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Tome 1, Chapitre 1 « Idées noires, pizzas et tentacules » Tome 1, Chapitre 1
Un très, très grand merci à Mlle Sue pour la BL (je ne sais pas faire de haïkus, mais j'offre volontiers du chocolat. ^^)
    
    
💫

    
    Spatio-port de Gora, planète Vigine, 2325
    
     C’était somme toute une journée parfaitement ordinaire qui prenait fin sur le spatio-port de Gora. Les rayons rouges de Bételgeuse nimbaient l’horizon d’une lumière sanglante, à mesure que l’astre disparaissait lentement. Pour autant, le ballet incessant des navettes et des vaisseaux interstellaires ne s’interrompait pas. D’ordinaire, Vega Eilor prenait toujours plaisir à observer la chorégraphie immuable des vaisseaux dans le ciel. C’était l’une des raisons pour lesquelles elle avait choisi cet appartement qui tenait davantage du perchoir que du logement fonctionnel.
    
    Mais ce jour-là, Vega n’était pas d’humeur. Ce jour-là, Vega broyait du noir dans le fin fond de son fauteuil, en regardant d’un œil morne le soleil enflammer le ciel de Gora. Derrière elle, son meilleur ami Moragh farfouillait dans les placards et le frigo à la recherche de denrées comestibles. La jeune femme entendit des bouteilles s’entrechoquer et des froissements de papier aluminium aussitôt suivis de soupirs dégoûtés.
    
    « Dis, ça remonte à quand la dernière fois que tu as fait des courses ? finit par demander Moragh. Tu penses à manger parfois ? »
    
    Vega haussa les épaules. Compte tenu du fait qu’elle se trouvait avachie dans son fauteuil et que ledit fauteuil tournait le dos à la cuisine, ça n’eut pas grand effet. Son silence dut inquiéter – ou agacer, au choix – son ami, puisqu’il traversa le coin cuisine en deux longues enjambées bruyantes et vint se planter devant elle.
    Moragh était grand. Du genre asperge boostée aux hormones de croissance. Et comme il lui bouchait la vue, elle n’eut d’autre choix que de tordre le cou pour apercevoir sa tête couronnée de cheveux blonds bien peignés.
    
    « Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu n’as pas décroché un mot depuis que je suis venu te chercher, » rouspéta le jeune homme en croisant les bras.
    
    Vega haussa de nouveau les épaules. Son humeur n’avait cessé de s’assombrir à mesure que les heures passaient. Même son patron s’en était rendu compte et avait, fort délicatement, préféré la laisser tranquille. Ce dont elle n’aurait pas eu l’idée de se plaindre, du reste. Il avait dû s’imaginer que son irritation provenait des complications de problèmes féminins. Il était exactement le genre de personne à penser de cette manière.
    
    Elle ramena machinalement ses cheveux bleu nuit sur son épaule. Ses yeux s’égarèrent de manière presque inconsciente vers le transmetteur d’appels holographiques. Moragh soupira.
    
    « C’est Zeck ? »
    
    Il balaya les catalogues, bouquins et outils qui couvraient la toute petite table basse pour s’y asseoir avec un craquement de ses grandes jambes.
    
    « Allez, raconte à tonton Moragh. »
    
     Vega avait très envie d’envoyer son pied dans sa figure de jeune premier mais elle y renonça. Elle se sentait abandonnée et elle était vexée. C’était bête mais la jeune femme n’arrivait pas à s’en empêcher.
    
    « Ça fait deux semaines… Il n’a pas appelé. »
    
    Elle détesta aussitôt le ton geignard de sa voix. De quoi elle avait l’air, hein ? D’une pauvre fille follement amoureuse et désespérée d’attendre en vain son cher et tendre. Dire qu’elle s’était toujours promis de ne jamais tomber si bas… Moragh haussa un sourcil.
    
    « Eh bien, secoue-toi les enzymes et appelle-le, » fit-il comme si c’était une évidence.
    
