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Tome 1, Chapitre 18 « Chapitre 5, Partie 2 » Tome 1, Chapitre 18

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Ah ! J'avais complètement oublié le petit passage du début de cette partie 2 ! J'assume le fait que ce soit un peu inutile, mais je trouvais important d'introduire le père d'Eli. Après tout, les parents sont là mais on ne les voit jamais, non ? Eh bien je vous présente le père !

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L’œil de l’Esprit-monde était sorti de la pénombre des Musardes et glissait désormais sur son écrin bleu azur. Il dardait ses rayons sur la terre craquante et l’herbe sèche de bonne heure, promettant une nouvelle chaude journée. En bas, des fourmis humaines s’agitaient déjà avec ardeur. Une dizaine de mufleurs broutaient paisiblement, ne prêtant aucune attention à l’agitation ambiante. La majorité des Brolls étaient partis chasser, délaissant le Convoi.

Les Lectavis comme à leur habitude patrouillaient le périmètre tout en se lançant des quolibets entre eux, tandis que ceux qui gardaient les bêtes jouaient aux dés et aux cartes, assis en tailleur sur le sol.

Le Uo avait décidé tôt dans la matinée de s’arrêter, préférant faire réparer la roue endommagée plutôt que risquer un accident. Cela impliquait également qu’ils devraient se rationner en eau à partir d’aujourd’hui car ils n’atteindraient pas Tarem avant encore trois jours.

Dael et les autres charpentiers s’affairaient autour du quatrième Kew, pendant que d’autres Ambulants finissaient de décharger la cargaison. La durée de l’intervention dépendait de l’état de la roue. Si la jante était trop fragilisée, il faudrait remplacer l’ensemble et cela prendrait du temps.

Assis sur un tabouret à l’intérieur d’une des nombreuses tentes qui se dressaient tout autour des Kew, se trouvaient Elidorano. En face de lui, son père travaillait une tenture en lin sur son métier à tisser, appuyant régulièrement sur les pédales pour broder des motifs complexes. On pouvait déjà deviner les perdrix bleu et or qui ressortaient sur l’arrière-plan fleuri.

Concentré sur son travail, le tisserand n’avait toujours pas dit un mot. Elidorano prenait son mal en patience, se demandant avec curiosité comment il aborderait le sujet. Le silence était seulement brisé par les cliquetis des battants et le claquement des pédales.

Son père portait son couvre-chef habituel, un chapeau en toile de lin savamment enroulé de rubans aux couleurs chatoyantes. Il mâchonnait sa pipe à la cadence des battements de ses pieds, soufflant sporadiquement des bouffées de fumée. Autour de lui, des petites étagères déposées ce matin contenait le nécessaire pour repriser les vêtements et tisser les tapisseries soigneusement pliées et posées à proximité.

-Si tu me racontais toute l’histoire depuis le début ? marmonna finalement l’artisan.

Elidorano acquiesça.

-Eldara tenait à voir le Wobe de Katala. Aussi nous nous sommes tous les trois dirigés vers son enclos. Au début Eldara observait seulement la bête à l’extérieur de la clôture qui se reposait. Katala s’était quant à elle approchée du rhinocéros et s’est mise à le cajoler. L’animal semblait assez paisible, il sommeillait presque.

Le jeune Ambulant fit une brève pause.

-Tu connais Eldara, elle a absolument tenu à s’approcher de la bête à corne pour la caresser. Et puis le rhinocéros était assoupi, je ne voyais pas de danger à la laisser faire. D’ailleurs il semblait apprécier les attentions d’Eldara. Après elle s’est positionnée sur le dos de l’animal, comme si c’était un poney. C’est là que…

-Que quoi ? dit son père, attendant la suite.

-Le rhinocéros s’est subitement relevé puis s’est mis à mâcher des branchettes sans même s’apercevoir de la présence d’Eldara sur son dos. L’animal avait un garrot bien plus important que celui d’un poney, et un caractère bien moins docile. Du coup ma sœur ne pouvait pas descendre !

-Par la croupe d’Ura ! Mais il suffisait de l’aider !

-Certainement pas ! D’après Katala les rhinocéros sont très susceptibles pendant qu’ils se nourrissent, ils peuvent même se montrer agressifs envers leur Bawe.

-Mais tu n’as pas tenté de l’approcher malgré tout ?

-… Non. Je crois que l’animal ne m’appréciait pas trop. Il grognait et tapait du pied à chaque fois que je faisais mine d’avancer.

Le tisserand interrompit son travail un instant, le temps de bourrer à nouveau sa pipe et d’en tirer une sérieuse bouffée. Puis il fit signe à Elidorano de poursuivre.

