Pourquoi vous inscrire ?
«
»
Tome 1, Chapitre 8 Tome 1, Chapitre 8
La jeune femme mit pied à terre et, tout en guidant sa jument par la bride, longea le bord de la rivière pendant près d'une heure, a la recherche d'un passage moins profond. Le graviers crissait sous les semelles de ses bottes tandis qu'une forte odeur de vase se dégageait de l'eau et venait agresser le nez d'Azeo. Ne trouvant aucun endroit indiquant que la traversé du fleuve soit plus aisée, la jeune femme du se résoudra a l'idée de se séparer de sa monture. La jument saurait retrouver son chemin jusqu’à Kinaroc, elle n'en doutait pas, mais cela voulait dire qu'elle devrait trouver un autre moyen de locomotion pour le retour. Si elle revenait...
    Refusant de penser à ce qu'il pourrait lui arriver dans cette obscure forêt, elle sortit des sacoches accrochées à la selle le stricte nécessaire. Elle colla ensuite sa tête contre l'encolure de la bête et passa une main sur le poitrail de la jument, faisant de petit cercle. L'animal poussa un petit hennissement et tapa bruyamment le sol avec son sabot. La jeune femme poussa un profond soupir et s'écarta enfin.
     — T'as raison, il faut que j'y aille. Prend garde à toi ma belle.
     La jeune femme ponctua sa phrase d'un baiser entre les deux yeux de la monture et la laissa partir. Cette fois, plus de retour en arrière.
     Azeo se retourna et fit face à l’étendue d'eau froide. Tout en fixant les bois, elle fit le vide dans sa tête. Elle devait être attentive a tout à partir de maintenant. Le moindre bruissement pouvait être le seul avertissement qu'elle aurait avant d’être attaqué. La jeune femme pénétra dans l'eau, d'abord les pieds puis les mollets. Lorsque le niveau arriva à sa taille et grelottait de froid. L'eau provenait directement des hautes sources montagneuses. Ne cédant pas au réflexe de retenir sa respiration, elle prit le temps d'inspirer un grand coup pour ensuite expirer calmement.
     Elle laissa à son corps le temps de s’habituer à la différence de température. Elle gardait en tête la mauvaise expérience de ce jeter tête la premier dans l'eau froide. Elle était encore jeune et vivait encore avec sa mère dans les bas quartiers. Elle s'était rendus au marché et avait chapardé une miche de pain sur une étale et avait déguerpie a tout jambes. Malheureusement le boulanger ne l'avait pas entendu de cette oreille et c'était lancer à sa poursuite avec ces chiens. La fillette n'avait eu d'autre choix que de plonger dans le petit ruisseau qui coulait non loin. Bien vite, en plus des frissons, sa tête lui avait fait un mal de chien et des crampes étaient apparues. Seul le fait que le ruisseau ne fasse que quelque brasse l'avait sauvé.
     Secouant la tête, la jeune femme prit une grande inspiration et poussa sur ses jambes pour se propulser sous la surface. Le liquide lui glaça la peau du visage. Elle remonta rapidement à la surface, prit une bouffé d'air, puis se mit à nager en direction de l'autre rive. Ses vêtements trempé et ses armes lui faisaient un poids mord, l'attirant vers le fond. En plus de devoir lutter contre le courant pour avancer, elle devait aussi batailler pour rester à la surface.
     Après une lutte éprouvante, les pieds d'Azeo touchèrent enfin le sol de l'autre rive. Encore quelque brasses et elle s'écroula sur une petite étendue de sable. Elle n'avait pas la force d'observé son environnement, une faute que cet homme n'aurais jamais laissé passer. Ses muscles la faisaient souffrir le martyr. Toutefois, la jeune femme n'avait pas le temps de se remettre de cet effort intense. Pour le moment elle ressentait qu'un léger froid sur sa peau, mais ce n'était rien en comparaison à ce qu'elle ressentirait une fois que la chaleur produit par sa traversé disparaîtrait. Elle se releva et fit quelques pas le long du fleuve.
     La jeune femme ne voulait pas allumer de feu. La fumé qui s'en dégagerait serait trop voyante et attirerait toute sorte d'animaux, aussi bien inoffensifs que mortels. Cependant, vu qu'elle commençait déjà à trembler de froid, elle n'avait pas vraiment le choix. À contre cœur elle ramassa un peu de bois secs ainsi que des feuilles à l’orée de la Forêt Noire puis en fit un petit tas sur le sable. Elle ne voulait pas qu'une flammèche mette le feu à toute la forêt. La jeune femme embrasa les feuilles à l'aide de deux petite pierres noires qu'elle cogna entre elles. Ses pierres lui avaient coûté une véritable fortune sur le marché noir, mais ne lui avaient jamais fait défaut.
