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Tome 3, Chapitre 4 Tome 3, Chapitre 4
Malgré la douleur et la fatigue parcourant son corps, son réveil lui fut agréable. Elle était couchée à même la terre comme dans son enfance. A cette époque où elle apprennait le secrêt des plantes, Ivy avait prit cette habitude s’allonger sur le sol afin de s’imprégner du pouvoir de la terre nourricière. Une lubie de gamine. Peut-être pas ? N’était-elle pas devenue Celle-qui-parle-à-la-terre comme les siens l’appelaient.
    
    Ainsi le coyotte ne lui avait pas dérobé toute son autorité sur les membres de sa tribu. Ivy avait toujours dit qu’à sa mort, elle ne voulait pas être enterrée ou brûlée. On devait juste la déposer sur le sol, et laisser faire la nature. Cette volonté avait été respecté. Ses compatriotes avaient également accepté son choix de mourir de sa propre main, et donc d’ingurgiter du poison à l’intérieur du tipi. Du moins c’est ce qu’ils croyaient. En fait le breuvage utilisé ralentissait les fonctions corporelles au point de donner l’impression d’être décédé.
    
    Toutefois dans l’urgence Ivy n’avait pas pu soigneusement doser. Combien de temps était-elle restée inconsciente ? Elle se sentait si faible. Les alentours ne lui étaient pas familiers. Apparemment on l’avait déposée hors de Blackgate. Sans doute les indiens craignaient sa proximité même morte ou bien était-ce juste pour ne pas avoir un rappel de leur trahison ?
    
    L’endroit était rocailleux. On ne distinguait au loin aucune trace de présence humaine.
    
    Sa gorge étant sèche, Ivy rampa jusqu’à un buisson. Elle l’arracha, et but l’eau dégoulinant de ses racines. Le bien-être ne fut pas que physique dans ce geste. Elle n’était plus en terre étrangère. Elle venait d’effectuer un premier rapprochement avec son nouvel environnement.
    
    Plus sereine Ivy se remit à penser. Évidemment le coyote ne fut pas long à venir. Son peuple pour lequel elle avait bâtit de ses mains un éden à l’abri de l’avidité des blancs, s’apprêtait à partir en guerre à cause de cet usurpateur. Une guerre dont il ne pouvait pas sortir vainqueur.
    
    Ce coyote allait tout détruire. Elle devait l’arrêter, et reprendre ce qui lui revenait de droit. Il l’avait peut-être surpris avec une magie lui étant totalement inconnue. Mais Ivy n’était pas encore vaincue.
    
    Même si elles étaient rares les plantes à proximité la remettraient sur pied et l’armeraient. Par leurs façons de pousser et leurs espèces respectives, elles l’aideraient même à s’orienter.
    
    Ivy reviendrait donc à Blackgate, et ferait goûter à son tour sa propre magie à ce mystificateur répugnant.
    
    
    
*********************

    
    
    Alors que tous étaient retranchés dans le centre-ville, Bruce circulait à cheval sur les chemins du comté. Courageux ? Pas exactement.
    
    Au départ il comptait se déplacer par les tunnels. Puis il souvint de sa résolution à renoncer au rôle de Batman. Or sans le prototype de son père s’aventurer dans les galeries était hasardeux. Puis cet endroit était lié à son alter-égo. Bruce eut même l’impression que le costume le narguait.
    
    Il refusait de se laisser porter par les évènements une nouvelle fois. Cette fois-ci c’est en tant que Bruce Wayne, qu’il apporterait sa contribution et sans violence uniquement grâce à son intelligence.
    
    Le voyage s’était passé sans encombre. Les indiens se contentaient d’arpenter les limites de la ville, comme s’ils attendaient une sorte de signal. Or le trajet entre la demeure des Wayne et celle des Arkham, ne passait pas par la ville.
    
    Avant cet encerclement Bruce avait eu le temps de s’entretenir avec le shérif et d’établir certains points. En fin limier Bruce d’abord se renseigna sur les faits récents au sein du comté. Seuls deux étaient dignes d’intérêt : l’inconnu laissé à moitié mort dans la grande rue, et sa disparition commune avec le docteur Quinzel.
    
    Le détective amateur releva un élément important au passage. La description de l’inconnu correspondait à celle du Joker mis à part le sourire figé. Toutefois comment se serait-il si vite remit de ses blessures apparemment très graves ?
    
    Au moins cela faisait une piste conduisant à la maison d’Arkham. C’était le dernier endroit où avait été vu cet inconnu avant le début de la révolte indienne.
    
    Le shérif Gordon y était déjà passé suite à l’absence de signe de vie de Harleen. Toutefois il s’était contenté d’une inspection sommaire. Pas de trace d’effraction, la valise de médecin absente, idem pour la charrette. Tout indiquait un départ volontaire. Pourquoi chercher plus loin ?
    
    Arkham était l’unique endroit du comté, que Bruce évitait rigoureusement. Même pour les consultation médicale, il avait tenu à ce qu’elles se fassent chez lui.
    
    Durant son enfance il s’agissait un peu de la maison de la sorcière. Tous les gamins l’observaient de loin en se racontant des histoires sans jamais oser y pénétrer.
    
