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Tome 1, Chapitre 7 « Le Masque » Tome 1, Chapitre 7
« Cinder ! » rugit la voix courroucée de son beau-père. Viktor Ash se tenait à côté de sa couche, le visage furieux.
    
    « Il me semble, reprit-il d'une voix doucereuse, que tu as beaucoup à m'expliquer... pour hier soir. »
    
    Le garçon se redressa, les yeux encore brouillés de sommeil, l'esprit empêtré dans des lambeaux de rêve où se mêlaient la foule des automates de la Présentation, des gardesses hautes comme des maisons de trois étages et la figure gracile d'Elsebeth. Viktor le gifla du revers de la main ; sous l'effet du choc et de la douleur cinglante, il sentit les larmes lui monter aux yeux. Mais il ne voulait pas donner à son beau-père la satisfaction de croire qu'il lui faisait peur. Il serra les dents et le regarda droit dans les yeux. Irrité par son attitude, Ash le saisit par le devant de sa chemise :
    
    « J'ai toléré trop de choses de toi, petite vermine, uniquement par respect pour ta mère. J'ai été généreux et patient avec toi, et tu mords la main qui t'a nourri ! Tout d'abord en tentant d'usurper notre place à la Grande Présentation, et ensuite en nous laissant revenir comme des mendiants par les rues de la ville ! »
    
    Il lâcha violemment le garçon :
    
    « Mais à partir de maintenant, c'est terminé ! Tu vas payer pour tes insolences ! Tu vas rester enfermé dans l’atelier jour et nuit, et tu ne pourras plus d'aller baguenauder en faisant tes livraisons ! »
    
    Cinder songea qu'après les événements de la veille, il n'avait plus grand chose à perdre. A côté de la perspective de finir dans une oubliette, les menaces de Viktor semblaient bien légères.
    
    « Cependant, je suis prêt à te laisser une chance, une seule, reprit son beau-père en posant sur le lit un journal donc l'encre luisait encore, toute fraîche de la presse. Regarde. En première page. »
    
    Le garçon saisit la feuille toute craquante sous ses doigts et écarquilla les yeux de surprise : une grande gravure représentait la moitié d'un visage de métal, artistiquement ciselé. Le demi-masque qu'il avait perdu la veille, dont l'autre partie se trouvait dissimulée sous son oreiller.
    
    « Un petit malin a présenté un automate qui était en fait un garçon déguisé. La péronnelle de la matriarche s'est entichée de lui... mais il a fui et a disparu dans les rues sans que les gardesses du palais ne puissent le retrouver, de même que son faux concepteur. A présent, pour faire plaisir à sa fille, la matriarche veut le retrouver. Pour éviter que n'importe quel petit mendiant ne vienne prétendre qu'il est ce fameux automate, le palais demande à ce que le coupable se présente avec la seconde moitié de masque. Et regarde bien... »
    
    Il désigna un petit symbole imprimé dans le métal du masque : une fleur à cinq pétales, avec trois sépales minces et légèrement torsadé. Le cindervale, la fleur qui poussait à côté du lac de Vienz, au nord du Matriarcat.
    
    « Il a été fabriqué ici. Et je pense qu'en fouillant dans les affaires de ta mère, tu trouveras tout ce qu'il faut pour refaire la moitié manquante. Si personne ne s'est présenté au palais d'ici demain matin, la grande horlogère se rendra elle-même dans les différents ateliers. Le masque a intérêt à être prêt d'ici-là. Si c'est le cas, tu recouvreras ta liberté. Dans le cas contraire, tu ne reverras plus le ciel tant que je serai en vie. » »
    
    Son beau-père pivota sur ses talons et se dirigea vers la porte de l’atelier. Cinder sentit son cœur plonger en entendant la clef tourner dans la serrure. Viktor avait sans doute pris la précaution de verrouiller les portes à l'arrière du hangar.
    Ses doigts plongèrent sous l'oreiller, caressant le métal du masque : il n'avait pas besoin du matériel de sa mère pour créer la seconde moitié. Il lui suffirait de s'inspirer de la partie qu'il conservait. Le masque avait été composé en deux pièces, jointes par des tenons qui permettaient au visage de s'ouvrir pour avoir accès aux délicats mécanismes derrière la face. Il n'était pas si compliqué de refaçonner cette seconde moitié. Il ne resterait plus qu'à la ciseler à la ressemblance de la première moitié.
    
    Mais il s'assurerait bien de ne pas utiliser un métal de même nuance que l'original. Après tout, la gravure du journal ne restituait pas la véritable nuance de l'alliage, ce doré très légèrement rosé qui était si caractéristique des visages créés par sa mère. Il s'étira et se leva : un lourd travail l'attendait, il ne pourrait sans doute pas se reposer avant le lendemain.
    

Texte publié par Beatrix, 21 mars 2016 à 17h13
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