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Tome 2, Chapitre 13 « Séparation » Tome 2, Chapitre 13
Défi n° 13
    
    
    Option taille 750 mots
    
    Objet « bouclier»
    ~¤~
    Émotion « joie»
    ~¤~
    Couleur « argenté»
    

    
    Avec l'aide de la colonelle Marakine, Cinder apprenait à prendre de nouveau la vie du bon côté. Il ne tremblait plus au moindre bruit et ne voyait plus d'ennemi dans chaque coin d'ombre. Il avait même recommencé à oeuvrer à l'atelier sous l’œil attentif de madame Calculus, supervisant le travail de Peter et de Joanna. Il se réveillait encore parfois, la nuit, en proie à des angoisses soudaines, mais il parvenait généralement à se rendormir sans trop de difficultés.
    
    Les enquêteurs de la Matriarche tentaient toujours de déterminer qui avait pu attenter à sa vie. Il restait sous la surveillance constante d'une gardesse, mais il avait fini par ne plus prêter attention à ce bouclier humain. Six semaines après le jour fatidique de l'accident, madame Engel libéra enfin son bras de son carcan : les muscles avaient fondu comme du beurre et les articulations demeuraient raides, mais avec un peu d'exercice, tout reviendrait à la normale. Il fila aussitôt voir Elsebeth, qui lisait dans le jardin d'hiver, pour lui annoncer la nouvelle.
    
    « Je suis tellement heureuse de vous voir guéri ! s'exclama-t-elle avec joie. Bientôt, tout cela ne sera plus qu'un mauvais souvenir ! »
    
    Cinder se sentit soulagée en réalisant qu'il pouvait de nouveau pleinement apprécier sa présence. Elsebeth l'entraîna à travers le labyrinthe végétal, lui montrant les nouvelles floraisons : un semi de pétales roses jonchait le petit pont qui s’arquait par-dessus le ruisseau artificiel peuplé de poissons dorés ; les hauts cactus venus des lointaines contrées du Sud se paraient de larges corolles rouges.
    
    Après avoir pris congé de la jeune fille, il se dirigea vers l'atelier. Il avait le sentiment de redécouvrir les vastes verrières, les grands établis, le doux reflet doré, argenté ou cuivré des pièces mécaniques… Il trouva madame Calculus occupée à mettre de l'ordre avec Peter et Johanna. Elle les interrogeait méticuleusement sur leurs travaux en cours comme sur ceux qu'ils avaient terminés.
    
    Il s'éclaircit discrètement la gorge pour attirer leur attention ; ils se tournèrent vers lui, vaguement surpris : le visage rayonnant, il les salua de son bras nouvellement libéré, grimaçant légèrement quand le mouvement tira sur ses muscles grippés. Les assistants lui offrirent une ovation sonore ; même madame Calculus se fendit d'un petit sourire.
    
    « Que faites-vous ? demanda-t-il une fois l'allégresse retombée.
    
    - Nous sommes en train de mettre tout en ordre en prévision du départ de vos assistants.
    
    - Le départ de mes assistants ? »
    
    Il regarda tour à tour les deux jeunes gens, surpris et confus : il n'avait plus du tout pensé que son rétablissement signifiait que leur présence n'était plus nécessaire. Après un premier contact maladroit, il avait fini par les apprécier. Il n'avait pas envie de les perdre ! Sans eux, l’atelier semblerait terriblement vide.
    
    «Ils ne peuvent pas rester ? plaida-t-il auprès de sa maîtresse. Ils pourraient nous être très utiles !
    
    - Vous savez très bien qu’ils doivent regagner leur école ! rétorqua sévèrement la Grande Horlogère.
    
    Mais Cinder n’était pas disposé à lâcher l'affaire :
    
    « Vous savez que je ne serai pas fonctionnel immédiatement ! Et en plus, s'ils restent, vous n'aurez pas besoin de faire appel aux ateliers du Palais, seulement pour les plus gros travaux ! Ils apprendront autant auprès de nous qu'à leur école ! »
    
    Madame Calculus l'écouta d'un air pincé, avant de décréter :
    
    « Non, Cinder. Il est hors de questions de déroger aux traditions. Nous pouvons à la rigueur les garder une semaine de plus, le temps que vous récupériez l'usage de votre bras, mais guère plus. »
    
    Avec tristesse, le garçon se résigna.
    
    Le lendemain de leur départ, madame Calculus le fit asseoir face à elle :
    
    « Je sais ce que vous pensez. Que je n'ai pas de cœur... Mais depuis toujours, la Grande Horlogère ne peut garder qu'une seule personne en permanence auprès d'elle, son apprenti et futur successeur. »
    
    Elle serra brièvement les lèvres pour signifier que la conversation était terminée… mais après un temps de silence, elle lui adressa un petit sourire :
    
    « Vous songerez à changer les coutumes quand vous serez à ma place ! En attendant, je me suis dit qu'il pourrait vous être bénéfique de suivre quelque cours à l'Académie ! Et rien ne vous empêche d'inviter nos jeunes amis à examiner de façon plus approfondie certains de nos travaux ! »
    
    Sans autre conclusion, elle retourna à son occupation du moment, laissant Cinder tout à la fois perplexe et ravi.

Texte publié par Beatrix, 17 mai 2016 à 23h55
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