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tome 1, Chapitre 34 « La Dame Rouge (pt5) » tome 1, Chapitre 34

Lorsqu'il revint vers elle, Mein Dida était toujours à sa harpe, jouant le « chant des oiseaux bleus ». La pièce était vide, on avait disposé du criminel. Il attendit le silence pour parler :

« Une lettre vient d'arriver via l'un des nôtres. Le cachet est vide.

— Tu soupçonnes qu'elle vient de ma sœur ?

— Bien entendu, sinon je l'aurais déjà ouverte. »

Elle lui prit le message des mains, et décacheta le rectangle. De là où il se tenait, Sejer reconnut clairement le code qui servait à la communication entre les deux jeunes filles. Un large sourire ne tarda pas à s'afficher sur la figure de marbre. Il fallut à Ditilind toute sa concentration pour ne pas rire bruyamment. Elle prit une minute pour se ressaisir.

« Falda a quitté Norkiel. Elle est partie vers la retraite de l'Ouest et dit qu'elle me renverra un message une fois arrivée saine et sauve. Elle a utilisé le stratagème que je lui avais conseillé, personne ne l'a vu partir. Mon Oncle doit pester de rage à l'heure qu'il est.

— Va-t-elle réellement entrer chez les poètes et abandonner son statut ?

— Je le crains, sourit-elle. Son cœur a toujours appartenu aux chants et non à la politique, ce dont je lui sais gré. C'est une garantie en moins pour notre mère si Heindrik faillit à sa mission. L'aînée de ses enfants est à présent hors course et nul à Norkiel ne sait que c'est à cause de moi. C'était presque trop simple. Puisque nous en sommes au sujet des lettres, es-tu certain de ce que tu as vu dans le courrier intercepté ?

— Si j'ai en effet mal interprété le message alors votre mari entretient une bien étrange correspondance avec ses cousins. »

Ditilind se perdit dans ses pensées, juste le temps de laisser une ombre passer dans le fond de ses yeux. Elle s'en écarta :

« Je ne veux pas qu'il se doute, murmura-t-elle.

— Personne ne sait que j'ai eu la lettre entre les mains, pas même mes propres hommes. Il n'y a aucune crainte à avoir de ce côté-là.

— Fort bien. Garde ce que tu as lu ancré dans ta mémoire. Un jour cela pourrait s'avérer d'une affreuse utilité.

— Et les deux receleurs ? demanda-t-il. Dois-je les faire suivre ?

— Si tu penses qu'ils pourraient nous tromper. Ne dépense pas trop d'énergie sur eux, nous aurons bientôt de plus gros poissons à pêcher. »

« Ah nous n'avons plus rien à perdre ? Nous sommes déjà embourbés qu'elle disait ! »

Nobishandiya descendait l'allée principale, avec sur ses talons, un voleur déchaîné qui lui tournait autour tel une mouche intempestive.

« Ce travail sera rudement facile ! En effet ! Il sera rudement facile de terminer entre les mains du molosse et de finir en gentilles petites poupées pour amuser la galerie !

— Arrêtes de crier, tu effraies les passants ! »

Taran n'en démordait pas :

« Te rends-tu comptes que tu nous as mis dans une infâme impasse ? Comment ai-je pu croire une seconde que ce serait une bonne idée ? Je suis fou ! Je suis définitivement fou !

— Oh, calme-toi un peu. Tu insultes les fous, tu en as conscience ?

— Nobi ! Tu as vu la même scène que moi ! Rien de ce qu’il s’est passé là-bas dedans n'était très normal. Tu sais ce qui nous attend à la moindre saute d'humeur de nos patrons ! Tiens, je me demande bien comment tu comptes te sortir de celle-là ma chère Dame, parce que moi je suis en train de sincèrement regretter mon petit arrangement de l'autre jour... »

Elle fit tout à coup volte-face :

« Très bien. J'ai commis une énorme erreur de jugement, c'est vrai, mais je n'avais sincèrement pas l'intention de te mettre en danger avec moi, je le jure. Je ne pensais pas que cela tournerait aussi mal aussi vite et je suis désolée de ne pas avoir pris plus de précautions avant de me jeter là-dedans comme une idiote. Tu es content ? »

Il était si peu habituer à la voir sa s'excuser que sa colère s'évapora immédiatement. De toute manière, il était bien trop tard pour faire marche arrière. Tous les reproches du monde n'y changeraient rien. Ils allaient pourtant devoir trouver un moyen de se mettre à l'abri en cas de pépin.

« Et maintenant, quoi ? »


Texte publié par Yon, 24 mars 2018 à 18h09
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