyant partir en toute hâte. « Enfin je ne dois le payer qu’après coup. Les risques sont donc inexistants de mon coté. »
    
    Edward se rua vers son véhicule, quand soudain une bande de gamins lui barra la route. Lui qui détestait les enfants, c’était bien sa chance. A vrai dire il n’aimait pas non plus les vieux, ni l’humanité en général.
    
    « Il est à toi ce grand chariot ? » Demanda un enfant au cheveux roux et à l’air vif.
    
    « Effectivement. » Répondit sèchement le détective en lui lançant un regard noir.
    
    Visiblement le message ne passa pas. Car le garçon continua de lui parler.
    
    « Il y a bien un monstre dedans ? Je l’ai vu par un trou. Mais les autres ne veulent pas me croire. »
    
    Non seulement ce gosse avait osé fouiner dans ses affaires, et en plus il l’avouait ouvertement. Il y avait vraiment des baffes, qui se perdent.
    
    La violence du moins sous son aspect physique n’étant pas sa tasse de thé, Edward usa des mots.
    
    « Les monstres ne sont qu’une invention destinée à rendre les enfants obéissant par le biais de la peur. »
    
    Alors que la petite bande étudiait cette incroyable révélation, Edward pénétra dans la caravane. Une ombre massive l’y attendait à l’intérieur. Était-ce un monstre ? En tous cas le détective n’éprouvait aucune répugnance ou crainte à son égard.
    
    « Mon cher. » Lui dit-il avec familiarité étrangère à un misanthrope dans son genre. « Je crois avoir trouvé chaussure à ton pied. »

Texte publié par Jules Famas, 17 septembre 2017 à 08h31
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