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Tome 1, Chapitre 12 « Chapitre 3, Partie 3 » Tome 1, Chapitre 12

L’œil de l’esprit monde risqua un œil au-dessus des Penias, s’inscrivant dans un ciel bleu tacheté de blanc. Sa chaleur rayonnante vint réchauffer l’eau de la rivière et la végétation à proximité des berges, ainsi qu’un équidé et son propriétaire.

Laissant la jument épuisée s’abreuver à son gré, Ucobo s’agenouilla sur la rive puis mettant ses mains en coupe entreprit de se rafraichir la tête et la nuque. Déjà deux nuits qu’il ne fermait pas l’œil. Il devait avoir l’air d’un vieillard en souffrance. Finalement il plongea carrément la tête dans l’eau pour se réveiller.

Il se figea presque aussitôt. Quelque chose brillait au fond de la rivière. Il se releva lentement, des frissons le parcourant. C’était le même endroit où Marie et lui avait été piégés. Sans hésiter, il se dévêtit ne conservant que ses bracelets et plongea.

« Ouach ! L’eau est froide ! »

Il atteint sans difficulté le fond où se trouvait un oiseau en or. Ucobo hésita. Le merle avait dû traverser la même substance doré en amont. S’il ne se trompait pas, il devait être en or massif, comme pour Marie. Sa main droite allait-elle être soudée au volatile dès qu’il le toucherait ?

« Quel pitre je fais ! L’esprit-monde doit rire à chaudes larmes devant mon indécision. La réponse que je cherche est à portée de main et je n’ose la saisir ! »

Se secouant il attrapa l’oiseau. Comme il le redoutait, sa main adhéra aussitôt à la matière comme aimantée. Cependant le merle en or ne pesait pas lourd et il le remonta facilement. Une fois hors de la surface il étudia aussitôt le volatile. Il n’y avait aucun doute. L’animal avait bien été changé en or. Tout comme Marie, tout comme…

Ucobo fit tourner par réflexe son bracelet en or. Il portait comme à son habitude quatre bracelets. Le dernier d’entre eux, c’est-à-dire le plus loin du poignet, était le bracelet d’argent qui lui avait offert Marie. C’était l’identique de celui que portait la jeune femme, aussi le Uo l’avait tout de suite remarqué.

Sauf que… désormais le bracelet était en or. Quand avait déduit Ecalo ? Certainement qu’il était parvenu à maîtriser l’alchimie d’une manière ou d’une autre au vu de son manège avec les cailloux.

Pourquoi et comment le cadeau de Marie s’était changé en or était un mystère. Il avait remarqué la différence hier matin. Il avait certainement pendant la nuit blanche qui avait précédé manipulé le bracelet avec sa main droite. De là à savoir comment il était parvenu à changer l’argent en or…

Ucobo se leva, roula ses vêtements en boule sous son coude et se saisit de l’oiseau d’or de l’autre main. L’Ourkkha avait certainement la réponse à ses questions. Il chercha du regard le gros rocher qu’Elidorano avait mentionné tout en remontant la rivière.

Il n’eut pas de mal à repérer le lieu. L’énorme bloc de pierre qui se dressait maintenant devant lui était immanquable. Et derrière cette caillasse se trouvait la dépouille de la fameuse bête, identique à la description minutieuse qu’Elidorano avait fournie.

Ucobo ne voyait aucun signe de décomposition. Le cadavre après tout ce temps aurait dû commencer à pourrir. Le jeune homme se rappela le jour où il avait aperçu l’Ourkkha. Il était alors à la poursuite de son frère. En voyant Elidorano si proche du dangereux animal, Ucobo avait voulu apeurer la bête en décochant une flèche.

Mais il n’y avait pas grand-chose de comparable entre l’Ourkkha d’avant et le corps mutilé de la créature qui flottait dans l’eau. Son sang doré baignait autour du cadavre, semblant incapable de s’éloigner de la dépouille ou de se mélanger à l’eau. Ucobo se souvint du moment où ils avaient traversé la fameuse substance. Tout s’était passé si vite. La jeune femme avait comme attiré à elle l’horrible matière. En quelques secondes Marie avait été enveloppée d’une couche solide. Son corps s’était peu à peu figé, s’était alourdi… Mais seule la main d’Ucobo avait été touchée par le phénomène. Pourtant, s’il se souvenait bien, il se trouvait sur le côté droit de la rivière. Le jeune homme se rappelait même s’être écorché l’épaule en touchant le rocher. Il aurait donc dû en toute logique être plus affecté que la fille du Uo. Alors pourquoi ?

« Pourquoi ne suis-je pas dans le même état que Marie ? »

La pensée raisonna dans son esprit, faisant écho à ses craintes, ses doutes et ses remords.

