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Tome 1, Chapitre 1 « Chapitre 1, Partie 1 » Tome 1, Chapitre 1

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Tout d'abord, parce que je veux être clair sur ce point, je précise que "Les Bijoux du Roi Tjiir" n'est PAS libre de droit. Je ne tolère donc pas le plagiat. Mon récit est protégé de différentes manières, notamment par CopyrightDepot.com :

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cd78/00055568.htm

Voilà, j'espère que vous apprécierez ce premier chapitre, qui est un peu lourd en termes nouveaux. C'est pourquoi :

Le chapitre 6 est en réalité un index. N'hésitez pas à y jeter un coup d’œil, ça peut servir !

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-> Voilà une carte globale de Leeri (je n'ai mis aucun détail, c'est vraiment pour donner une idée des positions des royaumes). Le mythe des arbres orgueilleux se passe en terre des Marchands. Si j'ai le temps, je ferai une carte de la terre des Marchands beaucoup plus détaillée.

Surtout n'hésitez pas à me faire remarquer des incohérences ou des baisses de rythme ! Il se peut qu'il y ait encore des fote d'otograffe. L'espèce est en voie de disparition car j'en ai traqué et abattu un bon nombre au fil de mes relectures. Mais quelques-unes résistent encore et toujours à l'envahisseur ! Aidez-moi à les exterminer !

Je crois avoir tout dit. Excepté... bonne lecture ! :-)

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Comme une luciole,

La gemme luisait.

Rêve biaisé.

Jamais ne s’étiole,

Jamais ne s’envole.

Le jeune homme s’arrêta un instant, retint sa respiration, et chercha de nouveau l’itinéraire le plus adapté pour s’approcher de la bête. Il se trouvait maintenant à moins de neuf mètres. Il reprit son avancée, marchant de préférence sur les coins d’herbes et quêtant les pierres lisses et plates, suffisamment stables pour supporter son poids. À chaque enjambée il comptait le nombre de mètres qu’il lui restait à parcourir. La bête ne l’avait toujours pas remarqué ou du moins elle ne se souciait aucunement de lui.

La traque avait commencé ce matin. En fait parler de traque n’était pas exact. Mieux valait dire poursuite. Du moins, il avait repéré la bête depuis ce matin. Cette espèce de grand oiseau tournoyait comme une fronde dans le ciel à plusieurs dizaines de mètres de hauteur quand Elidorano était encore juché sur le Kew. Au début le jeune homme était seulement amusé par les cabrioles de l’oiseau. En effet, la créature sillonnait la voute céleste à vive allure, traversant les nuages trop souvent pour qu’elle n’y prenne pas un malin plaisir à le faire. Puis elle surgissait au travers des conglomérats gris qui pavaient le ciel avant d’en percer d’autres, avec tant de dextérité qu’on était en droit de se demander si l’animal ne préparait pas sa prestation depuis plusieurs sanois déjà.

Des fois le volatile piquait du nez et plongeait à une incroyable vitesse pour venir raser le crâne des arbres, puis remontait en flèche et tournoyait à nouveau. À d’autres moments, il grimpait sur plusieurs dizaines de mètres et atteignait une hauteur inégalée, jusqu’à se confondre avec les moucherons qui rodaient près des attelages. Dans ces moments, Elidorano ressentait une certaine anxiété, à la perspective que les énormes lèvres bleu pâle viennent recouvrir ce petit grain dans le ciel et le faire disparaître à jamais. Mais l’animal jaillissait à nouveau, avec un cri des plus perçants, comme avide d’autres galipettes plus invraisemblables.

Elidorano ne se souvenait plus exactement comment il s’était retrouvé sur son cheval à la poursuite de l’étrange animal. Ce dont il se souvenait, c’était de ce fameux conte sur les Arbres-Orgueilleux. Il n’avait pas pour habitude de porter crédit à tous les récits qu’on lui contait, mais il n’en demeurait pas moins que celui-là paraissait très vraisemblable compte tenu de la créature qui se tenait face à lui.

