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Tome 2, Chapitre 1 Tome 2, Chapitre 1
Nous étions en fin de matinée. Ce qui ne changeait pas grand chose pour Gus et Hank. Le temps était une notion relative au vue de leur mode de vie ou plutôt de non-vie.
    
    Un cavalier déboula du bout de la rue. Selon les conventions en vigueur Gus devait faire son petit commentaire méchant à ce sujet. Cette fois-ci il eut la tâche facile.
    
    « Regardes-moi cet imbécile, qui chevauche un poney à son âge. Et pourquoi pas un canard pendant qu’il y est !»
    
     Bien que se soit à son tour de surenchérir, Hank retint sa réplique. Car en voyant l’étranger s’approcher, les deux vieux râleurs réalisèrent leur erreur. Soit il subsistait un écart de taille singulier entre le cavalier et sa monture. Mais cette dernière n’était pas fautive. Ce cheval était d’un gabarit tout à fait normal. En revanche l’étranger bénéficiait d’une carrure démesurée.
    
    Un tel colosse attirait forcément le regard surtout de deux personnes n’étant jamais sortit de leur ville natale.
    
    Cet étranger atteignait facilement les deux mètres. Chacun de ses muscles semblait être un ballon prêt à exploser.
    
    Son sombrero et son poncho bien qu’ils portent des marques d’usure (une pièce d’étoffe, un trou, une couture..), étaient d’une propreté exemplaire.
    
    « Un graisseux (surnom péjoratif des mexicains) peut être aussi grand ? » Laissa échapper Hank.
    
    « Boucle-là. » Lui ordonna son complice craintif.
    
    La tension fut à son comble, lorsque l’étranger parvint à leur hauteur. Heureusement il continua son avancée sans manifester la moindre attention aux deux vieillards.
    
    Hank bénit le ciel que ce titan ne l’ait pas entendu. En fait c’était le cas. L’étranger était le genre de personne en permanence sur le qui-vive. Seulement il ne gaspillait pas ses talents sur des adversaires aussi insignifiants.
    
    L’étranger s’arrêta devant le saloon et posa pied à terre au grand soulagement de sa monture.
    
    « On n’accepte pas les chicanos (autre surnom péjoratif des mexicains) ici ! » Aurait dû normalement dire le barman.
    
    La musculature du nouveau venu changea quelque peu la donne. L’employé trouva des prétextes à sa lâcheté comme cette heure creuse quasiment sans clientèle, et les manières convenables de l’étranger. N’avait-il pas retiré son chapeau en entrant !
    
    Son visage était à l’image de son corps : carré. Il était rasé de si près qu’on l’aurait cru imberbe. Ses traits étaient complètement figés, comme s’il s’agissait d’un masque.
    
    Il s’approcha du bar, regarda les tabourets, et jugea plus sage de demeurer debout.
    
    « De l’eau, je vous prie. » Dit-il d’une voix dure et teintée d’un fort accent hispanique.
    
    « Pardon ? » S’exclama le barman face à une demande aussi exceptionnelle.
    
    L’étranger se répéta en laissant tomber une de ses lourdes mains sur le comptoir. Ce geste évita une troisième explication.
    
    Parmi les catins se prélassant, une d’elle finit par se lever. On l’appelait autrefois Lady Jane. Suite aux outrages du temps on se limitait à Jane désormais. Elle vit en l’étranger une occasion en or.
    
    Ses jeunes confrères n’oseraient jamais imposer un tel poids à leurs reins. Jane du fait de son expérience pensait contourner le problème d’une manière ou d’une autre.
    
    Elle s’approcha subtilement (du moins selon ses critères), et laissa balader ses mains sur l’un des avant-bras noueux de son futur client.
    
    « Vous n’auriez pas envie de tenir plus qu’un verre ? »
    
    « Je ne suis pas là pour ça. » Lui jeta l’étranger avec dégoût.
    
    « Les parties de cartes commencent en début de soirée. » Annonça le barman réjouit.
    
    Car il s’agissait de la dernière raison possible de la présence de l’étranger. Ainsi il allait s’en débarrasser sans grabuge.
    
    Hélas le colosse ajouta :
    
    « Je veux voir le patron. »
    
    Oswald Cobblepot était entrain de trier ses papiers, et détestait qu’on le dérange pendant cette activité. Même si son employeur n’était pas un tendre, le barman préféra le contrarier plutôt que l’étranger.
    
    D’abord bougon Oswald afficha un magnifique sourire factice en voyant les raisons de son dérangement. Le tenancier disposait des moyens de se défendre. Toutefois il faudrait en mettre beaucoup face à un tel colosse. Il valait mieux opter pour le velours.
    
    « Oswald Cobblepot propriétaire et gérant de cet établissement. A qui ai-je l’honneur ? »
    
    « Bane. »
    
    « Alors monsieur Bane, qu’est-ce qui vous....»
    
    « Bane suffira. » Coupa l’étranger agaçé par cette approche.
    
    Cette interruption réveilla l’intérêt d’Oswald. Jusqu’ici il croyait avoir à faire à un crétin que ses muscles rendaient trop arrogant. Or le dénommé Bane était au moins capable de ne pas se laisser pièger par de belles paroles. Il lui accorda donc un examen plus poussé.
    
    Le ceinturon de Bane était bien serré, et penchait légèrement sur le droite de façon de raccourcir l’écart entre la main et la crosse du revolver lorsqu'on dégaine. L’arme en question était en colt peacemaker (un grand classique) à la tenue impeccable.
    
    Ainsi Oswald ne faisait pas face à une simple brute, mais à un véritable homme d’arme. Et cela pouvait constituer un atout intéressant.
    
    « Que voulez-vous Bane ? » Déclara cette fois sans fioriture Oswald.
    
    Le colosse sortit alors de sa veste un papier, qu’il déplia sur le comptoir. Il s’y trouvait le portrait d’un homme à la face gauche ravagée. Des trous, et des cicatrices s’y baladaient sans aucune forme de cohérence, si ce n’est la frontière de la face droite.
    
    En-dessous du portrait il était inscrit : « Harvey Dent alias Double face ». Et encore plus bas : « mort ou vif ».

Texte publié par Jules Famas, 21 janvier 2017 à 11h28
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