-Donc nous avons attendu que le rhinocéros finisse de mastiquer.

-Vous avez patienté combien de temps ? Une heure environ ?

-Environ. Mais pendant tout ce temps Eldara ne paniquait absolument pas et semblait ravie. Tout ça c’était avant le bain de boue.

-Le… le bain de boue ?

-Selon Katala les rhinocéros se vautrent régulièrement dans les flaques boueuses. C’est comme un rituel si tu veux. C’était assez soudain. On a tous été surpris. Surtout Eldara qui s’est étalée dans l’eau sale.

-C’est là qu’est arrivée Ellya ?

-Oui, mère est arrivée juste après.

Son père hocha gravement la tête.

-Je comprends mieux la situation maintenant. Du coup Eldara est sortie en vitesse de l’enclos et Ellya l’a emmenée après t’avoir ordonné de passer me raconter la mésaventure ?

Elidorano jugea opportun de se fendre d’un sourire.

-Oui c’est exactement ça.

L’artisan secoua la tête en marmonnant dans sa barbe. Son couvre-chef multicolore s’agitait dans tous les sens, zébrant l’air de ses rubans bariolés. Finalement il pointa un doigt accusateur en direction de son fils.

-Tu manques sacrément d’autorité tout de même ! La prochaine fois dis non à ta sœur dès le début.

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-Tu souhaitais me parler, Uo ?

Ils se trouvaient un peu à l’écart du Convoi. Une statue dorée aux traits familiers avait été amenée ici au moyen d’une charrette. Marie reposait sur le dos, dans l’exacte même position que quand le jeune Ambulant, son frère et Katala l’avaient sortie de l’eau. Adaelia tenait la main tendue de sa fille, son dos tressaillant au rythme de ses sanglots.

Ecalo et Elidorano étaient à quelques mètres de là, observant le spectacle en silence. Après quelques minutes, le Uo parla doucement sans le regarder.

-Je n’ai jamais pleuré de ma vie, excepté à la mort de mes parents. Pourtant, quand je voie ma femme étreindre ma fille de cette manière je sens une profonde tristesse me serrer le cœur. Si je me l’autorisais, je les rejoindrais, les enlacerais et donnerai libre cours à mon chagrin.

-Vos parents sont morts ? demanda poliment Elidorano.

-Ils ont quitté leur Convoi il y a bien longtemps, partant à l’aventure sur leur propre chariot. Ils sont tombés un jour sur des Maraudeurs deziens. Leurs cadavres étaient dans un état de décomposition avancé quand je les aie retrouvés. Nul ne se souvenait d’un vieux couple de voyageur en ville. Je ne sais même pas par quel hasard je suis tombé sur leurs dépouilles. Seule Unifaw le sait.

Elidorano forma un cercle avec ses mains, représentant l’essieu, symbole des Ambulants. Plus par habitude que par réelle empathie ou pour une quelconque croyance cela dit. Le Uo hocha légèrement la tête puis enchaîna.

-Marie était une Ambulante talentueuse. Pas autant que moi bien sûr, mais son alchimie dépassait de loin ce que j’ai pu observer au sein de notre Convoi. Une chose curieuse était qu’elle parvenait facilement à transmuter l’or en bois, pierre ou même fer ; mais qu’elle était bien incapable de réaliser le processus inverse. Ses adversaires au Mandeïlon se plaignaient qu’elle change les pièces d’or en un autre matériau, les obligeant à se procurer une nouvelle pièce après chaque partie.

Elidorano songea brièvement qu’Ecalo aurait pu épargner cet investissement aux pauvres victimes de Marie s’il l’avait voulu. Mais ce n’était pas dans la nature du Uo de venir en aide gratuitement à quelqu’un.

-Et la voilà maintenant pétrifiée, changée en statue d’or. Il semblerait que ma fille ait finalement réussi la transmutation qui lui résistait tant. Je peux presque voir Marie, une lueur malicieuse dans les yeux, riant aux éclats devant l’ironie de son propre sort.

Perdu dans ses pensées, le Uo semblait avoir oublié sa présence. À son air mélancolique, le jeune Ambulant devina qu’il ressassait des souvenirs. Elidorano hésita avant de poser une question qui lui brûlait les lèvres depuis le début de la conversion.

-Qu’as-tu vu en traversant l’Eldlialtel, Ecalo ?

Le Uo le regarda avec surprise, comme étonné que son assistant soit toujours à ses côtés.

-Quand ? J’ai franchi l’Eldlialtel sept fois.

-Les sept fois.

Les yeux d’Ecalo pétillèrent pendant quelques secondes.

-J’ai vu l’avant du Convoi qui sortait de la colonne vertébrale du monde.

