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Tome 1, Chapitre 7 « Chapitre 2, Partie 1 » Tome 1, Chapitre 7

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Voilà le deuxième chapitre ! Alors que le premier était dédié à la présentation du monde, du peuple Ambulant et de leurs croyances, le deuxième développe plus les personnages. Et l'intrigue commence doucement à se mettre en place. Plus de rythme donc, (enfin j'espère), mais également une écriture plus légère. Car oui, il s'est passé plus de deux ans entre l'écriture du premier et du deuxième chapitre ! Le style plus poétique (je me jette des fleurs) et lourd en description fait place à un style plus saccadé (du moins c'est mon impression) et plus rapide.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

Et l’esprit du bien maudira,

D’un dernier souffle assassin,

Ceux qui osent souiller son sang.

Marqué pour un plus noir dessein,

Cœur et main le vengeur perdra.

Adossé contre un arbre, Elidorano se tenait aussi immobile qu’un rocher ou une protubérance du conifère. Un peu plus loin Ucodo s’entrainait avec Andreas aves des épées d’entraînement. Et Eldara… eh bien selon toute probabilité sa sœur se trouvait derrière lui.

Voilà un bon moment qu’il ne l’entendait plus jouer autour de la clairière, probablement avait-elle fini par se lasser. Aussi avait-il déposé avec précaution ses ustensiles et ses toiles, prévoyant un assaut imminent. Comme ce dernier tardait à venir, il risqua un coup d’œil en arrière.

Ce fut à ce moment-là que sa sœur lança l’attaque. Déséquilibré par le poids supplémentaire il s’écroula face contre mousse entre deux racines. Riant aux éclats et certainement arborant un air ravi, Eldara était juché sur son dos.

-Mmph…

Son grognement déclencha un nouvel éclat de rire. Reconnaissant les voix de Marie et Katala il se dégagea pour les accueillir de manière plus respectable.

Quelques minutes plus tard ils étaient tous assis en cercle à distance d’Ucobo et d’Andreas. Aujourd’hui le Convoi ne se déplaçait pas. Cela faisait deux jours qu’ils avaient traversé l’Eldlialtel et donc quatre jours qu’ils voyageaient sans répit. A vrai dire ce n’était pas inhabituel, mais Ecalo, le Uo, ne voyait aucune raison de se presser, considérant qu’ils avaient déjà bien progressé. En effet ils ne devaient pas atteindre l’Eldlialtel avant aujourd’hui selon les prévisions de départ.

-Alors quel est le plan ? On l’attache pied et poing liés sur le rhinocéros d’un Bawe ?

La proposition venait évidemment de Katala. Seule une Broll pouvait trouver cette expérience amusante.

-On pourrait le défier au Mandeilon et à chaque fois qu’il perd il aurait un gage. Comme nager tout nu dans le Linil ! proposa Marie d’un air sérieux.

-Oublie le Mandeilon. répliqua Katala.

« Suis-je donc le seul à faire la nuance entre fêter l’anniversaire à Ucobo et faire la fête à Ucobo ? » songea Elidorano.

Marie était très douée au Mandeilon, c’était la fille du Uo après tout. Avec ses cheveux blonds, ses yeux bleu-vert et son visage fin, elle était le portrait craché de sa mère et n’avait pas grand-chose en commun avec son père. Si ce n’était son talent pour le Mandeilon. Elle avait aussi un caractère franc et cynique bien à elle et un faible pour les sarcasmes qui avait le don d’énerver les gens.

Ils s’était réunis pour décider de l’organisation de la journée. Eldara écoutait avec attention, même si elle ne ferait pas partie du complot cette fois-là. Quant à Andreas il avait été soudoyé pour occuper Ucobo ce matin contre une gourde d’alcool fort d’An-alaz.

« Tout marche selon le plan » sourit Elidorano.

-Tu as un air effrayant Eli.

Katala et Marie le regardaient, attendant visiblement qu’il propose quelque chose.

-Le plan c’est pique-nique au bord du Linil !

-C’est tout ? dit Marie d’un air déçu.

-Hem… Ce n’est pas assez bien ?