     Après s’être assuré que le feu avait bien pris, Azeo chercha plusieurs branches longues et fines qu'elle suspendit au-dessus du feu. Elle y mit à sécher ses vêtements, tout en gardant ces armes à disposition. Lorsqu'elle avait fouiné près du bois elle avait déniché des sortes de fruits. Allongé, légèrement arrondit, et d'un orange tirant sur le marron, l'une extrémité était recouverte de feuille. La jeune femme ne savait pas que quoi il s'agissait. Il n'était donc pas sage de le manger, mais il l'aurait été encore moins de partir crapahuter dans les bois le ventre vide après sa petit baignade.
     Elle prit une petite bouchée de l'étrange fruit et aussitôt un riche jus sucré déferla dans sa bouche. La chaire était tendre et légèrement acidulé, contrastant avec le suc. Un vrai délice. La jeune femme en dévora trois puis tâtonna c'est vêtement. Ils étaient presque secs. Elle les enfila, étouffa le feu avec quelques poignées de sable puis rangea toutes ses armes, ne gardant que sa dague à la main. Azeo fit alors face à la forêt et un sourire naquit sur ces lèvres.
     — À nous deux satané forêt !
     Elle s’enfonça alors dans l'épaisse frondaison.
    
     Les premiers mètres furent faciles. La terre était meuble sous les pieds d'Azeo et, bien qu'il n'y est pas de réel chemin pour progresser à travers les petits arbustes et fougères, il était aisée pour la jeune femme de se frayer un chemin. Elle écartait à l'aide de ses mains les quelques branches basses qui lui barrèrent la route. Elle progressa ainsi rapidement et se dit qu'il serait facile de retrouver la trace d'une troupe de chevaliers dans des conditions aussi favorable. Toutefois, elle savait d'expérience que ce qui paraissait simple au premier abord ne l'était pas en définitive.
     Néanmoins, la paisible traversé des bois se transforma vite en cauchemars. Le sol, couver de terre jusqu'alors, fit petit à petit place à une étendus de boue mal odorante. Bien entendus, à cause de l'humidité ambiante, les sales bestioles se mirent à tournoyer autour de la jeune femme, en quête de chair fraîche à piquer, mordre et à harceler. L'air, jusqu'ici agréable, devient de plus en plus lourd, rendant la respiration de la jeune femme difficile. La chaleur fit naître des milliers de perles de sueur sur tout son corps, mouillant de nouveau ses vêtements.
     À l'aide de sa dague elle coupa les branches, devenus trop abondantes, qui lui barrèrent la route ainsi que les lianes qui pendaient du sommet des arbres. Ces derniers avaient des troncs si massifs que, même avec ses deux bras, la jeune femme doutait de pouvoir en faire le tour. Ils s’élevaient à plusieurs mètres de hauts et se terminaient par un dense feuillage, obstruant le ciel et ne laissant passer que peu de lumière. L'obscurité s’abattit rapidement dans le sous-bois, rendant d'autant plus difficile la progression de la jeune femme.
     À chaque pas, ses pieds s’enfoncèrent dans plusieurs centimètres d'un mélange de terre et d'eau, provoquant un horrible bruit de succion lorsqu'elle s'en extirpait. Azeo ne se considérait pas comme une petite nature et peu de chose était parvenue au court de sa vie à l’angoisser. Certes, elle n'était pas bien vielle, mais tout de même. Elle avait vécu parmi ce qui se faisait de pire dans les bidonvilles. Elle ne pensait pas connaitre un jour quelque chose de pire que son refuge dans les égouts infesté de vermines. Rien que de se remémorer ces sombres souvenir, un frisson la traversa.
     La jeune femme revins à l’ instant présent lorsqu'elle faillit s’étaler au sol après s’être prit les pieds dans elle ne savait quoi sous la surface. Elle avait évité ce plongeon uniquement grâce aux réflexes qu'elle avait mis plusieurs années à acquérir, au prix de beaucoup d’efforts et de nombreuses blessures. Hors, cette forêt n'était surement pas le meilleur endroit pour ce faire mal. La jeune femme s’arrêta et tendit l'oreille afin de capter le moindre son indiquant la présence d’autres personnes dans les alentours. Seul le clapotement de bulles explosant à la surface de la boue lui parvint. Un calme étrange régnait dans le sous-bois.