-À chaque passage ? Impossible.

-Improbable tu veux dire ? Tu es libre de ne pas me croire. L’Eldlialtel est un lieu étrange. Certains considèrent, comme les Candélabres, qu’il s’y produit une distorsion de l’espace et du temps. Pour moi il s’agit d’un moment de communion avec l’Esprit-monde. L’Eldlialtel nous montre ce que nous avons besoin de voir et pas ce que nous voulons voir. Mais tu remarqueras que ce que chacun aperçoit est assez personnel. Des historiens peuvent en effet assister à une bataille capitale, des aventuriers apercevront peut-être un rare artefact, quand d’autres verront des pans importants de leur futur. Si l’Eldlialtel nous montrait réellement n’importe quel lieu à n’importe quel moment, ce genre d’évènements ne se produirait pas avec une telle régularité. A chaque fois que je franchis la colonne vertébrale du monde et que j’aperçois mon Convoi, dans le présent, j’en retire une très grande fierté. Car cela signifie que l’œil de l’Esprit-monde à cet instant précis me regardait. En cela je suis bien quelqu’un d’exceptionnel. Je suis également totalement maître de mon destin. Une indépendance que vous autres, moutons guidés par l’Eldlialtel, ne possédaient pas.

Elidorano fit la moue. Le Uo avait peut-être raison. À vrai dire le sujet lui aurait certainement paru digne d’intérêt s’il n’avait pas été préoccupé par le dialogue qui allait suivre. L’excitation d’Ecalo était perceptible, lui aussi était impatient. Elidorano inspira longuement, il allait devoir jouer finement.

Quand il parla enfin, son visage exsudait l’assurance et la détermination.

-Jouons cartes sur table Ecalo. Je sais très bien ce que tu manigances. Tu n’as aucune intention de suivre les ordres des Primitifs.

Le Uo le détailla de ses yeux d’aigle.

-Depuis quand le sais-tu ?

-Quand tu m’as présenté le Ledgovas. Il était alors évident que tu comptais trahir les Primitifs. Le plus surprenant est que c’est toi qui m’as mis sur la voie. Tu souhaitais que je comprenne la vraie nature de ton plan. Un projet que Talada, aveuglé par sa confiance en la loi des Primitifs n’a pas pu deviner. J’en déduis que tu as besoin d’un complice. Un assistant suffisamment futé pour saisir le sens de tes actions et contribuer dans l’ombre à la réalisation de ton plan.

-Je sens le « mais » arriver. lança Ecalo, le visage toujours aussi inexpressif.

-Pas vraiment. Seulement je ne suis pas dupe. Ta sentimentale prestation aurait été convaincante si je n’avais pas su que tu descendais d’une ancienne lignée. Tu es probablement l’arrière-petit-fils d’un Primitif. Il est rare qu’un Ambulant quitte le Convoi pour voyager en solitaire. Nous ressentons le besoin permanent de vivre en communauté, c’est dans le sang de chacun des membres de notre peuple. Et tes parents, qui devaient être des Ambulants jusqu’à la moelle ne seraient jamais partis en chariot à l’aventure.

-Il nous est aussi impossible de trahir les Primitifs, il me semble. répliqua le Uo, un fin sourire aux lèvres.

Elidorano ne répondit pas tout de suite. Effectivement Ecalo ne devrait pas pouvoir mettre en œuvre son projet. Les Ambulants reconnaissaient la suprématie des Primitifs car elle était traditionnelle, légitime et bénéfique sur le long terme. Mais plus que cela, désobéir à la loi des Primitifs allait à l’encontre des Principes. Au nombre de dix, ils régissaient la manière de vivre des Ambulants car ils ne pouvaient être enfreints. Par exemple un Ambulant était incapable de tuer un membre de son peuple, du moins pas directement. Alors comment pouvait-il seulement espérer réussir ? Le Uo devait avoir trouvé un moyen de déjouer les Principes. Cependant ce qui intéressait le plus Elidorano, c’était…

-Pourquoi ? Pourquoi vas-tu à l’encontre des plans des Primitifs ? Je vois quand, où et de quelle manière tu comptes procéder, bien que j’ignore comment tu peux ignorer les Principes. Mais quel est ton motif ? Que je sache, notre Convoi prospère et nous avons une certaine liberté d’action. En trahissant les ordres des Primitifs, tu t’opposes à tout ce en quoi tu crois.

Ecalo éclata de rire.

-Tu penses tout savoir mais en vérité tu connais mal notre système. Tu ne sais même pas qui nous sommes ! Aucun membre de ce Convoi, moi excepté, est proche de la vérité. Tu veux une raison valable pour que je m’oppose aux Primitifs ? Peut-être espères-tu être convaincu par une argumentation sans faille. Mais je ne te ferai pas ce plaisir. Ce serait bien trop facile.

