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Tome 1, Chapitre 55 « LIV - Vers Col d'Argent - Deuxième mouvement » Tome 1, Chapitre 55
Le petit groupe s'éveilla à l'aube ; Aïzie chercha des yeux Rafale ; la terrible réalité le submergea de nouveau. Il se redressa, poussant un léger cri en sentant le poids qui tirait dans son dos, avant de se souvenir de la présence de ses ailes. L'immobilité de la nuit les avait engourdies. Il s'appliqua à les plier et déplier, s'étonnant de savoir manier ces articulations et ces muscles nouveaux.
    
    « Est-ce que tu parviendras à voler ? demanda Ivara avec un soupçon d'inquiétude.
    
    — Il le faudra bien. Zéphyr a déjà un double fardeau, je ne peux pas le charger plus...
    
    — Tu n'es pas trop gelé, avec ta tunique ainsi déchirée ? »
    
    Il fronça légèrement les sourcils :
    
    « À vrai dire... non, je n'ai pas l'impression de sentir le froid.
    
    — Assieds-toi, je veux vérifier que tes blessures ne s'infectent pas ! »
    
    Docilement, il se laissa tomber sur le rocher la plus proche. Avec des gestes doux, elle commença à ôter les bandages, avant de contempler les plaies, les sourcils froncés :
    
    « Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il d'une voix tendue, inquiet de son silence.
    
    — Oh, non, au contraire... C'est déjà cicatrisé, je n'aurai même pas besoin de les panser de nouveau. D'ici demain, tu seras totalement remis. »
    
    Il demeura songeur : était-ce les conséquences de sa nature d'Ange qui s'exprimait de nouveau ? Il pensa à l'aile brisée de Luciellus, qui s'était ressoudée en quelques jours... Il aurait fallu des semaines, voire des mois à un humain pour guérir d'une blessure équivalente.
    
    Il n'avait pas le temps de réfléchir à la question ; il rencontra les prunelles violettes d'Ivara, remplies d'incertitude et aussi d'un soupçon de crainte.
    
    « Est-ce que tu crois que moi aussi... souffla-t-elle.
    
    — Je ne sais pas... Cela n'est jamais arrivé à aucun d'entre nous auparavant. Peut-être que ces ailes sont apparues... je veux dire... réapparues parce que j'étais en danger de mort ?
    
    — Et tant que je ne le serais pas, je ne redeviendrai pas une Angelle ? »
    
    Elle semblait tout à la fois triste et soulagée.
    
    « Nous en avons toujours gardé la nature profonde. Sinon, nous n'aurions pas vécu aussi longtemps... ou du moins je le pense... sans vieillir d'une année. »
    
    Il observa un silence avant de demander :
    
    — Et toi, si tu avais le choix... Que ferais-tu, Ivara ? Resterais-tu semeuse ou reprendrais-tu ta nature céleste ?
    
    — Je n'en sais rien, murmura-t-elle. C'est une question trop compliquée à l'heure qu'il est, je le crains. Nous aurons tout le temps d'y penser par la suite. Pourras-tu voler jusqu'à Col d'Argent ? »
    
    Il se redressa, faisant lentement bouger les grandes ailes cuivrées. Au fur et à mesure que les muscles se réchauffaient, elles se faisaient moins douloureuses. Instinctivement, les gestes pour décoller revenaient ; les courants aériens, longuement chevauchés à dos de khaïte, n'avaient plus de secrets pour lui. C'était étrange, enivrant aussi... Il s'élança dans les airs et effectua une large boucle au-dessus du plateau ; Ivara aida Catena, toujours enveloppée dans sa couverture, à monter derrière elle et Zéphyr le rejoignit dans l'azur. Celestia et Serafelle se placèrent de part et d'autre de lui, pour pouvoir le supporter si ses nouvelles ailes venaient à fatiguer.
    
    Malgré sa transformation et la disparition tragique de Rafale, le garçon – il n'arrivait pas à se considérer vraiment comme un Ange – demeurait tenaillé par l'inquiétude qu'il éprouvait pour Luciellus, seul au milieu de ses humains cruels et d'Anges qui ne se montreraient pas forcément bienveillants. Il s'obligea à rester concentré sur le vol ; il ne pouvait se permettre de laisser son esprit vagabonder comme quand il montait Nuée ou un autre khaïte.
    
    Il comprenait mieux ce que devrait vivre le jeune Ange au cours de ses missions, ou même les khaïtes quand il les chevauchait à travers le ciel : être attentif aux courants, fournir l'effort nécessaire pour se maintenir dans les airs... tout cela était très nouveau pour lui. Serrant les dents, il s'employa à rester à la hauteur de Zéphyr, un peu rassuré de se savoir entouré d'amis prêts à l'aider s'il devait faillir.
    
    

Texte publié par Beatrix, 15 janvier 2019 à 22h19
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