     Elle continua d'avancer jusqu'au moment où ses pieds se mirent à la faire souffrir. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle crapahutait ainsi, le feuillage cachant le ciel et, avec lui, le meilleur indicateur du temps qui passe : le soleil. Cependant, il semblait à la jeune femme que l’obscurité, qui était pratiquement permanente depuis qu'elle s'était aventurée dans la forêt, s'était accrus depuis quelque minute. Si c'était le cas, la nuit ne devait pas tarder. Et avec elle des prédateurs bien plus gros que les moustiques et autres cloportes rencontré jusqu’à présent. La jeune femme décida qu'il serait préférable qu'elle s’installe pour la nuit.
     Elle grimpa temps bien que mal à un arbre noueux. Les nombreuses branches, dont il était pourvue, aida grandement Azeo. À cause du résidu de boue qui leurs collait après, les semelles de ces chaussures étaient glissante. Elle échappa plus d'une fois à une chute mortelle en se rattrapant in extremis a une branches plus basse. Cet exercice lui sapa le peu de force qu'il lui restait. Elle devrait cependant faire avec. La jeune femme n'avait plus de nourriture sur elle et n'avait rien pour chasser. Quand bien même elle aurait pu, il était hors de question d'allumer un feu maintenant.
     Elle s’assit sur une branche qui lui parus suffisamment solide pour supporter son poids, mais aussi assez haute pour échapper au prédateurs éventuels. Elle s'attacha à l'aide de la cordelette qui lui servait à maintenir son corset en place afin de prévenir toute chute qui, de cette hauteur, lui serait assurément mortelle. Levant machinalement les yeux vers le haut, elle eut l’agréable surprise de découvrir un magnifique ciel nocturne parsemé d'étoiles. Une branche morte, pendant dans le vide, avait dégagé un petit espace dans le feuillage.
     Grâce à la vue ainsi débloqué, elle put facilement s'orienter à l'aide des étoiles. Elle avait parcourue plus de chemin qu'il ne lui avait semblé. Si elle voulait avoir une chance de rejoindre le groupe de chevaliers dont Astrid était à la tête, il lui faudrait bifurquer vers l'Est. Elle traça une petite flèche dans l’écorce tendre pour retenir la direction qu'elle devrait prendre le lendemain. Elle avait aussi tenté d'observé la fumer trahissant une présence humain non loin, mais ce fut peine perdu. Rasséréner, Azeo ferma les paupières et sombra dans un semi sommeil réparateur.
    
    
     Une vaste étendue verdoyante où courait un ruisseau à l'eau aussi transparente que le cristal s'étendait sous les yeux d'Azeo. Juste à côté se dressait une forêt luxuriante dont les arbres avaient plusieurs siècles d’âge. Des biches, accompagnées de leurs petits, broutaient tranquillement à l'orée du bois, sous la surveillance sans faille du chef de la harde. De petits oiseaux pépiaient dans le ciel, hors de vue de la jeune femme. Un bruit la fit se retourner et elle surprit un renard bondissant sur un petit lapin blanc, avant de s'enfuir avec sa proie. Une ombre passa au-dessus d'elle, lui faisant relever la tête. Non loin d'où elle se tenait se trouvait une gigantesque montagne, tellement haute que les sommets étaient recouvert de neige malgré la douceur estival. Le soleil, à son zénith, dardait ses rayons sur ce paysage burlesque et réchauffait la jeune femme. Pourtant, elle en était certaine, elle ne connaissait pas cet endroit. Jamais elle n'avait vu un lieu aussi calme, aussi reposant.
     Elle fit quelques pas en directions de la rivière et se rendit alors compte qu'elle était pieds nus. L'herbe grasse la chatouillait et ses orteils s’enfonçaient dans la mousse. Une légère brise soufflait, transportant avec elle le doux parfum de fleurs printanières qui s'épanouissaient non loin de là. Tout en continuant à déambuler elle observa ce qui l’entourait. Une étrange sensation s'empara de la jeune femme. Elle se sentait... bien. En paix avec elle-même. Ses pas la menèrent jusqu’à des falaises, en bord de mer, au pied d'un plateau rocheux entouré d'innombrable champs de céréale. La vue des vagues s'écrasant sur les écueils, produisant un puissant grondement, émerveilla Azeo.
