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Tome 2, Chapitre 2 « Esprit des Noëls passés, ours en peluche et mauvai » Tome 2, Chapitre 2
Il fallut quelques secondes à Vega pour se remettre de ses émotions. Ce ne devait être qu’une panne de courant. Aucune raison de s’inquiéter.
    
    La sonnerie continuait de résonner, familière et agaçante. Son réveil. Pourquoi son réveil avait-il précisément choisi ce moment-là pour se manifester, elle n’en savait rien. Cependant le timing était impeccable. Pendant un instant, elle avait eu la trouille.
    
    La jeune femme se leva et avança à tâtons dans le noir jusqu’à sa paume rencontre le chambranle de la porte de sa chambre. La sonnerie montait crescendo.
    
    « Oui, j’arrive, grogna-t-elle entre ses dents serrées. Saleté d’engin ! »
    
    Elle parvint dans sa chambre, non sans se cogner le petit doigt de pied contre un montant de son lit. La douleur fusa jusque dans sa hanche. Lâchant un juron, elle se laissa tomber sur le matelas en étreignant son pied.
    
    « Putain de merde ! »
    
    La douleur pulsait comme un cœur miniature dans son orteil. Et cette satanée sonnerie… Vega étendit la main vers le réveil qui cessa brusquement de claironner, avant même qu’elle n’appuie sur le bouton d’arrêt. La jeune femme ferma les yeux, les dents serrées, comptant mentalement jusqu’à dix pour éviter de se mettre à hurler. Elle détestait quand tout se produisait comme si quelqu’un cherchait sciemment à la faire tourner à bourrique.
    
    La douleur dans son pied finit par se calmer et son réveil ne fut pas pris d’une nouvelle crise de démence. Ce qui ne laissait que le problème électrique à régler. Elle voyait assez mal pourquoi son disjoncteur avait soudain décidé de péter les plombs, mais dans la mesure où par sa fenêtre, elle voyait tout le quartier encore brillamment éclairé, le souci ne pouvait venir que de l’immeuble ou de son appartement.
    
    Râlant dans sa moustache inexistante, elle se leva et fit le chemin inverse vers le salon plongé dans la pénombre. Le tableau électrique se trouvait à côté de la porte d’entrée. Miracle, elle y parvint sans autre dommage corporel. Elle s’arracha les yeux à essayer d’y voir quelque chose, bidouilla un peu les plombs, râla beaucoup, et la lumière revint aussi soudainement qu’elle avait disparu. Remise de ses émotions, la télé se mit à brailler une chanson de Noël. O joie.
    
    Vega se retourna pour l’éteindre et poussa un hurlement.
    
    Il y avait quelqu’un dans le milieu de son salon.
    
    L’inconnu était vêtu d’une longue cape vert sombre, dont le capuchon était rabattu sur son visage. Au cri que poussa la jeune femme, il tressaillit.
    
    « Eh oh, oh, on se calme », fit-il en tendant les deux mains devant lui comme pour montrer qu’il n’avait pas d’intentions hostiles.
    
    Sa voix fit tiquer Vega.
    
    « Mo…Moragh ? »
    
    L’intrus rabattit son capuchon en arrière, dévoilant les traits fins et les cheveux blonds de son meilleur ami. La jeune femme poussa un soupir d’exaspération et de soulagement mêlé. Son cœur dansait la gigue dans sa poitrine – qu’est-ce qui lui avait pris d’entrer chez elle comme ça, nom d’une clef à molette ! – mais les mots « cambriolage », « meurtre » et « enlèvement » ne clignotaient plus dans son esprit. Elle se laissa aller contre la porte, les yeux fermés. Bah ça, pour une surprise…
    
    La porte… Elle rouvrit brusquement les yeux et fronça les sourcils.
    
    « Comment tu es rentré ? demanda-t-elle, inquisitrice. Et puis, d’ailleurs, qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu étais à Yalata pour Noël. »
    
    L’air perplexe, Moragh ouvrit les bras et observa sa tenue, puis tourna sur lui-même. Les longs pans de sa cape virevoltèrent autour de lui. La mécanicienne observa son manège, vaguement inquiète. Qu’est-ce qu’il fabriquait ?
    
