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Tome 2, Chapitre 4 Tome 2, Chapitre 4
Pour son retour dans le comté de Gotham il empruntait le même chemin que lors de son départ. Était-ce un signe ? Quoi que s’agissait-il vraiment d’un retour dans son cas ? Il avait subit tellement de changement depuis.
    
    L’un des plus importants était cette douleur lui vrillant le crâne, qui finissait toujours par revenir. La docteur lui avait parlé de traumatisme crânien. Puis il était apparu : une sorte d’épouvantail doué de vie. Lui il savait la vérité. La douleur, et son visage défiguré ne résultaient pas uniquement de la fusillade. Il s’agissait d’une punition divine pour avoir bafoué la base même de la nature : le chaos.
    
    Les lois qu’Harvey Dent avait défendu jusqu’ici n’étaient qu’hérésie. Par conséquent il décida de réparer ses torts en tant que Double Face. Il servit le chaos par l’intermédiaire de cette pièce de monnaie, qui guidait désormais toutes ses actions.
    
    Malgré sa dévotion les douleurs persistaient comme à présent dans le défilé. Sa passagère sur le cheval le vit même tanguer de droite à gauche. Et s’il tombait comment ferait-elle ?
    
    Heureusement Double Face trouva la force de rester en selle. Il était si près du but. Soudain le défilé céda la place au comté de Gotham : l’endroit où son calvaire avait débuté, celui par lequel la purification commencerait.
    
    La douleur se tairait bel et bien après cela. Ses précédentes actions n’étaient que des ébauches. Pour cette grande œuvre, une certaine préparation était nécessaire.
    
    Par conséquent Double Face ne rentra pas immédiatement en ville, et se dirigea vers l’ouest au point de rendez-vous convenu.
    
    L’homme au chariot l’attendait depuis apparemment un certain temps. Une telle ponctualité méritait une récompense. Double Face fit descendre sans attendre sa prisonnière de son cheval, et lui ôta ses liens et son bâillon. Alors que le couple se serrait dans les bras, Double Face vérifia le contenu du chariot. Tout était à sa place.
    
    Le truand conservait en lui le sens tactique acquis par Harvey Dent durant la guerre de sécession. Officier à l’époque il mettait un point d’honneur à toujours avoir un coup d’avance, à ne jamais se reposer sur une seule stratégie. Il nommait cela le coup double.
    
    Comme la fois où malgré la bonne disposition de ses troupes, les sudistes étaient quand même parvenus à enfoncer ses lignes. C’est alors que les éclaireurs préalablement embusqués frappèrent sur les flancs ennemis et déstabilisèrent la charge.
    
    Pour en revenir à Double Face, si les autorités jusqu’ici ne lui avaient encore mis la main dessus, il le devait principalement à sa mobilité et l’aspect imprévisible de ses actions.
    
    Et avec tous ce matériel militaire volé Double Face perdait le premier de ses avantages. C’est alors qu’il croisa la route de ce couple. Qu’est-ce qu’un couple sinon deux réunit en un ? C’était exactement ce qu’il lui fallait. Double Face prit donc la femme en otage, et emprunta les chemins discrets. De son coté le mari insoupçonnable circula par les grands axes nettement plus praticables avec cette lourde cargaison de l’armée.
    
    « Ce n’est pas un bandit. » Murmura l’épouse paniquée. « C’est un fou. »
    
    Suite à ces paroles le mari se tourna, et observa le hors-la-loi en douce. Lors de leur première rencontre il avait été bien trop paniqué.
    
     Hormis son visage ravagé qu’avait-il de si spécial ? Il portait la tenue classique du voyageur à cheval avec son cache-poussière, ses bottes, et son stetson. C’est lorsqu’il s’approcha que le manteau entrouvert révéla un détail spécifique : une étoile de marshall dont la partie droite était rutilante, et la gauche comme rongée. Soit ce n’était pas grand chose. Toutefois la ligne verticale séparant les deux aspects de la décoration, était d’une parfaite régularité. L’effet était donc voulu. Quel en était l’intérêt ? Ce n’était ni effrayant, ni d’une quelconque utilité sur le plan pratique.
    
    Cela suffit à mettre le mari mal à l’aise.
    
    « J’ai fait ce que vous avez demandé. On peut partir maintenant ? » Dit-il en se maudissant.
    
    Il aurait dû tenter quelque chose auparavant comme avertir quelqu’un. Seulement il craignait tellement pour la sécurité de son épouse.
    
    Puis Double Face se mit à regarder le couple d’une manière triste voir compatissante.
    
    « Ca ne dépend pas de moi. » Expliqua le preneur d’otage.
    
    « De qui alors ? » Répliqua le mari déconcerté.
    
    Double Face sortit alors sa pièce. Dans une sorte d’éclair de génie le mari comprit instantanément. Sa vie et celle de son épouse se joueraient sur un simple hasard.
    
    Pouvait-on imaginer plus stupide, et cruel ?

Texte publié par Jules Famas, 27 janvier 2017 à 16h31
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