Le Uo le regardait, souriant, les traits énigmatiques. Ces cheveux poivre sel tombaient en bataille sur son front plissé par le temps. Ses yeux cuivrés le défiaient de répondre à sa question muette.

« Dis-moi Elidorano, en quoi crois-tu, quelles sont tes attaches dans ce monde ? »

-Je souhaite protéger le Convoi et à plus grande échelle notre peuple. répondit simplement Elidorano.

Le Uo lui saisit les épaules, son regard toujours plongé dans celui de son assistant.

-Alors tu vas devoir faire un choix difficile maintenant. J’exige ton dévouement total.

Elidorano pesa rapidement le pour et le contre. Il y avait déjà murement réfléchi sur le chemin, quand il allait à la rencontre d’Ecalo. Il ne faisait aucun doute que sa vie était dans la balance. S’il refusait d’être le complice du Uo, alors ce dernier trouverait un moyen de se débarrasser de lui. En effet, si jamais les Primitifs apprenaient ce qu’il manigançait, ils mettraient probablement tout en œuvre pour le stopper. Et le plan d’Ecalo tomberait à l’eau. Un risque que le Uo ne pouvait pas courir.

D’un autre côté, le Uo semblait apprécier le jeune Ambulant et était visiblement prêt à s’en faire un allié plus qu’un simple serviteur. Si jamais Elidorano acceptait les exigences d’Ecalo, il aurait suffisamment de liberté pour pouvoir influer les décisions du Uo. Il pourrait ainsi assurer la protection du Convoi dans une certaine mesure. Mieux, si Ecalo réussissait ce qu’il entreprenait, Elidorano serait en excellente position pour défendre son peuple.

Le jeune Ambulant humidifia ses lèvres avec sa langue. Sa décision était prise. Mort il ne serait d’aucune utilité.

-Faisons un contrat. Je te devrai une obéissance absolue et exécuterai tes ordres jusqu’à ta mort.

-Jusqu’à ma mort ? Mmm… Ça me parait honnête. dit le Uo sur un ton désinvolte.

-En revanche je m’abroge le droit d’ignorer tes ordres si la survie du Convoi en dépend. De même, si tes actions mettent en péril le peuple Ambulant, je m’y opposerai. Ensuite je ne recevrai d’ordres de personne toi excepté. Hiérarchiquement je n’aurai pas d’autres supérieurs. Si je dois recevoir tes ordres indirectement, je me réserve la décision de suivre ou non les directives, suivant que je sois convaincu ou non de leur authenticité. Enfin, à ta mort, tes dernières volontés seront de me nommer Uo de ce Convoi.

Ecalo le jaugea du regard, évaluant sans doute sa résolution. Certaines des conditions émises ne lui plaisaient probablement pas. Ses yeux d’aigle transperçaient le jeune Ambulant, semblant gober la moindre de ses pensées. Finalement le Uo claqua de la langue.

-Je savais que tu te montrerais gourmand, mais alors là, chapeau ! Cela dit tes conditions me semblent acceptables à défaut d’être raisonnables.

Ecalo tendit la main, qu’Elidorano serra, scellant ainsi son destin.

L’homme en face de lui n’avait pour autre but que de défaire les Primitifs, des êtres qui régnaient sur le peuple Ambulant depuis plusieurs siècles. Et lui, Elidorano, venait de lier sa vie à cet individu de manière irrémédiable.

-Pour commencer, je veux que tu t’occupes du Ledgovas. Tu lui fourniras les informations qu’il désire, lui décriras notre peuple. Tu parleras également des Ruhons et des spécificités de Tarem. Mais évite d’évoquer l’alliance des sept domaines. De même tu filtreras tout ce qui pourrait compromettre notre plan. Tu peux te mettre immédiatement au travail.

Elidorano s’exécuta.

En quittant le Uo, le jeune Ambulant salua Baradan qui s’appuyait nonchalamment sur un arbre. L’ancien Déserteur du Soir aux bras puissants était l’homme de confiance d’Ecalo. Elidorano les avait souvent vus discuter en privé ou échanger des messes basses. Bien sûr Baradan était le commandant des Lectavis et il devait donc régulièrement rendre des comptes au chef du Convoi. Mais les deux hommes se voyaient beaucoup trop pour que les rapports de troupe journaliers soient le seul sujet évoqué. Certainement, s’il avait refusé l’offre du Uo, Elidorano aurait eu droit à la visite de Baradan.


Texte publié par Louarg, 26 septembre 2015 à 17h06
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