-Je pensais que le cerveau de l’opération aurait une meilleure idée !

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-Sous l’œil de l’esprit monde je te revaudrai ça Eli. souffla Ucobo, aussi sérieux qu’un homme sur son lit de mort.

Elidorano ne put s’empêcher d’éclater de rire. Marie avait proposé que le lieu soit tenu secret et Katala l’avait immédiatement soutenue. A la majorité donc, Ucobo avait effectué une bonne partie du trajet à cheval les yeux bandés. Quand ils avaient dû traverser la forêt qui jouxtait la rivière, tout le monde avait mis pied à terre et tenir les rênes du cheval n’avait pas suffi. Elidorano avait alors proposé de retirer le bandeau qui couvrait les yeux du pauvre Ucobo. Après avoir sérieusement envisagé de le guider au travers de la forêt, Marie et Katala avaient finalement renoncé à garder le lieu secret plus longtemps.

Lorsqu’ils atteignirent la lisière de la forêt ils se figèrent d’un même mouvement.

Une mer d’un vert clair irréel ondulait au rythme du vent, s’agitant brusquement lorsque des bourrasques faisaient voler des mèches de brins d’herbe, de pissenlits et de marguerites. Le soleil haut dans le ciel venait sécher la surface encore humide de rosée. Ils n’avaient pas besoin de sonder la végétation pour savoir que l’endroit grouillait de vie. Ils pouvaient entendre les grillons striduler et les bruissements d’herbes produits par les rongeurs.

Et au-delà… se trouvait un des bras du Linil. Même de loin ils pouvaient deviner l’eau cristalline de la rivière qui descendait en cascade le dénivelé imposé par le terrain. Le courant se brisait encore et encore sur les rochers avec un son clair. Comme un rire d’enfant qui ne s’arrêtait pas.

-C’est beau. admit Katala.

Marie éclata de rire.

-Allons-y ! elle retira ses chaussure, saisit la main d’Ucobo et l’entraîna avec elle.

Elidorano les observa amusé. La relation entre Marie et Ucobo n’avait jamais été très évidente. Plus que de la simple amitié c’était certain. Il les avait surpris plusieurs fois à s’embrasser, mais Ucobo avait toujours eu un côté… libertin. Peut-être n’agissait-il que par caprice. Peut-être pas.

« Franchement je me fatigue pour rien. Seule Unifaw sait ce qu’il se passe dans cette caboche ! »

Katala lui saisit soudain la main. Il contempla en silence sa compagne à la peau d’ébène. Il ne cessait de s’étonner de la beauté de ses traits. Le soleil éclaboussait la longue chevelure de la jeune femme de petits éclats, faisant scintiller les mèches noires capricieuses qui couvraient ses oreilles ou taquinaient son front. Tenaces, les rayons créaient des jeux d’ombre et de lumière sur ses bras, suivant le relief de ses muscles fins. Les yeux cuivrés dans lesquels Elidorano pouvait si aisément se perdre le fixèrent un moment, puis la Broll rapprocha son visage et l’embrassa. Ses lèvres étaient pulpeuses et tendres, comme une cerise.

-Allons-y mawako. lui dit-elle.

Elidorano avait posé sa besace qui contenait en particulier ses précieuses toiles et ses ustensiles. Katala s’était séparée pour une fois de la plupart de ses affaires. Par affaires il fallait comprendre bien sûr sa lance et son couteau de chasse, mais il y avait également deux bolas, un lasso et des pelotes de métal. Comme pour rivaliser de bagages superflus pour un pique-nique, Ucodo avait déposé devant lui son arc court et son carquois, l’air presque déçu de ne pas avoir apporté son bâton d’entrainement.

-Vos terribles et illustres majestés les chevaliers, je suis au regret de vous annoncer que la guerre est terminée. Vous pouvez donc ramasser vos armes et vous retirer sur vos célestes destriers tandis que nous, simples manants, mangerons à notre guise.

Les visages défaits qu’arborèrent Katala et d’Ucobo méritaient une toile.

