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Tome 1, Chapitre 11 Tome 1, Chapitre 11
Par chance, bien qu'Azeo n'y croit pas, ils purent regagner le campement des chevaliers du dragon blanc sans tomber sur le moindre problème. Pendant le trajet, Astrid avait repris connaissance. Elle n'avait pas émis la moindre plainte et, de ce qu'en avait vue Azeo, elle serrait les dents face à la douleur. Elle était encore plus blanche qu'à la normale. Point positif, sa plaie avait arrêté de saignée. Ceriba dardait sur sa maîtresse des yeux tendre, qui perdait toute gentillesse dès qu'elle posait le regard ailleurs.
     Contrairement à la soldate, Azeo n'avait pas arrêté de se plaindre, reprochant son indélicatesse à Doricien. Toutefois, elle faisait cela plus pour l'embêter. Elle avait mal, certes, mais ce n'était pas à cause des mouvements de celui qui la portait. D’ailleurs, elle s’étonnait que lui-même ne se soit pas désolé une seule fois de son sort. D'accord, il était fort, mais porter une femme de son gabarit à bout de bras tout en pataugeant dans la boue, ça relevait de l’exploit.
     Elle l'observa à la dérobé. Les muscle de sa mâchoire était tendus tellement il serrait les dents, lui donnant un air peu commode. Toutefois, dès qu'il s'apercevait qu'elle le regardait, un sourire venait illuminer son visage. Une barbe de plusieurs jours lui mangeait les joues, rehaussant sa mine patibulaire. Maculé de boue, les cheveux emmêlés et ses habits abîmés, il était loin du noble arrogant auquel elle avait eu affaire lors de leur première rencontre.
     Lorsque le petit groupe parvins au abord du camp, des sentinelles jaillir des arbres, épée au clair. Aucun mépris possible quant à leurs intentions. Néanmoins, leurs mines menaçantes firent vite place à un visage aux traits tirés par l'inquiétude lorsqu'ils virent Astrid. L'un d'eux tendit la main, surement pour s'assurer qu'elle était encore vivante, et récolta un puissant coup de griffes de la part de la dragonne. Celle-ci avait déployé ses ailes, la faisant paraître plus impressionnante qu'elle ne l'était, arqué le coup et fixait les nouveaux venus tout en poussant un grondement sinistre.
     Ils reculèrent vivement. Astrid posa une main sur le dos de Ceriba, ce qui la calma aussitôt. L'un d'eux courut prévenir les autres afin que les premiers soins puissent être administré à leurs chef le plus rapidement possible. L'autre les conduisit le long d'un chemin moins boueux tout en leurs demandant ce qui s'était passé. Voyant que la chevalière avait du mal à parler et que Guasdrul n'avait encore jamais ouvert la bouche, Azeo décida de raconter ce qu'elle avait vu. Elle omit toutefois certains détails dont elle préférait en référer à Astrid lorsqu'elles seraient seules.
     Un groupe prit en charge la chevalière et l'on conduisit Doricien et Azeo jusqu’à une tente où se trouvait plusieurs soldats plus ou moins sévèrement blessés. Guasdrul les suivit, mais il était visible que le fait de ne pas pouvoir rester aux côtés de sa chef le contrariait. Suivant les ordres qu'on lui donnait, le Sire la déposa délicatement sur une sorte de couchette, puis prit place sur le sol. Guasdrul s'assit alors de l'autre côté. Ne sachant que faire, la jeune femme décida de fermer les yeux. Elle ne se sentait pas de taille à livrer une bataille verbale avec le jeune noble.
     Elle repensa à cet étrange songe qu'elle avait fait. De ce qu'elle s'en souvenait, le paysage idyllique ne correspondait à aucunes des contrés qu'elle connaissait, aussi bien celles qu'elle avait visité que celles dont elles avaient lu les descriptions dans les vieux parchemins dans la bibliothèque de Kinaroc. Elle se rappela la douce brise, porteuse de l'odeur caractéristique de l'iode. Cet endroit se situait donc près de la mer. Seul le royaume de Lorendi aurait pu correspondre, mais son palais n'était pas aussi délabré, loin de là. Car c'était bien un palais qui se dressait en haut du plateau rocheux.