    « Je vois… je vois… déclara-t-il, pensif. C’est plutôt inhabituel.
    
    – Ce qui est inhabituel, rétorqua Vega, c’est cette cape. D’où tu sors ça ? Tu te prends pour le Héros Noir ? »
    
    Moragh leva un regard rêveur vers elle, puis il sembla soudainement se rappeler où il était.
    
    « Mmm, oui. Bien sûr, marmonna-t-il. Chère mademoiselle, laissez-moi me présenter… »
    
    D’un grand geste du bras, il rejeta un pan de sa cape sur son épaule et plongea dans une profonde et ridicule révérence. Vega commençait à se dire qu’il avait dû abuser de substances illicites.
    
    « … Je suis l’Esprit des Noëls passés et je suis ici pour vous faire partager la magie de Noël.
    
    – Tu quoi ? »
    
    Moragh se releva et s’approcha avec un grand sourire.
    
    « En réalité, je ne suis pas votre ami Moragh. C’est votre subconscient qui me donne son apparence. D’ordinaire, les gens voient plutôt en moi un enfant espiègle, mais je n’ai rien contre un peu de changement. »
    
    Vega écarquillait tellement les yeux qu’elle avait l’impression qu’ils allaient jaillir hors de leurs orbites d’un moment à l’autre. Qu’est-ce que c’était que cette blague ? Elle ferma les yeux et prit une profonde inspiration.
    
    « Si c’est une plaisanterie, elle est vraiment très mauvaise, lâcha-t-elle après un instant de yoga mental. Tu fais mieux, d’habitude. »
    
    Moragh eut l’air surpris.
    
    « Vous ne me croyez pas ? On ne vous a pas prévenu de ma visite ? Ce n’est pas régulier du tout, ça. Rassurez-moi, votre horloge a bien sonné dix coups ?
    
    – Encore une phrase et je hurle, prévint Vega.
    
    – Non, non, non ! paniqua le jeune homme. Pas la peine de crier. »
    
    Sa main se referma sur le poignet de la mécanicienne. Aussitôt, tout se mit à tourner autour d’elle. Les objets ne formaient plus que des traînées de couleur sur sa rétine. La seule chose qui ne bougeait pas, c’était le regard vert mousse de Morgh-qui-n’était-pas-Moragh. Vega crut qu’elle allait tourner de l’œil.
    
    Puis, tout s’arrêta.
    
    Vega tangua, désorientée, des éclairs lumineux colorés plein son champ de vision. Elle voulut s’appuyer à un mur pour reprendre son équilibre, mais elle le rata et emportée par son élan, elle faillit s’écrouler sur le sol. Deux bras la réceptionnèrent.
    
    « Ouf ! » lâcha son sauveur.
    
     La jeune femme n’était pas en état de s’indigner de ce manque de délicatesse. Le sol commença à se stabiliser sous ses pieds et son environnement cessa de tournoyer. Quelques instants plus tard, remise de… eh bien, de ce qui venait de se produire, la mécanicienne regarda autour d’elle. Elle n’était définitivement plus dans son appartement. Des bâtiments, des réverbères, de l’asphalte. Une rue. Comment était-ce possible ? Théoriquement, ils n’avaient pas pu se téléporter. Un dénommé Valeureux avait démontré l’impossibilité de la chose sur les êtres vivants deux ou trois siècles plus tôt. Sauf qu’elle ne voyait pas vraiment comment expliquer autrement son brusque changement de décor.
    
     En observant un peu plus attentivement les alentours, elle se rendit compte que ce grand immeuble là, sur la droite, lui était familier, de même que la supérette miteuse à l’angle de la rue et la devanture taguée de dessins obscènes du réparateur d’électro-ménager à côté. Une boule se forma dans sa gorge et tomba d’un bloc dans son estomac. Elle ne pouvait pas être…
    
     Redoutant ce qu’elle allait trouver derrière elle mais incapable de s’arrêter pour autant, elle se retourna.
    
     Maison de l’assistance publique.
    
     La boule dans son estomac semblait lestée de plomb.
    