    La jeune femme haussa un sourcil. « Secoue-toi les enzymes » ? Voilà qui était nouveau. Moragh travaillait comme bio-ingénieur dans l’un des principaux labos de Gora. Il adorait son travail et ça s’entendait. Sa façon de parler en avait pris un sacré coup. Enfin là, ça commençait à devenir inquiétant…
    
    Elle secoua la tête, tâchant de se concentrer sur la conversation. Le fait était qu’avec son travail de coursier qui l’amenait à traverser la galaxie dans tous les sens, Zeck ne pouvait pas toujours l’appeler ou passer la voir à heures fixes. Néanmoins, ce jour-là, elle n’arrivait plus à se satisfaire de cette explication.
    
    « Je ne veux pas avoir l’air désespérée, répondit la jeune femme un peu vertement. J’ai déjà appelé la dernière fois. Il va croire que je ne peux pas me passer de lui. »
    
    Ce qui n’était peut-être pas tout à fait faux, mais de là à l’admettre à voix haute, il y avait un univers…
    
    « Ma parole, tu en vraiment dingue de ton Terrien, » fit Moragh en la dévisageant avec un regard neuf.
    
    La jeune femme leva les yeux au plafond.
    
    « Ce n’est pas du tout ce que tu crois.
    
    — C’est ça, c’est ça. A d’autres. »
    
    Vega s’enferma dans un silence boudeur tandis que le regard vert mousse de Moragh se mettait à pétiller d’espièglerie.
    
    « T’inquiète, je ne dirai à personne que la redoutable Vega Eilor se meurt d’amour dans son coin. »
    
    Elle haussa les épaules. A ce moment, un tintement résonna dans le minuscule appartement. Vega se redressa brusquement et tendit la main pour activer le transmetteur d’appel holographique sous le regard moqueur de son meilleur ami.
    
    « Sans commentaire, » râla-t-elle.
    
    La tête de Zeck se matérialisa sur son bureau, sous la forme d’un hologramme de très mauvaise qualité. La transmission holographique avait toujours tendance à vous donner le teint verdâtre. Malgré ça, le jeune homme arrivait encore à paraître à son avantage avec ses cheveux châtains dans tous les sens et ses yeux bleus qui la faisaient honteusement fondre.
    
    « Salut, toi, salua-t-il, la voix pleine de grésillements.
    
    — Pas trop tôt, je commençais à me demander si tu n’étais pas tombé dans un trou noir, » grinça Vega.
    
    Un sourire sarcastique passa sur les lèvres charnues de Zeck.
    
    « Eh bien, quel accueil, ironisa-t-il. Moi qui me faisais une joie de pouvoir te voir après tout ce temps…
    
    — Mouais. Tu ne devais pas être si pressé que ça, » ronchonna-t-elle.
    
    Elle avait la rancune tenace. Ce n’était que l’un de ses nombreux défauts. Il avait intérêt à avoir une sacrée bonne raison d’être resté silencieux aussi longtemps, s’il voulait qu’elle lui pardonne. Le visage de Zeck se brouilla un très court moment.
    
    « Oh oh… serait-ce de l’irritation que j’entends dans ta voix ? T’aurais-je manqué ? » se moqua-t-il.
    
    Elle lui retourna un regard furibond. Que croyait-il au juste ? Qu’il lui suffisait d’un sourire et d’un regard charmeur ? C’était bien mal la connaître.
    
    « J’ai eu un problème avec mon transmetteur holographique, se justifia Zeck tandis que Vega se murait dans un silence méprisant. J’ai dû m’arrêter en catastrophe à Candar pour le remplacer. Et on ne peut pas dire qu’ils ont ce qui se fait de mieux là-bas. J’ai dû bidouiller les systèmes pendant trois jours pour arriver à le faire fonctionner. »
    
    Voilà qui expliquait la mauvaise qualité de l’appel. A sa décharge, c’était effectivement une sacrée bonne raison. N’empêche, il aurait pu essayer de se manifester autrement.
    
    « D’ailleurs, j’ai une livraison express pour Vigine, continua-t-il. Je serai à Gora dans quelques jours. Si tu n’es pas trop occupée à m’en vouloir, tu voudras bien m’arranger ça ? Et accessoirement, on pourra sûrement passer un peu de temps ensemble. »
    
    Ah, il savait s’y prendre le fourbe… Il n’ignorait pas qu’elle ne pouvait pas résister à l’appel de son superbe Carena 738. C’était plus fort qu’elle. Encore une fois, Vega ne put s’empêcher de se demander comment un simple petit coursier indépendant comme lui avait pu s’offrir pareille merveille. Ce vaisseau était un pur concentré de technologie terrienne, le dernier cri sur le marché du vaisseau spatial. Mécanicienne de son état, l’idée même de plonger dans les entrailles du Carena donnait à la jeune femme d’indescriptibles frissons d’extase.
    