Le pique-nique était une bonne idée. Faire un feu fut chose facile, il ne restait plus qu’à faire griller les cuisses des lapins que Katala avait chassés. Les trois Ambulants avaient pris pour habitude de laisser la jeune femme s’occuper de la viande. Tout Broll apprenait à chasser dès son plus jeune âge. Mais Katala était une chasseuse particulièrement douée. Elidorano la connaissait depuis trois genèses et ne l’avait jamais vue revenir bredouille. En fait, Katala aspirait à devenir une Bawe les guerriers Brolls qui participaient aux Grandes Chasses. Celles-ci consistaient à traquer et tuer de dangereux mammifères comme les Litorac ou les Touwar. A vrai dire Elidorano n’était pas pressé qu’elle y participe.

La rivière, toujours aussi agitée, dévalait sauvagement son lit à quelques pas d’eux. Ils étaient assis en tailleur autour du feu, l’herbe soyeuse chatouillant leurs pieds. Torse nu comme à son habitude, Ucobo faisait tourner machinalement un de ses bracelets.

-Alors Marie ? Le Uo a-t-il prévu de s’arrêter à Tomroe ?

L’interpellée prit un air mystérieux et les fit patienter quelques secondes avant de répondre.

-Père a des affaires importantes à discuter avec le nouveau chef Ruhon. On s’arrêtera certainement quelques jours. Mais j’ai eu vent d’un évènement spécial qui se préparait…

Sachant pertinemment qu’elle ne lâcherait pas le morceau s’ils la pressaient, ils attendirent patiemment qu’elle poursuive.

-Après demain sera le jour des Esprit-Lames. Aussi il y aura en leur honneur une grande compétition qui rassemblera les plus fins guerriers de l’est des terres marchandes !

-Les Ruhons ne savent pas se battre. décréta Katala.

Les Brolls et les Ruhons se méprisaient mutuellement par tradition. A vrai dire plus aucun des deux peuples ne connaissait l’origine de cette inimitié.

-Ils n’arrivent pas à la cheville des Lectavis c’est sûr, mais ce sera quand même un superbe spectacle !

Ucobo semblait réjoui par l’idée d’observer la compétition.

-Notre destination finale est toujours Sasagarz ? demanda Elidorano avec curiosité.

Sasagarz était à la frontière de l’empire Dezan. Le Uo souhaitait établir de nouvelles relations commerciales à l’est. C’était l’occasion unique pour voir les habitants de l’empire Dezan, étudier leurs coutumes… Elidorano fera certainement des croquis de qualité là-bas ! Avec de la chance il verrait peut-être même un Courdan !

-Oui ça n’a pas changé. Ce sera génial ! J’ai toujours voulu voir des dezians ! Sous l’œil de l’esprit monde c’est le peuple le plus étrange ! Et le plus compliqué aussi. On ne sait même pas qui est à la tête de l’empire avec toutes leurs intrigues politiques !

Ils approuvèrent tous en chœur.

Quand ils eurent terminé de manger, Ucobo et Marie partirent aussitôt se baigner. Katala se leva également, mais Elidorano la retint.

-Qui y a-t-il ?

Il hésita un instant. Ce n’était peut-être qu’une impression passagère après tout. Pourtant…

-Je suis déjà venu ici. Je veux dire dans l’Eldlialtel.

-Alors tu as vraiment eu une vision ! Tu nous as vus nager ?

Katala ne semblait pas du tout perturbée par la nouvelle. Après tout il n’y avait rien d’affolant n’est-ce pas ?

-Non. Je n’ai rien vu de tout ça. C’était… plus silencieux. La rivière n’était pas aussi bruyante. Et il y avait ce gros rocher sur ma gauche…

Non. Il y avait définitivement quelque chose qui ne tournait pas rond. De toute évidence il ne se trouvait pas exactement à l’endroit de sa vision. Mais il ne reviendrait pas ici avant plusieurs Genèses et pas nécessairement pendant la sanois chaude. Donc… Soit ce n’était pas une vision soit celle-ci se réaliserait aujourd’hui. Il se leva pour mieux suivre la courbe tracée par la rivière des yeux.

