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Tome 1, Chapitre 4 Tome 1, Chapitre 4
Alfred regarda avec émotion Bruce s’affairer encore au bureau de son père à cette heure tardive. Et dire qu’il craignait que ses années d’universités l’aient changés. La rigueur et le sens du devoir inculpé par ses parents, ne l’avaient heureusement pas quitté.
    
    Alfred émit d’abord un léger toussotement destiné à annoncer en douceur sa présence, puis s’exprima :
    
    « Vous désirez quelque chose, maitre Bruce ? Un café peut-être ? »
    
    « Non je vous remercie, Alfred. » Répondit Bruce en ôtant à peine les yeux de son document. « Dites- moi cette tribu indienne à l’ouest du comté, est-elle toujours là ? »
    
    « Oui le gouvernement a donné à leur territoire le statut de réserve. »
    
    « Savez-vous s’ils pratiquent les signaux de fumée ? »
    
    « Je ne pense pas, monsieur. Puis-je vous demander en quoi cela requiert votre attention ? »
    
    Les éclaircissements vinrent sans la moindre réticence. Alfred était quasiment un membre de la famille.
    
    « J’ai appris du shérif Gordon que quelqu’un dans les environs transmets des renseignements à Falcone. Mais on ignore son identité et de quelle façon il s’y prend. »
    
    « C’est pour cela que vous avez inspecté la découverte de votre père en fin de journée ? »
    
    « En effet je voulais m’assurer que ce mystérieux délateur ne s’en soit pas servit. Ni ayant trouvé aucune trace récente de présence humaine, je cherche ailleurs. »
    
    « Si je puis me permettre maitre Bruce, il est louable de votre part de vous assurer que l’œuvre de votre père ne soit pas mal utilisée. Mais pour la suite il me semble que cela est du ressort du shérif. »
    
    « Père disait qu’il faut savoir se montrer généreux. C’est ma façon d’apporter une contribution à Gotham. »
    
    Alfred pensant que son employeur ne s’égare dans quelques futilités, fut rassuré. Il cessa donc de l’interroger sournoisement, et apporta son aide.
    
    « A mon humble avis les indiens ne sont en rien mêlés à cette sombre histoire. Depuis plusieurs années, ils vivent retirés du monde dans la plus totale autarcie. »
    
    « Comment font-ils pour subvenir à leur besoin ? Il n’y a pas plus beaucoup d’animaux à chasser dans la région, il me semble. »
    
    « La femme qui les dirige, les fait pratiquer l’agriculture. »
    
    « Une femme ! Je croyais que seuls les hommes commandaient chez eux. »
    
    « Il s’agirait apparemment d’une femme assez particulière. Une sorte shaman munit de grands pouvoirs. Elle se vante de commander aux plantes et aux arbres. »
    
    « Étrange. » Reconnut Bruce dans un premier temps intrigué. « Vous pouvez disposer Alfred. Je n’ai plus besoin de vos services. »
    
    « Bien monsieur. »
    
    Bruce continua à étudier dans les livres les différents moyens de communication existants. Le télégraphe requérait un savoir et de moyens technologiques, dont la bande de Falcone ne disposait certainement pas. Les signaux lumineux exigeaient la connaissance du morse. Et puis il fallait émettre d’endroits élevés pour être perçu de loin. Or les alentours du comté de Gotham étaient plutôt plats. Suite à ces échecs vint la lassitude et le besoin de sommeil. C’est alors qu’apparu au détour d’une page une réponse viable. Toutefois Bruce n’eut pas trop le temps de s’en réjouir. Car une interruption l’attendait.
    
    « Bonsoir. »
    
    « Sélina ! » Parvint tout juste à articuler Bruce.
    
    « Ma tenue vous choque ? » Demanda ironiquement la femme amusée par son effet.
    
    Il est vrai que celà la changeait de sa toilette du train. Sélina portait un jeans épais marron foncé, de courtes bottes sans talon, et une chemise noire toute simple. Quant à ses cheveux, elle les avait rassemblés en un chignon. Curieusement cela ne déplut pas à Bruce. Ainsi sa beauté prenait un aspect épurée très rafraichissant.
    