Où en était-il ? Oui, la bête était manifestement une Ourkkha. La ressemblance était frappante. Le volatile avait maintenu une allure soutenue pendant plus d’une heure, et son cheval lancé au galop pendant le premier quart d’heure s’était vite essoufflé. Aussi, Elidorano avait poursuivi au trot, se fiant à la forme noire au loin. Ensuite, l’animal avait piqué, une première fois. Elidorano n’avait vu l’impala qu’au troisième plongeon, qui avait également été le dernier.

Le jeune homme arracha une mèche de cheveux sombre à l’étreinte du vent, qu’il rabattit inutilement sur son crâne cuivré. En plus du soleil qui tapait, un vent teigneux sévissait dans les environs.

Désormais le jeune homme était assez près. Un peu trop près. Mais il ne voulait pas rater son croquis. Le jeune homme portait dans sa main droite une tablette en bois et des toiles de qualité, qu’il avait troquées aux Muskav-laz. Dans sa main gauche il tenait un objet dont il n’était pas peu fier ; l’étrange outil ressemblait à un de ces cylindres servants à enrouler les parchemins. En fait il n’en était rien. C’était un stylo qu’il avait obtenu il y a plusieurs sanois, et qui jusque-là s’était révélé fort utile. Il s’agissait d’un tube métallique fendu sur toute la longueur et dont les deux parties étaient maintenues par deux bagues métalliques aux deux extrémités. Deux réglettes de l’épaisseur d’une brindille dépassaient de chacune des ouvertures, et se terminaient en clapet. Elles étaient reliées par deux cerceaux qui coulissaient à l’intérieur du cylindre. Des petites vis permettaient de resserrer plus ou moins les cerceaux, et ce afin de maintenir les mines droites. Les clapets permettaient alors de fixer les réglettes de manière à ce que la longueur des mines dépassant du tube métallique soit constante. Les mines n’étaient pas semblables : l’une, assez ordinaire, était un alliage de plomb et d’étain, et donnait un rendu relativement satisfaisant.

L’autre mine provenait du même marchand Muscav-laz que les toiles ; à vrai dire il l’avait troqué presque par hasard, étant donné qu’il lui restait encore un sachet d’épices. La mine était constituée uniquement à partir d’un gisement de poudre noire que les Muskav-laz avaient mis au jour à proximité de leur camp.

Finalement il s’était révélé qu’elle donnait de meilleurs résultats que la première mine. De fait, elle était suffisamment sèche et fine pour conférer une étonnante précision à la toile. De plus elle n’abîmait pas le support, et en frottant avec un peu de salive la poudre partait.

Elidorano jaugea une nouvelle fois la distance qui le séparait de l’animal : un rocher d’apparence confortable se tenait à mi-distance entre lui et la bête. Tout en s’adressant quelques remontrances bien senties sur la témérité d’une telle action, le jeune homme décida d’avancer encore un peu.

D’ici il pouvait admirer la prestance de l’Ourkkha : la bête arborait des pattes brunes et poilues. Aux appendices se trouvaient de redoutables serres qui étaient en partie responsable des multiples blessures que portait la dépouille de l’impala. Le torse du carnivore partait sur des tons plus clairs. Les imposantes ailes, qui permettaient à l’Ourkkha d’atteindre une vitesse de pointe étonnante, étaient maintenant repliées sur elles-mêmes contre son dos.

Mais c’était la tête qui fascinait le plus Elidorano. Un faciès de fauve et une crinière blanche qui rivalisait sans problème avec celles, plus colorées, des fiers lions qu’il avait pu rencontrer. Et si l’on prenait le temps de s’y arrêter, on remarquait d’ailleurs que l’Ourkkha présentait des similitudes étonnantes avec son rival à quatre pattes. Que ce soit au niveau physique : même s’il avait le nez plus large et la bouche plus fine, il n’en demeurait pas moins que les traits présentaient de nombreuses analogies. Et puis, plus simplement c’était tous deux des prédateurs rudement efficaces.

Bien sûr l’Ourkkha et le lion étaient différents sous bien des aspects. La plus évidente était bien sûr l’absence de membres antérieurs chez l’Ourkkha, au profit de vigoureuses ailes aux humeurs de la voûte un soir d’orage. Mais concernant le visage, le plus fascinant et le plus étrange, ce qui était au centre des attentions d’Elidorano, c’était cette curieuse gemme incrustée sur le front de l’animal.