-Eli ?

La rivière qui descendait en trombe la colline se calmait plus loin quand le terrain devenait plat. S’il cherchait à ce niveau là… Le jeune homme repéra un assez gros rocher.

Sans hésitation il se mit à courir dans sa direction. Etait-ce vraiment une vision ? Il allait s’en assurer de ce pas ! Impatient d’en découdre il couvrit la distance en quelques minutes. Sous l’œil chaud de l’esprit monde il était déjà en sueur.

Il n’y avait plus aucun signe des cigales ici. Il n’y avait plus de signe de vie animale en fait. Comme si… Mu par une intuition, il s’approcha de la rive et effleura la surface. L’eau était très chaude.

Elidorano ferma les yeux et écouta avec attention. Par reflexe il s’était positionné à droite du rocher, à l’endroit de ses souvenirs. Il entendait sa respiration encore saccadée, les battements rapides de son cœur, le vent qui remuait la végétation, les clapotis de l’eau… Tam. Tam.

« Ca y est ! J’y suis ! »

Tam. Tam. Elidorano déglutit, contrôlant avec difficulté son excitation. Que signifie cette vision ? Pourquoi l’Eldlialtel lui avait-il montré cet endroit ?

« La source du bruit est proche. » remarqua-t-il.

Tam. Tam. Le son provenait de derrière le rocher. Elidorano s’y dirigea.

Le bloc de pierre était plus gros qu’il ne le pensait. Il faisait plus de deux mètres de hauteur et était profondément ancré dans le sol, dont une moitié immergé.

Et derrière… Elidorano se figea d’horreur.

Le cadavre de l’Ourkkha flottait au milieu d’une substance à l’éclat doré. La tête de la bête sans vie heurtait avec régularité l’immense rocher.

Alors que vivante, la bête irradiait de majesté, de puissance et de férocité, morte elle semblait abandonnée et frêle. La pierre qui luisait de chatoyantes couleurs auparavant avait été arrachée et un horrible trou béant balafrait désormais le front de la créature. Les impressionnantes ailes de l’Ourkkha étaient désormais recroquevillées, toutes abimées et maculées de cette étrange substance dorée. Le cou tordu, la tête fixait d’un regard vide le ciel, comme regrettant de ne pouvoir prendre son envol une dernière fois.

Une immense tristesse envahit Elidorano en voyant flotter la dépouille d’un si fier animal et il tomba à genoux hébété, les larmes se mêlant brusquement aux gouttes de sueur sur ses joues. Comment ce terrible prédateur avait-il pu être tué de la sorte ? Comment avait-on pu le priver de sa liberté et profaner son corps ? Un être de légende qui semblait aussi éternel que le soleil ou les étoiles gisait sans vie devant lui. Son corps lourd flottait mystérieusement à la surface, exposant aux yeux de tous l’horrible tragédie.

Un cri retentit. L’esprit engourdi par ce qu’il avait sous les yeux, il n’y prêta au début pas attention. Seul le terrible spectacle devant lui importait après tout. Mais il connaissait cette voix. Hébété, il dut faire un effort de mémoire pour trouver le nom qu’il cherchait.

« Katala ».

Ce nom lui fit l’effet d’une douche froide. Elidorano se releva en chancelant. Le corps toujours hésitant il se mit à courir en direction du cri.

Elle se trouvait à une cinquantaine de mètres de là, son cheval soufflant encore après le galop qu’il avait dû piquer. Devant elle, sous l’eau, se trouvait Marie et Ucobo.

Comprenant qu’il y avait un problème, Elidorano plongea aussitôt. Les deux corps entrelacés se trouvaient tout au fond. Ucobo, les muscles tendus, tentait de soulever Marie. Celle-ci était recouverte d’une fine couche de cette même substance dorée qu’il avait remarquée autour de l’Ourkkha. Et elle ne bougeait presque pas malgré les efforts d’Ucobo.

Le corps de la jeune femme semblait être aussi lourd qu’un bloc de pierre. Elidorano s’approcha. Elle n’avait pas de pouls, ne respirait pas et sa peau était polie et dure.

