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Tome 3, Chapitre 2 « Un moment en privé » Tome 3, Chapitre 2
La suite du défi !
    
    Objet/chose « jonquille »
    Émotion/état « colère »
    Couleur « abricot »
    

    
    Une fois qu’ils furent seuls dans la pièce, Ashley la regarda en silence avant de s’avancer d’un pas. Il se racla la gorge :
    
    « Je voudrais juste m’assurer que tout ira bien. Je vous ai encouragée à accepter… mais je dois avouer que je n’avais pas… pleinement réalisé… »
    
    Hadria leva les yeux au ciel, en se demandant ce qu’il allait lui débiter.
    
    « Réalisé quoi ?
    
    — Eh bien… Vous pourriez attirer… des attentions non désirées… »
    
    C’était l’euphémisme du siècle… mais est-ce que cela signifiait qu’il la trouvait attirante ? Jamais il ne lui avait fait le moindre commentaire explicite. Il ne lui adressait des compliments que dans le cadre strict de leur travail. Peut-être qu’il craignait les impairs et qu’il préférait se taire !
    
    La jeune femme décida de s’amuser un peu, pour lui faire regretter de l’avoir poussée à accepter la mission. Elle se leva, le buste raide, et tourna sur elle-même pour le laisser l’admirer sous toutes les coutures :
    
    « Vous trouvez ma tenue trop provocante ? » demanda-t-elle innocemment.
    
    Ashley baissa les yeux ; deux tâches écarlates marquaient ses joues :
    
    « Je ne suis pas un bon juge en la matière, miss Forbes, je le crains… Je souhaite juste que vous fassiez attention à vous… Vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’endroit… »
    
    Son attitude protectrice irrita Hadria – après tout, c’était de sa faute si elle se trouvait là !
    
    « Mais j’ai l’habitude des avances non sollicitées, rétorqua-t-elle avec une pointe de colère, et le lieu où on les reçoit ne change finalement pas grand-chose ! »
    
    Il se frotta la nuque, embarrassé :
    
    « Oui… bien sûr. Je comprends tout à fait.
    
    — Vous croyez que je ne saurai pas me défendre ? »
    
    Elle lui avait déjà posé cette question à plusieurs reprises, tout d’abord parce qu’elle le soupçonnait de la sous-estimer du fait qu’elle était une femme, puis à cause de son inexpérience. Ashley lui avait répondu avec une logique implacable doublée d’une ingénuité désarmante. Hadria se sentait souvent tiraillée entre l’envie de prouver ses compétences et celle de le voir voler à son aide, en montrant au passage qu’il se souciait d’elle. Mais cette fois, elle devait bien reconnaître une part de coquetterie dans cette interrogation.
    
    « Je sais que vous en êtes capable, murmura-t-il. Mais ce contexte pourrait… vous troubler plus que de raison… »
    Hadria repoussa avec embarras une petite mèche qui lui taquinait la joue. Elle se sentait touchée par la délicatesse qu’il manifestait. Sans doute était-il bien plus perceptif que sa réserve pouvait le laisser supposer. Elle s’approcha et posa une main sur son bras :
    
    « N’ayez pas d’inquiétude. Tout ira bien. Je vais juste me fondre dans le décor avec les autres filles et observer… Comme prévu. »
    
    Parler de l’affaire les ramenait sur un terrain plus sûr. Ils s’assirent côte à côte sur le divan moelleux. Le normaliste tira son carnet :
    
    « Les premiers phénomènes ont eu lieu dans le petit salon des Jonquilles, il y a deux mois de cela. Un des plafonniers s’est brisé et les éclats de verre ont blessé légèrement une des pensionnaires ainsi que deux clients. Depuis, ce genre d’incident s’est répété quatre fois : une fois dans le grand salon, une fois dans le salon des Roses, et deux fois dans le salon des Lys. Avec toujours le même type de phénomènes : des objets qui se cassent sans raison apparente ou qui changent de place, des départs de feu…
    
    — Jamais dans les chambres ? remarqua Hadria avec intérêt.
    
    Ashley consulta de nouveau son carnet :
    
    « Il ne semble pas… Cela rendra les choses plus faciles ! »
    
    La jeune femme acquiesça, soulagée. Elle préférait se limiter aux parties communes de la maison close.
    
    « Pendant que l’établissement était encore fermé, poursuivit-il, j’ai demandé à parcourir toutes les zones accessibles de l’établissement. Je n’ai rien repéré de particulier… Mais cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien ! Certains phénomènes ne se manifestent que dans des circonstances spécifiques. »
    
    Hadria soupira :
    
    « Je n’ai pas vos dons pour percevoir ce que personne d’autre ne voit… Qu’attendez-vous de moi ?
    
    — Vous pourrez déterminer que ces manifestations ne sont pas des supercheries, en usant de vos dons psychosensitifs sur les objets que les pensionnaires ont manipulés… ou les clients, car il n’est pas exclu qu’un habitué puisse être à l’origine de ces désordres. Dans tous les cas, gardez un œil sur les réactions des uns et des autres… »
    
    Elle acquiesça, même si elle trouvait la tâche redoutable.
    
    « Et vous, pendant ce temps-là ?
    
    — Je demeurerais dans les couloirs de service qui parcourent le lieu. À l’arrière de la scène… »
    
    Il esquissa un sourire rassurant avant de se lever. Elle voulut le suivre, mais son corset et le poids du velours entravaient ses mouvements. Il lui tendit la main pour l’aider ; quand elle y déposa ses doigts gantés, elle sentit à son tour ses joues s’empourprer… Son regard rencontra les yeux verts derrière leur rempart grisé, à la fois indéchiffrables et désarmants. Elle retira vivement sa main, comme si elle s’était brûlée, avant de balbutier quelques excuses.
    
    Ashley détourna nerveusement la tête, avant de tirer de sa poche un pendentif constitué d’une pierre de lune, grosse comme un noyau d’abricot, cerclée d’une monture d’argent.
    
    « N’oubliez pas ceci… Il est tombé pendant que vous vous changiez… »
    
    Elle saisit avec gratitude le médaillon dont elle se servait pour fixer les détails qu’elle ne voulait pas oublier. Elle pouvait ensuite les rappeler à loisir, grâce à ses dons.
    
    « Merci, mais… pouvez-vous me l’attacher autour du cou ? demanda-t-elle piteusement. Avec cette robe, je peux à peine lever les bras… »
    
    Elle se tourna pour qu’il puisse fixer le fermoir à l’arrière de son cou, tout en s’efforçait d’oublier que les doigts de son partenaire frôlaient sa peau…
    
    
    

Texte publié par Beatrix, 3 mai 2019 à 21h54
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