     Reportant son attention sur le promontoire, elle l'observa de plus près. La jeune femme découvrit une cavité et s’engouffra dedans, pousser par une force mystérieuse. Elle longea ainsi un boyau, s’étirant sur plusieurs mètres. Étrangement, elle y voyait comme en plein jour alors qu'il y faisait plus sombre qu'une nuit sans lune. Elle tâtonna la pierre. Lisse et sans aspérité sous sa main, et produisis comme un écho en elle, mais le souvenir refusait de remonter à sa mémoire. Elle déboucha sur une volée d'escaliers en pierres, creusés a même la paroi, qu'elle gravit avec empressement.
     Elle franchit une porte dont le bois, moisi, partait en morceau. Elle n’eut pas besoin de la toucher. Le battant pivota de lui-même, faisant grincer les gonds, qui la retenaient par elle ne savait qu'elle miracle, dévoilant une vaste crypte. Plusieurs cavités étaient fermées par une plaque d'un métal aussi noir que l'onyx, pierre si précieuse qu'elle était pratiquement introuvable, quel que soit le Royaume dans lequel on se trouve. Des symboles étaient graver, mais ils ne correspondaient a rien que la jeune femme est déjà vu. Une haute statue représentant une femme était placé au milieu de la pièce. Deux ailes fines, semblable à celle de chauves-souris, partaient de son dos et s'élevaient dans les airs. La statue avait les bras levés et maintenait une dague dans ses mains, comme prête à poignarder quiconque oserait déranger le repos des êtres enterré ici.
     Soudain, sa vue se brouilla avant de pouvoir distinguer quoi que ce soit d'autre. Ces oreilles la firent souffrir. Tout devin noir, puis une lumière blanche lui fit cligner les yeux. Elle attendit un moment avant de voir de nouveau normalement. Devant elle se trouvait maintenant une vaste salle envahi par la végétation. Une sorte de bloc de pierre était posé sur une estrade située à l'extrémité de la pièce. Azeo tendit la main et les diverses branches des arbustes ayant poussé dessus se détériorèrent sous son regard inquiet. Une fois la végétation disparue, elle fit place à un solide trône en pierre, finement sculpté. Deux dragons, ailes déployés et crachant du feu, se faisaient face, incrusté sur le dossier. De minuscules pierres remplaçaient leurs yeux. L'un les avait aussi rouge que le sang, tandis que l'autre les avait aussi doré que l'or. La jeune femme ne put résister à l'envie qui s'empara d'elle et s'assit sur le trône. Au plus profond de son âme, elle se sentait chez elle.
    
     Un puissant grondement déchira le silence de la nuit et réveilla Azeo dans un sursaut qui aurait pu lui être mortelle si elle n'avait pas pris la peine de s'attacher. De nouveau le hurlement se fit entendre. Il n'avait rien d'humain. Il s'agissait d'un cri de souffrance extrême et la créature qui l'avait poussé devait être à l'article de la mort. Une idée folle germa dans la tête de la jeune femme. Elle détacha la cordelette et ne prit pas le soin de renouer son corset, enroulant la corde sur elle-même et la fixa à sa ceinture. Elle effleura la marque indiquant l'Est. Le bruit venait aussi de cette direction.
     Elle descendit avec souplesse de l'arbre et se mit à courir temps bien que mal dans cette direction. La boue ralentissait considérablement son allure, mais Azeo redoubla d'effort. Elle s’arrêta au bout d'un petit moment, un nouveau cri venait de raisonner non loin. À partir de maintenant, il fallait qu'elle agisse avec discrétion. Malheureusement, le bruit de succion provoquée par la boue lorsqu'elle marchait n'aidait pas. Elle décida donc de quitter le sol et d'évoluer parmi les branches. Ces dernières formaient un véritable réseau, suspendu à quelques mètres du sol. Se hissant facilement sur l'une des branches, elle se déplaça silencieusement. Elle avait tiré sa dague de son fourreau et la tenait fermement en main.
     Elle se figea soudainement. Il lui avait semblé entendre le bruit d'une respiration. Elle tendit l'oreille et se força à adopter une lente et profonde respiration. Elle ferma les yeux afin de mieux distinguer les bruits qu'il l'entourait. Sur sa gauche, elle percevait le grincement caractéristique que produisait un rongeur. Un peu plus lois elle discerna le hululement d'une chouette. Là ! Sur sa droite, légèrement plus haut et tel un murmure, elle saisit le léger souffle d'une expiration. Elle rouvrit les yeux et, précautionneusement, elle grimpa à la même hauteur. Bien que dissimuler, elle perçut l'homme. C'était son léger mouvement du bras, dévoilant un arc, qui l'avait trahi.