    Même adulte et formé à la rationalité scientifique Bruce eut un mauvais ressentiment en s’approchant du bâtiment. Il descendit de son cheval, l’attacha, puis introduisit le double des clés fournit par le shérif dans la serrure. Bruce constata alors que la porte n’était pas verrouillée. La dernière personne à avoir visité cette maison était censé être Gordon, qui ne pouvait pas être à l’origine d’une telle négligence.
    
    La docteur était peut-être revenue. Dans ce cas pourquoi les volets étaient-ils toujours fermés en pleine journée ?
    
    Le sens du devoir et la curiosité l’emportèrent sur la crainte. Bruce pénétra dans la maison silencieusement. Sa terreur de jeunesse y perdit de sa superbe. Même sous cette mince obscurité l’intérieur n’était pas particulièrement inquiétant, juste ordinaire.
    
    Au fur à mesure de son avancée le visiteur ne remarqua pas de meubles ouverts, de traces de désordre... bref rien de suspect. Puis il arriva dans l’ancien fumoir où était entreposé le matériel médical. Là Bruce remarqua des creux dans les rangements mais toujours pas de désordre. La personne s’étant servit, savait parfaitement ce qu’il lui fallait et où le trouver.
    
    Si Bruce Wayne le scientifique observait, et analysait, Batman de son coté n’était pas totalement endormit du fait du danger inhérent à la situation. Il perçut donc un léger bruit derrière lui, et se poussa juste à temps. Le tomahawk fracassa la porte de l’armoire à médicament à la place de sa tête. Bruce riposta d’un direct du droit. C’était une frappe exécutée sous l’effet de la surprise. Ce coup imprécis repoussa seulement l’assaillant.
    
    Les deux adversaires se toisèrent. L’indien était musclé et âgé d’une trentaine d’années. Son tomahawk bien en main et l’air calme, on sentait l’homme d’expérience. La personne lui faisant face les poings levés n’était pas apparemment non plus novice en matière de combat. Toutefois il y avait peu de chance, qu’il bénéficie du même vécu dans ce domaine. Et surtout il ne disposait pas d’arme.
    
    Bruce se maudit pour cette négligence conséquence direct de son égo. Comment allait-il s’en sortir ? Puis il se souvint d’une situation récente, et surtout similaire : son affrontement avec Carmine Falcone. Là aussi il s’était retrouvé acculé, et désavantagé. Comment avait-il réagit alors ? Il s’était adapté, et avait fait avec les moyens du bord.
    
    Bruce s’empara d’un flacon de l’armoire, et le jeta au visage de son ennemi. Il suffit à l’indien de lever l’avant-bras afin de se protéger efficacement du projectile. Qu’importe ! L’ouverture était là. Et c’était exactement ce que Bruce recherchait. Le basculement des hanches suivi par le reste du corps. Le bras souple comme un ressort, et tendu juste à l’instant de l’impact. Le poing allant au travers de la cible. Jamais auparavant son revers ni aucun de ses autres coups, n’avait atteint une telle perfection. S’ils s’étaient trouvés sur un ring, l’arbitre aurait immédiatement annoncé le KO technique.
    
    Bruce crut même un instant avoir tué son adversaire. En s’approchant il réalisa avec soulagement, qu’il respirait encore. Il remarqua aussi un autre détail. A vrai dire le terme détail était un euphémisme. La feuille de papier était maintenue bien en évidence sur le torse de l’indien grâce à une ficelle. Il manquait juste une grosse flèche et l’inscription « lisez-moi. ».
    
    Face à cet indice le combattant disparu instantanément au profit de l’enquêteur. Qu’était-il donc écrit ?
    
    « Bonjour,
    
    Permettez-moi d’abord de vous adressez toutes mes félicitations.
    
    Car si vous lisez ma propose c’est que non seulement vous avez su marcher sur mes traces, mais en plus venir à bout de l’obstacle laissé par mes soins.
    
    Sachez que je me réjouis sincèrement de votre réussite. Qu’y a-t-il de plus agréable que d’avoir un adversaire à sa hauteur ?
    
    Comme disait Corneille : à vaincre sans péril on triomphe sans gloire.
    
    J’espère de tout cœur que vous parviendrez à rester en vie jusqu’à notre rencontre. Là par contre je ne garantis rien pour la suite.
    
    Veuillez agréer l’assurance de mes salutations distinguées.
    
    Le Joker. »
    
    A peine la lecture achevée Bruce laissa le papier lui échapper des mains. Falcone, Crane, Double Face, et Bane, il avait connu des hauts et des bas en les affrontant. Mais au moins il était toujours parvenu à les surprendre. Il s’agissait même de son principal atout. Et ce Joker venait déjà de le battre sur ce terrain.
    
    Et puis il y avait la conception du traquenard. Si le Joker considérait une personne capable de remonter la piste d’Arkham comme une menace conséquente, n’aurait-il pas dû se montrer plus exigeant ? Un homme de plus ou une arme à feu aurait suffit, du moins en ce qui concerne Bruce.
    
    Sauf que le jeu s’en serait trouvé amoindrit par une élimination certaine du rival naissant. Bruce entendait presque le Joker rire de sa petite blague à laquelle il devait la vie sauve.

Texte publié par Jules Famas, 31 mars 2017 à 07h40
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