     « Qu’est-ce qu’on fiche ici ? » demanda-t-elle d’une voix blanche.
    
    La jeune femme se tourna vers le pseudo-Moragh. Ce dernier fixait l’inscription honnie sur le petit panneau luminescent, l’air intéressé.
    
     « Eh bien, on prend le problème à la source, déclara-t-il. On ne vous a vraiment rien expliqué ? »
    
     Vega leva les yeux au ciel.
    
     « Arrête de me vouvoyer, c’est bizarre. Et puis, non, on ne m’a rien expliqué et je ne vois pas quel problème il faut chercher. Maintenant, est-ce qu’on peut rentrer ?
    
    – Certes, non, demoiselle. Nous avons une ou deux choses à voir avant », répliqua-t-il d’un ton guilleret.
    
    Ce faisant, il passa un bras sous le sien et l’entraîna vers la porte de l’orphelinat. Ils passèrent au travers comme si cette dernière n’existait pas – ce qui faillit déclencher une nouvelle crise de panique chez Vega – et se retrouvèrent dans un hall d’entrée sombre que la jeune femme ne connaissait que trop bien.
    
    Elle se laissa conduire avec reluctance. Magie de Noël, tu parles. Tout ça ressemblait bien davantage à un cauchemar, ce qui n’était pas du tout de saison. Une silhouette sombre se profila alors dans le couloir qu’ils allaient emprunter. Vega pila violemment, si bien que son compagnon fut déséquilibré. Il se rétablit fort peu élégamment et se tourna vers elle, l’air surpris.
    
    « Que se passe-t-il ? »
    
    La jeune femme ne répondit pas, gardant les yeux rivés sur la silhouette qui grandissait dans la pénombre. Il suivit son regard.
    
    « Oh, il ne faut pas s’inquiéter, déclara-t-il en considérant l’obstacle. Personne ne peut nous voir. »
    
    Si elle n’avait pas été si perturbée, Vega aurait encore trouvé là une excellente raison de piquer une crise d’hystérie. Mais pour l’heure, elle ne voyait que cette silhouette de femme qui la terrifiait quand elle enfant. Cyrène, la redoutable surveillante du bloc deux.
    
    Elle passa devant eux sans les voir, son air d’éternelle malveillance rivé sur le visage. Elle n’avait pas changé d’un poil. C’en était presque terrifiant.
    
    « Tu viens ? » s’enquit Moragh bis.
    
    La mécanicienne secoua la tête et se força à avancer. Plus vite il lui aurait montré ce qu’il voulait qu’elle voie et plus vite elle serait rentrée chez elle. Elle ignorait à quoi tout cela rimait, si c’était une plaisanterie ou juste une hallucination géante – la soupe à la couleur bizarre y était peut-être pour quelque chose, finalement – mais si elle voulait que cela cesse, il n’y avait pas trente-six solutions.
    
    Ils longèrent les couloirs familiers de l’établissement. La jeune femme n’eut pas besoin que son guide lui indique où ils se rendaient. Ils se dirigeaient droit vers le dortoir du bloc deux, celui où Vega avait passé les premières années de sa vie. A partir de dix ans, elle avait migré vers le bloc trois et les choses avaient été différentes. Mais le bloc deux…
    
    Ils s’arrêtèrent devant une grande baie vitrée qui permettait aux gardiennes de nuit – les fantômes, comme les orphelins avaient l’habitude de les appeler – de surveiller le sommeil des enfants. Au plafond, des barres de néon éclairaient le dortoir d’une lumière crue. Quelqu’un avait accroché une horrible couronne de Noël sur la poignée de la fenêtre. Machinalement, le regard de Vega se porta sur son ancien lit.
    
    Et elle eut un choc.
    
    « Oh, regarde, c’est toi ! » fit l’Esprit avec bonne humeur.
    
    Effectivement, une mini-Vega en pyjama gris, ses cheveux bleus coupés à hauteur des épaules était assise dans le lit aux draps délavés. La jeune femme sentait encore sur sa peau le toucher rêche et désagréable du tissu. Mais le pire, c’était le sourire un peu hésitant qu’il y avait sur les lèvres de son mini-elle et l’étincelle de son regard sombre aux pupilles fendues. Son cœur se serra. Cette petite fille-là ne savait pas encore ce qui l’attendait…
    
    « Eh, ça va ? s’inquiéta le jeune homme à côté d’elle.
    