Comme en transe, Ucobo déposa ses affaires sur la rive avant de descendre lentement dans l’eau. Ici la rivière était moins profonde, l’eau lui arrivant aux hanches. En quelques enjambées il était devant l’Ourkkha. Les ravages commis sur le corps étaient encore plus frappant de près. En particulier le trou béant à la tête de l’animal exhalait la douleur et la tristesse. Ucobo ressentit étrangement cette même tristesse envahir son corps, son esprit. Toute son ossature résonna comme un tambour morose, battant une litanie qui n’exprimait que désespoir. La peine étreignit son cœur, le chagrin suinta par tous les pores de sa peau, le sentiment de perte secoua son corps d’intenses frissons.

Puis le premier flash arriva. Ucobo se trouvait haut dans le ciel, slalomant entre les nuages à toute vitesse. Le sentiment de liberté et de volupté le grisait. Il voyait avec netteté le sol malgré la hauteur. Il devait avoir de très bons yeux. Il repéra un lièvre qui filait dans la plaine. Sans hésiter il plongea, repliant ses ailes pour couvrir le moins de surface. Le petit animal ne l’avait pas vu et continuait sa route.

Il le faucha en plein vol avec ses serres, transperçant le lièvre de part en part. Satisfait Ucobo remonta en flèche en direction de sa tanière.

Le souvenir s’interrompit brutalement aussitôt suivit par un autre. Cette fois il était au-dessus d’une immense étendue d’eau. Il battait des ailes avec vigueur, conservant sa trajectoire. Ucobo savait que bientôt il distinguerait la terre. Mais pour l’instant il n’apercevait que la mer à l’horizon, les houles des vagues se dressant avec lenteur, l’écume fraîche brillant au soleil.

D’autres flashs suivirent, se succédant indéfiniment et de plus en plus rapidement. Puis il vécut les derniers instants de la créature. Ucobo partagea un instant la souffrance endurée par l’Ourkkha, pleurant et hurlant comme un possédé.

Ucobo expira soudain, se sentant libéré d’un énorme poids. La foule d’émotions qui l’envahissait il y a un instant n’était plus. Sa vision était floue et il avait une intense migraine. Il resta immobile quelques instants, la respiration saccadée. Après quelques minutes il recouvra son calme. Le jeune homme se trouvait à côté de la créature, sa main droite posée sur la tête de l’Ourkkha, le reste de la substance dorée qui entourait avant la bête était collé à sa main et finissait d’être aspirée avec un désagréable bruit de sussions. Un moment plus tard il ne restait plus une goutte du sang de l’Ourkkha.

Ucobo examina mal à l’aise sa main droite. Elle avait toujours cette teinte dorée et une fine pellicule élastique recouvrait sa main comme un gant. Il ne ressentait pas particulièrement de changements dans son corps hormis la main et pourtant… Ucobo savait que quelque chose s’était produit. Comme il pouvait en se concentrant entrevoir des bribes de passé de l’Ourkkha, il percevait également les ondes de pouvoir qui traversait sa main, soudain rayonnant de vitalité à la manière d’un petit soleil.

Quand il toucha l’eau de la rivière, celle-ci émit un son cristallin, comme du verre qui se casse. Ses doigts brûlaient d’une violente énergie, impatient de… De quoi ? Il ne saurait le dire. Ucobo retira son bras. Ce n’était pas le moment de se livrer à de telles expériences. Il se tourna vers l’Ourkkha.

-Alors c’est ça ta réponse grand esprit ? Es-tu satisfait maintenant que j’ai partagé ta douleur ?

Bien sûr le jeune homme n’eut aucune réponse. Il aurait d’ailleurs été fort étonné s’il en avait eu une. Mais Ucobo devinait toujours la présence du corps immobile de Marie dans un coin de sa tête, prêt à surgir à tout moment.

« Que souhaites-tu Ourkkha ? »

Peut-être que la réponse était plus simple qu’il ne le pensait.

Grinçant les dents, Ucobo tira lentement le corps hors de la rivière. Se saisissant d’une large pierre, il entreprit de creuser un trou assez grand pour la créature. Il n’avait pas d’outils adapté mais ça suffirait pour une rapide sépulture. La terre à proximité des berges était suffisamment meuble pour qu’il progresse à un bon rythme.

Quand il eut terminé, le soleil était haut dans le ciel, il était presque midi. Un petit monticule de terre encerclé par une muraille de cailloux indiquait l’emplacement de la sépulture. Ucobo s’agenouilla lentement devant la fraîche tombe, joignant les mains à la manière des prêtres de Naplot.

