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Tome 2, Chapitre 2 Tome 2, Chapitre 2
Au moins une personne appréciait la manie de causer du docteur Quinzel. Elle fournit le temps nécessaire à Sélina avant qu’Harleen revienne de la salle d’examen.
    
    « J’ai fini. » Annonça la docteur avec son enthousiasme habituel. « Plus de bébé. Par contre votre copine va devoir rester ici se reposer un peu. Repassez plus tard dans environ une heure. »
    
     Contrairement à beaucoup cette familiarité, ne choquait pas Sélina. Au contraire elle appréciait qu’une femme sans être une prostituée, lui parle d’égal à égal.
    
    « Merci. Beaucoup de vos confrères n’auraient pas acceptés. »
    
    « Allons il faut se soutenir entre femmes pas vrai. »
    
    Pourquoi devait-elle être si gentille ? A croire qu’elle voulait coller des remords à Sélina. Comme si Bruce ne lui occupait pas suffisamment l’esprit.
    
    Elle avait déjà connu un homme avec lequel, sa relation n’était pas pécuniaire. En fait il voulait la sortir de sa maison close pour l’enfermer dans sa propre demeure. Pourquoi voulait-on toujours la contrôler ?
    
     Bruce était différent. Il ne voyait en elle ni une épouse, ni une pute, seulement une femme avec laquelle il était bien. S’en était si adorable, que la possibilité de renoncer effleura Sélina.
    
    « Vous êtes encore là ? » Lui demanda Harleen la constatant rêveuse.
    
    Ces quelques mots servirent de rappel à l’ordre à Sélina. Elle avait encore de quoi faire et donc partit. La docteur aurait aimé pouvoir en dire autant. Hélas elle n’avait qu’une patiente somnolente comme occupation.
    
    Par chance un nouveau visiteur frappa à la porte.
    
    « Sacré morceau. » Pensa-t-elle.
    
    « Bonjour. Vous venez consulter ? » Dit-elle à haute voix. « Vous êtes pourtant le genre que pas grand chose ne peut abattre. »
    
    Même s’il en avait eu la possibilité, Bane n’aurait même pas sourit devant cette ébauche de plaisanterie. L’humour était un luxe. Et le chasseur de prime détestait cette notion. Il n’appréciait que l’utile et le concret
    
    « Bonjour je viens pour un de vos anciens patients : Harvey Dent. »
    
    « Ah vous avez des nouvelles de ce lâcheur ? »
    
    Ainsi elle n’était au courant de rien. Ce n’était pas plus mal. Elle n’en serait que plus malléable.
    
    « C’est justement des nouvelles que je cherche. Son traitement, et sa convalescence. »
    
    « Désolé. » Répliqua Harleen en penchant sa tête sur le coté. « Secret professionnel. »
    
    Il était nécessaire de la manœuvrer encore. Sauf que cela ne faisait pas partie du domaine de compétence de Bane.
    
    « Combien vaut ce secret ? » Demanda-t-il en sortant son porte-feuille.
    
    « Ça suffit. Rangez votre fric et barrez-vous. »
    
    « J’insiste. » Rétorqua alors Bane en posant sa main droite sur une épaule de Harleen et effectuant une légère pression.
    
    Quel gâchis ! Cette carrure si savamment sculptée et utilisée sur ce petit bout de femme. Bane en était presque désolé. Au moins il était dans son domaine de compétence cette fois-ci.
    
    « Je vois. » Dit la docteur en baissant les yeux d’un air grognon. « Suivez-moi, je vous donne son dossier. »
    
    Que pouvait-elle faire d’autre ? Mis à part la prostituée endormie elle était totalement seule, et ne disposait d’aucune arme.
    
     Par conséquent elle se rendit à son bureau en passant par le fumoir où elle stockait son matériel.
    
    Comment quelqu’un d’aussi alerte que Bane put-il se laisser surprendre ? Harleen était particulièrement vive. Toutefois c’est son aspect insondable, qui fit vraiment la différence.
    
    En effet Bane ne parvenait pas à percevoir les intentions de la docteur parmi ses jeux de scène.
    
    C’est ainsi qu’il se retrouva avec une seringue plantée dans l’avant-bras. Quant à Harleen le doigt sur le piston et le sourire provocateur, elle fournit une explication :
    
    « Il y a de la strychnine là-dedans. A faible dose ça a des propriétés stimulantes. Par contre à forte...»
    
    Ce fut autour de Bane de surprendre en appuyant lui-même sur le piston afin de s’injecter l’ensemble du contenu.
    
    « Je connais. » Coupa-t-il fièrement. « Je me suis immunisé contre ses mauvais effets comme avec beaucoup d’autres produits. »
    
    Lorsqu’on est acculée à ce point, on supplie, on fuit, on charge... Harleen elle pouffa.
    
    « Je vois. C’est pour ça la paralysie faciale. »
    
    Bien qu’il ne soit pas un causeur Bane ne put s’empêcher d’argumenter.
    
    « C’est un prix bien léger. »
    
    « C’est un prix bien léger. » Répéta Harleen en relevant exagérément les épaules histoire de parfaire son imitation. « Je parie que tu ne t’en tiens pas qu’à ça. Tu te cames aussi pour effacer la douleur. Ca te permet de soulever des gros poids et de te faire des gros muscles. »
    
    Alors que la docteur partait dans le lyrisme, le chasseur de prime revenait sur terre. Être percé ainsi à jour ne devait pas lui faire oublier ses priorités.
    
    « Je veux le dossier de Harvey Dent tout de suite. »
    
    Harleen rit de plus belle et poursuivit, comme si la précédente demande n’avait pas eu lieu.
    
    « T’es qu’un cadavre en sursis. Ton corps finira par lâcher. »
    
    « Mon corps est une arme, que je peaufine sans cesse. » Répliqua Bane cédant une nouvelle fois aux provocations de la docteur.
    
    « Pauvre drogué. »
    
    C’étaient les paroles de trop. Cette femme crachait sur son mode de vie tout entier. Bane entoura d’une de ses mains le cou de Harleen, qui toujours hilare se permit une dernière citation.
    
    « Tu ne crèveras pas longtemps après moi. »
    
    Bane relâcha immédiatement la pression. Qu’est-ce que c’était que cette cinglée ? Il avait toujours détesté la folie. Ça ne s’affrontait pas. Ça ne se contrôlait pas.
    
    Le chasseur de prime réalisa alors un point important. Il se savait incapable de comprendre pleinement un dossier médical. Et il ne pouvait clairement pas compter sur la collaboration de la médecin, puisqu’elle était incontrôlable.
    
    Il ne lui restait plus qu’à partir en ayant préalablement effacé ses traces. Sauf que déjà tuer un être faible lui déplaisait, alors si en plus il était fou. Après tout Bane ne laissait aucune marque ou dégât derrière lui. Même si Harleen rapportait son agression au shérif, ça n’irait pas bien loin.
    
    Ainsi le colosse se retira devant cette frêle femme.
    
    « Cadavre. » Murmura Harleen méprisante en regardant son visiteur partir.

Texte publié par Jules Famas, 23 janvier 2017 à 08h33
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