     Comme si ses pensées avaient pris vie, elle se retrouva de nouveau la bas. Devant ces yeux se trouvait le trône aux minutieuses sculptures représentant deux dragons. Quelque chose la poussa à poser sa main contre, mais un terrible grondement retentit. Un second cri fit trembler le sol. Elle se laissa tomber à genoux. Elle voulait fuir, mais ses jambes refusaient de bouger. Elle scruta les alentours, à la recherche d'un lieu sûr, mais il n'y avait que des blocs de pierres écroulé au sol, recouvert par la végétation.
     Des pas puissant, ne pouvant appartenir à un humain, se répercutaient dans son dos. Étrangement, alors que jusqu'ici un sentiment d’insécurité l'avait envahi, elle se sentit tout à coup sereine. Elle n'avait plus peur de ce qui arrivait pourtant dans son dos. Elle se retourna et découvrit une femme, de grande taille, aux cheveux plus noirs que la nuit lui arrivant aux épaules et aux yeux dissemblables. L'un d'eux était aussi rouge que le sang, tandis que l'autre avait la couleur de pièces d'or, lui rappelant les sculptures du trône. Elle portait une simple armure en cuir rouge et noire, rehaussé d'un long manteau se terminant par un tissu vaporeux semblable à des flammes.
     Ces talons claquaient contre le sol en pierre. Elle se dirigea vers Azeo, sans même lui jeter un seul regard, comme si elle n'était pas là. Quelque chose dans son visage lui semblait familière. Elle fit quelque pas sur le côté, s'écartant du chemin de l’inconnue. Là où ses pieds se posaient, la végétation disparaissait et la pierre reprenait son état originel. Elle s'assit sur le trône et les grognements reprirent de plus belle. La femme s'intéressa alors à Azeo. Sa voix résonna dans la tête d'Azeo sans que la femme n'est bougé les lèvres.
     — Ilïtur at, ur kïritoul vrat. Ir za stolî ouska dirkov. (1)
    
     Une main froide se posa sur son front, ce qui lui fit brusquement ouvrir les yeux. Une femme âgée, portant non pas la traditionnelle armure où figurait un dragon blanc, mais une simple robe en toile couverte de taches de sang, se tenait au-dessus d'elle. La panique la gagna et Azeo tourna vivement la tête à droite puis à gauche et découvrit Doricien et Guasdrul endormit. On aurait dit deux gardes protégeant une noble Dame, ce qui eut pour effet de la calmer aussitôt. La situation la fit même rire, lui arrachant une grimace de douleur.
     La nouvelle venue posa à son tour un coup d’œil aux deux hommes et un sourire franc se dessina sur son visage.
     — Ils ont veillé sur vous depuis deux jours, sans prendre la moindre pose. Normal qu'ils soient fatigués.
     Les paroles firent un choque a Azeo.
     — Hier ?
     — Effectivement. Vous avez perdue beaucoup de sang et avez perdu conscience. Pour être franche, je ne pensais pas que vous vous réveillerez un jour. Mais cet homme, là...
     Elle montra du doigt Doricien.
     — Peu importe ce qu'on lui a dit, il n'a pas voulue croire que vous ne vous réveillerez peut être jamais.
     La remarque l’étonna, mais elle ne laissa rien paraître. La femme, qui devait être une guérisseuse, avait des cheveux grisonnant remonté en un chignon et des yeux noisette. Son visage était marqué par de nombreuses rides. Elle fit le tour du lit de fortune et donna un petit coup de pied dans la jambe de Guasdrul. Ce dernier se leva en sursaut, montra les dents et porta la main à son côté pour saisir son épée… qui était resté par terre. Lorsqu’il comprit la situation il parut un peu gêné. La guérisseuse lui donna une tape dans le dos et reporta son attention sur Azeo, tandis qu’il s’éloignait de quelque pas.
     Lorsqu’elle enleva le bandage de sa cuisse, le sang séché faisait que le tissu collait à sa peau, lui lançant des éclairs de douleur. Azeo préféra détourner le regard. Elle rencontra alors les iris bleus de Doricien et tout sembla se figer. Elle y décelait de l’inquiétude, mélangée à de la joie et a du soulagement. D’un geste tendre, il lui serra doucement la main. C’était la première fois que quelqu’un était à ses côtés lorsqu’elle souffrait et cela lui parut étrange.
     La guérisseuse émit un claquement de langue puis farfouilla dans sa besace. Elle en tira un flacon de verre qui contenait un étrange liquide jaunâtre. Elle enleva le bouchon.
     — Sert les dents, petite, ça risque de piquer.