« Tu as eu ce que tu souhaitais Ourkkha. Laisse-moi en paix maintenant. Laisse-nous en paix. »

Quelque chose clochait. La tension qui parcourait son corps depuis l’accident n’avait pas disparu. Sa main droite irradiait toujours de pouvoir, l’oiseau qu’il avait à côté de lui n’était pas libéré de l’étrange malédiction. Malgré sa fatigue il se savait incapable de dormir cette nuit.

Rien n’avait changé en vérité.

-Mais que veux-tu à la fin ? cria Ucobo.

Ses habits ayant eu le temps de sécher, il se revêtit puis alla chercher Jupsy. Une fois revenu à la tombe, il s’assit en tailleur en commença manger, son corps exténué frissonnant de plaisir à chaque bouchée. Tandis qu’il se remplissait l’estomac, Ucobo fit le point sur sa situation. Il n’y avait pas eu de réel progrès avec son état antérieur, mais des changements s’étaient opérés. Sa main tout d’abord, puis les souvenirs de l’Ourkkha.

Il jugeait dangereux de relâcher l’impressionnant flux qui parcourait sa main. Mais dans l’immédiat Ucobo cherchait des réponses. Il n’avait donc pas vraiment le choix.

Ucobo examina les quatre bracelets qui pendaient à son avant-bras gauche. Les trois premiers étaient identiques, même s’ils avaient une signification différente pour le jeune homme. Quand il était agé de 9 genèses environ, il était allé avec ses parents et son frère en terre du Nord pendant quelques jours. Ils s’étaient contentés de visiter Ladax une des villes portuaires du royaume d’Eamel, mais ce qu’ils avaient vu restait dépaysant.

Ils avaient choisis la sanois verte pour y aller aussi il ne faisait pas si froid lors de leur passage. Ce qui avait le plus surpris Ucobo était l’importance de l’acier dans le royaume. La majorité des passants étaient armés, en plus des impressionnants gardes en armures lourdes qui arpentaient les rues. Les hommes comme les femmes portaient constamment des dagues à leur ceinture, vêtus de cuir des bottes aux gants surmonté pour les plus riches de manteaux de fourrure. On croisait une taverne toutes les deux rues, toujours entourés de guerriers du gabarit de Baradan vociférant leur commande. On repérait aisément les armureries à l’épaisse fumée qui s’en échappait.

Ucobo était alors entré dans une de ces fabriques. À l’intérieur se trouvait deux hommes. L’un en tablier était manifestement le propriétaire, il était affairé à la meule, aiguisant une énorme épée qui devait appartenir à la deuxième personne. L’individu était un mastodonte encore plus grand, large d’épaules et musclé que les modèles qu’il avait pu admirer dans les rues. Son visage et ses bras étaient zébrés de cicatrices et son œil droit étrangement blanc semblait avoir était brûlé. Il portait des habits en lin finement décorés d’argent, un manteau rouge et or brodé du symbole des Barbus, la garde vétéran de la citadelle d’Entarax. Sans nul doute l’homme était au moins un officier de haut rang si ce n’était le général des Barbus lui-même. Ce qui intéressa le plus Ucobo était les épais bracelets en plomb que portait le soldat à ses impressionnants avant-bras. Les bracelets devaient peser au minimum cinq kilos chacun mais cela ne semblait pas déranger l’homme.

Ne pouvant se retenir, il lui demanda pourquoi il les portait, en ajoutant un « seigneur » et une courbette.

Le géant tourna son œil valide dans sa direction, le détaillant avec attention avant de répondre d’une voix caverneuse.

-Ces bracelets me rappellent à tout moment deux choses. Le devoir que j’ai envers mon peuple et l’humilité avec laquelle je m’y plie. Sans ces deux vérités je ne serais pas capable de gouverner.

Plus tard Ucobo avait appris qu’il s’agissait en réalité de Morogon Or’Virdif, le seigneur de la citadelle d’Entarax, même si l’homme était également le commandant des Barbus. Peu de temps après, il avait eu vent qu’Orogon Or’Virdif avait été proclamé dirigeant suprême du royaume d’Eamel.

Les trois bracelets qu’Ucobo portait lui-même représentaient respectivement son devoir envers le Convoi, son honneur, dont le code était basé sur celui que respectaient les Lectavis et ses rêves ou plus précisément la volonté de réaliser ses rêves. En fuyant maintenant il ne respectait aucun de ces trois principes.

Ucobo ouvrit une petite poche de sa besace et versa son contenu dans sa main droite. C’était la poignée de cailloux bien ordinaires que le Uo lui avait passé. Il ferma les yeux et se concentra. Les ondes de pouvoir qui circulaient chaotiquement dans sa main s’ordonnèrent soudain, s’orientant toutes vers l’extrémité de ses doigts. Il eut le sentiment que sa main s’auréolait de lumière, comme un halo orangé. Ses doigts le brûlaient quand l’énergie rassemblée les traversa en cascade pour se libérer dans les cailloux.