     La jeune femme avançait dans son dos. Légèrement courbé pour un meilleur équilibre, elle posait un pied, s’assurait que la banche ne cédait pas, puis posait le second. Intérieurement, elle priait pour que son poids ne fasse pas grincer son fragile perchoir. S'estimant à bonne distance, elle prit sa dague par la lame, arma son bras et la lança avec force. Elle avait visé le cou de l'homme. Elle s’élança alors vers sa position. Un bruit sourd suivit d'un léger râle lui confirmèrent ce dont elle était sûr. Son lancer avait atteint sa cible, la dague planté juste au niveau de la jonction du crane avec le reste du corps, immobilisant a jamais sa victime.
     Azeo rattrapa l'homme juste avant qu'il ne s’effondre au sol, mais n'arriva pas assez vite pour empêcher l'arc de tomber. Elle serra les dents et se reprocha cette erreur. Puisant dans le peu de force qui lui restait, elle le colla contre le tronc et, tout en lui plaquant la main sur la bouche, elle s'assura que personne n'avait entendus le vacarme qu'avait fait l'arme en s'écrasant au sol. Plus les secondes passèrent et plus la jeune femme se détendait. Bien, sa gaffe n'avait pas alerté les allier de l'homme. Car elle en était sûre. Il n'était pas seul.
     Elle porta enfin le regard sur celui dont la vie n'allait pas tarder à le quitté. Mais avant, il devait répondre à quelques questions. Au lieu de la terreur et de l’angoisse qu'elle s'attendait à discerner dans ses yeux foncés, il n'y avait que de la résolution froide. Arrachant sa dague de son cou, elle essuya le peu de sang qui souillait la lame dur le pantalon de cuir que portait l'homme. Elle distinguait parfaitement le relief des muscles de ces cuisses. Il n'y avait aucun doute, il s'agissait soit d'un soldat, soit d'un mercenaire. Le fait qu'il ne porte pas d'épée mais deux petits coutelas, ainsi que l'arc et le carquois remplis de flèche, faisait penché la balance pour la seconde supposition.
     — Je ne te ferais pas de long discourt pour te faire peur, je sais que ça n'en vaudra pas la peine. Je le vois dans tes yeux. Je ne perdrais pas mon temps a tenté de te faire parler non plus. Je suis pratiquement sûre que tu as été entraîné pour résister à la torture. Toutefois, je te promets une mort rapide et sans douleur si tu acceptes de répondre à mes questions. Sinon, je te laisse traîner là. Je suis sûr que toute la vermine qui grouille dans cette forêt se fera une joie de te dévorer petit à petit, morceau par morceau.
     Elle marqua une pause pour laisser à l'homme le temps d'imaginer la torture que ce serait. Puis elle reprit, après qu'un sourire de joie anticipé est fleuri sur ses lèvres.
     — Bien sûr, comme tu as la colonne vertébrale de sectionné, tu ne sentiras rien en dessous du cou. Toutefois, lorsque les bestioles grouilleront sur ton visage, tu ressentiras chaque piqûre, chaque morsure... Et je peux te promettre que les morsures de rongeurs font un mal de chien. Je parle d'expérience. Je te laisse donc deux secondes pour réfléchir à ton sort.
     Azeo fit de nouveau une pause et, sans signe extérieur traduisant son trouble, elle savait que l'homme pesait le pour et le contre dans sa tête. Elle avait toujours l'une de ses mains sur sa bouche. Elle leva donc l'autre et fit un décompte avec ses doigts. Lorsque qu'elle abaissa le dernier et riva ses yeux dans celui de l'homme. Il avait pris sa décision.
     — Bien. Vas-tu répondre à mes questions ? Cligne deux fois des yeux pour oui, trois pour non.
     Un premier battement de paupière...
     La jeune femme se demandait s'il allait accepter. Elle n'y croyait pas trop. Cet homme était un survivant. Les nombreuses cicatrises, qui constellaient son visage et ses bras nus, en étaient la preuve si son attitude ne suffisait pas.
     Un second battement...