« Quel maléfice est-ce là ? »

Il comprit aussi qu’Ucobo ne pouvait pas se dégager. Sa main tenait celle de Marie et était recouverte jusqu’au poignet de la même matière. Il fallait trouver rapidement un moyen de les sortir de là. Logiquement il ne pouvait pas faire grand-chose pour Marie, en tout cas pas pour le moment. Quant à son frère il manquerait d’air sous peu. Le corps de la jeune femme étant trop lourd pour être déplacé, le destin d’Ucobo était lié à Marie d’une bien triste manière…

Voyant Katala tenter sans succès de libérer la main d’Ucobo, Elidorano lui fit signe de remonter à la surface.

-Attache l’extrémité de ton lasso autour de ton cheval. On va la tracter hors de la rivière. lui dit-il sans préambule.

Katala acquiesça et s’exécuta aussitôt. Après un bref moment d’attente elle lui envoya le lasso. Elidorano attrapa la corde et passa le nœud sous les épaules de Marie. Puis il tira plusieurs fois sur la corde pour indiquer à Katala qu’elle pouvait commencer.

Quand le corps commença à glisser, Ucobo sembla se calmer et se joignit à la manœuvre. Elidorano remonta plusieurs fois à la surface pour lui passer de l’air. Ils progressaient lentement et durent plusieurs fois dégager la voie des rochers gênant. Enfin vint le moment où ils soulevèrent le corps pour le remonter à la surface.

Une fois que Marie et Ucobo furent hors de l’eau, leurs mains se séparèrent comme si leur étreinte n’avait jamais existé. Mais le corps de la jeune femme resta immobile.

Ucobo prit à nouveau son pouls, sans résultat. Désespéré il entreprit de la secouer. Ce qui ne donna pas de grands résultats, surtout vu le poids du corps. Agacée, Katala l’écarta brutalement. Elle posa ses deux mains sur la poitrine de son amie et appuya puis relâcha la pression rapidement. Elle recommença le procédé avec rythme, tentant périodiquement d’insuffler de l’air dans les poumons de la victime.

Elidorano la regarda faire sans dire un mot. Il était conscient que la tentative de Katala était vouée à l’échec. Le poids du corps impliquait que Marie n’était pas simplement enveloppée d’une couche dorée, mais que tout son corps, y compris les poumons et le cœur selon toute probabilité s’était solidifié. La jeune femme n’était plus qu’une sculpture en or sans vie.

Après une vingtaine de minutes, Katala se résolut enfin à arrêter. Des sillons humides parcouraient ses joues, témoins muets de sa douleur et de son impuissance.

-Nous descendions la rivière sur des planches que nous avions trouvées en amont. Tout se passait bien jusqu’à ce que Marie rencontre cette matière dorée un peu plus haut. C’était de la taille d’une grosse flaque. Marie n’a pas pu l’éviter. Elle s’est alors mise à couler et…

Ucobo fit une pose pendant quelques secondes, inspirant et expirant plusieurs fois. Il reprit d’une voix encore plus faible qu’avant.

-J’ai essayé de l’aider mais son corps était devenu trop lourd. En quelques secondes elle ne bougeait déjà plus. Sa peau était devenu dure et froide… Comme une pierre qui n’a pas pu profiter des rayons du soleil.

-Elle n’a pas dû souffrir. C’était trop rapide. murmura Elidorano.

Ucobo hocha la tête, ne pouvant étouffer ses sanglots plus longtemps.

En silence ils entreprirent de confectionner une civière.

Il faisait nuit quand ils arrivèrent enfin au campement. Le retour leur avait pris beaucoup plus de temps, en particulier dans la forêt, où la civière était sans cesse déséquilibrée par les irrégularités du terrain.

Cette nuit, les lunes étant peu visibles, seules les étoiles brillaient dans le ciel, comme autant de spectateurs impassibles de leur détresse. Les trois compagnons regrettaient, au fond d’eux, que l’aventure qu’ils recherchaient tant ait déjà commencé.


Texte publié par Louarg, 25 septembre 2015 à 22h07
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