Quand Ucobo rouvrit les yeux il avait devant lui cinq pépites d’argent.

« Pourquoi de l’argent ? »

Ucobo s’était attendu à de l’or. Probablement. Saisit d’une idée il ferma les yeux, se concentrant à nouveau. Il visualisa aussi parfaitement qu’il le pouvait des pépites d’or. Et répéta le processus.

Comme le jeune homme l’espérait, des pépites d’or trônaient désormais dans le creux de sa paume. Il avait obtenu de l’argent au début pour la simple raison qu’il associait sans s’en rendre compte les cailloux à la transmutation qu’avait réalisé le Uo.

Ucobo se secoua. Bien qu’il ait compris à peu près le phénomène, il ne saisissait toujours pas ce qu’il devait accomplir pour satisfaire l’Ourkkha. Cela seule Unifaw le… savait.

« Ah ! Bien sûr. »

Il était évident que la créature ne l’avait pas maudit mais béni. De plus elle lui avait fait don de ses souvenirs. Plus particulièrement, Ucobo se souvenait parfaitement de ses derniers instants ou plutôt des derniers instants de l’Ourkkha. Et il suffisait de chercher un peu dans ces souvenirs pour comprendre quelque chose de fondamental. La pierre que possédait l’Ourkkha lui était d’une importance vitale. Dans chacune des parcelles de mémoire qu’Ucobo regardait, il ressentait tout ce que faisait l’esprit avec un degré de sensibilité aigue. A la mort de l’Ourkkha la douleur résultant de la séparation du corps et de la pierre était incomparable avec la perte d’un membre. Il y avait cette sensation singulière d’absence, de vide inexplicable. Une chose était certaine : la pierre était indispensable au repos de l’Ourkkha.

Ucobo inspira puis expira lentement. Très bien. Sa tâche était donc de récupérer la fameuse pierre. Pour cela il lui fallait retrouver la trace des bandits. Autrement cela revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin, quand bien même l’aiguille était unique. Le jeune homme se remémora l’attaque qu’avait subi l’Ourkkha. Il ne pouvait pas vraiment distinguer les tueurs car ceux-ci s’abritaient dans les fourrés tout en décochant des flèches. Et quand les brigands sortaient enfin de leur cachette la vision de la créature était troublée. Ucobo distinguait seulement deux grosses paires de bottes se positionner devant lui. Puis l’homme mettait un genou à terre et tendait une main dotée d’étranges griffes.

Cependant il avait au moins une information importante : les tueurs se trouvaient alors de l’autre côté de la rive.

Comme il s’y attendait, des traces de leur passage étaient encore visibles. Même si elles dataient de quelques jours déjà il pouvait tout de même suivre leurs traces. Ucobo en fut soulagé. Il n’était pas un aussi bon chasseur que Katala mais il savait se débrouiller en forêt pour attraper du gibier. Pister les quatre… non cinq gaillards était envisageable. Les bandits voyageaient à cheval et devait avoir deux jours d’avance sur lui, peut-être plus. Il ne pourrait pas retrouver le Convoi à temps.

Ucobo s’accroupit et étudia à nouveau la piste. Le petit groupe se déplaçait à un bon rythme, les rattraper en quelques jours serait difficile. À moins que… Les brigands semblaient suivre la rivière. Ici, Le jeune homme avait pu traverser car le courant était faible plus bas. En poursuivant plus loin, le bras du Linil s’élargissait et devenait plus profond. Traverser en armure avec les chevaux n’était pas vraiment envisageable. Ce qui signifiait que les bandits ne traverseraient qu’au prochain pont qui se trouvait à trois jours à cheval de là.

Ils franchiraient la rivière à coup sûr étant donné qu’il n’y avait pas de ville de ce côté de la rive à moins d’une semaine de voyage. En suivant la route, ils atteindraient donc en cinq jours Terem. Celle-ci se situait directement sur leur trajet, il était plus que probable qu’ils y passent la nuit. En coupant à travers les champs Ucobo pouvait atteindre la ville en quatre jours, peut-être trois en voyageant à un rythme soutenu. Oui c’était faisable.

Et après… eh bien il improviserait. Les cinq hommes étaient armés et dangereux, une confrontation directe était à éviter. Ucobo se redressa et partit chercher son cheval et ses affaires. Il n’avait pas de temps à perdre.


Texte publié par Louarg, 25 septembre 2015 à 22h57
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