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Tome 1, Chapitre 17 « Chapitre 5, Partie 1 » Tome 1, Chapitre 17

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Un chapitre important ! Quand j'y repense, ce chapitre aurait dû arriver bien plus tôt. C'est le moment de savoir ce qu'est un "presque-humain" ou, comme ils préfèrent s'appeler, un Ambulant. Je ne sais pas si j'ai bien fait de faire venir ces notions si tard, mais je déteste précipiter les choses en général.

De plus, le caser avant, ce serait ajouter plus de termes "propres au monde" et donc risquer de perdre le lecteur. Sans compter que cela retarderai l'intrigue et l'apparition de certains personnages d'une vingtaine de page. Voilà donc, mon choix. N'hésitez pas à me donner votre avis sur le sujet !

Ce sera, je pense, le dernier chapitre que je posterai pour l'instant, en attendant d'avoir des lecteurs. Actuellement, j'en suis au treizième chapitre, donc si vous voulez connaître la suite, n'hésitez pas à me le faire savoir !

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Principe édicté par les dieux,

Tout être vivant doit périr.

Mais refus de s’en souvenir,

Contrat caduc aux yeux des cieux,

Liant un corps et son âme.

Le moineau juché sur une branche de chêne parcourait le jardin abandonné du regard. Les mauvaises herbes et les ronces proliféraient ici. Un muret fissuré à de nombreux endroits gardait l’étendue sauvage. Au centre de la végétation se trouvait une bâtisse à l’abandon. Les tuiles crevées et sales étaient presque toutes tombées au fil des sanois. Le lierre courait sur les murs fatigués de la vieille demeure et bouchait les rigoles au coin des murs.

Un mouvement attira l’œil du moineau. Un vers de terre se profilait sur le sol. Sans hésiter le volatile plongea. Il attrapa sa cible avec son bec et battit des ailes pour remonter.

Trop tard. Une ombre jaillit de derrière les fourrés et le happa en plein vol. D’un mouvement sec le félin brisa la nuque de sa proie pour qu’elle cesse de se débattre. Quand les muscles de l’oiseau se relâchèrent, le prédateur satisfait bondit sur la clôture de pierre pour mieux apprécier son festin.

La rue était loin d’être silencieuse. Le chat pouvait entendre ses compagnons à quatre pattes miauler et feuler quand ils se disputaient un territoire. Il y avait également le hululement des chouettes qui habitaient dans les maisons abandonnées. Les rafales de vent venaient gifler les branches d’arbres trop en hauteur, les agitant dans tous les sens et produisant un vrombissement répété.

Mais aucun signe des bipèdes. Pas un seul de ces animaux n’arpentait la rue cette nuit. En fait les seuls bipèdes des environs résidaient dans la bâtisse que le félin observait. La grille rouillée qui servait de portail était poussée et il pouvait sentir l’odeur des deux nouveaux venus. De la lumière filtrait au travers d’une des fenêtres malgré les volets et des sons diffus étaient perceptibles.

Son repas fini, le chat resta perché sur le muret. Cet endroit éveillait sa curiosité. Il resterait là un peu plus longtemps à épier les bipèdes.

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Le faible éclairage provenait d’un chandelier au centre de la pièce. Un homme faisait les cent pas dans la salle. Il semblait préoccupé, jouant machinalement avec ses bracelets. Sa main droite luisait étrangement et paraissait sculptée dans du métal précieux. L’étrange personnage était certainement de sang nordique au vu de ses cheveux blonds et ses yeux bleu azur.

Un autre homme se trouvait à quelques mètres de lui. Il était adossé au mur, ses bras ligotés en arrière. Son visage était défiguré par endroits, une croûte grise et solide recouvrant une partie de sa bouche jusqu’à une de ses paupières. Le prisonnier esquissait un demi-sourire, le mieux qu’il pouvait produire compte tenu de sa condition. La paupière à l’apparence rocheuse ne se soulevait pas, semblant soudée à jamais. L’individu défiait son interlocuteur de son œil valide. Ses cheveux auburn rougeoyaient à la lueur des bougies.

-Reprenons depuis le début. Combien de compagnons sont arrivés avec toi à Tarem ? souffla Ucobo en dezien.

Son ennemi avait fait la sourde oreille presque à chaque question posée par son tortionnaire, mais étrangement il répondait parfois quand Ucobo l’interrogeait dans sa langue natale.

-Trois.

-Vous étiez cinq au départ. Où se trouve le dernier ?

