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Tome 2, Prologue Tome 2, Prologue
Une légère brise soufflait sur la plaine. James De la pointe du lac en profita pour respirer l’odeur de l’herbe fraiche et des fleurs. Ces odeurs le changeaient de celles de la poudre et du sang.
    
     Cet instant de félicité fut de courte durée. Car les Billy Yank (surnom des soldats nordistes pendant la guerre de sécession) apparurent à l’autre bout du terrain. En bon officier d’infanterie, James aligna rapidement ses hommes. La troupe ennemie se montra tout aussi vive dans ce domaine.
    
    Ensuite les deux groupes avancèrent sagement au pas, comme il était d’usage à l’époque. Une fois la distance adéquate atteinte entre les deux lignes, les soldats échangèrent leurs premiers coups de feu.
    
    « Tirez ! Rechargez ! » Répéta en boucle James de sa voix forte tout en marchant de long en large derrière l’alignement.
    
    Il faisait plus que fournir les indications à un bon tir groupé. James leur insufflait le courage nécessaire pour demeurer stoïques, malgré leurs frères d’arme tombant à leur coté. Il en faisait un bloc compact qu’aucune brèche ne parviendrait à faire s’effondrer.
    
    En face le rythme de tir était également efficace. Leur officier était certainement comme James un vétéran et non un de ces jeunots sorties de Westpoint juste capables de construire des ponts et des fortifications. James lui ne devait pas ses galons à une quelconque école militaire, mais aux champs de bataille de la guerre contre le Mexique.
    
    La perspective d’un adversaire à sa mesure n’inquiéta aucunement James. Il avait immédiatement remarqué le net avantage numérique dont il bénéficiait. Ainsi le régiment d’avant-garde ennemi était encore moins nombreux que prévu. Il suffisait juste de tenir, et la victoire viendrait.
    
    Les fusils crachèrent, les rangs se vidèrent, puis vint en face la retraite. James n’en éprouva aucun mépris à l’égard du meneur adverse. Au contraire si tous ces idiots de généraux avaient su se retirer à temps, tant de carnages inutiles auraient pu être évité lors des premières batailles de ce conflit.
    
    Malgré son estime grandissante à l’égard de son rival, le vétéran ne baissa pas sa garde.
    
    « Baïonnettes aux fusils ! »
    
    Mener une charge était son grand plaisir. Car il usait alors de la première arme, qu’il avait eu entre ses mains : un sabre. Et pas n’importe quel sabre. Celui légué par son père.
    
    Sa frénésie fut de courte durée. Parce qu’il ignorait une chose à propos du fameux officier ennemi. Cet homme mettait un point d’honneur à toujours avoir un coup d’avance, à ne jamais se reposer sur une seule stratégie. Il nommait cela le coup double.
    
    Brusquement les fuyards se séparèrent en deux groupes distincts comme lors d’une manœuvre répétée préalablement. Ils dévoilèrent alors une autre rangée de soldats prêts à faire feu. Ces maudits nordistes n’étaient pas moins nombreux qu’annoncés. Il s’agissait d’une ruse afin de combler leur désavantage.
    
    Reformer les rangs et tirer de nouveau aurait été prendre le risque de finir encerclé, si les rescapés du premier rang revenaient à l’attaque. James n’avait pas le choix. Une percée constituait l’unique solution malgré les risques allant avec.
    
    « Chargez !!! » Cria-t-il en traversant sa propre formation.
    
    Des cris retentirent derrière lui. Ses hommes n’avaient pas encore renoncé. La victoire était toujours accessible. Une salve retentit. Même s’il avait été touché, James n’était pas en état de le sentir. Le sabre en l’air, et hurlant à tout va, il était comme les légendaires berserks chez les vikings. Il se limitait juste à une soif de sang intarissable.
    
    Les nordistes rechargèrent les mains tremblantes face à ces fous furieux. Ils perdirent du temps. Leurs tirs se révélèrent plus hésitants. James fut le premier à enfoncer la ligne adverse. Un coup de sabre, un bras amputé, un coup de sabre, une gorge tranchée, un coup de sabre, un ventre percé...
    
    Aucun des rustres en face ne pourrait égaler un maitre d’escrime comme lui. Si ses hommes le suivaient convenablement, il pouvait vaincre.
    
    Brusquement une douleur le bloqua dans son élan. Une baïonnette venait de se figer dans son dos. Les fuyards étaient vite retournés au combat, trop vite. James escomptait qu’ils n’osent pas tirer à cause de la mêlée, et seulement après un certain laps de temps passent au corps à corps.
    
    Cette nouvelle erreur ne suffit pas à faire céder James. Il se retourna tout en effectuant une coupe latérale. Cette fois-ci une tête entière tomba. Un record en ce qui concernait James. Au beau milieu de sa magnifique démonstration, une balle de révolver lui perfora un poumon.
    
    Tout en chutant il identifia l’uniforme d’officier de son vainqueur. Au moins il pourrait mettre un visage sur le responsable de sa défaite. A vrai dire James fut plutôt déçu. Il était loin de l’image du vieux dur à cuire, qu’il s’en faisait.
    
    Cet homme devait avoir moins de trente ans. Les épaules larges, la taille mince, la posture droite, le visage net, il ressemblait à un soldat de parade. Comment avait-il pu sillonner les champs de bataille boueux, fumants, et sanglants, tout en restant dans cet état ? De son coté l’officier nordiste demeura indifférent. Il avait juste fait son devoir. Avant de repartir au combat il releva le chien de son arme, quand soudain quelqu’un lui saisit l’épaule.
    
    « Capitaine Dent ! Arrêtez ! »
    
    Il reconnut alors la voix de son aide de camps, et réalisa le changement de décor. Les combats avaient cessés. Ses soldats rassemblés autour de lui, le regardaient bizarrement.
    
    « Il est mort maintenant. » Ajouta l’aide de camps avec de la panique dans la voix.
    
    L’officier Harvey Dent suivit alors le regard de son subordonné, et vit son œuvre. Il venait de vider son barillet entier dans la tête du cadavre de James. Et le pire est qu’il n’en avait aucun souvenir. C’est comme si une autre personne avait prit le contrôle de son corps.
    
    La folie de la guerre l’avait-il frappé comme tant d’autres auparavant ? Jusqu’ici il n’avait jamais franchit la ligne. Pas pillage, de torture, ou de viol sous son commandement. Ça ne se reproduirait plus. Il ne laisserait pas le mal en lui ressortir. Il en faisait le serment.

Texte publié par Jules Famas, 18 janvier 2017 à 20h02
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