     Puis versa son contenue sur la plaie. Dire que ça pique était un euphémisme. Azeo crut sa dernière heure venue et serra la main de l’homme, lui arrachant une grimace, mais il ne la lâcha pas. Une fois la douleur passé, une incroyable chaleur monta en elle, apaisante. Elle ne sentait plus sa jambe et n'allait pas s’en plaindre pour le moment.
     Elle vit la femme tâter les bords de la plaie ainsi que le reste de sa cuisse. C’est alors qu’Azeo eu la mauvaise surprise de découvrir que seul deux morceaux de tissus préservait son intimité. Non pas qu’elle soit très pudique, mais tout de même. La guérisseuse appliqua un cataplasme puis fit un bandage propre. Une fois fait, elle jeta un regard amusé à sa patiente.
     — Tu m’épate, petite. J’en ai connu des guerriers qui se disaient virile, mais dès qu’il était question que je les soigne ils se mettaient à crier et pleurer comme des enfants. Toi, tu t’es contenté de crier.
     Elle porta son attention sur Doricien puis revins à la blessée.
     — Enfin, tu lui as aussi broyé la main, mais ce n’est rien de grave. C’est un homme, il devrait s’en remettre. Bien.
     Elle frappa dans ses mains puis tendit un doigt fripé vers la sortie.
     — Si monsieur veut bien nous laisser, ce qui suit ne le regarde pas.
     Doricien se leva, mais elle lui retint la main. Il sembla surpris par le geste et leva un sourcil interrogateur. Ce fut toutefois la vieille femme qui prit la parole.
     — Oh non, mon chou, il sort.
     Azeo lui lança un regard suppliant, mais rien n’y fit. La guérisseuse lui attrapa le bras et le guida jusqu’à la sortie de la tente. Elle donna des ordres, rabattit un pan de toile puis revient vers sa patiente. Elle l’aida à se redresser, ce qui ne fut pas facile, puis lui passa les mains dans le dos. Azeo serra les dents lorsqu’elle atteignit un endroit plus sensible que le reste.
     — C’est bien ce qu’il me semblait. Tu dois avoir une ou deux côtes de fêlées. Ca va encore être douloureux un petit moment et surement être gênant pour courir ou monter à cheval, mais ça guérira tout seul. Il n’y a rien que je puisse faire.
     Elle continua à balader ses mains et s’arrêta dans le bas de son dos. Elle suivit le contour d’une ancienne cicatrice. Elle poussa un profond soupir.
     — Tu n’as pas eu la vie facile, n’est pas ma petite ?
     — On peut dire ça.
     Azeo n’aimait pas parler de son passé. Cela ne lui rappelait rien de bon. Elle s’écarta légèrement de la vieille femme, mais celle-ci s’obstina.
     — Ton corps est couvert de cicatrices. Le jeune noble qui t’accompagne n’a rien dit, mais j’ai lue sur son visage qu’il ne s’y attendait pas. J’en déduis donc que vous ne vous connaissez pas t’en que ça. Pourtant, il est évident que vous tenez l’un à l’autre.
     — Assez !
     Se rendant compte de son impolitesse, Azeo tenta de rattraper sa bévue.
     — Taisez-vous s’il vous plaît. Je n’ai pas envie d’en parler.
     — Humm.
     La guérisseuse sembla septique, l’aida à se rallonger et replaça le tissus cachant sa poitrine. Elle fouilla ensuite dans une petite malle en bois. Ce faisant, elle se mit à chantonner un air qu’Azeo connaissait bien. Les paroles racontaient l’histoire d’une femme de Lorendi tombant amoureuse d’un soldat d’Ernel alors que les deux pays étaient en guerre. La vieille chanson était très connue des habitants du Royaume du sud, aussi que cette vieille femme la connaisse surpris Azeo.
     — Vous n’êtes pas originaire de Treinat ?
     — Non. Ma vie aussi n’a pas été facile. Un différend entre la famille de ma mère et celle de mon père nous a poussés, mes parents et moi, à fuir notre royaume alors que j’étais encore qu’une gamine. Puis j’ai grandis et vagabondé un peu partout, à la recherche de ma place. Au fil de mes errances, j’ai fait beaucoup de choses dont je ne suis pas fière, mais j’ai aussi acquis un certain savoir en tant que guérisseuse. Et un beau jour j’ai atterri dans ce froid royaume du nord, mais dont les gens sont si chaleureux. J’ai décidé que l’endroit qui serait mon chez moi n’était pas là où se trouvait mes racines, mais là où je me sentais bien.