    « D’accord, » grommela-t-elle, irritée de s’être fait avoir si facilement.
    
     Le Zeck holographique lui adressa un sourire complice auquel elle répondit en levant les yeux au plafond. A cet instant, malgré sa mauvaise foi évidente, elle ne pouvait s’empêcher de souhaiter qu’il soit près d’elle, avec son regard bleu comme on n’en trouve que chez les Terriens, son sourire canaille qui lui donnait des idées qui auraient fait rougir sa grand-mère et son torse particulièrement bien développé sur lequel elle adorait s’endormir. Bien sûr, plutôt se couper les mains que de l’admettre à haute voix. Elle n’était pas entièrement folle non plus et l’orgueil de Zeck n’avait vraiment pas besoin qu’elle lui fasse part de ce genre de pensées.
    
     « Tu vas me faire la tête longtemps ? soupira-t-il. Bon d’accord, j’ai été idiot. J’aurais dû t’appeler, trouver un moyen. Là, tu es contente ? »
    
     Vega haussa un sourcil.
    
     « Disons que je le serai quand tu viendras me répéter ça en chair et en os, déclara-t-elle impassiblement.
    
    — Reçu cinq sur cinq. Tu veux une lettre d’excuses en trois exemplaires signée par mes parents, aussi ? »
    
    La jeune femme secoua la tête, amusée malgré elle.
    
    « Non. Tu feras très bien l’affaire tout seul.
    
    — Un sourire pour m’encourager ? » tenta-t-il.
    
    Pour toute réponse, la jeune femme lui tira la langue. Ce n’était pas très digne, ni très adulte, mais elle ne voulait pas lui donner la satisfaction de croire qu’il pouvait obtenir tout ce qu’il voulait d’elle, même si dans les faits, ce n’était sans doute pas très loin de la vérité. Quoi qu’il en soit, elle avait sa fierté. Zeck soupira.
    
    « Je suppose que je vais devoir m’en contenter, marmonna-t-il. Mais j’aurais préféré un sourire.
    
    — Viens donc à Gora et peut-être que tu en auras un… suggéra Vega, amusée.
    
    — N’oublie pas de me le rappeler.
    
    — Compte là-dessus. »
    
    Zeck secoua la tête en souriant.
    
    « Bon, j’y retourne, annonça-t-il. Je n’aime pas trop laisser le pilote automatique sans surveillance.
    
    — Il ne faudrait pas qu’il t’envoie dans un champ d’astéroïdes par erreur.
    
    — C’est sûr que ça risquerait de beaucoup me retarder et ni toi, ni moi ne le voulons, n’est-ce pas ?
    
    — Absolument. »
    
    Malgré toutes ses excellentes résolutions, Vega ne parvint pas à s’empêcher de sourire. Une expression triomphante passa sur le visage brouillé de Zeck.
    
     « Eh bien voilà… »
    
     Et la communication coupa. Vega se rejeta contre le dossier de son fauteuil en levant les yeux au plafond, à mi-chemin entre l’amusement et l’exaspération.
    
     C’est à ce moment qu’elle aperçut le regard entendu – très entendu – de Moragh, toujours juché sur la table basse. Il avait eu le bon goût de ne pas souffler mot pendant sa conversation avec Zeck, c’était déjà beaucoup. Enfin, ça ne changeait rien.
    
     « J’ai dit : sans commentaire, marmonna-t-elle.
    
    — Mais je n’ai rien dit, » répondit Moragh en souriant de toutes ses dents.
    
    Cette fois, Vega ne résista pas à sa première envie et lui balança son pied dans l’épaule. Pas assez fort pour lui faire mal, mais néanmoins suffisamment pour le déséquilibrer, si bien que son meilleur ami se retrouva sur le sol, les quatre fers en l’air. Moragh se rétablit avec toute la dignité possible en pareille situation. Il se releva et se dressa de toute sa hauteur, les poings sur les hanches.
    
