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Tome 2, Epilogue « « Oh ! oh ! oh ! » » Tome 2, Epilogue
Vega rouspéta. Le concierge n’avait toujours pas réparé la lampe du troisième étage. Et comme toujours, dans ces cas-là, le locataire avait sorti sa poubelle. Comme elle n’en ratait pas une, la jeune femme s’était pris les pieds dedans et s’était royalement vautrée sur le palier dans un chaos d’ordures nauséabondes. Journée pourrie…
    
     Le temps de se débarrasser du sac poubelle éventré qui s’obstinait à s’accrocher à sa botte, la mécanicienne avait une profonde et désespérante envie de hurler de frustration et d’exploser un mur. Ou deux.
    
     Mais elle se contint.
    
     « On n’est pas des sauvages », chantonna la voix de Zeck dans son esprit.
    
     Sûr que le monde serait moins joyeux si c’était le cas, songea-t-elle en retour. Heureusement que ledit Zeck l’attendait dans son nid d’aigle. Elle avait besoin d’un peu de positif.
    
     Quatre à quatre, portée par son exaspération, elle grimpa les escaliers. En arrivant au quatrième, elle avait retiré son écharpe, et ses moufles connurent le même sort au milieu de l’escalier du cinquième. En émergeant sur le palier de son appartement, elle n’avait plus sa veste non plus. Rien d’étonnant. L’hiver, l’ascension énergique des six étages de son immeuble impliquait toujours qu’elle perde entre vingt et trente pourcent de son poids en vêtements
    
     La mécanicienne renifla son manteau. Une odeur de déchet y persistait. Bon sang, qu’est-ce qu’il avait collé dans sa poubelle, l’autre ? Elle était bonne pour une virée à la laverie, maintenant.
    
     Elle s’arrêta devant la porte de son appartement et sortit ses clefs, ignorant résolument le sentiment d’étrangeté que lui inspirait la couronne de Noël pendue sur le battant. On ne pouvait décidément pas dire qu’elle ne faisait pas d’efforts. La jeune femme donna un tour de clefs, prit une inspiration et poussa la porte.
    
     Une surprise l’y attendait.
    
     Une très agréable surprise.
    
     Le genre de surprise qui aurait fait verdir de jalousie la mère Noël.
    
     « J’adore Noël », lâcha-t-elle.
    
     Un éclat de rire lui répondit.
    
     « J’aurais dû t’enregistrer. Pour te faire une piqûre de rappel de temps en temps. »
    
     Sourire vissé aux lèvres, Zeck s’avança vers elle, torse nu, vêtu d’un pantalon rouge qui ne laissait pas beaucoup de place à l’imagination, une paire de bottes vernies noires aux pieds. Il avait poussé le vice jusqu’à poser sur ses cheveux blonds un bonnet rouge bordé de fausse fourrure blanche, dont le pompon pendouillait au-dessus de son oreille atrophiée, ce qui lui donnait un air on ne peut plus canaille. Le Père Noël, cent soixante ans avant qu’il ne se décide à amuser les petits enfants à coups de « Oh ! oh ! oh ! ».
    
     « Si la piqûre de rappel c’est toi dans cette tenue, je te le redis quand tu veux, répondit Vega.
    
     — Je pourrais te prendre au mot. Tu m’accompagnes ? »
    
     Au vu de son accoutrement et de la lueur qu’il y avait dans ses yeux, il ne parlait pas de l’emmener au restaurant. Elle aurait dû s’en douter. Ce n’était qu’une vile manœuvre pour qu’elle se déshabille et se retrouve affublée d’un stupide déguisement affriolant de mère Noël. Zeck ne perdait jamais le nord. Eh bien, qu’à cela ne tienne.
    
     La jeune femme planta le regard dans celui du Terrien, lâcha les vêtements qu’elle tenait à la main et entreprit d’enlever les autres. Pendant deux bonnes minutes, on n’entendit plus que des frémissements de tissu froissé. La ceinture de son bleu de travail cliqueta en tombant sur le sol. Bon, ses sous-vêtements n’étaient pas rouges, mais quand elle les eût retirés à leur tour, ça n’eut plus tellement d’importance. Nue, elle releva le menton avec un sourire en coin. Zeck avait quelque peu perdu de sa superbe. Ça avait toujours un petit côté satisfaisant. Elle posa les mains sur les hanches et haussa un sourcil.
    
     « Alors ? » le nargua-t-elle.
    
     Zeck resta un petit moment sans rien dire, puis le sourire lui revint.
    
     « Ma foi, c’est bien comme ça, aussi. »
    
     Vega hocha la tête, amusée. Et comme elle était tout à fait de son avis, elle fit en sorte que son père Noël personnel ne se retrouve pas encombré par une réalité aussi triviale que quelques bouts de tissus.
    
     Après s’être copieusement roulés sous le sapin – pour dire les choses rapidement – ils restèrent allongés sur le sol, lovés l’un contre l’autre. Vega ronronnait, ses déboires du jour oubliés, tandis que la main du Terrien glissait sur son dos.
    
     Saisie d’une inspiration soudaine, la jeune femme se redressa légèrement.
    
     « Dis-moi, tu te déguiserais aussi à Pâques ? »
    
     Un rire de basse gronda dans la poitrine de Zeck.
    
     « Chacun son tour, chérie. Je compte sur toi. »
    

Texte publié par Pixie, 6 juin 2017 à 10h54
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