    Puis la raison finit par l’emporter sur la surprise et la fascination.
    
    « Pourquoi Alfred ne vous a-t-il pas annoncée ? »
    
    « On me remarque, que si je le désire. »
    
    Si elle avait de mauvaises intentions, Sélina ne lui aurait pas dévoilé sa présence si facilement. Toutefois un mystère planait quant à la raison de son intrusion.
    
    « Qu’êtes-vous venu faire, ici ? » Ajouta Bruce avec une gravité contrastant avec l’ironie de Sélina.
    
    En guise de réponse la prostituée s’approcha d’une démarche allongée jusqu’au bureau, puis s’abaissa de manière à ce que seuls quelques centimètres séparent leurs visages.
    
    « Je voulais connaitre les raisons de votre silence. » Murmura-t-elle.
    
    « De mon silence ? »
    
    « Allons Bruce. Vous croyez être le seul à savoir observer discrètement. Je vous ai vu examiner Victor Szaz en douce l’autre soir. Vous vous êtes particulièrement attardés sur le coup, qu’il avait prit au niveau de la gorge. »
    
    Son père lui avait toujours dit d’être respectueux envers les femmes. En contrepartie elles ne devaient pas oublier, qui commandait. Bruce décida donc de passer à l’offensive. D’abord il se leva afin d’être dans une position plus dominante.
    
    « J’ai effectivement reconnut votre signature. » Affirma-t-il froidement. « Mais je me tairais à ce sujet soyez-en sûr. »
    
    On ne peut pas dire que Bruce obtint l’effet escompté. La prostituée nullement impressionnée ajouta deux mots :
    
    « Et pourquoi ? »
    
    « Ça ne concerne que moi. »
    
    « Je vois. Un beau visage vous a fait perdre la tête. » Conclut Sélina soudainement dédaigneuse. « Et maintenant vous avez honte de votre instant de faiblesse. »
    
    « Non ! » Dit Bruce avec un timbre bien plus humain. « En fait c’est que j’ai compris. »
    
    « Compris quoi ? »
    
    « Ce Szaz, Oswald a eu beaucoup d’égard pour lui. C’est un bon client, je suppose ? »
    
    Sélina hocha la tête en guise de confirmation.
    
    « J’ai remarqué aussi à quel point les p... vos collègues étaient ravies de le voir mal en point. Il est violent avec elles, n’est-ce pas ? »
    
    Ce fut alors autour de Sélina de s’exprimer avec du sérieux dans la voix.
    
    « C’est la première chose dont les autre filles m’ont parlé à mon arrivée. Elles voulaient me mettre en garde. Szaz frappe, étrangle, et parfois va même jusqu’à faire des marques sur la peau avec l’un de ses couteaux, comme si nous étions du bétail. Comme il paye le double du tarif convenu, et vient régulièrement, Oswald ferme les yeux. »
    
    « Alors vous lui avez donné une leçon. Je ne peux pas vous le reprocher. »
    
    Sélina redevint alors espiègle. Elle contourna le bureau afin de pratiquement se coller à son hôte, et débuta un monologue.
    
    « Vous savez comment se comportent les hommes portant le titre de gentleman ? Et bien moi je le sais. Ils cloitrent leurs épouses et leurs filles à la maison, pendant qu’ils vont se soulager dans les bordels. Dans les deux cas ils maltraitent et méprisent les femmes. Jusqu’ici je ne pensais pas, qu’il existait un véritable gentleman en ce monde. Je suis ravie de m’être trompée. »
    
    Bruce se souvint encore une fois des enseignements paternels sur la hiérarchie des sexes. Alors pourquoi tandis que Sélina le plaquait sur le bureau, et le déshabillait, trouvait-il cela si agréable ?

Texte publié par Jules Famas, 6 janvier 2017 à 22h24
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