    « Bon, maintenant que tu as réglé ta petite peine de cœur, on peut peut-être passer aux choses sérieuses. Je commande des pizzas ? »
    
    
💫

    
     Vega travaillait sur un réacteur endommagé quand elle sentit une présence dans son dos.
    
    La jeune femme connaissait l’atmosphère de son atelier par cœur. L’immense bâtiment de tôle et d’acier était son univers depuis près de sept ans. Elle en connaissait le moindre recoin et la plus petite particule de poussière déplacée la rendait soupçonneuse. Vega se savait être d’une maniaquerie confondante quand il s’agissait du désordre de son atelier. On ne touchait pas à ses affaires à moins d’avoir des intentions suicidaires. Moragh en avait fait les frais, lui dont les maîtres-mots étaient organisation, rigueur et discipline. Sans doute des restes indélébiles de son éducation, mais Vega avait compris qu’il ne valait mieux pas trop évoquer cela devant lui. La famille de son meilleur ami était un sujet… sensible.
    
     Pour en revenir à l’instant présent, un je-ne-sais-quoi avait changé dans l’atmosphère de son atelier. Il y avait quelqu’un dans son dos. Quelqu’un qui essayait visiblement d’être discret ou de lui faire peur. Elle resserra sa prise sur sa clef de douze, prête à l’envoyer à la tête de l’importun. C’était un réflexe malheureux dont elle n’arrivait pas à se déparer mais qui lui avait souvent rendu service.
    
     « Pose ce truc tout de suite ! J’ai déjà tâté de ta formidable clef à molette et je ne tiens pas à recommencer. »
    
     Vega sourit en reconnaissant la voix de Zeck. Elle se retourna, les bras croisés, faussement irritée.
    
     « C’est une clef de douze, pas une clef à molette. Combien de fois faudra-t-il que je t’explique la différence ? gronda-t-elle.
    
    — Une fois de plus si tu veux, mais je crois fermement que tu vas devoir recommencer dans quelques jours, » sourit-il.
    
    Un instant plus tard, deux bras vigoureux s’emparaient de sa taille et elle se retrouva collée contre le torse de Zeck. La partie pensante de son cerveau songea une nouvelle fois que son Terrien était tout de même fort bien bâti sous son uniforme de pilote avant de se mettre en mode veille. Elle se retourna pour se noyer dans le regard du jeune homme. Elle ramena tendrement une mèche châtain plus longue que les autres derrière son oreille droite, atrophiée. C’était la plus grande honte de Zeck. Cette oreille, il la cachait avec un soin maniaque. Elle était toute petite et repliée sur elle-même comme un fruit desséché. Mais Vega avait développé une tendresse particulière pour cette oreille. Sans compter que cette curieuse malformation contribuait grandement à garder l’ego de son cher et tendre dans des limites acceptables. Elle lui sourit et le jeune homme lui sourit en retour, avec une irrésistible fossette enfantine au coin de la joue. Son cœur rata un battement.
    
    Inutile de trop développer la suite. Il était amplement suffisant de dire qu’elle comporta un certain nombre de baisers enfiévrés et de murmures à mi-voix. Après plusieurs minutes de ce manège qui n’appartient qu’aux amoureux, les deux jeunes gens s’écartèrent l’un de l’autre, à bout de souffle. Zeck appuya son front contre celui de la jeune femme.
    
    « Je suis vraiment désolé pour l’autre jour, tu sais, souffla-t-il.
    
    — Oh, oublie ça, répliqua-t-elle.
    
    Un sourire amusé releva le coin de la bouche de Zeck.
    
    « Vraiment ? Je croyais que c’était une condition sine qua non pour obtenir ton pardon.
    
    — Disons que j’ai changé d’avis. »
    
    Le jeune homme éclata franchement de rire et Vega le rejoignit bientôt dans son hilarité. Il fallait dire que Zeck était d’une gaieté communicative à laquelle il était difficile de résister.
    
    « Tu es vraiment un cas à part, toi, sourit-il quand il eut un peu repris contenance.
    
    — Ce serait moins drôle, sinon, » répondit-elle, amusée.
    