     Allait-il dire non ? Elle retint son souffle. S'il parlait, cela lui ferait gagner un temps précieux. Car, à n'en pas douté, il faisait partie de ceux qui avaient attaqué le repaire des Dragon Blanc. Ainsi, vu que l'homme montait la garde, leur camp ne devait pas être loin. Il en allait de même avec celui des chevaliers.
     Il n'y eut pas de troisième battement. L'homme acceptait de répondre à ces questions. Avec précaution Azeo retira sa main. Toutefois, elle était prête à la rabattre au moindre signe qu'il allait donner l'alerte.
     — Je vois que tu n'es pas idiot. Bien. Juste une petite précision. N’essayes pas de me mentir. Ça ne t’avancerait à rien. Je sais que tu fais partie de ces trafiquants de dragons et j'en ai rien à foutre. Compris ?
     — Ouais.
     — Bonne réponse. Bon. Où se trouve votre camp ?
     — Tu as dit que t'en avais rien foutre de nous !
     Azeo lui asséna une violente gifle qui fit éclater la lèvre de l'homme. Elle se pencha et lui parla au creux de l'oreille.
     — Je pose les questions, tu y réponds. Pas plus. Sinon tu peux dire adieux à tes bijoux de famille.
     Pour appuyer ses dires, elle avait plaqué sa lame contre l'entre jambes de l'homme.
     — Ok ! Ok !
     Elle se recula un peu, reprenant une distance de sécurité. Elle n'avait cependant rien à craindre, il ne pouvait plus bouger un muscle de son corps et donc ne pouvais lui faire de mal. D'ailleurs, elle rigola intérieurement face à la réaction de sa victime. Il ne pouvait rien sentir et allait mourir, tôt ou tard, et pourtant il s'inquiétait toujours pour ses couilles. Une réaction masculine que ne s'expliquait pas Azeo. Ce n'est pas comme si elles allaient lui servir à quelque chose dans cette soit disant après vie.
     — Reprenons. Où se trouve votre camp ?
     — Un peu plus au Nord. Mais tu ne pourras pas l’atteindre sans te faire prendre.
     — Hum... C'est ce que nous verrons. Enfin, non. Toi tu ne verras rien.
     L'homme leva les yeux au ciel. Elle retint un petit rire de justesse et reprit son interrogatoire.
     — As-tu entendus quoique ce soit sur d'éventuelles personnes ayant pénétré la forêt récemment ?
     — Effectivement. Il parait qu'un grand groupe est sur nos traces. Mais, franchement, je ne donne pas chère de leurs peaux. Cette forêt regorge de piège en tous genres, sans compter ce brouillard mystérieux...
     — Oh ! Tu viens d'éveiller ma curiosité. Dis m'en plus sur ce brouillard.
     — Il apparaît comme par magie de n’importe où. À chaque fois de cris à te glacer le sang résonne dans tout le bois. Et, à chaque fois, des hommes manquent à l'appel.
     — Ne pourraient-ils pas tout simplement déserter ?
     — Impossible ! J'ai moi-même suivit les traces de l'un des disparus. Avec cette boue rien de bien difficile. Seulement, je suis tombé sur une vrai marre de sang. Aucune trace de lutte ou d'animal. C'est comme s'il s'était lui-même tailladé toutes les veines jusqu’à la dernière goutte de sang. Il y en avait partout. J'te jure, c'était pas beau à voir.
     Une minute ! Quelque chose clochait. Il parlait bien trop facilement. Même après le petit tour d'intimidation qu'elle lui avait servi, il n'aurait pas dû coopérer. Soudain la peau d'Azeo fut recouverte par les frissons. Elle se retourna brusquement et tomba nez à nez avec une épée. Le nouveau venu pris la parole, s'adressant à l'autre homme, sans pour autant quitter des yeux la jeune femme.
     — Et bien, qu'avons-nous là ? Merde Skadros, tu nous as mis en danger. Espèce de bon à rien !

Texte publié par Lorelei, 13 novembre 2016 à 01h51
© tous droits réservés.
«
»
Tome 1, Chapitre 8 Tome 1, Chapitre 8
LeConteur.fr Qui sommes-nous ? Nous contacter Statistiques
Découvrir
Romans & nouvelles
Fanfictions & oneshot
Poèmes
Foire aux questions
Présentation & Mentions légales
Conditions Générales d'Utilisation
Partenaires
Nous contacter
Espace professionnels
Un bug à signaler ?
1297 histoires publiées
612 membres inscrits
Notre membre le plus récent est Delenn Harper
LeConteur.fr 2013-2019 © Tous droits réservés