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Tome 2, Chapitre 9 « In Finis » Tome 2, Chapitre 9
Il fallut patienter deux jours pour que le jeune homme rouvre enfin les yeux. Ce n’était pas inquiétant en soi – son état n’avait cessé de s’améliorer, mais cette dernière étape montrait qu’il était définitivement revenu du côté de vivants. En voyant deux éclats de jade briller sous ses paupières, Erasmus comprit que le cauchemar venait de se terminer. Il attendit que la lucidité réapparaisse dans ce regard vert pour afficher un masque grave et sévère :
    
    « Eh bien… On peut dire que tu nous as tous inquiétés. La prochaine fois, tu as intérêt à te montrer plus prudent ! »
    
    Un soupir passa les lèvres pâles du jeune homme :
    
    « Je n’ai pas réussi à trouver ce qui se tramait dans cette maison… Il m’a semblé apercevoir des créatures étranges, à peine discernables… J’ai songé à des zophodytes, mais je n'en ai aucune preuve…
    
    — Oh, nous en avons à présent !
    
    — Mais... comment ? »
    
    Il tenta de se redresser, mais le directeur de Gladious Irae l’arrêta d’une main sur sa poitrine :
    
    « Ne bouge pas trop. Tu as une belle petite collection de points de suture et d’os en piteux état. Rien de bien grave, mais seulement si tu n'empires pas les choses en te montrant impatient. »
    
    Erasmus se rappela un peu tard que son pupille prendrait sa réaction avec le plus grand sérieux. Il décida d'adoucir un peu son propos :
    
    « Mais tout ira bien à présent. Tu es tiré d’affaire. Tu auras tout le temps de ta convalescence pour te mettre au fait des événements, je te le promets. Il y a une autre chose, d’ailleurs, dont nous allons devoir discuter… Encore une fois, je reste persuadé que vu la dangerosité occasionnelle des missions que tu remplis, il n’est ni prudent ni rationnel d’opérer seul… »
    
    Le visage du jeune homme devint penaud :
    
    « Je suis navré, Erasmus. Vous savez pourquoi…
    
    — Je pense que tu n’as juste pas découvert de partenaire adéquat. Je finirai bien par trouver la personne idéale, fais-moi confiance ! »
    
    Les fins sourcils noirs se froncèrent. En dépit de sa discrétion et de son impeccable courtoisie, ce garçon pouvait se montrer bien trop obstiné pour son propre bien. Peut-être que cette mésaventure lui mettrait enfin du plomb dans la tête. Erasmus n’avait pas la moindre intention de lâcher l'affaire. Il se pencha de nouveau vers son protégé :
    
    « Souhaites-tu boire un peu ? demanda-t-il avec sollicitude, laissant parler le tuteur plus que le directeur.
    
    — S’il vous plaît… »
    
    Erasmus actionna le mécanisme qui permettait de relever la tête du lit, avec suffisamment de lenteur pour éviter de brusquer le jeune homme et de réveiller la douleur de ses blessures. Remplissant le gobelet à son chevet, il le plaça dans sa main valide, guidant et soutenant son bras pour qu’il puisse enfin prendre quelques gorgées salvatrices. L’esprit et la voix plus clairs, John tourna vers Esramus un regard préoccupé :
    
    « Pardonnez-moi, mais… il y a une chose que je souhaiterais savoir, malgré tout…
    
    — Laquelle, John ?
    
    — J’ai quelques souvenirs… de simples bribes… »
    
    Il fronça les sourcils.
    
    « Il y avait quelqu’un avec vous. Il m’a semblé reconnaître sa voix, mais je pense que je devais délirer. »
    
    Erasmus sentit une main d’acier lui serrer le cœur.
    
    « John, je…
    
    — Est-ce que c’était… vraiment… celui auquel je pense ? »
    
    Le directeur fut tenté de nier – cela serait plus facile. Mais il ne voulait surtout pas trahir la confiance de celui qu’il avait appris à chérir comme un fils.
    
    « Je suis navré, John. Je préfère que tu oublies ce que tu as pu entendre. Il appartient au passé et s’il a pu, pour cette fois, faire une incursion dans le présent, ce n’est qu'en raison de circonstances exceptionnelles. Un jour, peut-être, te retrouveras-tu confronté à lui, mais je souhaite que ce soit par ta propre volonté… et à forces égales. »
    
    John garda le silence un long moment, avant finalement de demander
    
    « Est-ce qu’il m’a aidé ?
    
    — Oui, admit Erasmus. Mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de sa dette. »
    
    Le jeune homme acquiesça, comme s’il acceptait le jugement de son ancien tuteur, mais son regard disait autre chose… Et le directeur de Gladius Irae se doutait que son propre entêtement ne serait jamais à la hauteur de celui de John.
    
    « Nous verrons cela en temps voulu », déclara-t-il.
    
    C’était sans doute tout ce qu'Erasmus parviendrait à obtenir de son agent. Il ne savait que trop bien qu'un jour futur, il ne lui appartiendrait plus de trancher sur la question.
    
    Pas contre, sur un autre point…
    
    Un petit sourire se dissimula sous sa moustache. Même s’il devait examiner les recrues les plus insignifiantes de la fondation, dans les coins les plus reculés du globe, il finirait par trouver le parfait partenaire pour John. Tandis que son protégé sombrait peu à peu dans un sommeil réparateur, il décida de se mettre au travail…
    
    

Texte publié par Beatrix, 8 avril 2018 à 12h02
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