Le dezien resta silencieux.

-Vous avez tué une bête près du Linil, un Ourkkha. Pourquoi ?

-…

-Vous avez récupéré la pierre ? Dans quel but ?

-…

-Qui a la pierre ? lança Ucobo, exaspéré.

-…

-Comprends bien, si un de tes trois compagnons a la pierre, je procéderai à un échange avec tes amis et tu repartiras sain et sauf avec eux. N’est-ce pas ce que tu désires ? Par contre si c’est le quatrième qui a l’âme de l’Ourkkha, tu ne me sers à rien. dit-il d’un ton menaçant.

-Tu paieras pour ce que tu m’as fait Ledan.

-Tu n’es pas en position de proférer des menaces. Je te rappelle que tu es le prisonnier ici.

-Ça ne va pas durer.

-Tu sembles bien confiant. Peut-être penses-tu que je ne mettrai pas ma menace à exécution ? Ou alors tu espères que tes compagnons nous retrouvent ? Ici, dans les Souterrains ?

-Si tu me libères maintenant je te laisserai la vie sauve. Tu as ma parole.

Ucobo passa une main sur sa figure, tentant de se calmer. Ce dialogue ne menait à rien. Le dezien ne parlerait pas et il n’avait de toute évidence pas peur de lui. Ucobo était à court d’idée. Il pensa à son frère. Lui saurait quoi faire dans cette situation. Voyons, comment devait-il procéder ? Il pouvait toujours se servir de son prisonnier pour appâter les autres deziens. Ces tueurs tenaient-ils à leur compagnon ? Accepteraient-ils le marché ? Même si c’était le cas, ils le tueraient sans doute après l’échange. Ucobo devait trouver une manière de se procurer la pierre en courant un minimum de risques.

-Ils arrivent.

-Pardon ?

-Mes confrères arrivent. Ils savent où nous nous trouvons en ce moment tu sais.

L’Ambulant étudia le dezien du regard. L’homme semblait très sûr de lui. Était-ce du bluff ? Sûrement. Après tout, il était impossible que ses compagnons les retrouvent dans le labyrinthe qu’était les Souterrains.

Un souffle froid siffla au travers de la paroi poreuse du bâtiment. Les murs décrépis étaient perméables au vent. La lumière vacillante des bougies créait des rosaces d’ombre et de lumière sur les murs. Les formes ondulèrent et tournoyèrent sous la bourrasque, comme prises de folie.

Ucobo ne put s’empêcher de frissonner. Peut-être avait-il commit une erreur. Non. Son prisonnier se jouait de lui. Il ne devait pas céder à la panique.

-Tu m’as appelé Ledan. Pourquoi ce nom ? Je ne suis pas un mage.

-Tu utilises une forme de magie. Et tu l’emploie à mauvais escient. C’est suffisant pour que je te qualifie de Ledan. Ta simple existence insulte le dieu Gener !

-Le dieu Gener ? Attends. C’est pour cela que vous avez tué l’Ourkkha n’est-ce pas ? Parce que c’était une créature magique.

Le dezien haussa des épaules d’un air vague.

-La mort de l’Ourkkha était nécessaire pour plusieurs raisons. Nous ne tuons pas indistinctement tous êtres vivants contrôlant l’Edah. Seuls les impurs qui nuisent à l’idéal de vie préconisé par Gener.

-Pour quelles raisons l’avez-vous tué ? demanda Ucobo.

Son prisonnier ne lui prêta aucune attention. Il avait fermé son deuxième œil et respirait profondément.

« Par la croupe d’Ura ! Juste quand le bougre commençait à vider son sac ! »

Il avait parlé d’un idéal. Quelle sorte d’idéal ?

Un craquement se fit entendre. Ucobo se figea. Il avait reconnu le bruit caractéristique des marches d’escalier qui menaient au premier étage. Peut-être était-ce un chat. Il en avait vu des dizaines en parcourant la rue. Ucobo avait choisi la demeure avec soin. Il y avait deux issues en plus de la porte principale. L’une se trouvait à l’étage et l’autre au fond de la pièce principale en face de la cheminée. Des agresseurs intelligents auraient contournés la bâtisse et repérés les sorties. S’ils étaient trois, l’un d’eux serait monté à l’étage et aurait commencé à fouiller le bâtiment pièce par pièce.

Ucobo voulait en avoir le cœur net. Il se dirigea vers la porte et l’ouvrit, s’attendant à voir un félin bondir en arrière et s’enfuir à toute vitesse. La porte coulissa en grinçant.