     — Pourquoi me dites-vous ça ?
     Elle jeta un regard énigmatique par-dessus son épaule et repris.
     — Chacun a son histoire. Un lourd passé t’empêche d’avancer, mais il ne tient qu’à toi de l’accepter et d’aller de l’avant.
     La vieille femme se releva. Elle tenait à la main un pot d’où s’échappait une odeur que connaissait bien Azeo. Il s’agissait d’un puissant baume cicatrisant. Il était très dure de s’en procurer, la plante qui le composait ne poussait qu’en de rare endroits, souvent inhospitalier. La guérisseuse en appliqua une épaisse couche sur la joue de la blessée. Ce faisant, elle retrouva son sourire.
     — Ce serait dommage que cette entaille te laisse une vilaine cicatrice. Tu as un si beau visage. Enfin, ce n’est rien comparé à la blessure du chef des chevaliers.
     — Vous avez de ces nouvelles ?
     Azeo avait presque bondi et avait agrippé le bras de celle qui la soignait. Elle la relâcha dès qu’elle s'aperçut de son geste. De plus, ses côtes n’avaient pas apprécié et venait de la rappeler à l’ordre.
     — Restez tranquille ou vous allez rouvrir votre plaie.
     Elle lança un regard sévère à sa patiente, comme seul savent le faire les soigneurs, l’air de dire qu’elle lui promettait mille torture si son état se dégradait à cause de son comportement. Elle reprit toutefois.
     — Ce n'est pas moi qui m’occupe de Dame Astrid. Depuis que vous l’avez ramené, elle a été placé dans une tente à part et personne n’est autorisé à la voir. Pas même ce bon Guasdrul. Or les dieux savent que jamais il ne lui ferait du mal. C’est un brave gars qui sait ce que souffrir veut dire.
     Il se dégageait une telle tristesse dans la voie de la vieille femme que cela sera le cœur d’Azeo. Elle ne le connaissait pas vraiment, mais elle s’était attachée à lui. La guérisseuse la couvrit d’un drap fin et léger et lui donna ses dernières recommandations. Puis se dirigea vers la sortie. Azeo l’arrêta.
     — Puis-je connaître votre nom ?
     — Bien sûr ma petite. Je suis Satra, maîtresse guérisseuse et prêtresse de Pilistos. Mais il me semble que la politesse voudrait que tu te sois présenté d’abord.
     La blessée rougit légèrement, peu fière de s’être fait rappeler les bonnes manières. Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt. Elle ne pouvait pas lui dire qui elle était vraiment. Aussi bien la noble Dame que la mercenaire n’avait rien à faire parmi les chevaliers du Dragon Blanc.
     — Si tu ne veux pas me dire ton nom, je ne me verrais pas offensée. Comme je te l’ai dit, chacun a ses secrets.
     Tant de compréhension de la part d’une inconnue la surprit. Elle décida donc qu’il n’y avait rien de mal à lui répondre en partie.
     — Si je préfère garder ma condition secrète, je peux au moins te dire mon nom. Je m’appelle Azeo.
     - Hum… Il me semble avoir connue une jeune Azeo dans le royaume d’Ernel, il y a de cela bien longtemps, mais ce ne doit pas être toi.
     Sur ces mots, elle souleva un pan de la toile et sortie. Azeo n’en croyait pas ses oreilles. Ainsi, elles s’étaient sûrement déjà rencontrées. Cependant, elle n’en avait aucuns souvenirs. Une brise fraîche vint effleurer son visage. Elle releva la tête et vit Doricien qui approchait. Vue l’expression affiché sur son visage, elle n’allait pas aimer ce qu’il allait lui dire…
    
     Il s'approcha, prit un petit tabouret et le posa près du lit de la blessé. Il croisa les bras et s'assit dessus. Ou plutôt se laissa tomber. Il lui jeta un regard noir mais ne dit pas mots. Mal à l'aise, Azeo voulais fuir mais c'était impossible. Alors, elle prit son courage à deux mains.
     — Si c'est pour me faire la leçon, vous repasserez plus tard. Là, je ne suis pas d'humeur.
     Le fait qu'il ne réplique pas ne fit rien pour la rassurer. Elle attendit, mais toujours rien. La colère montait en elle. Non pas à cause de Doricien, de son mutisme ou encore de sa simple présence, mais à cause de son comportement à elle. Soudain, elle explosa.
