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Tome 1, Chapitre 70 « LXIX - Un ultime espoir - cinquième mouvement » Tome 1, Chapitre 70
Quand Arol, qui était resté silencieux tout au long de leur retour se trouva devant la porte de la chambre, il se tourna vers l'Ange :
    
    « Pourquoi ? »
    
    Luciellus ne sut que répondre.
    
    « Je ne le mérite pas, reprit le seigneur d'une voix blanche. Tu devrais me haïr, au lieu de me protéger. Nous avons fait souffrir ton peuple, et pourtant...
    
    — Pourtant, je vous ai aidé, répondit doucement le jeune Ange. Jadis, je vous aurais dit que c'était dans ma nature, mais je pense que la réponse doit être cherchée ailleurs. Je l'ai fait parce que c'était ma décision et que j'étais libre de le faire – même si je pensais ne pas en avoir la capacité. Finalement, à part notre pulsion à protéger les hommes, et la nécessité que cela représente pour notre survie, il n'y a pas tant de choses qui séparent les hommes des Anges... Et certainement pas la qualité du cœur. »
    
    Il sourit à Arol :
    
    « Entrez à présent, ils vous attendent. Votre enfant a besoin d'un monde en paix pour grandir. »
    
    Arol secoua la tête :
    
    « Je ne demande que la paix, murmura-t-il. Je ne suis pas un homme courageux, comme vous l'avez vu. Mais je ne suis pas stupide au point de ne pas comprendre mes erreurs. Il semble parfois plus facile de laisser les choses suivre leur cours habituel, mais on affronte parfois bien plus de danger en se montrant lâche qu'en faisant face à ses problèmes. Je n'ai aucun désir de gloire ni de vengeance, mais être un homme pacifique et un homme lâche sont deux choses très différentes. Quand on veut la paix, on se doit de tout faire pour qu'elle triomphe, au détriment de sa puissance, de son honneur, voire de son bien-être. Et il n'est pas exclu de se battre, d'une façon ou d'une autre, pour la sauver, comme vous l'avez fait à votre façon, messire Ange. »
    
    Luciellus approuva ses paroles d'un hochement de tête :
    
    « Je suis heureux d'entendre cela de vous, seigneur Arol !
    
    — Je ne peux vous promettre de m'y tenir quoiqu'il arrive... Il n'y a rien de bien élevé dans ma nature, mais bien guidé, peut-être que je pourrai y parvenir... »
    
    Sans plus tarder, ils pénétrèrent dans la chambre où les attendait le paisible tableau auquel avait précédemment assisté Luciellus. Le jeune Ange ne voulait pas s'imposer dans ces douces retrouvailles, mais il avait besoin de savoir comment Arol accueillerait Ivara.
    
    Le seigneur s'avança vers sa femme avec une expression fascinée ; il se pencha pour l'embrasser sur le front, avant d'écarter les langes blancs qui emmaillotaient l'enfant.
    
    « Le bébé est en pleine santé », déclara gentiment Ivara.
    
    Le maître de Col d'Argent se tourna vers l'Angelle, la fixant d'un regard surpris.
    
    « Je suis la protectrice de votre enfant, seigneur Arol. Ce qui signifie que d'après les coutumes des seigneurs des Hauteurs, il est désormais chaîne. L'une des premières qui soient nées entre les murs d'une forteresse. »
    
    Elle tourna son regard violet vers Luciellus, attendant son intervention. Dans un premier temps, le jeune Ange ne sut quoi dire ; puis, progressivement, ses pensées s'éclaircirent et il reprit son assurance :
    
    « Monseigneur, c'est à vous que revient la décision... Votre enfant mérite-t-il d'être enfermé dans une prison durant les treize premières années de sa vie, voire plus encore, seulement parce qu'un gardien lui a été offert ? Est-ce la vie que vous voulez pour lui, ou, au contraire, celle d'un être libre, qui montrera le même respect envers les hommes et envers les anges ? »
    
    Arol baissa la tête, pensif :
    
    « Peut-être que certains, comme Euresme, auraient choisi de sacrifier même leur progéniture. Mais je ne saurais m'y résoudre ! Voici de nombreuses années que nous attendions cet enfant. Je ne puis ignorer ce signe que les choses doivent changer ! Mais comment faire, quand les Anges qui ont été retenus ici sont prêts à tout pour se venger ?
    
    — N'ayez crainte ! déclara Luciellus. Êtes-vous prêt à me faire confiance, cette fois ? »
    
    Après un bref silence, Arol acquiesça.
    
    « Alors, laissez-moi leur parler, je suis sûr que je parviendrai à toucher leur raison ! La survie de tous, Anges et humains, en dépend ! »
    
    Luciellus les regarda tous une dernière fois, la femme aux yeux sombres et chaleureux, la jeune Angelle aussi nouvelle née, à sa manière, que l'enfant endormi, la vieille sage-femme qui le contemplait avec une stupeur admirative... le seigneur enfin, qui vacillait sur ses bases... mais dont la raison et le cœur, longtemps étouffés sous des traditions injustes, refaisaient lentement surface.
    
    Puis il se dirigea vers le couloir, pour montrer sur la plus haute tour où attendait Zéphyr.
    
    « Prends garde à toi ! » lui lança Ivara d'une voix inquiète.
    
    Il se retourna pour lui adresser un sourire, avant de refermer le battant derrière lui.
    
    

Texte publié par Beatrix, 17 septembre 2019 à 01h39
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