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Tome 1, Chapitre 73 « LXXII - L'Affrontement - Troisième mouvement » Tome 1, Chapitre 73
L'expression fermée sur le visage de Zénith montrait qu'il n'était pas encore prêt à accepter ses paroles. Mais au moins, y réfléchissait-il... Il leva les yeux vers Luciellus, contemplant l'ange lumineux :
    
    « Je reconnais que s'en prendre aux chaînes, qui jamais n'ont eu la volonté de nous nuire et ont souffert par notre faute indirecte, n'était pas une réponse bien digne à toutes nos souffrances. Il en est de même pour les humains qui ne portent d'autres responsabilités que l'inertie ou la soumission, ou qui sont innocents de ce qui a pu se passer. Que ce soit l'enfant du seigneur, ou même son épouse, ses serviteurs, et même ses soldats qui se sont juste pliés aux ordres. Je veux bien qu'ils soient tenus hors de cette affaire, Luciellus – ou quel que soit ton nom. Mais il n'est pas question pour autant d'épargner le seigneur Arol ni l'angelier Pier...
    
    — Je peux comprendre ta vision des choses, Zénith, plaida Luciellus. Mais si tu poursuis ton raisonnement, ne sont-ils pas les héritiers de traditions plus anciennes qu'ils ont initiées ? L'angelier est comme les soldats, contraint à suivre les ordres, et même le seigneur Arol est soumis à Euresme de Cimes...
    
    — Certes, répondit sérieusement le chef des Anges en révolte, mais les humains sont bien plus libres que nous, les anges, de leur existence et de leurs décisions. Il ne tenait qu'à eux de se libérer de cette emprise...
    
    — Mais ils craignent pour leur vie... Elle est brève et d'autant plus précieuse ! Sans protecteurs pour les aider, ils doivent faire face aux souffrances, aux dangers, comme des enfants dans la nuit ! Nous craignons le vide et la douleur que nous ressentons quand disparaît un de nos protégés avant son temps. Mais pour les humains, cette douleur accompagne toute leur vie, quand ils voient disparaître ceux qu'ils aiment, quand ils sont accablés par la mort, par la maladie... Pouvons-nous ainsi blâmer leur faiblesse ? »
    
    Il commençait à sentir l'épuisement accabler ses membres, en dépit de cette intense énergie qui parcourrait tout son corps.
    
    « Zénith, poursuivit-il, si tu laisses libre cours à cette violence, à cette envie de vengeance... en quoi seras-tu différent des humains ? Tu te condamnes à perdre la lumière, à te perdre !
    
    — Mais au moins, les hommes sauront-ils qu'ils ne peuvent maltraiter les nôtres impunément ! »
    
    Il y avait tant de douleur dans la voix de l'ange que Luciellus se mit à trembler. Que pouvait-il faire ?
    
    « Alors, Zénith déclara-t-il d'un ton grave, sois leur champion. Et je serai, s'il le faut, celui des humains ! »
    
    Zénith braqua vers lui son regard de suie, empli d'une douloureuse pénombre :
    
    « Tu veux que nous nous affrontions... Nous, deux anges ? Quand bien même notre cœur est le même, sauf pour ce désaccord ?
    
    — Oui, Zénith. Tu veux montrer aux humains ce qu'il en coûte de maltraiter les anges, en punissant ceux que tu estimes coupables, quand bien même ils se sont détournés de leurs erreurs. Quant à moi, je leur montrerai jusqu'où un ange est prêt à aller pour protéger les siens !
    
    — Je le craignais... Que souhaites-tu faire ?
    
    — Volons vers le Soleil, aussi haut que nous le pouvons... Et le premier qui tombera aura perdu. »
    
    Zénith frémit :
    
    « Mais quand nous monterons si haut, plus haut même que le Paradis... le froid deviendra mordant, et la lumière impitoyable ! Même un ange ne peut y survivre ! »
    
    Il entendit la rumeur des voix en dessous de lui, inquiète, pressante.
    
    « Messire Ange, lança le seigneur Arol d'une voix tremblante, ne serait-il pas préférable... que... que je me livre à lui ? »
    
    Un léger sourire anima les lèvres de Luciellus :
    
    « Monseigneur, vous venez de me prouver que je ne le ferai pas en vain ! »
    
    Il ferma ses yeux d'azur et, porté par les dizaines de lumières qui représentaient chacune une des vies de Col d'Argent, il étendit ses ailes et fila vers le firmament...
    
    La dernière voix qu'il entendit, avant de prendre de l'altitude, fut celle de Solia, qui le suppliait de revenir victorieux.

Texte publié par Beatrix, 9 novembre 2019 à 08h42
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