    – Est-ce que ça a l’air d’aller ? » grinça Vega.
    
    Sa voix était beaucoup plus aiguë que la normale.
    
    « En toute honnêteté, non, répondit l’autre. Mais je ne vois pas ce qui te trouble : tu sembles plutôt heureuse, là-bas. »
    
    La jeune femme émit un « Mmph » peu convaincu. Le cœur lourd, elle observa son jeune double serrer contre elle un ours en peluche miteux avec un gros nœud rouge autour du cou.
    
    « C’est le premier Noël dont je me souvienne, lâcha-t-elle au bout d’un moment.
    
    – A ton avis, pourquoi on serait là, sinon ? lui retourna le jeune homme. J’ai dit que j’étais l’Esprit des Noëls passés, il y a quelque chose de pas clair, là-dedans ? »
    
    Vega ignora le sarcasme, serra les dents et siffla :
    
    « Donc tu sais ce qui va se produire. »
    
    Le jeune homme parut gêné.
    
    « Eh bien… en fait… non. Je n’ai pas vraiment eu le temps de potasser ton dossier, avant de… Bref. C’est important ? »
    
    Un peu que c’était important ! Vega n’avait pas la moindre envie de revivre ce souvenir-là en particulier. Si elle n’avait jamais apprécié Noël, il y avait bien une raison, nom d’une buse ! Elle allait le lui potasser, son dossier…
    
    Sa fureur dut se lire sur son visage car l’autre eut un mouvement de recul.
    
     « On se calme, fit-il, peu rassuré. Je ne peux pas tout savoir, tu sais. J'ai beaucoup de gens à visiter ce soir.
    
    – Et le minimum syndical, ça te dit quelque chose ? gronda Vega.
    
    – Oui, bon, ce n’est pas toi qui me paye, hein. D’ailleurs, je ne suis même pas payé, donc si tu as envie d’apporter une petite contribution, ne te gêne surtout pas. »
    
    La jeune femme leva les yeux au plafond et reporta son regard sur le dortoir.
    
    « C’est si grave que ça ? » demanda l’Esprit avec douceur.
    
    La mécanicienne haussa les épaules mais au fond, elle sentait bien la vieille blessure mal cicatrisée que son enfance lui avait laissée.
    
    « A Noël, il y avait une collecte pour les cadeaux des orphelins. Quand on avait de la chance, les plus petits arrivaient à en avoir un chacun. Ce jour-là, j’avais eu l’ours en peluche. Le premier cadeau que j’ai jamais reçu. »
    
    Vega soupira et désigna un lit sur la droite.
    
    « Tu vois la gamine, là, avec la poupée robotisée ? »
    
    Le jeune homme acquiesça. La gamine en question portait le même pyjama gris que tous les autres et avait deux ou trois ans de plus que mini-Vega, sur qui elle posait un regard mauvais.
    
    « Elle le voulait aussi. Mais je n’ai pas voulu lui donner, évidemment. C’était mon ours, tu comprends ? »
    
    La jeune femme serra les dents, sentant ses yeux la piquer. Nom de nom, elle n’allait pas se mettre à pleurer pour un ours en peluche ! Elle n’était plus la gamine impressionnable qui était en train de contempler une horrible peluche comme si c’était la treizième merveille de la galaxie !
    
    « Quand ils ont éteint les lumières pour la nuit, j’étais trop contente pour me méfier. Après tout, elle avait son jouet, elle aussi.
    
    – Elle te l’a pris ? demanda l’Esprit.
    
    – Oh non. Elle l’a mis en morceaux. Comme ça personne ne l’avait, et tout le monde était content. Enfin, tout le monde sauf moi. »
    
    Vega prit une profonde inspiration et poussa un gros soupir.
    
    « Après ça, ça n’a plus été pareil.
    