     — Arrêtez de me regarder avec votre air de monsieur je sais tout et qui a toujours raison ! Espèce de petit nobliau à la noix ! Vous ne savez rien de ce que j'ai enduré, de ce que j'ai vécue, et vous osez vous pointer là, comme une fleur et me faire la morale ? Merde ! Vous avez de la chance que je ne puisse pas bouger pour le moment, parce que je vous promets que sinon ça ferait longtemps que votre tête ne serait plus attaché à votre corps.
     Ça réplique assassine ne provoqua qu'un haussement d'épaule de la part du noble. Elle s'était attendus à ce qu'il réplique vertement, la remette à sa place. Voir même qu'il lui assène une gifle. Elle l'aurait méritée. Son impassibilité étonna Azeo. Sa rage ne trouvant pas de défouloir, ce fut le dépit qui s’empara d'elle.
     — J'ai été stupide de me lancer seule dans cette affaire. Vous aviez raison ! Vous êtes content maintenant ? Allez-y, ne vous retenez pas. Critiquez-moi autant que vous voulez.
     Le mélange de colère et d'amertume dû à l’échec fit couler une larme sur sa joue. Elle s'empressa de l'écraser avec sa main. Ce n'était pas son genre de pleurer, surtout devant quelqu'un. Elle voulut se tourner sur le côté afin de dissimuler sa peine, mais le mouvement lui arracha une grimace de douleur.
     — Vous vous êtes calmé ?
     Le ton froid qu'avait employé Doricien tranchait avec son air préoccupé. Elle hocha la tête, rappelant une enfant fautive. Il soupira.
     — Effectivement, j'ai bien envie de vous donner une bonne correction, mais comme vous êtes une prin-
     Azeo lui donna une petite tape sur la jambe et jeta un regard noir. Elle détestait qu'on lui rappelle ce qu'elle était et ne voulais pas que d'autres apprennent ces origines.
     — Mais, disais-je, comme vous êtes ce que vous êtes, je ne m'y risquerais pas. Toutefois, je n’exclus pas le fait qu'il vous arrive quelques mésaventures. Toutes sans dangers pour votre vie, cela va de soi.
     Azeo leva les yeux au ciel, mais ne répliqua pas.
     — Ce qui m'énerve le plus, c'est que vous fassiez confiance à Astrid, au point de courir pour la rejoindre et affronter ces ennemies en première ligne, alors que vous me fuyez comme la peste. Vous m'avez abandonné en plein milieu de nulle part ! Alors, dite moi une bonne fois pour toute, qu'ai-je fait pour mériter ça ?
     — Outre le fait que vous m'avez traité de manante et de voleuse à notre première rencontre ?
     — Oui bon, j’admets avoir fait une petite... erreur.
     Le dernier mot n'avait été qu'un murmure.
     — Petite ? Bref, passons. Si cette raison ne vous suffit pas, il y en a effectivement une autre.
     — Laquelle ?
     Elle porta un regard lourd de sens à son entrejambe. Il suivit son regard puis s'empourpra.
     — Quoi ? Qu'est-ce que mes bijoux de famille vous en fait ?
     — Eux, rien.
     — Alors si vous voulez bien arrêter de les fixer comme si vous alliez me les arracher, ça me rassurerait.
    Il avait positionné ses mains de telle sorte qu'elles fassent offices de rempart si jamais Azeo passait à l'attaque. Le voir soudain aussi inquiet la fit sourire. Toutefois, la note de légèreté disparut aussi soudainement qu'elle était apparue lorsque la jeune femme se remit à parler.
     — Ce sont les hommes que je déteste. Tous, sans exceptions. Alors, désolé pour vous, mais il n'y a rien à faire pour remonter dans mon estime.
     Il aurait bien voulu en savoir plus à ce sujet, mais l'expression qu'affichait la jeune femme lui fit froid dans le dos. Elle ne voulait plus en parler et rien ne la ferait revenir sur sa décision. Toutefois, la curiosité de Doricien avait été touchée. Qu'avait-elle bien pus vivre pour haïr autant la gente masculine ?
     — Dommage pour vous, car je ne vous quitterais plus jusqu’à ce que vous soyez de retour à Kinaroc.
     Elle n'eut pas le temps de répliquer que Guasdrul débarquait en trompe, ses pas martelant le sol en terre, le dos droit et les yeux agité lançant des éclairs.
    
    
    
    (1) A bientôt, mon ancien moi. Que la nuit te soit douce.
    

Texte publié par Lorelei, 16 décembre 2016 à 20h24
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