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Tome 3, Chapitre 7 Tome 3, Chapitre 7
Depuis plusieurs générations l’endroit était considéré parmi les siens comme tabou et par conséquent évité. Même s’il éprouvait des réticences à emprunter ces tunnels sous le comté de Gotham, Bad Crow lui n’avait pas peur.
    
    Par le passé il s’était battu avec un tomahawk et un arc contre les troupes américaines équipés de fusils et de canons. Une bonne partie de ses proches étaient morts sous ses yeux pendant ces affrontements. Quant aux survivants on les avait déportés jusqu’en cette terre désolée baptisée Blackgate.
    
    Non ce guerrier malchanceux n’était définitivement plus en mesure de craindre grand chose. Le projet d’attaque du comté l’avait même réjouit. Il avait pu de nouveau recouvrir de noir la partie droite de son visage celle où son œil fut crevé lors d’une bataille, et redevenir le légendaire guerrier surnommé Deathstroke.
    
    Il resortit même le sabre de cavalerie, qu’il avait prit sur le cadavre d’un officier de l’armée américaine. C’était la seule coutume des blancs, qu’il avait adopté. Cette arme était légère, tranchante, et bénéficiait d’une longue portée. Le tomahawk faisait pâle figure en comparaison. Deathstroke se familiarisa très vite à cette nouvelle arme. Il avait toujours eu cette aptitude à savoir tuer avec n’importe quel objet.
    
    Malgré ce don, son expérience, et cette lame, Deathstroke reculait ne sachant quoi faire d’autre.
    
    Tout avait commencé alors qu’il explorait les galeries. Brusquement il sentit derrière lui un déplacement d’air accompagné d’un léger son.
    
    Il eut beau se retourner immédiatement, Deathstroke ne vit rien même pas son compagnon. Il scruta les alentours, et ne parvint qu’à entrapercevoir une ombre au loin s’engouffrer dans un couloir. Deathstroke se dirigea vers cette direction la torche en avant, quand au bout de quelques pas, il tomba sur le corps inerte de son complice. Il respirait encore. Mais les autres !
    
    Le guerrier indien gonfla ses poumons, afin que son avertissement soit bien entendu.
    
    Un cri vite étouffé un peu plus loin, le devança. Comment cette ombre faisait-elle pour se déplacer si vite, et en plus dans l’obscurité ? Peut-être n’était-elle pas seule ?
    
    Du fait de son sens tactique Deathstroke sut immédiatement comment réagir.
    
    « On nous attaque ! Tous au campement. »
    
    Le campement en question était installé un peu plus loin dans une sorte de caverne donnant sur plusieurs galeries.
    
    Seulement trois personnes rejoignirent Deathstroke à ce point de ralliement. Donc un autre membre de l’expédition avait été neutralisé en chemin.
    
    « Un ou deux hommes nous traquent.» Annonça Deathstroke.
    
    « Des hommes ? » Répliqua l’un de ses subordonnés sceptique.
    
    Tous avaient entendu cette vieille histoire. Durant une guerre tribale une famille s’était réfugiée dans ce réseau souterrain. Une sorte d’esprit malfaisant s’était alors emparé d’eux. Et ils s’étaient entretués.
    
    Deathstroke se reporta sur ce qu’il savait faire. Il fit signe à ses complices de se taire, et scruta les alentours avec minutie. Ce combattant avait participé à tant d’embuscades. Il devait bien être en mesure d’en empêcher une. Brusquement son attention se focalisa. Il crut percevoir du mouvement au fond d’un tunnel. Red Horse un jeune fougueux, qui ne devait sa place dans cette expédition uniquement à sa minceur lui permettant de se glisser dans certains interstices, comprit le comportement de son chef.
    
    En récompense à sa participation à la prise de la ferme des Daggett, le Joker en personne lui avait remit un fusil. Sans doute trouvait-il cela drôle de donner une arme si précieuse à un novice ?
    
    Red Horse brûlait d’impatience d’user de son nouveau jouet au point de l’emmener lors de cette prospection. Les autres s’étaient juste contentés d’armes de corps à corps au cas où.
    
    Il fut impossible à ce jeune blanc-bec de résister à la tentation. Passant outre l’hésitation de son ainé il tira une salve de chevrotine.
    
    « Je l’ai eu ! » Gueula-t-il tout de suite après, comme si son enthousiasme allait transformer son rêve en réalité.
    
    Plus terre à terre Deathstroke resta sur ses gardes. A peine perçut-il le sifflement, qu’il fit coucher ses hommes. Le projectile en provenance de l’emplacement supposé de la cible, passa juste au-dessus de leurs têtes.
    
    Red Horse plein de rage se releva immédiatement afin d’user de sa deuxième balle. Il se prit alors dans le crâne le boomerang sur le chemin du retour.
    
    Qu’est-ce que c’était que cette arme capable de revenir en arrière ? Deathstroke ne se posa même pas la question. Il parât au plus pressé, et tendit sa main vers le fusil. C’est alors qu’une sorte de pointe métallique reliée à une corde se planta dans l’arme. Un coup sec sur la corde amena le fusil dans le noir.
    
    « Ne bougez pas. » Ordonna Deathstroke toujours maitre de lui. « Restez dans la lumière. »
    
    « Il va nous tirer dessus ! »
    
    « Ce type de fusil n’a que deux balles. Il ne lui en reste donc qu’une. Ça ne suffira pas avec nous trois. Et si il tire, il indique sa position. Chacun surveille une direction. »
    
    L’ordre n’eut pas le temps d’être suivit. Car du tunnel d’où avait déjà surgit l’étrange projectile et la corde, émergea brusquement de la fumée.
    