    Une sonnerie stridente à vous percer les tympans résonna dans l’atelier. Zeck grimaça. Vega, habituée, se dirigea d’un pas nonchalant vers le terminal d’appel dans un coin. Elle décrocha.
    
    « Eilor ! hurla une voix grave dans le combiné. Je ne te paye pas pour batifoler ! »
    
    Avec une grimace, Vega écarta prudemment le combiné de son oreille. Vaughn Darash, Dagordien auto-exilé de son état et pour l’heure patron de Vega, avait déjà du coffre au naturel, mais quand il s’énervait, c’était dix fois pire.
    
    D’ordinaire, il n’était pas trop sévère avec Vega. Elle était la seule fille qu’il employait dans ses ateliers et, sans fausse modestie, la plus efficace. Seulement, il évitait de trop montrer sa préférence pour Vega, ce n’était pas bon pour son image de patron sévère et intraitable. Les autres mécaniciens des ateliers avaient déjà eu du mal à accepter de se faire damer le pion par une fille, inutile de leur donner à croire que le grand manitou faisait du favoritisme.
    
    « Il te reste deux heures de boulot, il me semble, alors renvoie ton blanc-bec et remets toi au travail ! »
    
    Prise dans l’euphorie des retrouvailles, la jeune femme avait oublié que l’atelier faisait l’objet d’une surveillance étroite à l’aide de caméras dernier cri à peine détectables. Pas question que le précieux matériel des ateliers Darash s’envole. Il y en avait pour quelques centaines de milliers de crédits, là-dedans et Gora avait des vauriens aussi déterminés que partout ailleurs. N’empêche, dans ce genre de situation, ça pouvait poser quelques problèmes.
    
    « Compris, monsieur Darash, répondit-elle d’un ton aussi neutre que possible
    
    — J’espère bien ! »
    
    Le Dagordien raccrocha son propre combiné avec violence. Vega fit de même plus calmement. Elle se retourna pour se retrouver nez à nez avec Zeck.
    
    « C’était Cthulhu, hein ?
    
    — Ne l’appelle pas comme ça… » soupira-t-elle, agacée.
    
    Zeck avait pris la fâcheuse manie de surnommer ainsi son patron, tout ça parce que, comme n’importe quel Dagordien, il arborait une fière rangée de tentacules le long de la mâchoire, ainsi que d’autres menus détails inhérents à son espèce. La première fois, Vega n’avait pas compris l’allusion. Il avait fallu que le jeune homme lui envoie une version illustrée de L’Appel de Cthulhu de HP Lovecraft pour qu’elle comprenne. Zeck avait l’air de trouver ça hilarant, mais la jeune femme, beaucoup moins. Malgré ses airs bourrus, elle aimait bien son patron. Pour elle qui n’avait jamais eu de famille, il était ce qui se rapprochait le plus d’un oncle un peu dérangé, ronchon mais sympathique. Il l’avait prise sous son aile alors que rien ne l’y obligeait et la jeune femme lui en était infiniment reconnaissante.
    
    Elle secoua la tête.
    
    « Peu importe. Je finis dans deux heures. Si tu restes, je vais me faire passer un pain de savon de trois kilos.
    
    — Donc, tu me mets à la porte.
    
    — Tout à fait. Mais je ne m’inquiète pas, je suis sûre que tu vas trouver à t’occuper. »
    
    Zeck fit semblant de réfléchir pendant quelques instants. Vega leva les yeux au plafond et le tira par le bras jusqu’à la porte de l’atelier, sans qu’il ne montre trop de résistance. Le jeune homme riait quand elle le poussa dehors.
    
    « On se retrouve dans deux heures, assura-t-il. Mais je te préviens, c’est moi qui choisis où on sort ce soir.
    
    — Très bien, on fait comme ça. A tout à l’heure, » fit-elle en refermant la porte.
    
    Une fois qu’il fut dehors, Vega s’en retourna vers son réacteur, songeuse. Laisser Zeck décider de l’endroit où ils allaient passer leur soirée n’était peut-être pas la meilleure idée qu’elle ait eue ce jour-là.
    
    
💫

    

Texte publié par Pixie, 18 novembre 2015 à 19h37
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