Une pierre d’aspect écarlate, bien que translucide, se logeait quelque centimètres au-dessus de la hauteur des yeux. A moitié cachée par la crinière blanche, celle-ci scintillait sous le soleil brûlant, envoyant un peu partout des reflets irisés. Elidorano n’avait jamais vu une telle créature, mais à la définition qu’en avait donné le mythe des Arbres Orgueilleux, il avait reconnu l’animal : une Ourkkha et tout ce qu’il y avait de plus authentique.

Et tandis que l’animal se rassasiait, Elidorano prenait soin d’esquisser à la perfection le faciès de la créature. Il passa également un certain temps sur la courbe des ailes, et sur la musculature peu commune des pattes de l’animal.

De nouveau, Elidorano s’interrogea vaguement sur le caractère singulier de la situation et sur sa notion du risque en général. Le jeune homme avait décidé assez arbitrairement qu’il n’y avait pas lieu d’avoir peur, car l’impala selon lui, suffisait amplement à nourrir l’animal, et puis, le conte ne disait-il pas que les Ourkkhas étaient les esprits du bien ?

Pourtant il fallait avouer que la vivacité et la violence de l’animal n’était pas très rassurantes. Et puis il y avait ces regards furtifs que l’Ourkkha lui lançait entre chaque bouchée. Le bruit sec des ligaments qui se déchiraient, le bruit plus humide de la mastication de l’animal et le bruit plus profond de sa déglutition étaient parvenus par leur régularité à tisser un fragile cocon dans lequel s’entremêlait un calme factice et une sécurité illusoire.

1,2 et 3, tord, mâche et avale.

Oui, c’était ça. La rythmique, une fois installée, donnait une impression de sérénité. Elidorano, tout à son travail, n’y prêtait à la fois pas attention, et savourait dans le même temps chacune de ses secondes. En fait, il éprouvait le curieux besoin de siffloter. Alors, doucement au départ, il entonna l’ariette du cocher.

1,2 et 3 tord, mâche et avale.

La mine sombre, griffait doucement la toile. Parfois, la pointe métallique venait torturer elle aussi le papier, pour accentuer certains traits, ou ajouter un peu de relief au portrait. Ici, l’immensité de la plaine avalait les collines naissantes et les arbres qui y poussaient, étendant ses bras jusqu’aux limites de l’horizon. Pourtant, Elidorano savait que plus loin encore se profilait un autre paysage avec plus de verdure et moins d’étendue désertique. Il y avait également cette forêt à l’ouest qu’on ne distinguait pas.

1,2 et 3 tord, mâche et avale.

L’agencement des traits ne composaient pour l’instant que les contours de la créature, et demeuraient peu esthétique. De fait, les nuances de gris, les effets d’ombre et les couleurs viendraient par la suite. Pour l’instant, seul le premier jet comptait.

Quand il eut terminé, Elidorano jeta un coup d’œil ravi à la toile ; puis entreprit d’ajouter quelques détails. Les conditions ne pouvaient pas être plus idéales : le vent avait perdu depuis quelque temps son agressivité, l’œil jaune et les pommettes bleues de l’esprit monde l’observait silencieusement d’en haut, et personne, à part lui et l’Ourkkha ne venait troubler son travail.

En fait, un silence de plomb régnerait en maître s’il ne le brisait pas en sifflotant. Elidorano s’arrêta. Quelque chose n’allait pas. Il scruta d’abord son œuvre d’un œil critique, guettant quelques tracés ratés, mais le problème ne venait pas de là.

Alors, timidement, Elidorano regarda en direction de l’Ourkkha. L’animal l’observait maintenant de ses deux yeux fauves, une lueur folle dans le regard. Puis, ses grosses joues brunes se gonflèrent et ses narines frémirent, et le son grave qu’émit l’animal roula dans l’air comme un feu follet agité.

Elidorano recula vivement, estimant soudain que son travail pouvait attendre, et par de savants pas chassés tenta de mettre le plus de distance entre lui et l’animal. Il se demanda brièvement si la bipédie de la créature était un avantage, ou si l’Ourkkha pouvait le concurrencer à la course. De toute manière, Elidorano n’était pas un très bon coureur.

