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Tome 1, Chapitre 6 « La Fuite » Tome 1, Chapitre 6
Le temps semblait s'être envolé, aussi léger qu'un duvet de chardon ; Cinder n'avait pas vu la nuit s'épaissir, même s'il faisait plus frais et que le ciel s'était piqué d'étoiles. Aussi faillit-il sursauter quand une gardesse s'approcha de la jeune fille :
    
    « Mademoiselle, il est temps de rentrer et de rendre cet automate à son maître. Nous verrons demain les modalités pour lui offrir le poste promis et garder cet automate... »
    
    En entendant ces paroles, Cinder se sentit trembler. Il ne pourrait éternellement jouer la comédie. Il était humain, il avait besoin de manger, de dormir. Et les automates de sa mère, que deviendraient-ils ? Qui pourrait les entretenir aussi bien que lui ? Combien d'entre eux seraient vendus ? Une vague de panique s'empara de lui. Il se leva précipitamment et recula d'un pas, heurtant la structure de la gloriette. L'attache du masque de métal lâcha et le visage ciselé tomba sur le sol où il se sépara en deux.
    
    Paniqué, le garçon plaqua une main sur son visage découvert et, de l'autre, ramassa une moitié de masque. Déjà, les gardesses convergeaient vers lui. Il lança un dernier regard vers le visage perplexe d'Elsebeth avant de bondir vers la porte-fenêtre. Il traversa la salle à toute allure, et se dirigea droit vers la porte qui donnait sur l'antichambre, sous les yeux des militaires pétrifiées par la surprise. Ce ne fut qu'en entendant les hurlements de leur collègues, qui les exhortaient à attraper le garçon, qu'elles réagirent enfin : mais il était trop tard. Cinder avait atteint le couloir dans lequel il bondit comme un cabri effarouché.
    
    « Attends ! » lança une voix vaguement familière, celle de Simeon. Mais l'injonction de l'homme ne suffit pas à l'arrêter. Il galopa à travers le vaste hall à présent désert, bondit au bas des marches sous la colonnade et se retrouva sur la place.
    
    « Arrêtez ce garçon ! »
    
    Il s'enfila dans une rue latérale, heureusement déserte, qu'il connaissait comme sa poche à force de sillonner la ville pour y apporter ses commandes. Il emprunta une échelle qui menait à une terrasse, par laquelle on pouvait aisément passer sur la toiture, au couvert du fronton en escalier. Les tuiles vernissées glissaient sous ses pieds, mais de toit en toit, il parvint rapidement à l'écheveau de rues que constituait la basse ville.
    
    Il se laissa glisser le long d'une gouttière et atterrit dans une venelle étroite, dans laquelle il poursuivit sa course. Il ne s'arrêta que pour se débarrasser de ses frusques ; il fourra son costume en boule dans un vieux tonneau, ne gardant que sa chemise et son long caleçon de toile grise, et le demi-masque, qu'il glissa contre son cœur. Puis, à la seule lueur de la lune dans ce secteur sans réverbères, il se dirigea vers l'atelier.
    
    Il entra par la porte de service à l'arrière du hangar. En voyant la carriole de Clopin sagement rangée là où il l'avait laissée, il réalisa qu'il avait oublié de retourner chercher son beau-père et ses deux fils. Le cœur battant, il se glissa dans la boutique : Alcyon et Johan s'y trouvaient, figés contre le mur. Il espéra que les Ash étaient montés directement et n'avait pas vérifié s'il se trouvait dans sa couche.
    
    Il alla s'allonger dans son lit dur et étroit, tentant d'écarter de son esprit les événements de la soirée, même si l'inquiétude le tenaillait. Simeon avait-il pu échapper à l’arrestation, lui aussi ? Si ce n'était pas le cas, avait-il révélé la véritable identité de son « automate » à la maréchaussée du Matriarcat ? Il ferma les yeux et enfonça son visage dans son oreiller, serrant les poings pour endiguer sa peur.
    
    Mais au bout d'un moment, il réalisa que ce n'était pas la crainte d'être arrêté qui envahissait son esprit : c'était l'image d'Elsebeth, le doux regard de ses yeux sombres, le contact aérien de sa main sur son bras. Souriant légèrement, il laissa le sommeil l'emporter enfin...

Texte publié par Beatrix, 21 mars 2016 à 17h11
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