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Tome 1, Chapitre 62 « LXI - Ivara - Premier mouvement » Tome 1, Chapitre 62
Après avoir erré à travers les couloirs déserts, les deux intrus finirent par repérer la porte que le jeune Ange reconnut aussitôt : il n'y avait aucun garde devant. Pier fit signe à Angelus de s'effacer, avant de frapper sur le battant.
    
    « Messire Arol ? »
    
    Aucun son ne lui répondit. Il frappa plus fort :
    
    « Messire Arol, c'est Pier, l'angelier... Je dois vous parler ! J'ai peut-être un moyen d'arrêter ces Anges ! »
    
    Enfin, un léger mouvement se fit entendre à l'intérieur de la pièce. Un pas traînant, hésitant, approcha du battant. Angelus s'effaça, plaqué contre la paroi, afin que le seigneur ne puisse l'apercevoir s'il entrouvrait la porte.
    
    Les gonds pivotèrent légèrement ; un rai de lumière apparut le long du bois brut :
    
    « Pier... Nous vous pensions tous coincés avec ces maudits emplumés. Comment se fait-il... ? »
    
    L'angelier ne perdit rien de sa contenance :
    
    « Monseigneur, j'étais occupé à changer des serrures à la cave Nord, quand j'ai vu passer un détachement qui ordonnait à tout le monde de se mettre à l'abri. Ce que j'ai aussitôt fait... Puis, quand cette brume étrange est tombée, j'ai décidé qu'il était sûr de quitter ma cachette. J'ai donc décidé de profiter de cette trêve pour venir vous trouver.
    
    — Mais... vous n'êtes jamais venu ici... Qui vous a indiqué le chemin ? s'enquit le seigneur nerveusement.
    
    — Je l'ai demandé. Je me suis perdu deux fois en route. J'ai frappé à quelques portes, avant de tomber sur la vôtre. »
    
    Angelus écoutait sans mot dire ; il se sentait gêné par le subterfuge de Pier ; d'un côté, il savait que l'humain agissait pour la bonne cause ; mais d'un autre, il ne pouvait s'empêcher de réprouver ce mensonge. Sans doute était-ce ce qui séparait les Anges et les hommes : ces derniers n'avaient pas d'ailes et se révélaient extrêmement fragiles, mais ils possédaient un incroyable talent de survie et pouvaient se faire à toutes les situations. Peut-être était-ce, finalement, ce qui avait provoqué la chute des siens : les Anges n'avaient jamais appris à modifier leur comportement et leur façon de penser pour s'adapter aux initiatives humaines.
    
    « Bien, Pier, je préfère me méfier. On ne sait jamais... si un de ces emplumés parvenait à entrer ici, je suppose qu'il essayerait de se venger de moi !
    
    — Je pense qu'ils auraient bien plus envie de se venger de moi, répliqua lugubrement l'angelier.
    
    — Ah... C'est peut-être donc une bonne chose que tu restes devant la porte ! »
    
    Angelus n'en croyait pas ses oreilles. Cet homme n'avait donc pas une once de bravoure ?
    
    « Eh puis au moins, pendant qu'ils s'attaqueront à toi ou à moi, ils n'iront pas chercher la chambre de ma femme. Je sais qu'ils n'ont aucune raison de lui en vouloir, bien au contraire – elle les a toujours trouvés si fascinants qu'elle plaidait pour leur cause. Elle s'inquiète aussi des chaînes prisonnières dans leur tour ! Mais j'ai toujours refusé qu'elle les approche. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de cela... poursuivit-il. Que souhaitais-tu me dire ? »
    
    Pris au dépourvu par l'attitude de son maître, Pier demeura un moment silencieux avant de trouver quoi répondre :
    
    « Ils ont coupé le pont pour que nous ne puissions pas récupérer leurs chaînes ! Mais je sais comment se rendre à la tour par un autre chemin. Nous devons nous dépêcher, tant qu'ils sont perdus dans les brumes ! Quand nous aurons les chaînes, ils seront bien obligés de nous obéir ! »
    
    Angelus se sentit encore plus mal à l'aise en écoutant l'argument de Pier. Après l'avoir entendu mentir, il ne pouvait s'empêcher de douter de sa sincérité : et si c'était à eux, les Anges et les chaînes, qu'il avait tenu un discours fallacieux ? Et s'il était resté loyal à son seigneur ?
    
    Il n'était pas dans la nature des Anges de soupçonner, mais après tant de trahisons de la part des hommes, il devenait méfiant. Mais s'il refusait de garder à Pier sa confiance, il perdrait tout espoir !
    
    « C'est une bonne chose, déclara Arol, allez chercher quelques soldats et occupez-vous – en !
    
    — Les soldats ne m'écouteront pas, plaida l'angelier. Ils ne m'ont jamais vraiment accepté ou estimé ! Je ne suis à leurs yeux qu'un geôlier et un serviteur. Je vais avoir besoin de votre autorité, monseigneur.
    
    — Pouvez-vous en ce cas aller chercher un garde ?
    
    — Le problème risque d'être le même, monseigneur. Mais ceux qui sont restés à l'entrée des bâtiments pourront vous escorter quand vous sortirez.
    
    — Et laisser ma femme sans protection, alors même qu'elle est en train de donner la vie ? »
    
    Angelus ne comprit qu'à cet instant les cris qu'ils avaient entendus plus tôt dans les couloirs. Et en même temps, ce qui avait retenu Ivara. Si elle était en fait un Ange, comme Aïzie, peut-être pouvait-elle de nouveau percevoir l'appel d'un protégé... Et comme son apparence était celle d'une adolescente, sa chaîne serait un enfant.
    
    

Texte publié par Beatrix, 1er avril 2019 à 00h17
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