Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 3, Chapitre 14 « Grand-petit frère » Tome 3, Chapitre 14
Nicolas ne peut s'empêcher de s'agiter dans sa cachette, c'est plus fort que lui. Il a beau tenter de se raisonner, une part de lui est angoissée à l'idée de reprendre cet ascenseur. Mais s'il veut connaître la vérité, il n'a pas d'autre choix... Il hésite un instant au moment de presser le bouton puis c'est trop tard, il ne peut plus faire machine arrière. Il tourne en rond dans la cabine, encore et encore, jusqu'à être de retour dans la chambre sombre. Un instant, il a envie de rappuyer sur le bouton pourtant la curiosité l'emporte et il ouvre la grille. Toutefois, il s'arrête avant d'entrer dans la pièce.
    
    - Pauline ? C'est Nicolas. J'aimerais te parler... Tu veux bien que j'entre ?
    
    Il y a bien du mouvement, quelque part sur la droite mais pas de réponse.
    
    - Je sais que j'ai oublié des choses et que ça te rend triste... Tu voudrais bien me les raconter, pour que je puisse m'en souvenir ?
    
    Toujours le même silence.
    
    - C'est toi qui m'as fauché, c'est ça ? Mais tu as été punie... Pourquoi ? Pourquoi m'avoir caché ? Et pourquoi me surveille-t-on maintenant ? Pourquoi m'interdit-on les postes importants ? Pourquoi ? Qu'ai-je fait ?
    
    Ce silence angoisse Nicolas et il s'est laissé emporter toutefois une petite voix toute triste interrompt la course folle de ses pensées.
    
    - Parce que c'est des méchants... Et que t'es mon grand-petit frère.
    
    Nicolas se sent idiot à rester là, comme ça, sans rien dire, mais il ne comprend pas.
    
    - Qu'est-ce que tu entends par "grand-petit frère" ?
    
    Il y a des bruits de pieds nus et la petite apparaît devant la porte, en pyjama.
    
    - Ben, t'es mon petit frère. Mais comme je suis devenue une Faucheuse avant toi, t'es plus grand que moi maintenant.
    
    Nicolas a peur de comprendre. Il bute sur chaque mot malgré ses efforts.
    
    - Tu veux dire que, avant, on appartenait à la même famille ? Comment peux-tu en être sûre ?
    
    La petite hoche la tête et serre contre elle son lapin rose tout usé.
    
    - C'est toi qui m'as trouvée, quand t'étais petit. J'ai juste vu les photos chez toi...
    
    Il y a un court silence puis un bruit de reniflement.
    
    - Je voulais pas te faucher, moi. J'aimais bien venir te voir, on s'amusait bien. Mais Sophia a rapporté et alors les méchants m'ont obligée...
    
    La petite se met à sangloter et, cette fois, Nicolas n'hésite pas. Il entre dans la pièce pour la serrer dans ses bras.
    
    - Je suis désolé de ne pas m'en souvenir, ça a dû te faire très mal l'autre jour...
    
    Pauline hoche la tête contre lui et ils restent un moment comme ça jusqu'à ce que la petite voix résonne à nouveau.
    
    - C'est toi qui les as dessinées...
    
    Nicolas s'écarte pour la regarder d'un air interrogateur.
    
    - Mes ailes... C'est toi qui as eu l'idée et qui as fait le dessin. C'est parce que, quand t'étais petit, tu croyais que j'étais ton ange-gardien.
    
    L'anecdote fait rire Nicolas. Un Faucheur ange-gardien, quelle idée...
    
    - Tu m'as caché pendant combien de temps ?
    
    Pauline semble réfléchir un moment et, finalement, elle hausse les épaules.
    
    - Je sais pas... T'étais plus petit que moi en tout cas !
    
    Nicolas tente un calcul rapide. Il devait avoir autour des cinq ans s'il était plus jeune qu'elle mais pas trop pour pouvoir lui parler. Aujourd'hui, il dirait qu'il a l'apparence d'un jeune homme du début de vingtaine. Quinze ans... Certainement plus... Pas étonnant que l'Ordre se soit montré si intransigeant après un coup pareil.
    
    - Dis, tu sais où il est Pompon ?
    
    Nicolas réfléchit un moment mais ce nom ne lui dit rien du tout.
    
    - C'est qui Pompon ?
    
    La petite a une moue triste avant de répondre.
    
    - C'est mon chien à moi. Les méchants l'ont emmené mais le pauvre il est tout seul depuis tout ce temps, il doit pleurer et tout ! Alors, tu sais où il est ?
    
    Pauline a une lueur d'espoir dans le regard mais Nicolas n'a malheureusement aucune idée de ce dont elle parle et encore moins de l'emplacement où pourrait se trouver ce chien spectral. Alors il secoue la tête et Pauline a l'air plus triste encore.
    
    - Je sais que j'ai pas le droit de sortir. Mais si je peux pas avoir Pompon, tu crois qu'ils seraient d'accord pour me rendre mes ailes ? Je les aime bien et puis c'est à moi ! Et je peux rien faire ici de toute manière...
    
    Sans réfléchir, Nicolas répond.
    
    - Je vais voir ce que je peux faire.
    
    Il est fou... Il est évident que jamais le directeur ne l'autorisera à porter ses faux en détention, même si elle ne peut rien en faire. Et pourtant Nicolas se sent prêt à tout pour redonner le sourire à la blondinette et il se surprend déjà à songer à un plan pour dérober les fameuses ailes...
    

Texte publié par Serenya, 20 septembre 2018 à 10h05
© tous droits réservés.
Commentaire & partage
Consulter les commentaires
Pour réagir â ce chapitre et poster une review, veuillez vous identifier ou vous inscrire !
«
»
Tome 3, Chapitre 14 « Grand-petit frère » Tome 3, Chapitre 14
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1058 histoires publiées
505 membres inscrits
Notre membre le plus récent est St Seb
LeConteur.fr 2013-2018 © Tous droits réservés