Et l’Ambulant se retrouva nez à nez avec... une arbalète. L’homme qui l’a tenait eut l’air aussi surpris que lui. Il ne s’attendait visiblement pas à ce que la porte s’ouvre à la volée. Tentant le tout pour le tout, Ucobo se jeta à terre. Au bruit sourd qui retentit, il comprit que le carreau s’était planté contre le mur opposé.

Profitant que le guerrier recharge, Ucobo récupéra la dague qu’il avait posée sur la table et se dirigea à quatre pattes vers son prisonnier. Il releva brutalement le dezien, lui plaqua la lame sur la gorge et recula lentement vers la fenêtre. C’était certainement sa meilleure chance de s’échapper.

Son adversaire avait fini de tendre la corde et braquait à nouveau son arme vers lui. Voyant que l’Ambulant se servait de son prisonnier comme d’un bouclier, il sembla indécis. Ucobo en profita pour briser la vitre derrière lui d’un coup de coude. Le bois vermoulu de la fenêtre céda facilement, le verre se brisant avec un son strident.

-Stataz tu me gènes ! Bouge de là ! gueula l’arbalétrier.

Tout en accentuant la pression de la dague sur la gorge de son prisonnier, Ucobo plaqua sa main aux reflets dorés contre les volets. Ceux-ci étaient épais et difficiles, il avait eu un mal fou à les fermer. Les faire coulisser prendrait trop de temps. Le jeune Ambulant se concentra sur l’étrange énergie qui parcourait sa main et réchauffait le creux de sa paume. Comme des étincelles, le puissant courant parcourut ses doigts et picota sa peau. Le bois vibra à son contact, se tordit et ballota pendant quelques secondes.

« Sable. »

Des dizaines de milliers de petits grains soudains affectés par la pesanteur chutèrent dans un même ensemble. La pluie ocre souleva un nuage de poussière.

-Ecarte-toi Stataz !

Ucobo raffermit sa prise sur le dezien et bascula en arrière, passant à travers la fenêtre.

Il évita les ronces de peu, atterrissant dans les taillis près du mur. Il sentit une multitude de branchettes se briser sous son poids et celui du cultiste de Gener.

L’Ambulant se releva rapidement et souleva le dezien ligoté, le calant sur son épaule comme un baluchon, veillant à couvrir son dos au maximum. Puis il courut vers le muret.

Un carreau siffla à sa droite. Du coin de l’œil Ucobo repéra un guerrier qui surgissait de l’autre côté de la cour. Ralenti par son fardeau, Ucobo n’avait aucune chance de distancer son poursuivant.

L’Ambulant enjamba la haie de pierre, ralentit et se retourna. Juste à temps pour voir un dezien armé de deux faucilles sauter par-dessus l’obstacle.

C’était le bon moment. Les hanches d’Ucobo pivotèrent et il projeta Stataz en avant dans la trajectoire de son ennemi. À sa grande surprise ce dernier réagit au quart de tour, vrillant le corps pour mieux absorber l’inertie de son compagnon, il le récupéra avec le torse et détendit le bras dans le même mouvement à la manière d’un fouet.

La faucille virevolta dans l’air à une vitesse fulgurante avant de mordre l’épaule d’Ucobo. La douleur tétanisa son bras. Il recula de plusieurs pas, pointant sa dague en avant. Son adversaire se réceptionna souplement, déposant Stataz au sol. Puis le dezien s’approcha, faisant tournoyer son arme de sa main droite avec dextérité.

« Par la croupe d’Ura ! Ce type est ambidextre ou quoi ? »

Le premier lancer de la main gauche relevait du prodige. Savoir qu’il pouvait très bien réitérer son exploit glaçait de peur Ucobo. Mieux valait aller au contact.

Le jeune Ambulant voulut avancer en direction du guerrier mais ses jambes se dérobèrent sous son poids. Il se sentait étrangement nauséeux tout d’un coup. Son corps ne lui répondait plus, sa bouche était pâteuse et la douleur vive à l’épaule n’était plus qu’un souvenir. Les pieds du dezien s’arrêtèrent. L’observait-il ? Le champ de vision d’Ucobo se floutait et s’obscurcissait de secondes en secondes. La lame devait être empoisonnée…

La torpeur s’empara subitement de lui et il perdit connaissance.


Texte publié par Louarg, 26 septembre 2015 à 16h59
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