Mais la question ne se posa pas. Un sifflement caractéristique retentit, et sous l’œil surpris des deux témoins, une flèche se ficha à deux bonnes longueurs de bras de l’Ourkkha. Par la suite, Elidorano recula précipitamment et l’animal fit quelques enjambées. Puis, le jeune homme trébucha sur une aspérité et s’affala brutalement ; renversant par la même occasion tout son matériel. Dans le même temps, la créature battit promptement des ailes et pris son envol.

Quand les grumeaux secs et friables de la terre aride entrèrent en contact avec son dos, Elidorano poussa un juron bien senti et arracha quelques rares herbes qui poussaient par là pour témoigner de sa mauvaise humeur. Tandis qu’il maugréait, il s’accroupit péniblement et inspecta le sol, cherchant sa toile du regard.

Un éclat de rire familier retentit, ne laissant sur sa liste de coupables qu’un seul suspect : Ucobo bien sûr.

-Par la croupe d’Ura ! Eli, tu vas faire saigner le soleil si tu continues !

Elidorano regarda d’un air irrité le cavalier qui mettait pied à terre. Torse nu, un pantalon léger et une ceinture en cuir constituaient les seuls assortiments vestimentaires de son frère. L’arrivant portait pieusement un essieu en bois maintenu par une chaîne de fer autour du cou et des bracelets légers aux formes curvilignes. Un carquois dépassait de son épaule gauche, et sa main droite brandissait fièrement un arc. Elidorano regarda ce dernier objet d’un œil on ne peut plus méfiant : Ucodo excellait autant au tir à l’arc, que son frère brillait à la course. Et c’était peu dire.

-Aurais tu l’amabilité de t’essayer à ta nouvelle passion exclusivement en mon absence ?

-Bah elle n’est pas passée si près que ça. Je me disais que l’oiseau ferait une belle prise.

-C’était exactement la réflexion que se faisait l’Ourkkha à mon égard figures-toi. Et tu n’as pas vraiment aidé à l’en dissuader.

-L’Ourkkha ? Tu lui as donné un nom en plus ? répliqua Ucodo, incrédule.

-Je ne lui ai rien donné du tout. C’est son nom, tout simplement.

Ucodo le regarda sans rien dire, faisant rouler un de ses bracelets tandis qu’il réfléchissait.

-Qu’est-ce que tu fais ici… attaqua Elidorano.

-C’est toi qui me poses la question ? J’étais sur tes traces sous l’œil de l’esprit monde pendant plus d’une heure !

-Sur mes traces ? ricana Elidorano.

-D’accord je t’ai suivi. Mais tu ne ménageais pas ta monture, et avec le jeu des montées descendantes des collines, je t’ai perdu de vu plus d’une fois.

Ucodo s’interrompit un instant, le temps, semblait-il de mettre de l’ordre dans ses idées.

-Tu n’as quand même pas oublié ce qui nous attend aujourd’hui ? reprit-il.

Elidorano, qui après s’être assuré du bon état de son matériel avait ses deux mains occupées à défaire le nœud rattachant sa monture à l’unique arbre des environs –tâche délicate car l’équidé effrayé par les récents évènements avait tiré sur la corde– se contenta de froncer les sourcils.

-Il me semble que père avait dit qu’on ne l’atteindrait que ce soir.

Ucodo, déjà à cheval, s’esclaffa :

-Tu sais bien que pour père le soir est un concept ! Un concept situé entre midi et minuit. Et puis, on n’a fait aucune halte depuis l’aube.

Son frère marquait un point. Ils ne s’étaient même pas arrêtés lors de la traversée du village, ce matin. Ce qui dénotait de l’impatience d’Ecalo, le Uo de la troupe. En général, les Ambulants ne rataient jamais une occasion de glaner quelques informations ou de troquer quelques objets avec les villageois qu’ils croisaient.

Une fois qu’Elidorano fut juché sur son équidé, ils partirent de concert en direction du sud. Laissant la carcasse de l’impala sécher au soleil.


Texte publié par Louarg, 23 septembre 2015 à 17h38
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