    Quelque soit leur adversaire, il savait s’orienter dans l’obscurité. Il l’avait clairement prouvé. Par conséquent s’ils se laissaient envelopper par ce nuage, Deathstroke et sa bande seraient à sa merci.
    
    Alors ils reculèrent leurs yeux rivés sur cette fumée. Qu’allait-il encore en sortir ?
    
    Cette diversion fonctionna, le temps d’effectuer l’attaque à revers.
    
    Son professeur de sport à l’université disait à Bruce, qu’il était un bon boxeur. D’après lui il manquait juste une chose pour en être un excellent : la hargne.
    
    A présent il l’avait. Car il n’était plus ce gamin terrifié et impuissant face au meurtre de ses parents, qu’il avait enfoui au fond de lui avec ses études studieuses et son travail acharné. Il ne subissait plus. Il protégeait. Il punissait. Il était Batman.
    
    La perfection qu’il avait atteint l’espace d’un instant pendant son combat à Arkham, était désormais présente dans chacun de ses coups.
    
    Il chargea, et envoya une frappe en plein dans l’estomac du premier indien, qui se plia en deux. Le second bloqué par son partenaire et par cet espace restreint réagit trop lentement, et reçu un crochet dans la tempe.
    
    Batman releva d’un revers le premier indien le balançant ainsi sur son partenaire. A peine ce ce dernier le poussa, qu’il reçut une série d’enchainements gauche-droite.
    
    Vitesse, technique, tactique, puissance, tout y était.
    
    Seul Deathstroke qui était parvenu à se dégager face à ce premier assaut, tenait encore debout.
    
    Il attaqua en bondissant afin de ne pas être gêné par les corps de ses compagnons.Un sabre ne se bloquait pas comme un poing. Batman esquiva en reculant.
    
    Deathstroke enchaina immédiatement une autre frappe en prenant soin de ne pas trop avancer. Ainsi il conservait l’avantage lié à son allonge. A peine s’acheva le troisième assaut que Batman s’enfonça dans la garde adverse, et exécuta un crochet au foie.
    
    L’indien recula à son tour le souffle coupé, mais n’alla pas au tapis. De son coté Batman préférant jouer la sécurité au lieu d’en profiter, resta sur ses gardes.
    
    A le voir ainsi concentré, Deathstroke comprit. Il ne s’était pas contenté d’éviter ses attaques. Il avait analysé son rythme, et trouvé une ouverture.
    
    C’était à présent au tour de Deathstroke de faire preuve de stratégie. Il délaissa les coups de taille au profit des coups d’estocs plus réduits, et plus vifs. Ça fonctionnait. Batman ne parvenait plus qu’à reculer.
    
    Soudain les coups devinrent moins précis. Batman parvint même à placer quelques jabs. Deathstroke au début de l’affrontement avait lâché sa torche sous l’impulsion du moment, et en avançant sur son ennemi s’était progressivement retrouvé dans l’obscurité. Comprenant le piège il tenta de revenir en arrière.
    
    Hélas c’était trop tard. De plus le crochet au foie et les jabs dans la tête, l’avaient affaibli. Batman revint à la charge. Un bon direct dans le nez provoqua un aveuglement. Même acculé Deathstroke ne renonça pas. Il usa de son sabre encore une fois. Le geste était un peu trop lent. Batman en profita pour exécuter un contre. Cette technique délicate consistait à éviter la frappe adverse tout en plaçant la sienne. Ainsi on conjuguaient les deux forces. Cet exercice fit enfin chuter le guerrier indien.
    
    Il était à bout de force, et vaincu mais encore conscient. C’était parfait. Batman n’était pas là que pour combattre. Il voulait des réponses.
    
    Tout avait commencé par une simple vérification. La furtivité et la vitesse des déplacements des indiens dans le comté, rappelèrent les siens à Batman. Alors il voulut s’assurer, qu’ils n’usaient pas du même réseau souterrain.
    
    « Qu’est-ce que vous cherchiez ? » Demanda Batman avec sa voix d’outre-tombe provoquée par son filtre.
    
    Il avait soigneusement espionné le petit groupe avant de passer à l’attaque, et comprit que ses membres prospectaient dans ce sous-sol.
    
    Batman avait su être une ombre omniprésente et invincible, inspirer la terreur, et se jouer de ses ennemis. Malheureusement il en allait différemment avec Deathstroke. Malgré sa défaite il faisait toujours face, et demeura silencieux devant la question.
    
    Batman en levant le poing n’obtint toujours aucune réaction.
    
    « Je prendrai ton âme. » Ajouta-t-il sans voir de changement.
    
    La douleur, la superstition, que restait-il ? Justement c’était sur çà qu’il fallait appuyer : le désespoir.
    
    « Même si d’autres viennent, je les arrêterai de toute façon. »
    
    Deathstroke réagit enfin. D’abord son visage se crispa, puis il prit la parole avec une voix à la fois froide et haineuse :
    
    « Il y en a un que tu ne vaincras pas. Le Joker détient des pouvoirs contre lesquels tu ne peux rien. »
    
    Il n’y a pas si longtemps, Batman n’y aurait vu que les superstitions grotesques d’un primitif. Sauf qu’il venait de voir Deathstroke diriger ses hommes et combattre avec une discipline et un savoir-faire indéniable. Il n’était clairement pas le sauvage stupide, auquel s’attendait.
    
    Et puis l’esprit scientifique de Bruce venait de se réveiller.
    
    « Quels pouvoirs ? » Dit Batman sur un ton où se mélangeait la menace et la curiosité.

Texte publié par Jules Famas, 19 avril 2017 à 22h09
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