    – Je vois... Cela dit, ça doit en partie expliquer ton sale caractère. »
    
    La jeune femme lui asséna une bourrade dans l’épaule, mais la conviction n’y était pas. Elle était trop perturbée pour ça. Et aussi, elle se sentait un peu agacée de ce qu’elle ressentait. Tout ça appartenait au passé. Ça n’aurait pas dû autant la toucher. Et pourtant…
    
    Décidément, Noël ne lui réussissait pas. Ça lui refilait toujours le bourdon…
    
    Pendant ce temps, son compagnon marmonnait dans sa barbe inexistante. La jeune femme cru comprendre les mots « traumatisme », « difficile », « frangin », « prévenir », mais sans en être pleinement certaine.
    
    Oh et puis flûte, qu’est-ce qu’elle en avait à faire ? Ce saligaud lui avait fait revivre l’un de ses pires souvenirs d’enfance. Maintenant qu’il avait eu ce qu’il voulait, il n’avait qu’à la ramener chez elle et la laisser tranquille, au lieu de ruminer. De toute façon, elle était un cas désespéré, alors…
    
    Mais visiblement, l’Esprit n’en avait pas fini avec elle et revint très consciencieusement à la charge.
    
    « Je comprends que cette première « vraie » expérience t’ait un peu refroidie, mais ça n’a pas pu être comme ça tous les ans ! Il y a forcément quelque chose qui t’a fait voir le côté positif de Noël, non ? »
    
    Vega grinça des dents. Ça n’en finirait donc pas ?
    
    « Si je me souviens bien, Noël égal famille, cadeau, émerveillement. Pas de bol, je n’en ai croisé aucun des trois, ironisa-t-elle. Ne t’inquiète pas, tu pourras me compter dans ton pourcentage de perte. On s’en va ? »
    
    L’autre la fixa pendant plusieurs secondes puis finit par abandonner la partie.
    
    « Très bien, comme tu voudras, soupira-t-il. N’empêche que tu pourrais essayer de faire un effort. Qu’est-ce que ça te coûterait, au fond ? »
    
    A part un récapitulatif geignard de tout ce qu’elle n’avait pas eu la chance de connaître ? Rien du tout, sans doute. Une petite crise de larmes ou deux peut-être, rien de bien méchant.
    
    Vega n’avait pas la moindre envie de se plonger dans une introspection d’auto-apitoiement et de belles résolutions. Elle n’aimait pas Noël et il le lui rendait bien. Point à la ligne. Ça ne l’avait jamais empêchée de dormir et ça n’allait certainement pas commencer aujourd’hui.
    
    La jeune femme eut un mouvement d’impatience. L’Esprit-Moragh, qui ne l’avait pas lâchée du regard – sans doute s’attendait-il à un revirement d’opinion spectaculaire, dû à sa seule force de persuasion – lui tendit la main d’un air résigné. La mécanicienne la prit et de nouveau, le monde se mit à tourner autour d’eux.
    
    Ils réapparurent dans l’appartement de Vega et ce fut comme s’ils ne l’avaient jamais quitté. Pourtant, à voir son salon désordonné, la jeune femme ressentit une soudain bouffée d’affection et de possessivité à l’égard de son logement. Elle avait oublié – et elle avait de bonnes raisons pour cela – à quel point l’orphelinat où elle avait grandi était froid, rigide et impersonnel. Par comparaison, son bazar avait quelque chose de joyeux et d’accueillant. Cela dit, ceci expliquait peut-être cela, elle n’avait jamais vraiment pris le temps de s’interroger sur les raisons métaphysiques de sa tendance pathologique au désordre.
    
    « Ma tâche s’arrête ici », déclara l’Esprit.
    
    Il avait l’air assez mécontent de lui-même et paradoxalement, plutôt soulagé. Vega essaya de ne pas prendre ce dernier point comme une offense personnelle.
    
    « Mais ton parcours ne fait que commencer, ajouta-t-il en pointant un doigt solennel dans sa direction. Mes frères viendront te chercher.
    
    – Hein ? se récria Vega. Mais… »
    
    Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. A la place où s’était tenu l’Esprit des Noëls passés, il n’y avait plus que du vide et un bon paquet de questions.
    

Texte publié par Pixie, 4 décembre 2016 à 13h59
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